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Revue consacrée aux contes merveilleux de la langue française du XVIIe au XIXe siècle.



 



Introduction. — Poète, même en prose, même en vers

2017-07-28

Lisons Andersen :

Je trouve que le genre du conte est le royaume le plus étendu de la poésie. Il va des tombes des temps anciens, où le sang est encore chaud, au livre d’images des légendes enfantines et pieuses, il englobe la littérature populaire et celle qui est du ressort de l’art, il représente pour moi toute la poésie, et celui qui est capable de le pratiquer, doit pouvoir y mettre le tragique, le comique, le naïf, l’ironie et l’humour, et il a à son service la corde lyrique, le récit destiné aux enfants et la langue de celui qui décrit la nature.

On ne saurait prononcer plus fervent acte de foi dans le pouvoir du conte nimbé de l’aura de la poésie, celle-ci étant considérée à la fois comme valeur et comme étalon des valeurs esthétiques. Faire de la poésie le principe de légitimation du conte et même le tout de la littérature, voilà qui signe une esthétique romantique, et qui ne déparerait pas non plus dans un credo symboliste. Mais une déclaration aussi accueillante et engloban...




Sœur Anne, je ne vois rien… qu’une poétique de la manipulation

2017-07-28

La fameuse réplique d’Anne, dans « La Barbe bleue » de Perrault, qui « ne voi[t] rien que le soleil qui poudroie, et l’herbe qui verdoie », possède une indéniable qualité poétique. Mais au-delà de l’effet esthétique qui en fait la réputation, elle joue un rôle narratif crucial, celui de révéler les véritables relations entre les deux sœurs. Pour le montrer, il faudra non seulement examiner leurs interactions verbales, mais aussi l’ensemble de leurs relations tout au long de l’histoire. Apparaît alors la nécessité du personnage d’Anne : ni simple vestige de la tradition orale, ni simple intertexte de l’Énéide de Virgile, la sœur permet au récit d’évaluer deux attitudes conjugales et humaines opposées.




Magali Fourgnaud, Le Conte à visée morale et philosophique de Fénelon à Voltaire

2017-07-28

Depuis que les théoriciens et philosophes ont soulevé les nombreux problèmes afférant aux catégorisations génériques littéraires, au point d’en souligner les « impasses » (Jean-Marie Schaeffer), entreprendre une recherche sur un genre littéraire pour en repenser la définition et en réexaminer les frontières sur tout un siècle s’avère une démarche non démunie de courage. Démarche néanmoins nécessaire, surtout quand on observe que les caractérisations qui ont cours et circulent dans les manuels d’histoire littéraire (et, de ce fait, les nombreux documents à usage pédagogique accessibles sur la toile, ajouterai-je) résultent d’appellations intuitives et discutables.

C’est ainsi que l’on continue d’assimiler totalement le « conte philosophique » et le conte voltairien, et que l’on a pu affirmer que le « conte moral » avait été créé par Marmontel. Toutefois, dès le premier xviiie siècle, nombreux sont les contes et les recueils qui affichent une intention morale ou philosophique, parfois ...




Martine Hennard Dutheil de la Rochère, Gillian Lathey et Monika Wozniak (éds), Cinderella Across Cultures. New Directions and Interdisciplinary Perspectives

2017-07-28

Ce recueil d’articles édité par Martine Hennard Dutheil de la Rochère, Gillian Lathey et Monika Wozniak est le témoignage de l’intérêt académique et interdisciplinaire que suscitent non seulement le conte de « Cendrillon » mais le conte de fées en général, dans toutes les cultures, sur tous les continents, dans toutes les langues et dans toutes les disciplines. Il témoigne de l’extraordinaire plasticité du genre à s’adapter aux nouveaux médias, mais également à intéresser toutes les nouvelles perspectives critiques, qu’elles soient historiques, littéraires, culturelles, ou interdisciplinaires.

Une « Introduction » situe clairement le projet réalisé ici : considérer chaque version du mythe de « Cendrillon » comme le reflet d’un projet singulier qui parle à un moment donné, dans un contexte spécifique, s’adresse à une audience particulière et reflète une histoire matérielle tout en obéissant à des contraintes socio-économiques et politiques, et en s’ouvrant à de nouvelles possibilités ...




Laurent Châtel, William Beckford, the Elusive Orientalist

2017-07-28

Ce livre, superbement imprimé par la Voltaire Foundation, est le support d’une habilitation, il repose sur un double pari : d’une part, que le caractère « insaisissable » de Beckford et de son œuvre n’est pas un accident secondaire (même si la seconde partie du livre établit ce qu’il doit à divers accidents extérieurs), mais qu’il procède des choix esthétiques de l’auteur, qu’il participe en particulier d’une recherche de l’enchantement et de ce qui échappe aux cadres et aux catégories, ce qui l’a amené à cacher ses sources comme à estomper ou même effacer son travail d’auteur ; d’autre part, que dans cette poursuite de la fuyante proie de la beauté et de sa jouissance, l’Orient occupe la place centrale, et donc qu’il faut étudier d’abord le rapport de Beckford aux divers lieux de l’Orient (Turquie, Chine, Inde) et les différentes manières d’en capter l’étrangeté, c’est-à-dire la valeur qu’ils prennent de l’extérieur, d’autant que Beckford ne voyage pas loin et se contente d’approch...




Christiane Connan-Pintado et Catherine Tauveron, Fortune des Contes des Grimm en France. Formes et enjeux des rééditions, reformulations, réécritures dans la littérature de jeunesse

2017-07-28

Il n’est plus nécessaire de présenter les deux auteures de ce livre, Christiane Connan-Pintado et Catherine Tauveron, toutes deux spécialistes de littérature pour la jeunesse. La première est responsable de l’« Introduction » ainsi que des chapitres 1, 3, 4 et 5, Catherine Tauveron est l’auteure du chapitre 2 et de la « Conclusion ». Le texte déjà riche est complété par des index, deux tables de concordance — la première, « Des recueils publiés de 1836 à 1913 » et la seconde, « Des sélections de contes dans les principaux recueils de 1962 à 2011 ». L’index recense non seulement les contes cités mais également « leurs reformulations iconiques et textuelles ». Une bibliographie, longue de 20 pages, complète le volume. Elle comprend les éditions successives, des traductions des Contes des frères Grimm, ainsi que la littérature critique sur le sujet.

Dès son « Introduction », Chr. Connan-Pintado rappelle fort à propos que « nés en 1812 d’un projet nationaliste conçu par deux philologues ...




Antoine Galland, Les Mille et une nuit. Contes arabes

2017-07-28

Ce 119e volume de « Sources classiques », collection dirigée par Philippe Sellier et Dominique Descotes, est aussi le 6e de la « Bibliothèque des Génies et des Fées » dirigée par Nadine Jasmin.

Dans cette « bibliothèque », ce texte, avec celui de Perrault, est le seul qui soit universellement connu et édité. Mais à l’inverse de Perrault, le texte n’avait bénéficié d’aucune édition critique. C’est donc une première, et elle convainc. L’établissement du texte est aisé parce qu’il n’existe qu’une édition du vivant de Galland (en dehors d’un retirage du tome II en 1705 qui a été soigneusement collationné, mais dont rien n’indique que Galland y a eu une part). Manuel Couvreur a donc surtout été attentif à restituer au mieux le texte original, il reproduit heureusement dans le texte et dans la table des matières le découpage en douze volumes, comme les découpages en nuits, en plus des titres des « histoires ». Il adopte les compromis de la collection et des éditions Champion : l’orthograph...




Imagination scientifique et littérature merveilleuse, Charles Tiphaigne de La Roche

2017-07-28

Deux ouvrages parus ces dernières années nous invitent à découvrir ou à redécouvrir le curieux auteur que fut Charles François Tiphaigne de La Roche dont l’œuvre se situe au croisement de la science et du merveilleux. Le premier est la version remaniée et complétée d’un mémoire de DEA soutenu par Philippe Vincent à l’université Jean Moulin-Lyon 3, édité par les Publications des universités de Rouen et du Havre (2012) : il s’agit de l’édition critique de la plus célèbre fantaisie scientifique de Tiphaigne, et sans doute de la plus séduisante : Amilec ou la graine d’hommes, qui se présente comme une mise en fiction des théories de la génération. Le second, intitulé Imagination scientifique et littérature merveilleuse, fournit les actes d’un colloque organisé par Yves Citton et l’UMR LIRE à l’université Stendhal-Grenoble 3 (2010), exclusivement consacré à l’œuvre du médecin normand. Il est publié aux Presses universitaires de Bordeaux dans la collection « Mirabilia » (2014). Ce regain ...




Le merveilleux à l’épreuve des sens : une phénoménologie sous contraintes (fin xviie siècle-xviiie siècle)

2017-07-28

Si le merveilleux pose un rapport au monde fondé sur la déréalisation, sa liberté d’invention en fait aussi un lieu privilégié d’expérimentation des possibles de la nature et des émotions humaines. Partant, il compte parmi les formes littéraires les plus aptes à rendre compte de la montée en puissance de l’approche phénoménologique du monde qu’on observe dans les sciences et la philosophie de la fin du xviie siècle. Mais l’écriture sensationniste du merveilleux peut-elle s’affranchir des systèmes de signification fondés sur l’allégorie et le symbolique ? En confrontant quelques cas d’apparitions perçues par les sens, cet article étudie les conditions de possibilité et les enjeux de l’affirmation phénoménologique de ce qui n’existe pas.




Poète, même en verre. Poésie et poétique du conte-bibelot autour de 1900

2017-07-28

Le conte merveilleux, autour de 1900, semble chercher l’effet poétique dans un devenir-bibelot. Non seulement le bibelot, sous les auspices de l’Art nouveau, s’affirme comme « matière à poésie », selon le mot d’Émile Gallé, mais il s’offre aussi comme une prouesse poïétique, un miracle de condensation d’une atmosphère, d’une émotion. Miniature verbale (le conte) et miniature plastique (l’objet d’art) s’apparient alors au nom de leur commune poésie. Si la poésie du bibelot stimule l’écriture du conte, transformant les chroniques d’art décoratif en réécritures de Cendrillon ou de Barbe-Bleue, le conte fin-de-siècle se pense réciproquement comme l’enchâssement fragile d’un héritage littéraire menacé.