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De Nottingham | From Nottingham



Le blog de Mathieu (Matt) Laberge. Originellement créé pour maintenir le lien lors de mes études à Nottingham (Royaume-Uni), j'ai décidé de continuer ce blog en gardant sa forme originale. La vie, la politique, l'économie et les voyages. Bienvenue



Updated: 2017-02-08T23:51:32.313-05:00

 



Contribution santé: ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain

2010-05-14T14:38:44.035-04:00

voici un texte que j'ai publié aujourd'hui sur cyberpresse Dans les suites du budget Bachand, on a fait grand cas du caractère régressif de la contribution santé, ce montant forfaitaire qu'une grande majorité de Québécois devront payer pour financer les services de santé. Profitons de l'accalmie sur ce front pour faire le point froidement sur cette nouvelle perception fiscale tant décriée. D'autant plus que ses impacts les plus importants pourraient bien être positifs... et n'avoir que peu à voir avec la progressivité du système fiscal québécois.Vraie, la contribution santé est régressive. Mais elle ne constitue qu'une mesure fiscale dans tout un système qui atteint généralement bien ses objectifs de redistribution. Le coefficient de Gini permet d'évaluer l'égalité de la distribution des revenus: plus il est bas, plus les revenus sont distribués également. Pour une famille québécoise de deux personnes avec deux enfants, le coefficient de Gini du revenu après impôts (et transferts) est 25% inférieur à celui du revenu de marché (avant impôts et transferts). Pour les personnes seules, cet écart est encore plus important. C'est donc dire que le système fiscal québécois contribue à redistribuer la richesse. Cette redistribution se fait même mieux ici qu'ailleurs au Canada. La contribution santé ne changera pas fondamentalement les sources de financement du système de santé non plus. Avant l'implantation de la franchise, les impôts représentaient 53% du financement de la santé, les taxes à la consommation représentaient 25% de celui-ci et les autres revenus autonomes représentaient 22%. Après l'implantation de la contribution, la part respective de chacune des perceptions fiscales précédentes aura passé à 51%, 25% et 21%. La contribution ne représentera que 3% des coûts du système de santé. Les vrais changements seront plus fondamentauxLes apports majeurs de la contribution santé sont donc tout autre. Ceux-ci pourraient d'ailleurs modifier fondamentalement et positivement notre façon de concevoir le financement des services de santé. D'abord, les sommes perçues en vertu de cette contribution seront dédiées au financement des institutions de santé. Cette façon de faire est en quelque sorte une assurance de traçabilité pour le contribuable: il pourra savoir ce qui advient de ce qu'il a payé. Si les sommes ne sont pas utilisées à bon escient, il pourra également sanctionner le gouvernement qui aura éventuellement manqué à cet engagement. Actuellement, peu d'autres formes de perception fiscale donnent une telle transparence puisque leurs recettes sont versées au fonds consolidé, le «compte bancaire avec opération» du gouvernement québécois.De plus, le financement accru provenant de la contribution santé sera redistribué aux institutions en fonction de leur productivité et de leur atteinte de résultats. Cela fera en sorte que les institutions de santé qui ont innové pour améliorer leur gestion et mieux performer seront récompensées. On peut espérer qu'il y aura donc une «course à l'amélioration» entre les centres hospitaliers pour mettre la main sur ce nouveau financement. À terme, l'innovation qui en découlera profitera à tout le réseau puisque les meilleures pratiques de gestion seront ainsi valorisées. En somme, on aura beau rouspéter contre cette nouvelle perception fiscale et son caractère régressif, il faut bien reconnaître qu'elle a aussi des éléments positifs pour les contribuables. Elle permettra une meilleure transparence dans le financement de nos institutions de santé, une meilleure reddition de compte de nos élus et une émulation sur les meilleures pratiques de gestion des centres hospitaliers. Pour toutes ces raisons, il faudrait donc l'aborder froidement et éviter de jeter le bébé avec l'eau du bain.[...]



Les baby-boomers: source du problème ou partie de la solution?

2010-02-01T13:31:02.735-05:00

Bien que la plupart des économies occidentales seront touchées par un vieillissement de leur population, celle-ci sera plus rapide au Québec que dans les autres provinces canadiennes et que dans plusieurs pays occidentaux. D’ici 2012, plus de 700 000 emplois devront être comblés au Québec. Au même moment, la population de 20 à 64 ans commencera à diminuer à mesure que les baby-boomers vieilliront. C’est donc dire qu’alors que de nombreux emplois seront disponibles, les travailleurs pour les combler seront de plus en plus rares.Les conséquences de cette diminution du nombre de travailleurs sont nombreuses. Avec moins de travailleurs, il sera plus difficile de maintenir le niveau de croissance économique de la province. De fait, on prévoit que la croissance économique pourrait passer en dessous de sa moyenne historique au cours des prochaines années. Cela implique une stagnation, voire une lente diminution, du niveau de vie des Québécois. Les finances publiques s’en ressentiront également : si rien n’est fait, on prévoit des déficits structurels croissants d’ici à 2020. Et c’est sans compter les déficits conjoncturels découlant de la récession de 2008-2009.Pas de solution miraclePlusieurs solutions ont été avancées pour faire face au déclin du nombre de travailleurs au Québec. Par exemple, une hausse de la productivité de la main d’oeuvre pourrait contribuer à contrer l’effet négatif de cette diminution sur la croissance économique. Néanmoins, il est peu probable que la hausse de la productivité soit suffisante pour contrebalancer complètement l’effet du vieillissement de la population1.De même, la hausse du niveau d’immigration pourrait constituer une réponse partielle au problème de diminution du nombre de travailleurs québécois. Celle-ci ne pourrait toutefois répondre entièrement au problème étant donnée l’existence de barrières à la mobilité de la main d’oeuvre et la nécessité d’assurer l’intégration des nouveaux arrivants sur le marché de l’emploi.Finalement, la hausse de la natalité est une solution envisageable, mais à long terme uniquement. De fait, les enfants nés en 2010 n’intégreront le marché de l’emploi qu’entre 2025 et 2030. Étant donné l’imminence du déclin du nombre de travailleurs, la hausse de la natalité est donc une option imparfaite.Accroître la participation des aînés au marché de l’emploiUne dernière solution mérite d’être considérée. Il s’agit d’augmenter la participation des personnes de 55 ans et plus au marché du travail. À l’heure actuelle, l’âge moyen de la retraite des Québécois est de 59 ans pour les femmes et de 61 ans pour les hommes. Cela est plus tôt que l’âge moyen de la retraite des Ontariens. De même, une plus faible proportion des Québécois de 55 ans et plus sont actifs sur le marché de l’emploi. Le taux d’activité des Québécois diminue d’ailleurs rapidement avec l’âge à partir de 50 ans. Pour compenser complètement l’effet du vieillissement de la population sur la croissance économique, on estime qu’il faudrait pratiquement doubler le taux d’activité des personnes de 60 à 64 ans et augmenter celui des personne de 65 ans et plus. Alternativement, on pourrait tenter d’accélérer la tendance à la hausse du taux d’activité des personnes âgées et des femmes.Il va sans dire que cette solution doit être appliquée de concert avec celles abordées précédemment. Pour lui assurer une chance minimale de succès, elle doit également s’implanter sur une base volontaire : on doit permettre aux gens qui le souhaitent de pouvoir travailler plus longtemps et non les obliger à le faire.Cela passe notamment par des clauses de retraites plus souples au niveau des fonds de retraite, par une fiscalité qui encourage le maintien en emploi et la retraite progressive, par une lutte aux préjugés qui touchent les travailleurs âgés ainsi que par une meilleure coordination des programmes de réinsertion offer[...]



BABY-BOOMERS: SOURCE OF THE PROBLEM OR PART OF THE SOLUTION?

2010-02-01T13:34:26.962-05:00

While much of the western world will experience an aging of the population, Quebec will be affected sooner than other Canadian provinces and many developed nations. There will be 700 000 jobs to fill in Quebec by the year 2012. At the same time, the population aged 20 to 64 will begin to shrink as baby boomers age. This means that, while there will be many jobs, the workers required to fill them will be in short supply. This decline in the number of workers has a number of consequences. It will be difficult to sustain the province's growth rate with fewer workers. In fact, we foresee the rate of growth of the economy dropping below its historic mean in the next few years. This implies a standard of living for Quebeckers that is stagnating, even declining. Government finances will also feel the pinch: If nothing is done, forecasts are for burgeoning structural deficits leading up to 2020, not to mention cyclical deficits resulting from the recession of 2008–2009. No panaceaSeveral solutions have been proposed to counteract the fallout of the decline in the number of workers in Quebec. Increasing immigration could provide a partial response to the problem of Quebec's shrinking workforce. However, barriers to labour mobility and the need to integrate new arrivals into the labour market undermine the potential contribution of this avenue. Finally, a higher birthrate might offer a solution, but only in the long term. Children born in 2010 will only enter the labour market between 2025 and 2030. In light of the imminence of the labour shortage, this option is of little help. Increasing the participation of the elderly in the labour marketFinally, one more solution that merits consideration is boosting the labour market participation rate of individuals aged 55 and older. Currently, the average retirement age in Quebec is 59 years for women and 61 for men. This is younger than the corresponding value for Ontario. Similarly, a smaller proportion of Quebeckers aged 55 and over are active on the labour market. The labour force participation rate of Quebeckers falls off rapidly as of age 50. In order to completely offset the impact of the aging population on economic growth, we estimate that it would be necessary to virtually double the participation rate of individuals aged 60 to 64 while raising the rate of those aged 65 and over. Alternatively, would could strive to accelerate the upward trend in the participation rate of the elderly and of women.Clearly, this solution must be implemented in conjunction with the previously mentioned measures. To ensure at least a modicum of success, implementation must also rely on voluntary participation: We must smooth the path for those who wish to work longer; not coerce the participation of the unwilling. Specific initiatives could include more flexible retirement provisions at the level of pension funds, a tax system that rewards staying at work and progressive retirement, measures to combat prejudices against older workers, and a better coordination of reintegration services offered to the elderly. To achieve this, it will be necessary for employers' organizations, unions, professional associations, and the government of Quebec to join forces to dismantle the barriers in the path of the elderly seeking to stay at work or return to work. Several countries have already embraced the paradigm of "active aging." Where those efforts have been crowned with success, it has been credited to the coordination and mobilization of all affected players. For more information, please consult the project report link:http://www.cirano.qc.ca/pdf/publication/2010RP-01.pdf [...]



Environnement : sans système de prix efficace, point de salut

2009-12-14T09:40:17.362-05:00

Nathalie de Marcellis-WarinProfesseure à l’École Polytechnique et Vice-présidente Risque et Développement durable CIRANOMathieu LabergeÉconomiste et directeur de projet CIRANONul ne doute que d’ici la clôture du Sommet de Copenhague, le 18 décembre, les leaders mondiaux prendront de nombreux engagements en faveur de l’environnement et contre les changements climatiques. Or, comme l’ont démontré les suites du protocole de Kyoto, en l’absence d’unanimité sur les moyens à prendre, le résultat obtenu est souvent loin des engagements. Si l’on souhaite passer de la parole aux actes, il faudra cette fois-ci utiliser les systèmes de prix comme solution environnementale. Il existe deux moyens pour intégrer le coût de la pollution dans les prix auxquels les entreprises et les consommateurs font face. Le gouvernement pourrait contraindre les entreprises à acheter des crédits de carbone en imposant par voie réglementaire la « carboneutralité » à leur processus de production. Alternativement, il pourrait percevoir une taxe sur les émissions polluantes. Les recettes de cette taxe serviraient à acheter des crédits de carbone.Chaque approche a ses forces et ses faiblesses. Néanmoins, dans les deux cas, l’effet est le même : la demande pour les crédits de carbone augmenterait, ce qui aurait pour effet d’en augmenter le prix sur les marchés internationaux. Ceci inciterait les entreprises à choisir des modes de production qui respectent l’environnement afin de minimiser la hausse de leurs coûts de production liée à l’achat de droits de polluer. Ces mécanismes de prix rendraient donc les alternatives écologiques plus attrayantes pour les entreprises.Puisqu’ils sont les utilisateurs finaux des matières polluantes qui entrent dans la composition de leurs biens, les consommateurs auront nécessairement à assumer une part de ce coût supplémentaire. Cette hausse de prix les encouragerait cependant à modifier leurs choix de consommation vers des produits ou des modes de production plus écologiques. Les entreprises seraient conséquemment incitées à offrir des produits qui répondent aux attentes de leurs clients, tant en matière de prix que de rendement environnemental. D’un cercle vicieux de la dépendance aux modes de production polluants, on passerait ainsi à un cercle vertueux de la responsabilité environnementale.Tirer les leçons de KyotoÀ l’égard de l’impact environnemental des mécanismes de prix, Copenhague semble être l’occasion d’apprendre des erreurs du protocole de Kyoto. Les objectifs de Kyoto ont tenté d’être réalisés par la mise en place de deux grandes catégories de moyens : l’adoption de standards environnementaux dans la réglementation et les campagnes de sensibilisation misant sur des mesures volontaires. Ces deux moyens proposent une réponse parfois efficace mais toujours partielle en l’absence de l’internalisation des coûts de la pollution dans le système de production. Les mécanismes de compensation des émissions de gaz carbonique en sont une bonne illustration. Ceux-ci permettent de payer pour financer des initiatives de réduction des gaz à effet de serre et ainsi rendre certaines activités polluantes « carboneutres ». Leur caractère volontaire montre toutefois leurs limites. Plusieurs organismes proposent des services de compensation pour l’utilisation des voitures, des vols en avion et des systèmes de chauffage au mazout. Pourtant, combien d’automobilistes, de voyageurs et de propriétaires de maisons chauffées au mazout utilisent ces services? Sans changement dans le prix des matières polluantes et sans l’internalisation des coûts de pollution, il y a fort à parier qu’il n’y aura pas de changement dans le comportement des entreprises et des consommateurs. Espérons donc que Copenhague sera un Kyoto où l’unanimité régnera et où ce qui manquait dans le protocole précédent sera inclus dans la nouvelle entente: l[...]



Bons constats, mauvaises solutions: l'industrie forestière en question

2009-09-09T16:23:01.616-04:00

Voici une Note CIRANO que j'ai publié récemment. Pendant longtemps, on a considéré dans certains milieux que seule une diminution du volume de coupes pouvait limiter les conséquences environnementales de l’exploitation forestière. L’évolution récente des produits développés dans certains secteurs de l’industrie démontrent qu’il est désormais possible d’utiliser à meilleur escient la ressource et de minimiser le gaspillage qui était autrefois associé à son exploitation. Cette évolution laisse donc entrevoir une alternative à la réduction du volume de coupes. (Source de l'image: www.lesaffaires.com)DES ALTERNATIVES TECHNOLOGIQUESL’émergence du secteur des produits du bois pourrait encourager le développement de nouveaux produits mieux adaptés aux demandes des consommateurs. Ces produits sont souvent composés de matières qui autrefois étaient simplement considérés comme des résidus. Par exemple, les produits en bois lamellé-collé, les poutrelles en I, les solives de toit ajourées et les panneaux prémoulés à haute densité sont des produits du bois à haute valeur ajoutée qui peuvent permettre de valoriser une partie de la ressource qui serait gaspillée autrement. De son côté, l’industrie des pâtes et papier devra identifier de nouveaux créneaux technologiques de développement, notamment dans les domaines des biotechnologies et des nanotechnologies, pour assurer sa relance. Dans le premier cas, on peut penser à des initiatives de cogénération d’énergie où la vapeur créée en brûlant des matières résiduelles comme l’écorce des arbres permettrait à la fois d’alimenter une turbine de production électrique et les séchoirs de pâtes à papier. Dans le cas des nanotechnologies, l’exemple le plus évocateur est l’utilisation des nano-fibres issues de la cellulose du bois pour renforcer les plastiques. Celles-ci pourraient par exemple remplacer la fibre de verre dans la fabrication de pare-chocs automobile. À terme, certaines usines de pâtes et papiers pourraient se transformer en bio raffineries qui produiraient des nano-fibres de cellulose, qui offrent un rendement très élevé. Les résidus, des sucres et de la lignine, pourraient être utilisés pour fabriquer du méthanol et des abat-poussière routiers.UNE ÉVOLUTION HÉTÉROGÈNECette transformation de l’offre de produits du bois se traduit dans les indicateurs économiques de chaque segment de l’industrie. Ainsi, le secteur des produits du bois a connu une hausse de 2,3 % de la valeur de ses livraisons et de 6,1 % de sa valeur ajoutée par année, depuis 2000. Cela s’est accompagné d’une hausse de la productivité et de l’emploi, ainsi qu’une stabilisation des conditions salariales des employés.Au contraire, le secteur des pâtes et papiers a connu une décroissance rapide de tous ces indicateurs au cours des dernières années. Sa valeur ajoutée a connu une diminution annuelle moyenne de 8,7 % et la valeur de ses livraisons a diminué de 4,2 %. Les secteurs du bois d’œuvre et de l’exploitation forestière font plutôt figure de cas mitoyens. En somme, tous les secteurs de l’industrie forestière ne vivent pas la même réalité. Conséquemment, ils n’ont pas besoin du même support de la part des pouvoirs publics. Bien qu’ils aient connu des difficultés dans le passé, les secteurs de l’exploitation forestière et des produits du bois ont fait des progrès importants. Il semble néanmoins nécessaire de venir en aide aux travailleurs touchés par la crise structurelle dans le secteur des pâtes et papiers ainsi que ceux touchés par la crise conjoncturelle dans le secteur du bois d’œuvre. Ce support ne signifie toutefois pas de maintenir à flot des entreprises qui font preuve d’une incapacité à s’adapter à la nouvelle donne de l’industrie.UNE AIDE MIEUX CIBLÉEAlors que la réorganisation dans le secteur des pâtes et papiers est en cours depui[...]



Un compromis gagnant-gagnant

2009-07-27T10:39:29.451-04:00

voici l'original d'un texte publié aujourd'hui dans La PresseEn échange d'une commission nationale des valeurs mobilières, le Québec devrait négocier de nouveaux pouvoirs avec le fédéralFrançois Vaillancourt et Mathieu Laberge, les auteurs sont respectivement Professeur au département d’économie de l’Université de Montréal et fellow au CIRANO, et Économiste et directeur de projet au CIRANOLe gouvernement fédéral continue à progresser dans la mise sur pied d’une commission nationale des valeurs mobilières. Fort de l’appui unanime des parlementaires à l’Assemblée Nationale, le gouvernement du Québec va demander à la cour d’appel du Québec de se prononcer sur la constitutionalité d’une telle mesure. Ce recours du Québec n’étonnerait pas si le parti au pouvoir était souverainiste ou même autonomiste. Cette réaction est plus surprenante venant d’un gouvernement fédéraliste, même si elle constitue le seul moyen d’éviter la marginalisation de la Commission des valeurs mobilières du Québec advenant la création d’un organisme national. Mais est-ce la stratégie la plus appropriée pour défendre les intérêts du Québec dans le cadre fédéral ? Pourquoi ne pas profiter de ce débat pour fonder un nouveau fédéralisme du bon sens économique?Étant donné le contexte changeant dans lequel évolue le pays, il n’y a pas de raison pour qu’un pouvoir, provincial ou fédéral, le demeure irrémédiablement. Une révision périodique de nos façons de faire, question de savoir si des pratiques valides lors de leur adoption le sont toujours en 2009, s’avèrerait même être un exercice bénéfique. Après tout, c’est un tel réexamen qui a donné plus de pouvoirs au Québec en matière d’immigration, de formation de la main-d’œuvre et de congé parental au cours des dernières années.Une question de principes… mais lesquels?Deux principes devraient diriger cet examen. D’abord, il semble raisonnable que le gouvernement le plus proche des citoyens offre les services publics, sauf lorsque des économies d’échelles ou des débordements entre juridictions rendent cette pratique inefficace. Il s’agit du principe de subsidiarité, bien connu dans le domaine du fédéralisme et qui est largement accepté.Le second principe est moins courant, mais il nous apparaît essentiel pour trouver un compromis à ce différend. C’est celui selon lequel le Québec devrait chercher à accroître ses pouvoirs dans les domaines de compétence pour lesquels la langue joue un rôle crucial. En contrepartie de ce gain, le Québec devrait accepter de céder des pouvoirs dans les domaines où la langue joue un rôle moins décisif. Appelons cela le principe de l’adéquation linguistique des pouvoirs. Dans le cas précis qui nous intéresse, le système financier canadien et mondial a beaucoup changé depuis 1867. Alors qu’une réglementation provinciale des capitalistes locaux investissant dans des entreprises locales était appropriée en 1959, elle ne l’est plus aujourd’hui. Les investisseurs et leurs capitaux traversent désormais les frontières des États.Vers un compromis « gagnant-gagnant »Par conséquent, et suivant les principes que nous avons élaborés plus haut, le gouvernement du Québec pourrait participer à la création d’une commission des valeurs mobilières unique au pays. Il céderait ainsi des pouvoirs dans ce champ de compétence. En contrepartie de cette concession, Ottawa transférerait au gouvernement du Québec des pouvoirs dans des champs de compétence où la spécificité francophone est importante. Par exemple, le gouvernement fédéral pourrait accepter de voir s’appliquer la Loi 101 aux employés québécois œuvrant dans des secteurs sous juridiction fédérale (banques, transports, télécommunications). Alternativement, il pourrait transférer au Québec des responsabilités dans le domaine de la r[...]



Un investissement discutable

2009-06-23T10:27:39.486-04:00

voici l'original d'un texte publié ce matin dans La Presse:François Vaillancourt, Professeur au département d’économie de l’Université de Montréal et fellow au CIRANOMathieu Laberge, Économiste et directeur de projet au CIRANO(Source de l'image: http://canadiens.nhl.com) Quelques heures après que la rumeur de la vente du Canadien de Montréal à la famille Molson ait été confirmée, on faisait déjà valoir que les acheteurs ne bénéficieraient d’aucun support public pour conclure la transaction, même pas du « prêt avec intérêt » qui leur avait été offert par le gouvernement du Québec. Une transaction 100 % privée, en somme. C’est faux, puisque cette transaction représentera un coût de plusieurs millions de dollars pour l’État québécois.C’est l’implication du Fonds de solidarité de la FTQ dans le groupe d’acheteurs qui vient troubler les cartes. Pour chaque dollar investi dans le Fonds, l’État québécois offre un crédit d’impôt de 15 cents. Si ce placement est fait sous forme d’une contribution à un REER, la valeur de l’aide fiscale passe alors à 39 cents par dollar investi. On ne connaît pas encore le montant réel de la transaction, ni la valeur de la participation du Fonds de solidarité dans le montage financier. Néanmoins, si le Fonds contribue 50 millions $, soit 10 % de la somme totale de la transaction estimée par les commentateurs, il en coûtera entre 7,5 et 19,5 millions $ au trésor québécois. Sans compter que les mêmes déductions s’appliquent également au niveau fédéral. Bien que le gouvernement ne fasse aucun versement en argent sonnant et trébuchant, ces mécanismes fiscaux représentent tout de même un coût puisque l’État renonce à percevoir un revenu. On appelle cela une dépense fiscale.Mission : créer et conserver des emplois?À l’origine, ce traitement privilégié a été consenti aux actionnaires du Fonds de solidarité parce que l’objectif premier de celui-ci est de «de créer, maintenir ou sauvegarder des emplois au Québec [1]». Cette mesure était fort louable dans le contexte de création du Fonds, en 1983, alors que le taux de chômage était de 14,6 %. Mais quels emplois étaient réellement menacés par la vente du club de hockey? Peut-être que cet investissement répond alors à l’objectif du Fonds de « stimuler l'économie québécoise par des investissements stratégiques »? Cet argument reste à démontrer. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le départ de l’équipe de Montréal ne semble jamais avoir été réellement envisagé. Dans ces conditions, on voit mal comment le dynamisme économique de la métropole puisse servir de prétexte à l’implication du Fonds. Si au moins cet investissement avait servi à amener les Coyotes de Phoenix à Québec, on aurait alors pu évoquer la stimulation économique!En somme, bien que la transaction annoncée ce weekend recèle de bonnes nouvelles pour les partisans montréalais du club, elle se conclura avec un coût net pour l’ensemble des Québécois. Sans compter qu’elle s’inscrit apparemment en faux avec les objectifs du Fonds de solidarité. Son président-fondateur, Louis Laberge, a dû se retourner dans sa tombe en voyant pour quelles fins le fonds qu’il a créé fait désormais « appel à l'épargne et à la solidarité de l'ensemble de la population québécoise. »[1] http://www.fondsftq.com/[...]



L’arbre fédéral qui cache les forêts provinciales

2009-06-23T10:21:35.601-04:00

Voici l'original d'un texte publié aujourd'hui dans La Presse:François Vaillancourt, Professeur au département d’économie de l’Université de Montréal et fellow au CIRANOMathieu Laberge, Économiste et directeur de projet au CIRANOSuite à la situation économique difficile, un débat fait rage sur les modifications à apporter au programme d’assurance-emploi. A priori, celui-ci est pertinent. Il semble toutefois que ses principaux acteurs aient perdu de vue qu’une récession entraîne non seulement une hausse du nombre de chômeurs, mais également un allongement de la durée moyenne du chômage. Plus tôt que tard, ce problème de nature fédérale pourrait d’ailleurs faire pâtir les finances publiques provinciales.De fait, une fois leurs prestations d’assurance-emploi épuisées, les chômeurs n’ont d’autre choix que d’avoir recours aux filets sociaux provinciaux pour faire face à leurs obligations financières. Les données statistiques sur le Québec montrent qu’il y a effectivement un transfert de bénéficiaires du programme d’assurance-emploi vers les programmes d’assistance-sociale. Celui-ci survient environ 12 mois après le début de la période de chômage. (Source de l'image: http://www.recitus.qc.ca)Un problème potentiel de finances publiquesCe transfert de prestataires du programme fédéral vers les programmes provinciaux n’est pas sans causer problème. En période de ralentissement économique, la durée moyenne du chômage s’accroît puisque les travailleurs qui ont perdu leur emploi peinent à s’en trouver un nouveau. Si ce scénario se répète à la faveur de la récession actuelle, les gouvernements provinciaux pourraient être confrontés à une hausse marquée des coûts de leur programme d’assistance-sociale. Or, depuis 1996, ceux-ci ne touchent plus de subventions du gouvernement fédéral liées directement aux dépenses d’aide-sociale.Il est vrai qu’avec l’adoption du dernier budget fédéral, la durée maximale des prestations a temporairement été allongée de 45 à 50 semaines. Pourtant, les propositions de réforme du programme qui ont le plus fait discuter depuis visent surtout une meilleure accessibilité à l’assurance-emploi. De l’abolition du délai de deux semaines avant de recevoir des prestations à l’uniformisation et à la réduction du nombre d’heures travaillées requis pour être admissible, toutes ces propositions méritent certainement d’être considérées. Elles ne répondent toutefois pas au problème de finances publiques engendré par le transfert des prestataires.Pis encore, elles abordent la révision du programme d’assurance-emploi isolément, sans tenir compte des effets de ces changements sur les incitations données aux travailleurs. Or, toute modification à l’assurance-emploi a un impact sur l’offre de travail et, par ricochet, sur les entrées fiscales des gouvernements. L’adoption d’une modification apparemment mineure à ce programme peut donc résulter dans une baisse des impôts perçus.Un peu de recul, svp!Notre propos ne vise pas à ajouter au fardeau que vivent les familles touchées par les pertes d’emploi. Il ne vise pas non plus à nier la nécessaire révision du programme d’assurance-emploi, dont la dernière réforme date de près de 15 ans.Nous croyons toutefois qu’il importe d’aborder la modification de ce programme avec un certain recul. Pour prendre les meilleures décisions, il faut sous-peser l’efficacité et l’impact de chaque modification envisagée. Est-ce qu’un nombre d’heures travaillées uniforme pour être admissible est souhaitable? Rendra-t-il les prestations d’assurance-emploi plus faciles à obtenir dans des régions du pays au détriment d’une certaine équité interrégionale? Quel impact aurait une abolition du délai de deux semaines sur la prudence des[...]



Protectionism in Times of Economic Crisis

2009-03-03T11:23:35.298-05:00

Here is the original version of a CIRANO Note I published in march:Protectionism in the United States during the 1929 crisisIn the 1928 presidential election, the Republican candidate Herbert Hoover advocated imposing tariffs on agriculture to relieve the glut created by excess production during the postwar years. His assumption of the presidency set the stage for the principal protectionist measure of the Great Depression, the Smoot-Hawley Tariff adopted by Congress in June of 1930.[1]After consultation, tariffs were hiked by more than ten percentage points—particularly targeting agriculture, tobacco and food, chemicals, and textiles. The ad valorem rate rose from 34.61% in 1922 to 42.48% in 1930.[2]The volume of U.S. imports did not rebound to its 1929 level until 1941, 11 years after adoption of the Smoot-Hawley Tariff. Although the decline in U.S. imports cannot be entirely attributed to these higher rates, there is broad consensus that they exacerbated the depth and duration of the depression. On their own, higher tariffs on U.S. imports would have been responsible for a 4 % to 8 % reduction.[3] The decline in U.S. imports had far-reaching implications for international trade. In Canada, lumber exports fell by 34 % between 1929 and 1931. This scenario was observed across several other industries, as well: wheat (–3%), seafood (–12%), woollens (–62%), dairy products (–65%) and livestock (–84%).The adoption of protectionist measures by the United States provided a significant impetus to their spread around the globe after 1930. In that year alone, six general tariffs were revised in Europe. There were adjustments in South America and the Commonwealth (principally Australia, New Zealand and Canada).[4] The year 1931 was characterized by hundreds of tariff revisions. Most such revisions in the 1930–1931 period were upward.Analysis of the current situation and similarities with 1929Fears of resurgent protectionism in the United States of 2009 are based on "Buy American" provisions in President Obama’s recovery plan. These provisions appear to violate NAFTA and international trade rules of the WTO. Overturning these measures or obtaining reparations may, however, require several years, causing considerable damage to foreign producers already hurt by an economic downturn.Some similarity between President Obama’s stimulus plan and the protectionist measures adopted by the United States in 1929 are worth noting: (1) In February 2008, in the midst of their presidential campaigns, both Democratic candidates evoked the possibility of reopening NAFTA. Protectionist measures could satisfy an electoral imperative in the United States. (2) Prices of commodities and metals have collapsed recently, providing an incentive for a clause to protect the steel and iron industries. (3) International protests suggest that, following a formal challenge to the Buy American clause, temporary retaliatory measures could be adopted pending a trial.Implications for Quebec and general conclusionIf barriers to international trade were to attain their 1929 levels, exports from Quebec to the United States would fall by about $2 to $4 billion.[5] This reduction might be concentrated in a few industries already weakened by the economic downturn. A tariff or a local procurement policy benefits a limited number of local producers while imposing costs that are spread over all consumers. For small open economies—such as Quebec—the net effect of a tariff on imports is always negative. Under these circumstances, the cost borne by society from an overall increase in prices of protected products exceeds the benefit received by domestic producers.[1] U.S Department of State, Smoot-Hawley Tariff [http://www.future.state.gov], consulted February 6, 2009.[2] Irwin, D.A., The Smoot-Hawley Tariff: A quantitative assessment in The R[...]



Le protectionnisme en temps de crise

2009-03-03T11:15:36.453-05:00

Voici le texte de la Note CIRANO que j'ai rédigé pour la publication du mois de mars:Le protectionnisme américain durant la crise de 1929Lors de l’élection présidentielle de 1928, le candidat républicain, Herbert Hoover, a plaidé pour un support tarifaire à l’industrie agricole américaine durement touchée par la surproduction d’après-guerre. Le principal geste protectionniste de la Grande Dépression découle de son accession à la présidence américaine. Il s’agit de l’adoption du Smoot-Hawley Tariff par le Congrès américain, en juin 1930[1]. Après discussion, une augmentation des tarifs de plus de dix points de pourcentage a été votée, notamment dans les industries agricole, du tabac et de la nourriture, des produits chimiques et du textile. Le tarif ad valorem moyen est passé de 34,61 % en 1922 à 42,48 % en 1930[2].Le volume des importations américaines ne reviendra à son niveau de 1929 qu’à partir de 1941, soit 11 ans après l’adoption du Smoot-Hawley Tariff. Bien qu’on ne puisse attribuer l’entièreté de la baisse des importations américaines à l’augmentation des tarifs, on considère généralement qu’elle a contribué à rendre la dépression plus longue et plus rigoureuse. L’effet isolé de l’augmentation des tarifs sur les importations américaines se serait traduit par une baisse de 4 % à 8 %[3]. L’impact de la baisse des exportations américaines sur le commerce international a été important. Au Canada, les exportations de sciages ont diminué de 34 % entre 1929 et 1931. Le même phénomène a été observé dans plusieurs autres industries : blé (-3 %), produits de la mer (-12 %), lainages (-62 %), produits laitiers (-65 %) et bétail (-84 %)[4].L’adoption de mesures protectionnistes par les États-Unis a été un facteur important favorisant la propagation de ces mesures dans le monde après 1930. Seulement cette année-là, six tarifs généraux ont été révisés en Europe. Des révisions ont eu cours en Amérique du Sud, dans le Commonwealth (Australie, Nouvelle-Zélande et Canada principalement)[5]. En 1931, les révisions tarifaires se sont succédé par centaines. La grande majorité des révisions de 1930-1931 étaient à la hausse.Analyse de la situation actuelle et des similitudes avec 1929Les craintes de l’adoption de mesures protectionnistes par les États-Unis en 2009 sont fondées sur l’inclusion de la clause dite « Buy American » dans le plan de relance du président Obama. Cette clause semble entrer en contradiction avec l’ALENA et les règles du commerce international de l’OMC. Les démarches pour renverser ces mesures ou obtenir réparations risquent toutefois de prendre plusieurs années, ce qui impliquerait un tort considérable aux producteurs étrangers en pleine période de ralentissement économique. Certaines similitudes entre le plan de relance du Président Obama et les mesures protectionnistes adoptées par les américains en 1929 méritent d’être soulignées : (1) En février 2008, les deux candidats démocrates à la présidence avaient évoqué l’ouverture du traité de l’ALENA en plein processus électoral. L’adoption de mesures protectionnistes pourrait donc répondre à un impératif électoral chez nos voisins du Sud. (2) Le cours des ressources naturelles et des métaux a chuté récemment, ce qui a pu motiver l’inclusion d’une clause de protection de l’industrie de l’acier et du fer. (3) Les protestations internationales laissent penser que des mesures de rétorsions temporaires pourraient être adoptées en attendant un jugement qui suivrait une contestation officielle de la clause « Buy American ».Implications pour le Québec et conclusion généraleSi les entraves au commerce international atteignaient le même niveau qu’en 1929, cela imp[...]



Fini le protectionnisme américain, vraiment? | No more American protectionism, really?

2009-02-18T16:24:19.848-05:00

Plusieurs commentateurs ont célébré le prétendu recul du Congrès américain sur les mesures protectionnistes prévues par le plan de soutient à l'économie américaine. En cours de processus, on a effectivement ajouté un alinéa à la clause "Buy American" stipulant que l'application de la clause devait respecter les engagements des États-Unis en matière de commerce internationale. So far, so good: les commentateurs ont commencé à se réjouir! Voici pourtant deux éléments qui, à mon grand étonnement!, sont passés complètement inaperçu chez l'écrasante majorité des commentateurs "économiques": (1) Alors qu'au départ, seules les industries du fer et de l'acier étaient couvertes par la clause "Buy American", maintenant toute l'industrie manufacturière est couverte! Tout en ajoutant un alinéa interdisant le protectionnisme, le Congrès a donc étendu la politique d'achat local à une part importante de l'économie américaine! (2) Le gouvernement fédéral américain n'a pas d'emprise sur les dépenses des États et des municipalités. La clause "Buy American" lance donc l'idée de politiques protectionnistes, sans imposer le respect des engagements internationaux à tous les paliers de gouvernement. Bref, les États et les villes américaines pourront privilégier les fournisseurs américains au détriment des entreprises canadiennes. Pour vous "rassurer", vous pouvez aller consulter le texte complet de la législation. La clause "Buy American" se trouve dans le premier document pdf...* * *Several commentators celebrated the so-called retreat of the American Congress on the protectionist measures included in the US recovery plan. During the adoption process, a subparagraph was added to the " Buy American" clause stipulating that it has to respect international trade engagements of the United States . So far, so good: the commentators were delighted! However here are two elements which, with my great astonishment! , were ignored by most of the "economic" commentators:(1) At the beginning, only iron and steel industries were covered by the " Buy American" clause. Now, all the manufacturing industry is covered! While adding a subparagraph prohibiting protectionism, the Congress thus extended the policy of local purchase to a major part of the US economy!(2) In the US, federal government have no power over municipal and State expenditures. The " Buy American" clause thus launch the idea of protectionist policies, without imposing the respect of international engagements to all levels of government. In short, the States and the American cities will be able to privilege the American suppliers with the detriment of the Canadian companies.You can go to consult the complete text of the legislation. The clause " Buy American" is in first document pdf…[...]



Non, nous ne sommes pas des perdants! | No, we're not loosers!

2009-02-16T16:55:54.587-05:00

La joute sémantique qui tourne autour de la reconstitution de la bataille des pleines d'Abraham, qui a eu lieu il y a 250 ans cette année, a quelque chose de suréaliste. Mes amis souverainistes soutiennent qu'on ne peut célébrer/commémorer/fêter (choisissez le mot que vous préférez!) une défaite. Ils en rajoutent en prétendant que d'organiser une reconstitution de la bataille constitue une humiliation de la nation perdante: nous, les Québécois. Il n'y a rien de plus faux!D'abord, il s'agit d'un raccourci idéologique de prétendre que, parce que les français ont perdus en 1759, cette défaite rejaillit encore aujourd'hui sur l'ensemble des Québécois. N'en déplaise aux Falardeau, Poulin et autres "ndépendantistes adolescents" de ce monde, leur point de vue est réducteur. Dans ce débat sémantique, ce sont eux qui font preuve de colonialisme en essayant encore de s'assimiler à la "mère-patrie". Pour ma part, je préfère m'assumer pleinement en tant que Québécois: francophone vivant en Amérique, citoyen canadien... et surtout pas un perdant!Cette façon de présenter les choses qu'ont les purzédurs fait ombre à un pan complet de notre histoire. Tout compte fait, si les Français d'hier ont perdu la Bataille des Plaine, cela a eu des impacts positifs pour les Québécois d'aujourd'hui. Trop occupés à glorifier la "mère-patrie", plusieurs indépendantistes radicaux oublient que la Nouvelle-France était une colonie-comptoir: la couronne française la spoliait de ses ressources. Elle n'avait pas de plan pour la développer et assurer sa survie. L'arrivée du régime britannique, bien qu'il représente une cassure, a permis d'installer un régime de droit civil, de développer le commerce et l'utilisation des ressources du pays. Bref, de développer le Québec...Bien sûr, la transition n'a pas été facile: il y a eu des ratées et des coups durs pour les francophones d'Amérique du Nord. Il ne faut évidemment pas oublier cet aspect de notre passé... mais il ne faut pas non plus s'aveugler et ignorer l'ampleur du chemin parcouru depuis. Le Québec d'aujourd'hui tire ses racines autant, sinon plus, de la prospérité amenée par le régime britannique que par la colonisation française.* * *The semantic debate surrounding the reconstitution of the battle of Quebec, which took place 250 years ago this year, has something surealist. My independentist friends plead that one cannot celebrate/commemorate a defeat. They claim that organizing a reconstitution of the battle constitutes a humiliation of the losing nation: us, Quebecois. Nothing can be more wrong!It is an ideological short cut to claim that, because the French lost in 1759, this defeat still flashes back today on Quebecois. It might be unpleasant to all the Falardeau, Poulin and others "teen-independentists" of this world, but their point of view is reducing. In this semantic debate, it is them who show colonialism by still trying to get bounded to the "mère-patrie". For my part, I prefer to assume fully my identity as a Quebecois: French-speaking person living in America, Canadian citizen… all sort of things but a looser! The way the purzédurs present the events shade a complete side of our history. In the final analysis, if the French of yesterday lost the Battle of Quebec, that had positive impacts for today's Quebecois. Too occupied with glorifying the "mère-patrie", many radical independentists forget that the Nouvelle-France was a colony-counter: the French crown spoiled it from its resources. It did not have a plan to develop it and ensure its survival. The arrival of the British regime, even though it was a break with the past, allowed to install a regime of civil law, to develop trade and to use the resources of the country. In s[...]



7 cents pour faire lire les jeunes | 7 cents to make young people read

2009-02-11T10:31:48.610-05:00

Grand scandale cette semaine: le Ministère de l'Éducation a versé 250 000 $ au Club le Canadien de Montréal pour la réalisation de matériel pédagogique célébrant les 100 ans de l'équipe. Le scandale: le gouvernement a contribué à payer une campagne de promotion... "C'est indécent!", "Du pur pétage de bretelle.", "Qu'on leur fasse lire des romans.": l'indignation fuse de toutes parts. Nuance importante: le matériel n'était pas distribué directement au enfants. Les enseignants avaient le choix de l'utiliser ou non. Un adulte responsable avait donc la possibilité de juger de la pertinence du matériel.Pour remettre les choses en perspectives, 250 000 $ pour l'État québécois équivaut à 15 cents pour un ménage qui gagne 40 000 $ par année! Autre façon de voir les choses: si chaque contribuable imposable (donc qui paie des impôts) avait eu à verser de sa poche ce montant, il lui en aurait coûté 7 cents... Parle-t-on d'une tempête dans un verre d'eau ici? Poser la question, c'est y répondre! Certaines subventions beaucoup plus importantes sont aussi beaucoup plus douteuses sans qu'on en fasse un cas de conscience.Le fait est que ces fascicules, même s'ils font la promotion d'une organisation privée, incitent les jeunes à lire, écrire et compter. Donc, à s'intéresser aux matières scolaires. Chez les jeunes garçons, cet impact n'est pas négligeable. Surtout quand on a appris, cette semaine, que plus d'un tiers des garçons quittaient l'école secondaire sans diplôme. Est-ce que leur faire lire des romans atteindrait le même objectif? Pas certain: il faut bien commencer quelque part. Alors, suis-je prêt à dépenser 7 cents pour inciter les jeunes à apprendre à lire, écrire et compter sous la supervision d'un adulte responsable. Certainement! Je suis même prêt à en dépenser 15. Qui dit mieux?* * *Breaking News! The Department of Education contributed $ 250 000 to the Montreal Canadiens for the production of school material. The problem? The money was used to design a so-called promotion campaing. "Indecency!" "Show off." "Make them read novels." were the reactions.Important detail: the material was not distributed directly to the students. Teachers were free to use it or not. A responsible adult had the authority to judge of its usefulness. To put things in perspectives, $ 250 000 for Quebec government is equivalent to 15 cents for a household earning $ 40 000 a year! Another to see it is the following: if every net taxpayer had to finance this program for its own pocket, it would've cost 7 cents. Is this a scandal? Asking the questions is giving the answer... Some subsidies cost much more and are useless without making the front page of any newspaper.The fact is, however the papers are promoting a private organization, they incite young people to learn how to read, write and calculate. For young males, the impact of such a program might not be negligeable. No later than this week, data showed that more than a third of young male were leaving high school without any diploma. Is reading novels will have the same effect? I doubt of it: we have to start from a realistic point. So, am I willing to pay 7 cents to incite young people to read, write and calculte under the supervision of a responsible adult? Sure! I am even willing to pay 15 cents! Who gives more?(photo: wikipedia)[...]



Le tabou Hydro-Québec | Hydro Quebec big "no no"

2009-02-03T10:27:55.447-05:00

L'Institut économique de Montréal s'apprête à relancer la polémique sur la privatisation d'Hydro-Québec ce midi à l'occasion d'un lunch-conférence intitulé: "La privatisation d’Hydro-Québec: une source d'enrichissement pour les citoyens du Québec". Déjà, Denis Lessard faisait état de certaines des trouvailles du think tank dans les pages de La Presse, hier.Je n'ai pas encore lu le rapport de l'Institut, mais la couverture de presse qui en ressort depuis hier me fait craindre le pire: on a met le paquet sur la privatisation de la société d'État, alors que le principal problème d'Hydro-Québec est sa structure de monopole. Il s'agit également du problème le plus difficile à résoudre.Effectivement, Hydro-Québec distribution est la seule entité ayant la possibilité de vendre de l'électricité sur le territoire québécois. Or, si on privatise la société d'État sans permettre à d'autres fournisseurs de la compétitionner ne sert à rien: public ou privé, un monopole demeure un monopole. Et c'est là que le bât blesse...Comme l'expliquait sur les ondes de RDI Jean-Thomas Bernard, de l'Université Laval, il sera bien difficile d'attiser la concurrence dans le domaine de l'électricité au Québec et, ainsi, briser le monopole d'Hydro-Québec. Deux solutions sont possibles: (1) la compétition extérieure ou (2) la compétition intérieure.Selon Bernard, les lignes de transport actuelles ne sont pas suffisantes pour permettre à des concurrents étrangers de compétitionner suffisamment Hydro-Québec pour réduire son pouvoir de marché. Quant à la compétition interne, les deux grands sites de production électrique du Québec, la Baie James et le complexe Manicouagan-Outarde, sont propriétés de la société d'État.En somme, c'est bien beau jaser de privatiser Hydro-Québec, mais cela ne sera possible que si on trouve une façon de remédier au vrai problème de la société d'État: sa structure de monopole.* * *The Montreal Economic Institute will bring back today the big debate about Hydro-Quebec privatization in a lunch conference titled: "The Privatization of Hydro-Québec: a source of wealth for Quebec’s population". Yesterday, Denis Lessard wrote a paper about the research in La Presse (in French).From what I have seen from the press coverage since yesterday, I am a bit afraid we will put too much emphasis on privatizing the Crown corporation when its real problem is its monopolistic structure. It is also the most difficult problem to solve.In fact, Hydro-Quebec distribution is the only entity able to sell electricity on Quebec's territory. If we try selling Hydro-Quebec without allowing more competition before, we solve nothing: public or private, a monopoly remains a monopoly.As prof. Jean-Thomas Bernard, from Université Laval, said on RDI there are two ways to increase competition on the electricity market in Quebec: (1) allowing foreign competitors to sell their electricty in Quebec or (2) allowing more producers inside Quebec borders.According to Bernard, the electricity transport infrastructures between Quebec and its neighbours are too small to allow effective competition from foreign producers. As for the internal competition, the two main electricity complexes in Quebec (Baie James and Manicouagan-Outarde) are detained by Hydro-Quebec.Bottom line: it is good thinking about the privatization of Hydro-Quebec, but it remains small talks as long as we do not solve the real problem: its monopolistic structure. (photo: Les Affaires TV)[...]



The supernurse's myth

2009-01-20T15:59:22.018-05:00

Here is the executive summary of the last study I published at CIRANO. The complete paper was released on january 19th and is available at: http://www.cirano.qc.ca The existence of a nursing shortage is now widely recognized and accepted by the vast majority of stakeholders and citizens, but the context in which nurses actually practise their trade remains veiled behind tenacious taboos. In fact, if Quebec nurses functioned at a labour intensity comparable to that of their colleagues elsewhere in Canada and abroad, we might find that a significant share of the nursing shortage was eliminated by means other than training new personnel—though this must remain a key element of any strategy for reducing the shortfall. The purpose of this study is to sketch out the context of the practice and shortage of the nursing workforce in Quebec. Our main findings follow. For more information, please consult the complete study (in French) at http://www.cirano.qc.ca.-By any standard of comparison—Quebec, Canadian, and International—nurses don’t work very muchIn 2007, Quebec nurses averaged 28 effective hours of work per week. In contrast, employees of the Quebec public service worked an average of 30.2 effective hours per week (7.9 % more than nurses) while the mean for the federal civil service was 31.3 hours per week (11.8 % more) in 2008.The labour intensity of Quebec nurses is also below that of their colleagues in the rest of Canada. Nurses in Ontario work an average of 31.3 hours, while in the ROC this number is 30.9 hours. This amounts to a difference of 12 % with Ontario nurses and 10 % with those in the ROC. This number of hours includes all employed nurses, whether or not they were working at the time of the survey.Among 10 international jurisdictions, aside from Australia it is in Quebec where nurses work the smallest number of contracted hours. For example, in the United States nurses habitually work 38.5 hours on average, 15.2 % more than in Quebec. The corresponding percentages are 13.1 % for the United Kingdom and 6.8 % for France (see graphique 6).[2]- They do not work more overtime than nurses elsewhere in CanadaIn 2007, while Quebec nurses worked an average of 1.76 overtime hours per week, the corresponding value was 1.77 in Ontario and 1.8 in the ROC (see graphique 7).- The myth of the “super-nurse” is largely hyperbole: 0.9 % of nurses work 500 or more hours of overtime in a year (or 9 hours per week in FTE). This amounts to 628 nurses out of a workforce of nearly 70,000!Data from the MSSS (le Ministère de la Santé et des Services sociaux, Quebec’s Ministry of Health and Social Services) reveals that 83.1 % of the nursing workforce puts in less than 100 overtime hours annually (1.9 hours per week in FTE) and that 0.9 % works over 500 hours of overtime per year (9.6 hours per week in FTE). Thus, the ministry finds that the median value of overtime hours (19 hours per year) is far below the mean.[3] This data suggests that there are 628 “super-nurses” among the 69,765 nurses belonging to OIIQ.- The likely causes of the low work intensity of nurses is: a greater proportion of part-time work than in other sectors …Except during the period 1999–2000, the proportion of full-time nurses has always been lower in Quebec than in Ontario and, compared to the ROC, Quebec has always had proportionally fewer nurses working full time. However, like in Ontario and the ROC, the proportion of full-time nurses has grown steadily since 1997 (see graphique 8).It is worth noting that 15.3 % of Quebec nurses who were working part time did so because they were unable to find full-time work or for other reasons related to labour market condit[...]



Le mythe de la superinfirmière

2009-01-23T14:00:01.634-05:00

Voici le résumé exécutif de mon dernier rapport de projet publié au CIRANO. Celui-ci porte sur la pénurie et le contexte de pratique des effectifs infirmiers au Québec. L'étude complète a été rendue publique le 19 janvier et est disponible au: http://www.cirano.qc.caL’existence d’une pénurie des effectifs infirmiers est désormais reconnue et acceptée par la vaste majorité des intervenants et des citoyens, mais le contexte de pratique du personnel infirmier fait encore l’objet de tabous tenaces. De fait, si les infirmières québécoises rejoignaient une intensivité du travail comparable à celle de leurs collègues du reste du Canada ou d’autres pays, on peut croire qu’une part sensible de la pénurie d’effectifs pourrait se régler par des moyens autres que la formation de nouveaux effectifs, bien que celle-ci demeure une stratégie importante de réduction de la pénurie. Cette étude vise à dresser un portrait du contexte de pratique et de la pénurie des effectifs infirmiers au Québec. En voici les principaux constats. Pour de plus amples détails, consulter l’étude complète à http://www.cirano.qc.ca- Les infirmières travaillent peu selon tous les standards de comparaison : québécois, canadiens et internationauxEn 2007, les infirmières québécoises ont travaillé 28 heures effectives par semaine en moyenne. À titre de comparaison, l’ensemble des travailleurs de l’administration québécoise travaillaient en moyenne 30,2 heures effectives par semaine (7,9 % de plus que les infirmières) alors que ceux de l’administration fédérale travaillaient en moyenne 31,3 heures par semaine (11,8 % de plus) en 2008[1].L’intensité du travail des infirmières québécoises est également moindre que celle de leurs collègues du reste du Canada. Les infirmières ontariennes travaillent en moyenne 31,3 heures alors que dans le ROC, ce nombre est de 30,9 heures. Il s’agit d’une différence de 12 % avec les infirmières ontariennes et de 10 % avec celles du ROC. Ces nombres d’heures incluent toutes les infirmières employées, qu’elles aient travaillé un nombre d’heures nul ou positif lors de l’enquête.Parmi 10 juridictions internationales, c’est au Québec que les infirmières ont le moins d’heures contractées de travail après l’Australie. Par exemple, aux États-Unis, les infirmières travaillent habituellement 38,5 heures en moyenne, soit 15,2 % de plus qu’au Québec. Ce pourcentage passe à 13,1 % pour le Royaume-Uni et à 6,8 % pour la France (voir graphique 6)[2].- Elles ne font pas plus de temps supplémentaire que les infirmières d'ailleurs au CanadaAlors qu’en 2007 les infirmières québécoises travaillaient en moyenne 1,76 heure supplémentaire par semaine, ce nombre était de 1,77 heure en Ontario et de 1,8 heure dans le ROC (voir graphique 7).- Le mythe de la "super-infirmière" est largement surfait : 0,9 % des effectifs fait 500 heures supplémentaires ou plus par année (donc 9 par semaine en ETC). Il s'agit de 628 infirmières sur un effectif de près de 70 000!Les données du MSSS démontrent que 83,1 % de l’effectif infirmier travaille moins de 100 heures supplémentaires par année (1,9 heure supplémentaire hebdomadaire en ETC) et que 0,9 % de l’effectif travaille plus de 500 heures supplémentaires en une année (9,6 heures par semaine en ETC). Le ministère trouve donc une médiane des heures supplémentaires (19 heures par année) largement inférieure à la moyenne[3]. Ces données laissent donc entendre que sur les 69 765 infirmières inscrites à l’OIIQ, il y aurait 628 « super-infirmières ».- Les causes probables de la fa[...]



Les vertus de la stabilité

2008-12-16T09:17:16.999-05:00

Les gouvernements majoritaires permettent d'éviter la surenchère des plans économiques pharaoniques et à l'efficacité douteuseMathieu Laberge Économiste et directeur de projet au Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO)La dernière boîte de scrutin des élections provinciales du 8 décembre était à peine dépouillée que déjà des voix s’élevaient pour réclamer « une intervention accrue et soutenue de l’État dans l’économie » pour faire face à la crise qui sévit. La situation n’est guère différente à Ottawa, où la coalition des partis d’opposition a menacé de faire tomber le gouvernement parce qu’elle jugeait que sa mise à jour budgétaire était trop ténue en matière de soutient économique. Avec le climat politique survolté que nous connaissons depuis plusieurs mois, il peut devenir difficile pour les élus de maintenir le cap sur une gestion serrée des deniers publics. Il ne faudrait toutefois pas qu’ils perdent de vue que la politique budgétaire n’est qu’un des outils qui s’offrent aux pouvoirs publics pour faire face à la crise.Comme c’est le cas pour le conducteur d’une voiture en panne, il existe deux mécanismes qui permettent à l’État de contribuer au redémarrage d’une économie en déclin. Le premier consiste à adapter la politique monétaire du pays, notamment en abaissant le taux directeur de la Banque centrale pour faciliter le recours au crédit et encourager la consommation. Cela équivaut à « sortir les câbles à survoltage » : l’effet est rapide mais s’inscrit plutôt dans le court terme. À ce chapitre, la Banque du Canada a bien fait son boulot jusqu’à maintenant. Encore récemment, elle a abaissé son taux directeur de 75 points de base pour stimuler l’économie et elle n’exclut pas d’autres réductions dans un avenir rapproché. Comme elle l’indiquait encore lors de cette dernière révision : « ces mesures procurent un soutien important et à point nommé à l’économie canadienne. »Une politique budgétaire cibléeLe deuxième moyen consiste à augmenter les dépenses du gouvernement, particulièrement dans les infrastructures, pour suppléer aux investissements moroses dans le secteur privé et maintenir l’emploi. Cela correspond à une mise au point complète de son automobile : il faut attendre plus longtemps pour obtenir un résultat, mais lorsque les impacts se font sentir ils sont importants et durables.Cet aspect de la lutte au ralentissement économique est un fait accompli au Québec. Aussi étonnant que ça puisse paraitre, le meilleur programme de dépenses pour soutenir l’économie québécoise a été lancé en octobre 2007. Il s’agit du Plan québécois des infrastructures qui fait sentir ses effets au bon moment, même si sa première motivation était la réfection de nos infrastructures en piètre état plutôt que la relance économique.Tout plan semblable adopté aujourd’hui risquerait fort de livrer ses premiers résultats dans un an, voire même plus. La reprise économique sera alors amorcée ou en voie de l’être, rendant ainsi le nouveau plan obsolète. Les prochaines dépenses publiques relatives à la crise économique devraient donc viser à venir en aide directement aux ménages touchés par celle-ci pour leur permettre d’en amoindrir les effets à court terme. Par exemple, le gouvernement pourrait décider de supporter les travailleurs licenciés en leur offrant des programmes de formation continue et de réinsertion en emploi.Avec 75 % des exportations québécoises et 79 % des exportations canadiennes qui son[...]



Des gains importants à réaliser | Important gains to make

2008-11-13T09:59:13.440-05:00

Le commerce interprovincial devrait devenir une « voie de contournement » de la crise pour l’économie du Québec et des autres provincesVoici le texte original que j'ai publié dans La Presse de ce matin.Mathieu LabergeÉconomiste et directeur de projet au Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO)Le ralentissement économique mondial qui sévit actuellement constitue une opportunité à saisir pour les Canadiens. Alors que plusieurs autres pays pourraient connaître une récession, le commerce interprovincial devrait devenir une « voie de contournement » de la crise pour l’économie du Québec et des autres provinces. Déjà importante lorsque le climat économique est clément, la question de la réduction des freins au commerce interprovincial devient incontournable au moment où s’amorce un dialogue fédéral-provincial sur la façon de faire face aux turbulences économiques.Le protectionnisme de retour chez nos partenaires?Dans le contexte économique actuel, l’accession de Barack Obama à la Maison Blanche fait craindre une résurgence du protectionnisme chez nos voisins du Sud, le président désigné ayant ouvertement questionné l’ALENA lors de la dernière campagne électorale américaine. Or, les mesures protectionnistes font mal. Vous rappelez-vous de la crise du bois d’œuvre? Alors que tout allait relativement bien, le gouvernement du Québec estime que cette prise de bec entre le Canada et les États-Unis a coûté près de 470 millions de dollars annuellement à l’économie de la province. Imaginez l’impact qu’elle aurait maintenant que l’économie est d’humeur orageuse.Ce mouvement vers des politiques de réduction du commerce international pourrait également faire tache d’huile et s’étendre au reste du globe à la faveur de la propagation de la crise économique chez nos partenaires commerciaux. Dans le Nouvel Observateur du 30 octobre, l’essayiste français Emmanuel Todd appelait d’ailleurs l’Europe à adopter des politiques de restriction du commerce extérieur. Et c’est sans compter que des élections pourraient porter au pouvoir des administrations protectionnistes au Royaume-Uni, en Allemagne, au Parlement européen ainsi que dans 11 autres pays européens de moindre importance commerciale d’ici la fin de 2010.Qu’on le veuille ou non, il deviendra de plus en plus difficile de parler de libre-échange à mesure que la crise financière fera sentir ses effets. Les leaders québécois et canadiens auront beau y mettre toute leur bonne foi, « it takes two to tango ». Il y a fort à parier que la seule réponse qu’ils recevront désormais de leurs interlocuteurs sera un navrant silence radio. Et s’il valait mieux miser sur un « set carré » canadien?Beaucoup à faire ici mêmeS’il est vrai que les échanges entre les provinces canadiennes ont occupé une part généralement plus stable dans leur PIB que le commerce international depuis le tournant des années 2000, il n’en demeure pas moins qu’il reste des barrières à la circulation des biens à l’intérieur même du Canada.En 2004, une enquête de la Chambre de commerce du Canada révélait que les entraves les plus fréquentes au commerce interprovincial étaient la superposition des réglementations entre les différentes provinces, la nécessité d’acquérir de multiples permis pour faire des affaires d’un océan à l’autre et les politiques d’achat local des gouvernements provinciaux. Ces différences de réglementation imposent des coûts importants, notamment aux petites et aux moyennes[...]



Verbillage étudiant! | Student's unreasonnable demands

2008-11-09T17:25:04.360-05:00

Les fédérations étudiantes ont demandé aujourd'hui un moratoire sur le dégel des droits de scolarité. Ils veulent en outre des États généraux sur l'éducation. Ce qu'il y a de neuf dans ces demandes? Rien, justement.Attendez un peu que j'y pense... un moratoire sur le dégel, n'est-ce pas un euphémisme pour parler de gel? Ah! tiens donc! Et on nous refait même le grand coup de 2007, avec la caravanne, le question et tout et tout... Le plus décevant dans cette revendication, c'est qu'elle trahi le manque flagrant de réflexion des mouvements étudiants sur le devenir de l'éducation supérieure. Des États généraux sur la situation des études postsecondaires? Allons donc! Demander de nouveau un large débat public sur l’accessibilité aux études relève purement et simplement de la mauvaise foi. Cette question a été débattue en long et en large au cours des dernières années. La Commission de l’Éducation de l’Assemblée nationale a même tenu une vaste consultation sur la qualité, l’accessibilité et le financement des études universitaires en 2004. Plus de 90 mémoires ont été déposés à cette occasion et 87 organismes, dont les associations étudiantes et les syndicats, ont été entendus par les parlementaires.Dans la même veine, la FEUQ a produit l'an dernier (en octobre 2007!) un volumineux rapport devant mener à préciser sa vision. Résultat final, un an plus tard? On réclame un gel (oh, pardon! un moratoire!) des droits de scolarité. Honteux!La vérité, c'est que depuis 1968 les droits de scolarité des étudiants n'ont été augmentés que pendant deux périodes: au début des années 1990 et aujourd'hui. Qui plus est, les fédérations étudiantes réclament le retour au financement fédéral de 1994-1995, alors que leurs membres ne paieront toujours pas en 2012 l'équivalent de ce qu'ils payaient en 1994-1995 si on tient compte de l'inflation. Pour de plus amples détails sur la situation des droits de scolarité au Québec et une proposition de compromis de dégel, voir un papier que j'ai publié récemment.* * *Quebec student unions published today their demands for Quebec provincial elections 2008. Their solutions to the lack of funding for universities? A return to the tuition fees freeze and a large debate on the future of postsecondary education! As if we hadn't done it yet!A year ago, they published an important report to explain their vision of Quebec postsecondary education. Where did it bring us? Back in 1994-1995: tuition fees freeze, increase of the federal funding, etc.The reality is that since 1968, tuition fees were increased only twice in Quebec: early in the 1990's and now. Moreover, Quebec students won't pay in 2012 the same amount in real terms than they were paying in 1994-1995! For more details on the situation of tuition fees in Quebec and a proposition for university funding, read a paper I published recently.[...]



Réactions au dégel asymétrique | Reactions to asymetric unfreeze of tuition fees

2008-10-24T10:44:11.839-04:00

Hier, l'Institut de recherche et d'information socio-économique (IRIS) a pondu une "étude" qui remet en question le dégel asymétrique assorti d'un programme de remboursement proportionnel au revenu (RPR).
Selon l'IRIS, "s'il continue de hausser les droits de scolarité, le gouvernement du Québec se trouvera aux prises avec une explosion de l'endettement étudiant [...]" La proposition que j'ai fait augmenterais effectivement l'endettement des étudiants. Les plus démunis d'entre-eux pourraient toutefois rembourser leur dette lorsqu'ils seraient sur le marché du travail. Ce remboursement serait proportionnel au revenu gagné par l'ex-étudiant.
Je ne vois pas en quoi cela est révoltant. Il est évident qu'un étudiant en médecine pourrait sortir de ses études avec une dette de près de 60 000 $. Mais lorsqu'on génère un revenu de l'ordre de 100 000 $, et même plus dans le cas de plusieurs spécialités, en quoi cela pose-t-il un problème? Je l'ai dit et je le répète, le problème des étudiants en est un de liquidité, pas de richesse! À terme, une fois leurs études terminées, les étudiants universitaires sont plus riches que la moyenne de la population.
Reste le cas de ceux qui commencent un programme coûteux et changent ensuite vers un programme qui offre des perspectives salariales moins intéressantes. Comme le RPR prévoit un remboursement proportionnel au revenu (d'où le PR!), ils ne seraient pas accablés par des paiements trop élevés.
Les gens de l'IRIS reconnaissent que: "D’autre part, les chercheurs [de l'IRIS] offrent leurs services aux groupes communautaires, groupes écologistes et syndicats pour des projets de recherche spécifiques ou pour la rédaction de mémoires." Il me semble donc que cette nouvelle étude vient confirmer leur rôle de défenseur des intérêts larvés des syndicats et des différents corporatismes qu'ils défendent...
* * *
A left-wing think tank of Montreal (Institut de recherche et d'information socio-économique) denounced yesterday my proposition to charge tuition fees as a percentage of the cost of formation and to implement an income-based debt repayment program. They argue that such a proposition would increase student indebtment.
That is true, but it isn't a problem. As I said, students' financial problems are not a wealth problem: studying is an investment and university graduates earn a salary higher than the average. Student's financial problem is a liquidity problem: they don't have the money to pay for tuition fees while they are studying. Allowing them to accumulate a debt which will be repayd once they eaer a salary is thus a good policy encouraging university enrollment.



Plamarès des écoles secondaires 2008 | High schools ranking 2008

2008-10-23T13:31:30.303-04:00

J'ai publié ce matin, avec Marcel Boyer, le palmarès des écoles secondaires 2008. Ce palmarès a été rendu populaire par le magasine L'actualité qui le publie pour la 9e année consécutive.

L'édition 2008 est toutefois totalement revampée! On y a inclus un nouvel indicateur d'impact qui vise spécifiquement à mesurer la capacité de l'équipe-école à faire réussir les étudiants. Ce nouvel indicateur répond d'ailleurs aux principales critiques du palmarès: on y tient compte de la sélection que pratiquent les écoles et du milieu socio-économique des parents. L'indicateur de résultat, qui est calculé depuis le début demeure. Dans les mots de François Guérard, de L'actualité:

"Chaque école est une équipe d’alpinistes : les élèves sont les grimpeurs, la direction et le personnel enseignant, les sherpas. Les équipes ne sont pas toutes égales. Certaines ne sélectionnent que les meilleurs grimpeurs. Parce qu’ils ont des parents qui investissent temps et argent dans leurs études, ces grimpeurs d’élite ont une longueur d’avance sur les autres, comme s’ils avaient été héliportés au camp de base. D’autres groupes, moins bien équipés, prennent le départ au pied de la montagne. L’indicateur de résultat mesure l’altitude atteinte par les différentes équipes à la fin de l’ascension. C’est la note des élèves.

Les sherpas non plus ne sont pas tous égaux. Certains profs sont plus compétents que d’autres. L’implication du directeur, la motivation du personnel, la qualité des activités parascolaires varient d’une école à l’autre. L’indicateur d’impact évalue non pas l’altitude, mais la distance parcourue à partir du point de départ grâce au travail des sherpas. C’est la note du personnel de l’école. "

Il ressort de ce nouveau palmarès que ce n'est pas le secteur de l'école - privé ou public - qui est la variable déterminante du classement, mais les pratiques de sélection des écoles. Or, 50 % des écoles publiques du Québec sélectionnent leurs effectifs en tout ou en partie! En incluant les écoles privées, il y a donc une pluralité d'école du Québec qui pratique la sélection, sous une forme ou sous une autre!

Comment les critiques du palmarès réagiront à ces innovations? Dieu seul le sait et le diable s'en doute! À suivre...



Les droits de scolarité asymétrique | Asymetrical tuition fees

2008-10-20T10:14:35.107-04:00

Je publie ce matin une Note économique qui propose de fixer les droits de scolarité universitaires en fonction du coût de formation des différents domaines d'étude dès 2012. Si on fixait les droits de scolarité à 38 % du coût de formation, qui correspond au pourcentage actuellement assumé par les étudiants en administration et en sciences humaines, cela permettrait d'augmenter de 110 millions le financement des universités québécois. À noter qu'avec ce plan, 47 % des étudiants verraient leurs droits de scolarité inchangés ou diminués et que la moyenne des droits de scolarité serait de 2500 $ à terme. Les étudiants en médecine vétérinaire seraient ceux qui paieraient le plus (12 528 $) alors que ceux en lettre paieraient le moins (1687 $). Pour amoindrir l'effet négatif d'une hausse des droits de scolarité, cette réforme devrait être mise en place avec un programme de remboursement proportionnel au revenu (RPR).
Vous pouvez consulter un compte rendu de l'étude sur cyberpresse.
Vous pouvez consulter l'étude complète sur le site de l'IEDM.
* * *
This morning, I am publishing a study recommanding to charge university tuition fees in proportion of the cost of formation, beginning in 2012. If tuitions fees were 38 % of the cost of formation, which is the percentage actually paid by student in management and in social sciences, it would allow to raise 110 millions more to finance Quebec universities. It is noticeable that this plan would leave the amount paid by 47 % of the students unchanged or diminished and that the averag tuition fees would be 2500 $ a year at the end of the reform. Veterinaries would pay the higher tuition fees (12 528 $) and people studying in litterature would pay the least (1687 $). To offset negative effects on poor students, that reform should be implemented together with an Income-based student loan repayment program.
You can read the complete study on the MEI's website.



Effectifs infirmiers: une pénurie d'imagination? | Nursing staff: imagination missing?

2008-06-27T09:44:52.241-04:00

Voici un texte que j'ai publié ce matin dans Le Devoir: Mathieu Laberge, Économiste à l'Institut économique de Montréal (IEDM) L'été est une période particulièrement pénible pour quiconque transige avec le système de santé québécois, c'est bien connu. Confrontés à une pénurie d'infirmières alléguée -- le ministère de la Santé et des Services sociaux estime qu'il faudrait 2643 infirmières supplémentaires en 2008 pour faire face à la demande -- les gestionnaires d'établissements de santé voient souvent avec appréhension arriver le temps des vacances estivales.Pourtant, une étude de l'Institut économique de Montréal publiée récemment donne à penser que bon nombre d'infirmières sont prêtes à travailler dans le secteur privé, en sus de leur pratique normale dans le secteur public, et ainsi contribuer au désengorgement de nos hôpitaux. Selon cette enquête menée auprès de 1420 infirmières l'hiver dernier, il existerait une offre de travail supplémentaire de la part des infirmières que le secteur public n'arrive pas à concrétiser. La majorité des répondantes (54 %) auraient accepté de travailler dans le secteur privé pendant les quarts de jour en semaine, en plus de leur tâche habituelle dans le secteur public. En moyenne, les répondantes auraient offert jusqu'à 15 heures par mois, ce qui représente presque deux jours supplémentaires! À ne pas négligerCette offre de travail équivaut en moyenne à l'apport de 3730 infirmières en équivalent temps plein pendant les quarts de jour en semaine, de 2210 pendant les soirs de semaine, de 1350 pendant les fins de semaine et de 290 pendant les congés fériés. Bien que modeste, cette offre de travail complémentaire ne saurait être négligée. Cette enquête permet de croire que la pratique dans le secteur privé ne causerait pas un déplacement de ressources humaines, puisqu'elle peut mener à un accroissement de l'offre de services, tant par une quantité supérieure d'heures travaillées que par une atténuation de la tendance à abandonner la profession. Il faudrait donc considérer la pratique mixte public-privé des infirmières comme une solution partielle, mais durable, aux besoins du système de soins de santé. En conséquence, une plus grande ouverture à la pratique mixte pourrait se révéler être un moyen de réduire la pression sur le système de santé québécois. Un problème d'organisation du travailLes résultats de l'enquête suggèrent aussi que l'actuelle pénurie d'infirmières au sein du système de santé public est un indice de problèmes plus profonds. Ceux-ci relèvent souvent de l'organisation du travail dans le secteur public, avec des règles rigides et un milieu de travail peu efficace et peu satisfaisant. À cet égard, le rapport de la Table nationale de concertation sur la main-d'oeuvre en soins infirmiers suggère des pistes de solution intéressantes, comme le mentorat, une meilleure flexibilité des horaires ou une stabilisation des équipes de travail. Malheureusement, on peut douter que ces mesures permettent d'accroître suffisamment le nombre d'infirmières et leur taux de rétention pour répondre à la demande croissante pour les soins de santé. Tout en rejoignant plusieurs des constats mentionnés par l'enquête de l'IEDM, la Table nationale de concertation, à laquelle tous les syndicats ont participé, se désole que des infirmières se détournent du secteur public. Elle propose de rédu[...]



Bonne Saint-Jean ! | Happy Saint-Jean-Baptiste's Day

2008-11-13T01:07:02.369-05:00

Quelques mots seulement pour vous souhaiter une bonne Saint-Jean-Baptiste! C'est l'occasion de célébrer ce qui nous uni comme citoyens du Québec!


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A few word to wish you all a good Saint-Jean-Baptiste's day. It's time to celebrate what unites us as Quebec's citizens.



Le déséquilibre fiscal de retour! | Fiscal imbalance comes back!

2008-06-24T12:32:16.004-04:00

Je vous invite à lire l'article publié plus tôt cette semaine dans Le Devoir "Déséquilibre fiscal: Le problème reste entier" signé par Alain Noël, Nicolas Marceau, Andrée Lajoie et Luc Godbout. Ils plaident essentiellement que le déséquilibre fiscal n'a pas été réglé et qu'il s'agit toujours d'un problème de la fédération canadienne.En septembre 2006, j'avais écris une chronique dans La Presse où je qualifiait le déséquilibre fiscal de "monstre rhétorique". J'ai donc pris quelques jours pour réfléchir à ces nouveaux arguments et évaluer si ma position avait changé depuis. La réponse est non.Je ne crois pas au déséquilibre fiscal pour deux raisons.D'abord, s'il y a un palier de gouvernement qui perçoit auprès des contribuables des sommes trop importantes pour ses besoins, il doit leur retourner ces sommes et pas les échanger avec un autre gouvernement soit-il provincial, municipal ou autre. Dans ce contexte, argumenter qu'il existe un déséquilibre fiscal équivaut à prétendre que l'impôt dépossède les individus de leurs argent, ce qui est faux. Dans mon esprit, les contribuables acceptent de mettre en commun des ressources pour entretenir un système démocratique et obtenir certains services ciblés de celui-ci: sécurité, filet social et protection de l'environnement par exemple. Bref, un gouvernement ne devrait pas sentir qu'il a le droit de disposer des sommes excédentaires comme bon lui semble: c'est malhonnête et ça enfreint la transparence minimale qu'on attend d'une instance publique.Remarquez, c'est ce qu'a essayé de faire (de façon maladroite) le gouvernement fédéral en réduisant la TPS. Il aurait certainement été mieux de réduire l'impôt sur le revenu, mais bon... don't cry over spilt milk.Ensuite, le gouvernement théoriquement un horizon de taxation très large. Lorsque le gouvernement fédéral réduit ses impôts et ses taxes, les autres palliers de gouvernements peuvent occuper cet espace fiscal. Le gouvernement du Québec aurait pu le faire dans le cas de la TPS, mais il a refusé de considérer cette option.C'est là une démonstration de deux choses: (1) les besoins ne sont pas si criants qu'on ne le dit puisqu'on n'a pas saisi l'opportunité qui se présentait et (2) le coût politique d'augmenter la TVQ pour occuper le champ fiscal laissé libre par la réduction de la TPS était plus élevé que les bénéfices attendus, ce qui nous ramène en (1).Je maintient donc mon opinion de 2006: le déséquilibre fiscal est un monstre rhétorique qui vise à faire assumer à l'ensemble des canadiens les choix (ou l'absence de choix!) politiques des Québécois.Je termine en reprenant un passage de l'article d'Alain Dubuc, hier dans La Presse: "On dit souvent que le Québec s'achète des Cadillac qu'il n'a pas les moyens de se payer. Le Québec est moins riche que la plupart des provinces, son fardeau fiscal est parmi les plus élevés, c'est la province la plus endettée, et c'est ici qu'on trouve les programmes sociaux les plus généreux. Tout cela est vrai, mais ce n'est pas la bonne façon de poser le problème. Le Québec a des moyens. Mais pas pour tout faire."* * * *Four university professors from Quebec published this week a paper in Le Devoir (in French), arguing that fiscal imbalance is still existing. In september 2006, I argued that fiscal imbalance was a political buzzword (in French). Then, I had to [...]