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Patrimoine PQ





Updated: 2018-01-19T07:39:46.013-05:00

 



Patrimoine P.Q. devient... Mondo P.Q. - L'envers du rétro québécois

2014-10-23T16:03:05.916-04:00

(image)
mondopq.com
Il s'en est passé des choses depuis la création de ce blogue en 2007... Dans les prochains mois, ce blogue sera définitivement fermé au profit d'un nouveau site Web. N'ayez crainte: rien ne sera perdu! Tous les articles sont maintenant regroupés sur le nouveau site de l'émission radio que j'anime depuis 2011 sur les ondes de CIBL Radio Montréal 101,5 FM: Mondo P.Q. - L'envers du rétro québécois.

Actualisez vos marque-pages et rendez-vous au mondopq.com. Vous y retrouverez une foule de baladodiffusions, des entrevues de fond avec des chanteurs/musiciens québécois et progressivement, tous les articles de Patrimoine P.Q. mis à jour. De quoi combler tous les mélomanes avides d'obscurités québécoises. 

Merci d'avoir été si nombreux à visiter, lire et écouter le contenu de ce blogue. La suite sur Mondo P.Q. - L'envers du rétro québécois.


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A lot happened since this blog started in 2007... So much we had to think of a better web site: update your bookmark for Mondo P.Q.

Not only will you find all of my podcasts since 2011 but also in-depth interviews with singers/musicians from Quebec and best of all... most of Patrimoine P.Q.'s posts (updated). Won,t you drop by?

(image)
Sébastien & Sebastian (Rays of the sun).




Papa Jo (RCA; 1972) & Élio (RCA; 1972)

2014-02-11T00:11:21.087-05:00

En quittant son premier groupe, Les Chanceliers, en 1968 pour voler de ses propres ailes, Michel Pagliaro développaient rapidement de nouveaux talents. À mi-chemin entre la pop assumée et le rock incisif, le musicien multipliaient les collaborations, partageant le micro notamment avec Renée Martel en 1969 et arrangeant simultanément une foule d’autres d’enregistrements. Son association avec le producteur Georges Lagios –son futur beau-frère!- l’inciterait à passer d’avantage de temps derrière les consoles pour pimenter divers simples de la fin des années 60 et du début de la décennie 70. À l’image du guitariste montréalais Bill Hill (lui-même issu du groupe JB & the Playboys), on le retracerait ainsi sur les étiquettes MUCH, PAX ou RCA en plus d’apparaître occasionnellement auprès de quelques projets de Tony Roman (les deux Volumes des ReelsPsychadéliques par exemple) et sous différents pseudonymes (Second Helping, Le Beau-Frère, The Mighty). Lorsque le rockeur visita Patrick Masbourian dans le cadre de son émission PM sur les ondes de ICI Radio-Canada Première le 20 novembre dernier pour annoncer la parution du DigiPag (son anthologie disponible en ligne), j’en ai profité pour l’interpeler à propos d’un nébuleux projet auquel il avait participé en 1972. frameborder="no" height="166" scrolling="no" src="https://w.soundcloud.com/player/?url=https%3A//api.soundcloud.com/tracks/126598939&color=ff6600&auto_play=false&show_artwork=true" width="100%">Voilà qui est éclairant et d'ailleurs, je tiens à remercier Patrick Masbourian d'avoir relayé ma question! Si effectivement, ce qui n'était à l'origine plus ou moins qu'une chute de studio, devait aider à boucler un contrat avec RCA, ça expliquerait bien pourquoi il en existe trois pressages distincts dont un avec une pochette illustrée. Vous avez bien lu: trois! Il faut croire qu’à l’époque, on espérait peut-être que la touche Pag soit aussi synonyme de bonnes ventes… ou bien on voyait grand, on étirait la sauce et on dépensait sans trop compter. Commençons par le projet éponyme. Le groupe orbitant autour de Michel Pagliaro, Hovaness Hagopian (plus tard du groupe Moonquake) et/ou Angelo Finaldi opte pour se nommer en l'honneur de leur face A, Papa Jo. Ce titre peu connu au Québec fut emprunté à un autre groupe, anglais et aussi signé sur RCA: The Sweet. En marge d'un premier album, Funny how Sweet Co-Co can be, leur chanson Little willy s'était classée en 3e position des palmarès américains au printemps 1972. Pag adapterait sa face B, Poppa Joe, composé à l'origine par le prolifique duo Mike Chapman & Nicky Chinn. allowfullscreen="" frameborder="0" height="480" src="//www.youtube.com/embed/Mh9ggR6gaAc?rel=0" width="640">Papa Jo, c'est le côté sucré -sweet! - de ce 45 tours. Accrocheur et ensolleillé, le titre pourrait aisément passer pour la bande son d'un tout-inclus des Caraïbes avec son accompagnement aux steel drums. N'empêche, l'évasion tropicale avait la cote à l'époque... et Pag chantait aussi cette joie-de-vivre sur son album solo de la même année, avec des tittres comme Je serai libéré ou Rio reggae. Cette naiveté est d'ailleurs en quelques sortes illustrée sur la pochette promotionnelle accompagnant le 45 tours. On y retrouve un personnage au centre d'une scène bucolique voire hillbilly à la campagne, entouré de quelques animaux, jouant de bongos près d'un camion rempli d'instruments. Ludique! Oh Papa, au revers, c'est la face givrée et acide qui contrebalance à merveille notre écoute. Un délire de percussions, un jam impromptu, une séance freak-out comme Pagliaro en avait déjà l'habitude. Ici, il co-signe ce titre avec Hagopian. Oh Papa devient un mantra, récité, gueulé et cadençant le rythme sous l'impulsion du moment. Tant qu'à combler du temps de studio, le mieux c'était de s'éclater au micro! Cette folle face B n'est pas sans rappeler des essais similaires comme Intermission des Mersey's, Dum dan dan[...]



Le Nouvel Ensemble Folklorique du Québec - Reels psychadéliques Volumes 1 & 2 (Révolution; 1969)

2014-02-09T19:50:31.770-05:00

Le Temps des Fêtes semble toujours propice pour raviver notre intérêt envers les breakdown, les set callésainsi que les violonneux et autres musiciens traditionnels qui ont forgé notre identité musicale. Province de tous les reels, le Québec a publié sa part de chants folkloriques depuis le début du XXe siècle et à ce sujet, je ne saurais trop vous recommander une visite par le blogue Tradotronikréalisé par le spécialiste Marc Bolduc, aussi animateur de l’émission Tradosphèresur les ondes de CIBL 101,5 FM. Les amateurs du genre seront comblés! Avec les années 60, le genre tradaura tendance à se métisser d’avantage, incorporant notamment des éléments du rock dans son jeu, avec l’arrivée de nouveaux talents tels Philippe Gagnon ou Dominique Tremblay. Toujours prêt à relever un défi et à explorer de nouvelles tendances, le producteur/chanteur Tony Roman imaginera deux albums qui, à ce jour, demeurent parmi les plus singuliers de cette décennie. Rares et convoités, les collectionneurs les connaissent d’avantage par réputation; aujourd’hui, tendons l’oreille…En 1968, la carrière de Roman est déjà bien établie. Ayant fait ses débuts 5 ans plus tôt, il avait déjà fait partie de 3 groupes (Tony Roman 4, Tony Roman 5, Les Dauphins), obtenu un succès fou en solo avec sa reprise de Do Wha Diddy (150 000 copies vendues!), découvert Nanette Workman, produit une foule d’artistes, fondé ses propres étiquettes de disques (Canusa et plus tard Révolution, A1, R&B, Majaro), animé une saison télévisée de Fleurs d'amour, Fleurs d'amitié... Ayant toujours un pied dans les palmarès et l’autre dans l’underground, l’imprévisible maverickpouvait parfois être critiqué pour ses choix douteux et son impulsivité, mais sa fougue demandait néanmoins le respect.  Pagliaro, Lepage & Shorter.Suivant son association avec le producteur français Jean-Pierre Massiera avec lequel il « co-réaliserait » le cultissime long jeu Maledictus Sounds(rebaptisé plus tard Expérience 9 par Roman lui-même et réédité chez Mucho Gusto), on assiste à la publication d’une infâme trilogie d’albums expérimentaux, pour la plupart avec la candide mention Freak-Out Total au revers de la pochette. Du marketing pour les hippies! Pour cette série, Roman s’entoure d’amis musiciens chevronés tels le multi-instrumentiste Denis Lepage (The Stringers, The Persuaders), le batteur Andy Shorter et le guitariste Michel Pagliaro (Les Chanceliers). Il imagine d’enregistrer live, sans retouche, les résultats de quelques séances nocturnes d’improvisations, aussi expérimentales qu’approximatives. Rien que du vrai pis tout croche aussi. Si l’album Ouba(réédité en 2001 chez GearFab) avait tout d’un long jam rock simplement scindé en deux faces, les Reels Psychadéliques offrent quelque chose d’un peu plus complexe, mais tout aussi lousse. Les deux volumes sont séquencés en divers reels où parfois plusieurs moments distincts se confondent dans une seule et même chanson. Clairement audibles sur la plupart des pièces, des spectateurs et/ou des musiciens additionnels appuient le jeu des comparses de Roman avec des bribes de conversations anodines et d’indispensables envolées au violon. On se demande d'ailleurs qui peut bien être ce violonneux invité... Un simple combinant des extraits des deux Volumesest parallèlement publié en décembre 1969 avec les pièces Le Reel du Pharmacien de Ste-Anne / La ballade de Rose & Alfie (intense et disjoncté). Contrairement aux albums qui sont avares de détails, ce rarissime 45 tours crédite les musiciens comme le Nouvel Ensemble Folklorique du Québec, un qualificatif plutôt audacieux pour le groupe de Roman. En comparaison avec Les Super Reels du Québec (album essentiellement trad publié sur Révolution), il faut quand même avouer que ce que on nous offrait maintenant, eh bien... c'était carrément dans une classe à part! Autre fait à not[...]



La Fanfare KC – La légende / Woburn (Micromegas; 19??)

2013-12-01T05:52:59.563-05:00

Si un collectionneur ose vous confier un jour qu’il a fait le tour de la scène musicale québécoise, qu’il a tout entendu et atteint le fond du baril depuis longtemps, stimulez sa soif de découvertes en abordant l’univers singulier des pressages privés. Évoluant en parallèle aux tendances populaires, bon nombre de « productions maison » d’ici offrent des compositions hors-norme, aventureuses voire avant-gardistes. Nous avons déjà abordé ce genre de publications sur ce blogue, qu’il s’agisse de projets folk comme Un de plus du chansonnier Marc Lebel ou de témoignages scolaires comme sur l’album de finissants Nous du Collège Saint-Viateur. En voici un nouvel exemple qui se moque des étiquettes et qui devrait piquer votre curiosité.Quels musiciens peuplaient La Fanfare KC? À quelle époque remonte la publication de cet étrange simple? Le 45 tours est avare de détails biographiques et pour le moment, nous l’ignorons : on ne peut que spéculer à son sujet. Les deux faces sont créditées à un certain Allard Alone, fort probablement un pseudonyme. Sur ce détail, on semble ne pas trop se prendre au sérieux et... c’est souvent un gage d’authenticité. On se pose aussi la question : à qui ou quoi réfère ce « KC »? Devait-on prononcer « La Fanfare Cassée » ou bien « Kay-See »… En attendant de retracer un des membres originaux du groupe, je vous laisse décider. frameborder="no" height="166" scrolling="no" src="https://w.soundcloud.com/player/?url=https%3A//api.soundcloud.com/tracks/122603741" width="100%">La légende offre une curieuse pop dynamique aux accents légèrement mystiques. La voix noyée dans l'écho appuyée par de ludiques choeurs masculins, le chanteur raconte l'histoire d'amour compliquée d'un troubadour sur fond de cordes synthétisées. Le son du String Synth semble déjà nous indiquer que ce titre pourrait avoir été enregistré entre le milieu des années 70 et le début des années 80. Un solo juste assez discret complète le tout. Accrocheur!D’où pouvait bien provenir ce groupe? La face B, l’ésotérique Woburn, pourrait nous offrir un premier indice. Le titre semble en effet référer au minuscule village québécois du même nom: Saint-Augustin-de-Woburn ou simplement Woburn pour les initiés. Les paroles sont toutefois dans un autre registre et n'offrent pas un portrait du pittoresque village pour autant. On poursuit sur la même lancée qu'au recto, tout en offrant un ton plus… pastoral, glorifié d'une ligne mélodique au synthétiseur. On ne parle pas de bondieuseries -bien au contraire!- mais le rendu offre ce petit quelque chose de plus solennel que sur la face A. Alors que le groupe conlut sur des na-na-nas aussi approximatif qu'investis, on peut l'imaginer interprétant ce titre sur une chaîne locale de télévision communautaire un dimanche matin...Avec toi comme amie, Je creuserais un étang bien plus grand que l'océanQu'on ne peut voir parce qu'il est loin.Des montagnes de proverbes (?).  frameborder="no" height="166" scrolling="no" src="https://w.soundcloud.com/player/?url=https%3A//api.soundcloud.com/tracks/116987137%3Fsecret_token%3Ds-dUPam" width="100%">L'ensemble est plutôt inusité et ne manquera pas de vous faire sourciller! Une démarche authentique (...) une poésie ésotérique, pour citer le collègue Marc Bolduc (du blogue Tradotronik). Avant de vous le proposer, il n’y avait aucune référence à ce 45 tours sur le Web. Espérons que, maintenant, les musiciens responsables de ce petit bijou se manifesteront! Si vous avez quelque information que ce soit à propos du groupe ou de cet enregistrement, contactez-nous. Entre temps, bonne écoute! Je tiens à remercier Nicolas Lê Quang (membre du groupe Rakam) pour cette découverte![...]



Robert Charlebois - Jouez Québec (Gouvernement du Québec/Gamma; 1969)

2013-07-04T15:54:49.571-04:00

Alors que l'été se pointe le bout du nez et que la saison des festivals s'enclenche, j'ai décidé de me la couler douce... Avec l'Hommage prévu ce soir aux Francofolies de Montréal pour les 50 ans de carrière de l'original Garou, j'ai pensé vous présenter cette étonnante et rare commande du Gourvernement du Québec pour Robert Charlebois et Marthe Fleurant!En 1969, avec la Révolution Tranquille déjà bien amorcée, l'affirmation nationale est définitivement en perpétuelle expansion au Québec. La mouvance Ti-Pop, notre Nouvelle Vague en quelques sortes, s'impose naturellement et les hommages à la langue, au joual et à notre culture singulière fusent. Le Québec aux Québécois, comme l'avaient chanté Le Nouveau Testament. Visionnaire, le gouvernement du Québec imagine pour janvier 1969 une campagne de promotion et d'information sur les productions d'ici: c'était déjà in d'acheter local. L'entreprise adopterait le slogan «Québec sait faire» sur une foule de plateformes médiatique (radio, télé, journaux) et incidemment sur disque. Porte étendard de la promotion, la chanteuse et émule de la Bolduc circa 68, Marthe Fleurant, se verrait confier le jingle officiel. Sur un rythme effreiné et une orchestration assez glorieuse merci, Fleurant se déchaîne dans une orgie de citations de produits québécois. Ah oui, au Québec on sait faire d'la réglisse pis des fusées, des jupons, des kimonos! C'est loufoque, mais admettez que cette gigue de jingle fait drôlement mouche.Encore une fois, ce qui étonne et détonne, c'est la face B de ce simple, publié avec une pochette photo des plus colorées. On y retrouve en effet un obscure titre de Charlebois, une surprenante commande totalement dans la veine des enregistrements pour son album Québec Love. La photo utilisée est d'ailleurs la même qui ornait le revers de cet album. En soi, la chanson ressemble plus à une habile chute de studio par moments, mais entre les mains du chanteur et de ses musiciens chevronnés, l'ensemble prend des proportions aussi épiques qu'hypnotiques! L'instrumentation est lousse et aérienne, offrant une section rythmique particulièrement inspirée. Charlebois livre un texte nébuleux laissant néanmoins transpirer une critique du mercantilisme. Il a compris la game et l'exploite bien dans son Pop Art. Étourdi par l'abondance qui s'offre à lui, sa prose puise de façon surréaliste et sans retenue dans une foule de petites annonces d'un journal montréalais.Jouez Québec pis j'le vois bien, j'vois des cercueils, Canadian Caskets, 8001 19e Avenue, Saint-Michel téléphone 727-1411 (...) des éviers, des siphons Crane Canada Limited (...) Je m'arrête et je tourne la tête. Eille, on a du stockshot, des anbi.. dans antibiotiques, pardon, pis d'la pitoune, ok?Jouez Québec pis j'le vois d'même, je l'vois pu, j'le vois qu'y r'vient!La Patrie, janvier 1969.Selon une intrigante brève publiée dans le journal La Patrie, Jouez Québec devait aussi accompagner un happening audio-visuel imaginé par Jacques Gagné pour une exposition thématique à l'aréna Maurice-Richard en février 1969. On y annonçait des projections sur trois écrans et... deux poulets qui rôtiraient sur scène au son du titre de Charlebois! On imagine déjà un public ébahi devant un tel spectacle, mais j'ignore si l'événement eut vraiment lieu. Si vous le savez, écrivez-nous!La critique ne fut pas tendre pour le happening de Charlebois et Marcel Sabourin (La Patrie, octobre 1969).Jouez Québec n'a jamais été officiellement compilé sur une quelconque anthologie de Charlebois depuis. Toutefois, dans les années 90, la compagnie Unidisc (propriétaire des bandes de l'étiquette Gamma) imagina une curieuse série de compilations intitulée «Québec Love». La collection, toujours disponible, s'attardait à de nombreux chansonniers de l'écurie Gamma (Pauline Julien, Louise Forestier, Georges D'Or, etc.) et proposait des best-of plutôt tou[...]



Max - The Flying Dutchman / Run Run (1970; Trans-World TWS 1740)

2013-02-10T22:26:17.440-05:00

Gerry Markman, 19 ans, guitariste de Max en prestation à l'Hotel Nelson (collection personnelle).Je vous avais sommairement présenté ce mystérieux simple hard rock montréalais dans un article de 2010. Entre temps, j'ai pu retracer le guitariste de Max, Gerry Markman, qui a généreusement accepté de répondre à quelques questions qui nous brûlaient tous les lèvres depuis. Nous sommes toujours à la recherche d'une photo d'époque du groupe. Si vous souhaitiez partager quelque document, écrivez-nous ici. S.D. : You wrote earlier that the band included Ian Lebofsky (singer), yourself (guitars & vocals), Sam Borsuk (bass), Colin Jacques (drums) and Ed Borsuk (sound & lights). Where did you guys come from and how did you first met?Gerry Markman : The band was formed in 1969 as a blues trio called Dawn. I had known Sam since high school where he played with The Kreatures. I had been living in Val David at Jazz et Cafe playing blues during the week. On the weekends the jazz band was The Peter Leitch quartet. I have been friends with Peter ever since. Sam had been living in New York for a while with a band whose name I can't remember. They recorded an album but soon disbanded. Sam came back to Montreal and wanted to play and knew Colin Jacques from another band called The Fyve. I was the blues guy, Colin was the hard rock/Stones guy and Sam just made it all work. Eddy was Sam's brother and he was into sound and lights. We made such lousy money dividing it into 4 didn't make much difference from dividing it into 3! By 1970 or 71 we were played out and needed something. Ian was intorduced to us by a friend (?) and we tried it out. His wonderful  Morisson-like baritone and stage presence was the last ingredient. My guitar playing freed up and the band's sound evolved.Did Max performed regulaly on the Montreal scene or outside the province? If so, what other bands played with you on the same bill?Dawn played mostly in Montreal and Quebec City in the Centre de Loisirs and played at McGill on the campus and in the big ballroom a lot. This was the era of liquid light shows and psychedelia. We also played at the Gallery Café in Old Montreal and the Hotel Nelson. Other bands I remember were Higgins Hill and the Mike Jones Group.Jones (aka Michael LaChance) also engineered a session at Studio 6 for my future band, Dandy Batt for the song Play On, written by Ian and me. It that was produced by Frank Marino from Mahogany Rush. Which songs would be played live (originals, covers) ?When Tony Orlando and Dawn came onto the scene we had to change our name even though I had registered it exclusively in Quebec. Couldn't afford a lawyer and we were nobody. We called ourselves The Max Band after my cat. Ian and I were writing original songs that were folky in origin but quite dynamic when played live. Our sound was influenced by Led Zeppelin and The Who and Colin's drumming was awesome. The band collaborated on Run Run, Up The River, Young and Strong. Ian and I were the song writers for Flying Dutchman, Black Willow, Melinda, and Grey Havens. We covered Babylon by Blue Cheer, South California Purples by Chicago Transit Authority and had a long band-arranged version of I Can't Keep From Crying, sometime incorporating classical themes that Sam wrote and Colins 'heavy music' drumming style that later was known as metal. And we played blues.How did you get to record your lone single for the TransWorld label?We met Hilly Leopold through some mutual friends and he decided to produce the band. He was also our personal manager....sort of.Where was this single recorded? Can you tell me who exactly was Hilly Leopold, your producer? I don't recall seeing his name on other 45s from the era...We recorded The Flying Dutchman at Montreal's Studio 6 in 8 tracks. Hilly's neighbour was Lori Zimmerman (Sweet Lorraine) whose husband Danny was the ba[...]



Les Vibratones (1960-1967)

2013-02-03T00:20:15.351-05:00

Les Vibratones à la Salle des Loisirs de Rimouski, vers 1964 (Collection personnelle de André Jean).Dans la foulée d'un récent article sur le groupe Les Fanatiques et la scène rimouskoise des années 60, le guitariste André Jean (à ne pas confondre avec le chanteur du même nom pour le groupe montréalais Batman) nous a écrit pour partager quelques informations à propos de son groupe, Les Vibratones. Les Vibratones (Collection Hughes Albert; Rétro Rock 60).Le groupe, sous plusieurs moutures, anima les salles de spectacles de Rimouski et des environs entre 1960 et 1967. Lorsque leur premier chanteur, Jean-Louis Côté, quitte la formation pour rejoindre Les Céciliens (un groupe du Bic), le quintet compte alors parmi ses rangs Gérald Arsenault (chanteur), Marcel Marquis (saxophone), André Jean (guitare solo), Jacques Deschamplain (batterie) et Marc Blanchet (guitare rythmique). Deschamplain quitterait le groupe vers 1965 pour se joindre aux Fanatiques; il serait alors remplacé par Raynald Côté.    Tout de gris vêtus! Les Vibratones en 1965 (Collection personnelle de André Jean).Acclamés comme de «véritables vedettes» au Manoir St-Laurent de Luceville, les musiciens affectionnaient aussi l'Hôtel Victoria de Trois-Pistoles. Ayant délaissé leurs uniformes des débuts (vestons rouges et pantalons bleus) suite au départ de leur saxophoniste, les Vibratones réinventent leur image vers 1965 en s'inspirant librement de celle des Classels. On arbore maintenant de chatoyants complets gris pâle et une chevelure tout aussi nacrée. Les deux groupes monochromes se croiseraient même lors d'un spectacle à Trois-Pistoles. Marc Blanchet raconte:Nous étions nous aussi vêtus de blanc, avec les cheveux blancs qu'on se teignait au «spraynet». Un soir, nous jouions à l'Hôtel Victoria et les Classels se produisaient au Centre Récréatif. Nous étions justement en train de jouer «Avant de me dire adieu» des Classels. Qui ne voit-on pas arriver: Gilles Girard accompagné du bassiste du groupe. Éberlué, je regardais André; je n'osais pas le croire. Gérald, lui, tout concentré, chantait comme si de rien n'était; je me demande s'il s'en était aperçu. À l'entracte, Girard est venu s'assoir avec nous et il nous a félicité. Il nous trouvait très bon vocalement. À la reprise, il avait fait deux chansons avec nous. [...] Il voulait nous inviter à Montréal pour nous présenter à son gérant. Cependant, il aurait fallu entrer dans l'Union des Artistes, ce qui s'avérait assez dispendieux. Je passais déjà pour le p'tit gros des Classels...Les Vibratones à l'Hôtel Victoria de Trois-Pistoles, juillet 1965 (Collection personnelle de André Jean).Merci à M. Jean ainsi qu'à Hughes Albert, journaliste et biographe émérite de la scène musicale rimouskoise des années 60. Quelques précisions sont d'ailleurs extraites du cahier spécial qu'il a réalisé dans le cadre de la première édition du festival Rétro Rock 60 de 1989.    [...]



Le Père Tremblay & Les Nouveaux Alléluias (Excellent ESP-101; 1966)

2013-04-09T13:19:19.930-04:00

Le Père Tremblay et les Nouveaux Alléluias (1967) Cet article fait suite à la biographie du groupe Les Alléluias publiée précédemment sur ce blogue. Suivez le guide...Entre 1965 et 1967, l'étonnante aventure du premier groupe de rock n roll chrétien québécois, Les Alléluias, prit une nouvelle tournure. Les cinq années précédentes avaient été productives: les 13 Alléluias, tous séminaristes à Aylmer-Est (aujourd'hui Gatineau), avaient enregistré trois simples et un album en plus de participer à quelques tournées québécoises au cours de leurs études. La fin des cours coincida avec l'éclatement de groupe; certains défroqueraient peu de temps après, mais pour d'autres, l'aventure se poursuivrait...Lorsqu'on l'assigne à poursuivre son cheminement professionnel auprès des paroissiens de Moncton au Nouveau-Brunswick en septembre 1965, le soloiste Bernard Tremblay a l'idée de rajeunir son approche ainsi que son image en imaginant un tout nouveau groupe. En étroite collaboration avec son ami Roland Tremblay, contrebassiste et parolier des Alléluias, il tente de rejoindre un public adolescent en s'entourant de fougueux musiciens... laics par dessus le marché! Les messes à gogo avaient rapidement eu raison des soutanes et Tremblay se devaient de rejoindre les Yé-Yé afin de demeurer dans l'vent. Pour son image, seul son col romain témoignerait de son appartenence à l'Église catholique. Il se liera d'amitié avec les membres d'un groupe local, Les Saxons, alors composé de Jean Béliveau à la batterie, Henri Bourque à la guitare et au chant, Ridd Smith à la guitare-basse et Brice Sinclair à l'ogue. En compagnie de Tremblay (chant, guitare, harmonica), le groupe serait bientôt connu sous le nom Le Père Tremblay et sa troupe, Le Père Tremblay et ses Copains puis sa suite logique: Le Père Tremblay et les Nouveaux Alléluias. Le Père Tremblay & les Nouveaux Alléluias sur scène, 1967.Comme cela avait aussi été le cas avec Les Alléluias quelques années auparavant, l'idée qu'un prêtre interprète sa version des évangiles sur une trame musicale fusionnant le rock n roll et le folk ne laissait personne indifférent. C'était aussi psychotronique qu'accrocheur pour un public toujours encré dans son héritage judéo-chrétien. Le Yé-Yé nous avait aussi déjà habitué à de telles tactiques colorées (la mode des groupes costumés, par exemple). C'est probablement cet aspect somme toutes avant-gardiste qui séduirait immédiatement Alex Sherman, le plus important disquaire des Maritimes à l'époque et propriétaire de l'étiquette outaouaise Excellent.  (de gauche à droite) Un DJ local, Le Père Tremblay, Alex Sherman, inconnu (1965).Après 5 mois d'activités, le groupe signe ainsi son premier contrat pour la publication d'un long-jeu. L'enregistrement aura lieu au cours de l'autiomne 1965 et bénéficiera de la collaboration d'un autre ex-membre des Alléluias, le Père Roland Tremblay (aucun lien de famille). Bien que non-crédité sur l'album à l'exception d'une adaptation de Early in the morning, rectifions l'histoire et mentionons qu'il fut notamment responsable des pièces Psaume 150, Myriam, Construire la Terre ou Sur la route. Pour la petite histoire, Roland Tremblay avait quitté Les Alléluias peu avant Bernard Tremblay en 1965. Déménagé en France, il avait parallèlement imaginé sa propre version des Nouveaux Alléluias pour le public de Strasbourg. Cette nouvelle mouture n'eut pas le temps d'enregistrer quoi que ce soit, mais peut toutefois se vanter d'avoir ouvert pour Jean Ferrat. Curieux pour un athée communiste...Les Nouveaux Alléluias... de Strasbourg, vers 1965. Roland Tremblay est troisième, sur la gauche.Revenons au pays... Le groupe croit rapidement en popularité, rejoignan[...]



Les Disques Mucho Gusto présentent... Résurrection!

2012-10-09T16:53:03.719-04:00

Lorsque j'ai initié sur ce blogue le projet d'une compilation de rock chrétien québécois en 2009, je cultivais en secret l'idée que ce concept puisse intéresser une étiquette de disques d'ici, prête à s'investir dans une aventure aussi pertinente que psychotronique. J'avais conçu le tout comme un album prêt à être pressé, cumulant toutes mes recherches dans un livret complet, réalisant même une pochette fictive... Les Disques Mucho Gusto (L'Infonie, Jean-Pierre Massiera, Péloquin-Sauvageau) accrochèrent immédiatement sur cette collection de rares et fougueux hymnes religieux et recrutèrent votre humble serviteur afin de mener à terme cette folle proposition. Merci les gars!Une rencontre privilégiée avec Yvon Hubert (Le jour du Seigneur; Spirisphère; Pélerins des temps qui passent I & II).Quatre ans plus tard, la compilation Résurrection! - Rock chrétien et messes rythmées du Québec (1964-1978) sera enfin officiellement publiée le 23 octobre 2012 en vinyle, CD et format digital. Tous les titres offerts, tous , seront ainsi compilés pour la première fois depuis leur pressage initial. Notre ingénieur a méticuleusement repiqué l'ensemble des compositions et fais des miracles en l'absence des bandes maîtresses, révélant des instruments et autres modulations jusque là imperceptibles. Ça sonne, pas à peu près! Quatre ans donc à retracer une foule de musiciens passionnants  (Bernard et Roland des Alléluias, Yvon Hubert, Gilles Boisvert, les membres de Agapè, Charlotte & Hervé), à visiter le Sanctuaire et les studios RM de Cap-de-la-Madeleine (l'épicentre des messes à gogo), à rechercher des photographies témoignant de cette faste époque, à partager cette passion avec une classe d'un collège catholique... bref, à littéralement vivre cette Résurrection! À quelques semaines du lancement, Mucho Gusto vous offre un premier extrait foudroyant: Yvon Hubert - Coupe tes longs cheveux. Les seules conversions qui auront lieu le seront au nom du rock qui transpire de ces oeuvres sous-estimées. allowtransparency="true" frameborder="0" height="100" src="http://bandcamp.com/EmbeddedPlayer/v=2/track=2237267266/size=venti/bgcol=FFFFFF/linkcol=4285BB/" style="display: block; height: 100px; position: relative; width: 400px;" width="400">Coupe tes longs cheveux (DL gratuit) by Yvon Hubert Lundi le 8 octobre, j'ai eut le plaisir d'être invité à l'émission PM, animée par Patrick Masbourian sur les ondes de la Première Chaîne de Radio-Canada. Pour l'occasion, j'étais en excellente compagnie puisque Roland Tremblay (Les Alléluias) et Charlotte Lapointe (Charlotte & Hervé) avaient aussi généreusement accepté de se joindre à cette discussion autour de la compilation Résurrection. Quelle belle rencontre! Ré-écoutez l'entrevue en suivant ce lien. Sébastien Desrosiers, Charlotte Lapointe, Patrick Masbourian & Roland Tremblay.[...]



Emilhenco Pop - Québec 2000 / Olympiques 76 (Magali MAG 7025; 1976)

2012-08-01T12:02:13.701-04:00

En 1976, Montréal ouvrait de nouveau ses portes au monde entier en organisant les Jeux des 21e Olympiades modernes. Sur le plan musical, plusieurs artistes se sentirent interpelés et tentèrent leur chance en composant un hymne aussi épique que le plus récent rêve urbaniste du maire Drapeau. Pour un temps, la chance souriait au jeune prodige René Simard. Son simple Bienvenue à Montréal, co-écrit avec Vic Vogel et Claude Lacombe, reçu une promotion exemplaire de son gérant, Guy Cloutier. La plupart des stations radiophoniques boycottèrent néanmoins ce sous-produit de la pop, le jugeant trop naïf. Leur objection encouraga le comité olympique à rapidement corriger le tir en proposant un nouveau concours pour dénicher l'hymne des hymnes. Le jury serait alors présidé par nul autre que Stéphane Venne, celui-là même qui avait composé le célèbre Un jour, un jour pour l'Expo 67. Au final, seule la chanson Je t'aime interprétée par Estelle Ste-Croix serait officiellement retenue. Bons joueurs, tous les autres concurants - François Dompierre, Charles Linton, Germain Gauthier, Pierre & Yannic Létourneau pour ne nommer que ceux-ci- seraient néanmoins inclus sur l'album 10 chansons finalistes du concours de la chanson d'adieu. Parallèlement, on publiait l'ultime coffret encapsulant l'ambiance musicale des jeux de Montréal intitulé Musique des cérémonies officielles. Avis aux complétistes, quelques perles jazzées se terrent au travers des ballets et cantates proposées. allowfullscreen="" frameborder="0" height="360" src="http://www.youtube.com/embed/43kJRphn1Gw" width="480">Emilhenco.En marge des podiums et des palmarès, l'artiste français Emilhenco proposera aussi d'orchestrer le rythme effreiné des compétitions par le simple le plus explosif publié à l'occasion des jeux. Que pouvait bien faire ce twisteur méconnu de la première époque dans la Belle Province? En 1976, il avait déjà publié une douzaine de simples et EP, tous pour la plupart bien rangés et innofensifs. Rien ne pouvait donc préparer l'audiophile averti à cette exclusivité québécoise publiée sur l'étiquette Magali. Les deux compositions sont attribuées à Emilhenco Pop et son signées J. Raiteux et Emilhenco. Comme il s'agit de deux pièces instrumentales, j'étais tenté de croire qu'il s'agissait des musiciens attitrés de l'artiste. Est-ce que la carrière du chanteur avait pris un similaire tournant funky au cours des années 70? Pas vraiment. Jouait-il avec eux? Je ne saurais le dire. Le nom de son collègue nous donnait par contre une piste fort pertinente...J. Raiteux est un artiste prisé par les amateurs de library music, ce créneau musical réservé à l'origine exclusivement aux télédiffuseurs et publicistes de tout acabit. Il s'agissait le plus souvent de bandes sonores fictives ou de musique incidentielle pouvant être utilisées en trame de fond dans des reportages, en guise d'ambiance sonore dans les publicités... bref, de la musique d'ameublement comme disait Erik Satie. Ces albums n'étaient pas disponibles pour la vente aurprès du public et leur découverte depuis quelques décennies a mis à jour une tendance méconnue et pourtant si répandue, au bonheur des ciné-audiophiles et autres DJs en quête d'échantillonages inédits. Sous son véribale nom, Jean-Bernard Raiteux a participé à plusieurs de ces enregistrements en France, mais son magnum opus demeure ce premier album qu'il signa pour son groupe, Harlem Pop Trotters. Emilhenco + Harlem Pop Trotters = Emilhenco Pop! Oh! On tient peut-être quelque chose... À la fois funky, psychédélique et jazzé, cet amalgamme de 1972 inititulé « Musique pour l'image No 39 » offrait, comme son titre l'indique, des oeuvres spécialement conçues et enregistrées pour l'illustration sonore d'émissi[...]



Les Fanatiques - Là où nous allons / Le jour où tu reviendras (Plaza PL-6008; 1966)

2013-01-17T08:52:52.557-05:00

 Les Fanatiques, vers 1965: Claude Côté, Guy-Lomer Couture (Muthy), Jacques Dechamplain & Richard Côté.En m'inspirant de l'attachement culturel de l'ami Félix B. Desfossés (Vente de Garage) pour les productions de son abitibi natale, j'arpente aussi depuis des années les disquaires de la province à la recherche d'artistes issus de ma terre d'enfance, le Bas St-Laurent. Originaire de Luceville, un tranquille village près de Rimouski, je me surprends d'avoir attentdu si longtemps avant de vous entretenir de cette vague déferlante de groupes qui s'abattait sur l'Est du Québec -comme dans toute autre région d'ailleurs- durant les années 60. S'il est vrai que, même influents, peu d'artistes de Rimouski eurent le privilège de léguer un 45 tours ou un album pour la postérité, je n'avais pas à chercher bien loin pour rendre hommage à la frénésie qui chauffait les salles de danse de l'époque. Mon oncle fut guitariste pour les formations Les Bohèmes puis Les Balnéaires; ma tante tomba sous le charme du chanteur François Ricaud; ma mère sortie avec le chanteur des Vibratones; mon père vendait sa voiture au guitariste des Fanatiques l'an dernier; j'ai collaboré il y a longtemps avec la chanteuse Lyse Poirier en plus d'avoir Denis Grondin et Jean Rabouin des Polytones comme enseignants... Les signes me semblaient évidents; le temps était venu de réapprivoiser et diffuser tous ces artistes rimouskois.Tu peux sortir le gars de l'Est, mais pas l'Est du gars.    Voici un aperçu plus que sommaire de la scène rimouskoise des années 60. Toutes les photos des artistes proviennent de la collection personnelle du journaliste Hughes Albert et sont tirées de l'édition spéciale de l'hebdomadaire Le Rimouskois à l'occasion de la première édition du festival Rétro Rock 60. Ce happening au succès immédiat réunissait sur scène la plupart des artistes qui avaient fait danser les jeunes de la région 25 ans auparavant. Ces instants privilégiés et rares performances auxquelles j'avais pu assister en mai 1989 semblaient faire vibrer toute la région comme jamais je ne l'avais perçu auparavant. Les Polytones, 1959 (coll. personnelle Hughes Albert).Ils étaient plusieurs à participer à la première vague de rock n roll puis à contribuer à la frénésie yéyé au Bas St-Laurent: Les Riki-Rocks, Les Polytones, Les Garçons du Rythme, Les Idéfix, Les Rit-Miks, Les Majestiks, Ricky et les Dynamiques, Les Satellites, Les Balnéaires, Les Céciliens, Les Vibratones, Les Imprévus, Les Bourgmestres ou Les Nobles. Du lot, quelques-uns se démarquaient aisément sur la scène rimouskoise par leur impressionnant fanclub: Les Fanatiques avec leur charismatique guitar hero; les Bohèmes, dignes représentants du merseybeat ainsi que le soloiste François Ricaud qui pouvait se vanter sans exagérer d'avoir chanté pour tous les groupes de la région. Nous reviendrons sur ces quelques derniers dans de futurs articles. Pour le moment, misons sur Les Fanatiques. J'ai eu le plaisir de m'entretenir à l'été 2011 avec Guy-Lomère Couture, mieux connu sous le nom de Muthy, ancien guitariste du groupe.En compagnie de Muthy, été 2011.SD : D'où vous vient le surnom de Muthy?GLC : Ça vient de ma marraine. J'avais 5 ans, elle me trouvait grassette... comme une motte. Mes frères et mes amis revenaient toujours avec ça et ça ma suivi depuis. SD : Comment avez-vous démarré votre carrière musicale?GLC : J'ai participé à un concours amateur dans un bar à l'angle Rachel / St-Denis à Montréal, vers 1960-61, avec mon cousin et un ami. J'avais 17 ans; on voulait juste tenter notre chance sur une scène. C'est là que j'ai croisé Johanne & the Glazers. Ils venaient de perdre leur guitariste et m'ont demandé de rejoind[...]



Marc Lebel - Un de plus (Escales; 1971)

2012-07-09T01:22:35.737-04:00

  Dans les récentes années, j'ai souvent abordé ma passion pour les enregistrements québécois sous formes de pressages privés, ces précieux et parfois anondins témoignages sur vinyl qu'on abordera la plupart du temps de biais, avec une quelconque méfiance. Rarement de front. On s'y intéresse généralement après avoir écumé les noms les plus réputés d'un style, en y comblant les références les plus obscures, essentielles aux oreilles du complétiste. Leur singulière beauté peut aisément être ignorée à la première écoute, mais saura s'installer confortablement dans votre psyché par ses risques stylistiques, ses textes marginaux et ses expérimentations approximatives. Un de plus de Marc Lebel s'impose certainement comme l'un de ces pressages les plus réussis. Publié timidement sur étiquette Escales, une sous-division des disques RM (Radio-Marie) basés à Cap-de-la-Madeleine, cet album demeure l'un des témoignages politiquement engagés les plus vitrioliques de son époque. Parallèlement aux albums concept Des gens comme vous et moi ou Le Troisième Seuil d'Agapè, ce rarissime long jeu s'inscrit dans ce que je me plaisais à décrire comme "la Sainte-Trinité des pressages privés québécois". Suivant un printemps de grands remous, j'ai récemment repris contact avec le chansonnier originaire de Notre-Dame-du-Lac dans le Bas St-Laurent qui a généreusement ouvert sa boîte à souvenirs...Marc Lebel & René Dupéré, septembre 1970.S.D. Votre nom apparaît pour la première fois dans différents projets du GAP. Avez-vous été membre d’autres formations musicales avant?M.L. Non, le seul groupe dont j’ai fait partie, c’est celui pour le spectacle La fin des temps, avec René Dupéré. S.D. Comment vous êtes-vous associé au GAP (Groupe d'Animation Pastorale) ?M.L. À cette époque, l’audio-visuel entrait progressivement dans les classes avec la pastorale. Le Studio RM (Radio-Marie était opéré par des pères Oblats de Marie Immaculée) près de la cathédrale du Cap-de-la-Madeleine travaillait dans cette optique. Pour faire une histoire courte, à l’hiver 1970, je me retrouve enseignant de français en secondaire 3, à la polyvalente d’Ancienne-Lorette, en banlieue de Québec. Rapidement, René Dupéré, qui y enseignait la musique, devient un de mes amis. Il travaillait déjà avec le Studio RM et faisait de la musique pour leurs diaporamas.S.D. André Dumont mentionnait justement que le groupe utilisait les productions musicales dans des ateliers scolaires de catéchèse en les jumelant à des projections de diapositives. Pourriez-vous décrire les activités du GAP ?M.L. Non, pas vraiment. Mais je sais qu’à cette époque, la catéchèse prenait beaucoup de place dans les écoles. C‘était à la suite de Vatican II. Mais, je n’ai pas fait partie du GAP, je n’en connais pas plus que cela sur ses origines, ses orientations, ses réalisations et ses résultats.S.D. Comment en êtes-vous alors venu à travailler avec eux?M.L. Durant l’hiver 70, à la polyvalente de l’Ancienne-Lorette, nous vient l’idée, à René et moi, de monter un spectacle avec de nos étudiants : Gilles "Maxell" Bergeron joue de la basse, Henri "Caniche" Robitaille écrit des textes que je mets en musique. J’apporte aussi beaucoup de mes chansons; René et moi en écrivons aussi ensemble. Le spectacle s'intitulait La fin des temps, du titre de la chanson que René et moi avions écrite pour l’occasion. Le spectacle a lieu à la fin de l’année scolaire dans l’auditorium de la polyvalente.Entre temps, René avait parlé de notre travail au gens du GAP qui ont décidé d'en faire un disque un peu bizarre. Il comprendrait de nos cha[...]



Normand Théroux - Tant de temps / Pour communiquer (Kot'Ai KO153; 1973)

2012-07-01T11:49:31.446-04:00

Normand Théroux fut à ses débuts professionnels l'organiste du talentueux groupe La Nouvelle Frontière, un des meilleurs espoirs de la troisième vague des groupes à proliférer au Québec à la fin des années 60. Aux côtés de Robert Letendre, Denis Chénier, André Brault ainsi que Richard et Marie-Claire Séguin, Théroux ajouta sa touche distinctive aux claviers sur deux albums que je ne saurais trop vous recommander, La Nouvelle Frontière (Gamma; 1969) & L'hymne aux quenouilles (Gamma; 1970). Le groupe rencontra un bref, mais respectable succès critique et populaire, notamment avec la parution de leur second album où Théroux s'impose dorénavant comme principal compositeur. La ballade des bourgeois qui ouvre ce dernier est effectivement un indice précurseur de la suite musicale qui animait déjà notre organiste...Les aspirations artistiques individuelles de ces musiciens auront bientôt raison du collectif; le groupe se dissout en 1971, malgré la tentative des Séguin pour le ressusciter avec de nouveaux membres. Des cendres de La Nouvelle Frontière, seuls les jumeaux Séguin et Normand Théroux semblent avoir poursuivi une prolifique carrière artistique. Au sein du duo Les Séguin et plus tard en solo, Marie-Claire et Richard poursuivraient dans la veine folk éthérée qui épousait déjà si bien leurs voix. Normand, de son côté, aspirait déjà à quelque chose de plus dynamique et complexe. Si les membres originaux du groupes souhaitaient corriger cette conclusion, je les invite à communiquer avec moi et il me fera plaisir d'ajouter leur témoignage à cet article. Mainmise 21 (mars 1973)Deux ans plus tard, Théroux revenait sur disque le temps d'un simple pour le compte de l'aventureuse étiquette montréalaise Kot'Ai. Avec le début des années 70, Kot'Ai se distinguait en douceur de ses compétiteurs avec son flair pour les sonorités underground qui s'immiscaient progressivement sur les ondes radios. Ayant déjà recruté L'infonie et les rockeurs à succès du power trio Mohagony Rush, l'étiquette dirigée par Robert Nickford (anciennement chez Warner Brothers) miserait sur d'autres talents aussi prometteurs que diversifiés tels Moonstone, Toubabou, Les Séguin, l'américaine-en-visite Ellen McIlwayne ainsi que Willie Dunn, un chanteur micmac de Montréal. Le chanteur et producteur Tony Roman contribuait même au label en tant qu'ingénieur pour Moonstone avant d'y graver lui aussi son 45 tours. L'esprit collectif des communes et -commercialement parlant- un goût prononcé pour le risque semblait guider les choix de Kot'Ai. Fusionnant habilement le côté artistique/spirituel et la rigueur financière qui accompagne la gestion d'un catalogue risqué, il ne faut pas s'étonner que Nickford ait choisi d'illustrer son étiquette des symboles taoistes de l'eau et du tonnerre...La Patrie (avril 1971). Théroux reviendrait sous les feux de la rampe en 1974 au sein de l'étonnant et sous-estimé groupe progressif Le Match. Bien que ce simple précède l'enregistrement de l'album Légendes (Sonogram; 1974) et qu'il ne soit attribué qu'à Théroux, il porte néanmoins la signature sonore distinctive de son futur groupe. Tant de temps s'ouvre sur un bref passage à l'orgue et à la guitare rappelant inévitablement le pont de A whiter shade of pale de Procol Harum. Cette face A joue autant la carte mélancolique que positive au niveau des paroles, mais au final, c'est le dynamisme contagieux du groupe qui domine. Le chant n'est pas parfait et ajoute à l'aspect légèrement brouillon de la prise, mais nul ne mettra en doute l'efficacité des musiciens à innover à chaque passage, insérant flûtes, guitare flangée et[...]



Brigitte Martin - Québec je t'aime (L'Étiquette L1002; 1971)

2012-06-26T13:53:33.268-04:00

Chers Québécoises, Québécois et québécophiles et touristes de la Belle Province, bonne Saint-Jean-Baptiste! Plus ça change au Québec, plus les mêmes constats socio-culturels semblent se répéter alors que le rêve d'indépendance mijote toujours au coeur des souverainistes. Ce simple peu commun publié en 1971 sur le microscopique label L'Étiquette (deux simples répertoriés, dont un autre de François Berthiaume) résonne toujours aussi fort 41 ans plus tard! Le Grand Ménage: Jacques Quesnel & Brigitte Martin.La chanteuse Brigitte Martin fut l'une des nombreuses interprètes depuis les années 70 (Claude Gauthier, Gilles Vigneault, Luc & Lise, Paul Piché, Félix Leclerc, Modus Vivendi, etc.) à condenser les motivations de tout un peuple à se distinguer de ses «voisins canadiens». Au sein du duo Le Grand Ménage -un nom déjà plus qu'évocateur!- cette enseignante-devenue-chanteuse eut le temps de commettre deux 45 tours. Rapidement dépisté par le producteur Gilles Brown, le duo enregistrerait pour l'étiquette Apollo (une sous-division de Polydor) notamment un tube mineur (Quelle famille ) et une composition engagée, Les chômeurs québécois. Leur brève existence ne dépasserait pas ces 45 tours et au tournant de 1971, Martin lançait sa carrière solo. Elle délaissait ainsi son comparse Jacques Quesnel pour se rapprocher de l'arrangeur et producteur Jacques Crevier. Alors que Le Grand Ménage proposait un amalgame typique de folk et de pop avec quelques élans plus ludiques voire western, Martin cherchait à faire sa marque avec un hymne plus dramatique et à fleur de peau. Le Grand Ménage (La Patrie; décembre 1970).Faute de moyens probablement, le 45 tours fut pressé en mono, lui confirmant, pour l'époque en quelque sorte, le statut de pressage privé. Curieux pour Crevier, généralement habitué à un spectre sonore plus élaboré, mais l'arrangeur avait plus d'un tour dans son sac. L'étonnamment joyeuse composition Chu découragée fut retenue en face A. Le ton est léger, on chante l'oisiveté et la paresse sur un air qui aurait très bien pu plaire à Marthe Fleurant ou plus précisément à Marie Savard, une influence évidente. Personnellement, je ne suis pas un fan des refrains en la-la-la-la-la... que voulez-vous.Le monde est r'viré à l'envers.Y'a plus rien à inventer: chu découragée! La pièce de résistance -et de circonstances!- se terre en face B. Québec je t'aime, cosignée par Martin et Crevier, compresse une dense instrumentation sur laquelle Martin vous décoche une salve de constats patriotiques parfumés à la vitriole. Pas de doute, fallait que ça sorte... Un  guitariste vient saturer en conclusion la trame sonore d'un discours digne des célébrations de la Saint-Jean-Baptiste. Intense! Je perds la trace de Brigitte Martin à la suite de cet unique (?) 45 tours. Si vous avez des informations quant au reste de sa carrière ou celle de son ex-comparse Jacques Quesnel, écrivez-nous. En attendant, bonne écoute et bonne Saint-Jean!Connaissez-vous un pays où on va continuer à parler en joual Parce que le joual c'est not' langueOui, vous allez voir qu'on va l'bâtir.Le pays bondira pas des familles nombreuses pis des quêtes de missionnairesVous allez voir qu'on va le bâtir le pays de l'amour, de l'équilibre et de la liberté [...]



Sebastian - Enregistrements Apex & MCA (1969-1970)

2014-05-28T15:52:55.816-04:00

Sebastian (Photo Joural; octobre 1970). Sabastien - Simples Apex (1969)  Dans les années 60 et 70, la province recèlait déjà de ces jeunes prospects se présentant sous la forme d'un unique prénom. C'était mignon, accrocheur. Bien souvent, leur carrière semblait aussi brève que leur sobriquet (à l'exception de Karo ou Nanette) et leur biographie difficile à retracer pour les futurs archivistes que nous sommes. Qui pouvait bien alors se cacher derrière mon homonyme, ce chanteur mononominal québécois qu'on appelait Sebastian? Ne vous méprenez pas, il ne s'agit pas du chanteur prépubère Sébastien qui publia vers 1974 un album sur étiquette Totem et qui dû même s'appeler "Sébastien II" pendant un temps... Ni même du torontois Sebastian (Agnello) qui enregistra l'album psychédélique Head Roach ou du talentueux  chanteur suédois Sebastian qui publia aussi un simple chez-nous à l'époque. Non, c'est bien de Sebastian qu'on discute. Non pas lui, l'autre! (Photo-Journal; février 1970) Largement méconnu chez-nous depuis les années 70, il a néanmoins été redécouvert à l'international en 2009 par le biais d'une timide réédition de son album Rays of the sun sur l'étiquette anglaise ACME. Les britanniques raffolent de ses mélodies pop psychédéliques et de ces chaudes orchestrations gracieuseté de l'arrangeur Roger Gravel; alors, pourquoi pas nous? Revenons donc sur les premiers pas dans le showbusiness de ce mystérieux chanteur.  Sebastian est originaire de Londres, en Angleterre. Malgré toutes mes recherches, je n'ai pas encore réussi à retracer son nom complet... Il y demeurera quelques années avant de déménager avec sa famille à Montréal dès l'âge de 5 ans. Une guitare reçue pour son dixième anniversaire catalyserait les aspirations artistiques du jeune musicien. Faisant l'allez-retour entre les deux rives de la Main, il joue le tout pour le tout et mise initialement sur un public francophone. Cela avait réussi à Nanette, aux groupes Les 409 ou Les Chantels, pourquoi pas lui? Il adopte alors un curieux sobriquet pour se démarquer: Sabastien.  Sabastien, découverte des disques Apex (Programme de la tournée Musicorama; 1969).C'est ainsi nommé qu'on le retrouve chez Apex, au début de 1969, pour ses premiers enregistrements québécois. Dans une entrevue de novembre 1970, l'hebdomadaire Photo-Journal souligne qu'il y aurait enregistré trois simples; à ce jour, je n'en ai retracé que deux. De plus, deux autres 45 tours enregistrés pour le public américain manquent toujours aussi à ma discothèque. Si vous souhaitiez contribuer à cet article en partageant ces enregistrements, il me fera plaisir de les diffuser. Ce simple propose une relecture du tube international "Dizzy" -rebaptisée J'ai peur - du chanteur américain Tommy Roe. «Dizzy» avait beau être en première position des palmarès canadiens, la version de Sabastien ne se distinguait déjà que très peu de celle du chanteur Daniel Nicolas, un autre mystérieux prospect pour l'étiquette Jupiter. La comparaison ne s'arrête pas là puisque Roger Gravel signe aussi l'arrangement de ce simple. Il rejoindrait sous peu Sabastien afin d'orchestrer son album... Intriguante coincidence! La face B, Ce n'est pas facile d'aimer , est une relecture du hit de l'américain Gene Pitney, It hurts to be in love . Un choix aussi plutôt discutable pour se démarquer et faire bonne impression avec un premier simple, ce tube datant déjà de 5 ans... Pour ce 45 tours, la production est confiée au nébuleux Ron Dikhof qui réalisa un simple au charme discret, mais qui ne su pas s'imposer à[...]



Les Alléluias - Chantent Alléluia (Loma; 1964)

2012-10-01T20:27:44.227-04:00

 Les Alléluias, Bernard Tremblay à l'avant-plan (collection personnelle de B. Tremblay).Entre 2009 et 2011, j'ai eu le privilège de m'entretenir à plusieurs reprises avec Bernard Tremblay, Roland Tremblay et le Père Guy Pilote, tous anciennement du premier groupe de rock n' roll chrétien québécois Les Alléluias. Je ne saurais trop les remercier pour leur ouverture et leur générosité. Suivant la présentation d'une biographie sommaire du groupe lors de l'exposition inaugurale du Musée du Rock n Roll du Québec, voici maintenant en primeur l'épopée des Alléluias. Neuf membres des Alléluias (de gauche à droite): ,Denis Simard (assis), Bernard Tremblay, Gilles Perrault, Rodrigue Théberge, Roland Tremblay, Raymond Lavoie, Réal Veilleu & Rémi Gagnon. (collection personnelle de Bernard Tremblay).Le groupe prend forme à Aylmer-Est (aujourd'hui fusionné à la ville de Gatineau) vers 1962. Constitué de treize jeunes séminaristes du Scolasticat des Pères Rédemptoristes, on comptait parmi ses rangs Bernard Tremblay (soloiste, banjo et guitare), Roland Tremblay (arrangeur, contrebasse, harmonica), Rémi Gagnon (guitare), Denis Simard (batterie), Réal Veilleu (accordéon), Jules Dallaire (chant), Réal Tremblay (chant), Rodrigue Théberge (chant), André Simard (chant), Guy Pilote (chant) et Gilles Perreault (chant). Ils sont électrifiés!  Neuf membres des Alléluias (collection personnelle de Bernard Tremblay).Aussi connu en Outaouais sous le sobriquet The Clergymen, Les Alléluias performent sur scène en toges et proposent un répertoire efficace constitué d'originaux et de reprises, alternant entre une folk-pop harmonieuse et de dynamiques numéros de rock n' roll. Pochette-photo du premier simple des Alléluias (collection personnelle de Roland Tremblay)Face à une réponse positive du public, friand de cette rafraîchissante excentricité chez de jeunes catholiques, l'étiquette Loma offre au groupe d'enregistrer à Ottawa deux 45 tours. Leur premier simple, le seul accompagné d'une pochette-photo, stipule que Les Alléluias sont désireux de rester en contact avec les jeunes de leur temps et interprètent leurs propres compositions pour les teen-agers. Treize «prêtres électriques» ainsi réunis sur une même scène, l'impact était sans précédent au Québec!En tout, trois simples, tous sur étiquette Loma, sont pressés par le groupe: Alléluia / Départ (LO-2000), Bénissez le Seigneur / Sur la route (LO-2001) et Partendo dal mondo / Jukebox (LO-2002). Les chansons Sur la route et Alléluia tournent sur les ondes des stations de radios locales. Pour l'anecdote, ces deux titres sont encore au programme lors des rares tours de chant privés de Bernard Tremblay... Ces 45 tours mettent de l'avant le talent créatif du contrebassiste Roland Tremblay, principal auteur-compositeur pour le groupe. Alléluia, ce cri de joie gospel avec banjo et tambourin, est une introduction naturelle et à la limite prévisible pour nos jeunes séminaristes. Vous aurez néanmoins de la difficulté à résister à cet entrain si intrinsèque au succès du groupe et tapperai bientôt des mains. Pour la ballade Départ, on reconnait le timbre franc du soliste Bernard Tremblay qui s'installe en douceur sur les choeurs du groupe et quelques notes d'harmonica et d'accordéon. Un premier simple, somme toutes sans risque -du moins, à nos oreilles contemporaines- qui ne laissait pas présager le schisme à venir.Le Clergé était visiblement divisé quant à ces chants litturgiques rythmés (La Patrie, août 1965).  Bénissez le Seigneur, leur second 45 tours, [...]



Les Contretemps - Chô-Fret (1972; Trans-Canada International TSF 1443)

2012-04-21T03:24:34.526-04:00

*mise à jour*Après un premier album sur étiquette CTL (Canadian Talent Library) et une série de spectacles au Japon 2 ans plus tôt, Les Contretemps proposèrent leur ultime opus folk. Le quintet, composé de 3 garçons et de 2 filles, rejoignait ainsi plusieurs artistes Québécois ayant profité du rayonnement culturel autour de l'Exposition Universelle d'Osaka en 1970. Au programme , la délégation Québécoise réunissait entre autres Les Bel Air, Karo, Les Kanto, Jean-Pierre Ferland, Souls of Inspyration, Jacques Michel et même... Lucien Hétu (source: LECLERC, Richard; Des lys à l'ombre du Mont Fuji).  La Patrie, mars 1970.Fiers de cette expérience, Les Contretemps furent signés sur étiquette Radio-Canada International (RCI). Monique Grenier, responsable du service musical à RCI de 1967 (?) jusqu'à la fermeture en 1990, assure la production. Dans un entretien diffusé en 1990, elle soulignait même que Radio-Canada avait longtemps et curieusement failli à son mandat en refusant d'assurer la distribution Canadienne de la plupart des productions RCI. La Patrie, décembre 1971. Alors que quelques centaines de copies étaient gratuitement distribuées à travers le monde par RCI, les quelques exemplaires restants l'étaient tout autant à travers les radio collégiales et les bibliothèques du pays ou étaient parfois secourues par d'autres labels. Ceci pourrait expliquer en partie la quelconque rareté ratachée à Chô-Fret...Photo Vedettes, juillet 1971.Empruntant une tangente sunshine-folk s'aparentant à celles des Alexandrins, du Coeur d'une Génération ou de La Nouvelle Frontière, l'album offre quelques reprises efficaces ponctuées de 7 titres originaux, parfois pastoraux dans le ton (Ô Terre, L'Alléluia, Bienheureux) ou bien légèrement psychédéliques (Ailleurs, La marche du Président) mais tous résolument pop (Julia, J'aime ma chemise, Jazz-Café). Les Contretemps ne proposent pas un registre à-proprement-dit religieux, mais sous leurs cheveux longs, ces hippies demeurent étonamment toujours enchevêtrés sur quelques titres aux valeurs judéo-chrétiennes, alors en plein chamboulement. Leur identité demeure pour votre auteur un mystère. La plupart des titres n'étant signés que sous "Les Contretemps", nous sommes tentés de combiner les rares infos biographiques contenues sur le 45 tours pour conclure qu'ils réuniraient possiblement P. Iohann, M. David & R. Stevenson. Quelqu'un a plus d'informations?Les Contre-Temps (sic) en 1968 (Photo-Journal, 16 octobre 1968)Avec un excellent 1er simple, l'accrocheur-comme-c'est-pas-possible Julia, le groupe aurait respectueusement mérité sa place au palmares. Il s'agissait en fait d'une adaptation, peu commune, d'un titre du groupe pop américain The 5th Dimension, Don'tcha hear me callin' to ya. La version du 45 tours diffère grandement de celle ouvrant l'album, cette dernière étant plus folk avec ses délicieuses harmonies et l'accompagnement à la flûte. Bien que les deux aient leurs qualités, la production de Yves Martin et les arrangements cuivrés de Jerry deVilliers & Richard Ferland insuflent à la version du 45 tours un parfum soul ennivrant. Bref, ça déchire! La Patrie, octobre 1969.Mixée à la fin de Julia, Ailleurs oscille abstraitement entre un récit mystérieux (Il pleut de la pluie, Il pleut de la pluie...et l'automobile file sur la route qui défile... Baaaaaaaah!) explosant sporadiquement de quelques harmonies aidées d'une basse éfreinée. Way out! L'infâme reprise de I like my shirt de Donovan (rebaptisée J'aime ma chemise) n'apporte rien de vraiment sub[...]



Pour une Pâques analogue!

2012-04-21T03:23:15.364-04:00

 Yvon Hubert (Le jour du Seigneur, Spirisphère & Saint-Chrone de Néant avec Offenbach) et Sébastien Desrosiers, mars 2012.Depuis 2007, je dois vous confesser que ma passion d'abord anodine pour la pop chrétienne s'est progressivement développée en une sérieuse affaire.  À l'image de ce blogue et suivant la publication initiale de ma compilation Résurrection! , il fallait que je pousse mes recherches et découvre les motivations, spirituelles et musicales, à la source de ce qu'on appelait les messes à gogo. Tout restait à faire... J'ai depuis eu le plaisir de m'entretenir avec plusieurs intervenants et talents incontournables du genre. Je ne saurais trop les remercier pour leur ouverture et leur générosité. Ainsi, parallèlement à la publication officielle chez Mucho Gusto de la compilation Résurrection! en 2012, je vous annonce que je publierai sous peu une série de nouveaux articles et de mises à jour des albums religieux précédemment abordés sur Patrimoine PQ. Des primeurs et de rares photos excavées, va y'en avoir! Vous découvrirez l'histoire des Alléluias/Nouveaux Alléluias, l'avant-gardisme de Yvon Hubert, la genèse du groupe Agapè suivant les révélations du chansonniers Marc Lebel (véritable initiateur du projet) et j'en passe... En attendant, et juste à temps pour la Pâques, je vous propose de redécouvrir ces rares albums que nous avons découvret plus tôt sur ce blogue. Soyez sans crainte, les croyants comme les athées y trouveront leur compte! Les seules conversions qui auront lieu le seront au nom du rock qui transpire de ces rares titres, tous inédits depuis leur parution originale.Ce samedi 7 avril, l'ami Félix B. Desfossés (de l'essentiel blogue Vente de garage) abordait justement quelques-uns de ces artistes chrétiens dans sa chronique «LSD ou Loué Soit Dieu» dans le cadre de l'émission Bouillant de culture sur les ondes de Radio-Canada. Merci pour la référence!  Ne manquez pas non plus la Spéciale Pâques de l'émission Mondo PQ - L'envers du rétro québécois, que je co-anime avec Mimi la Twisteuse tous les dimanches dès 10h00 sur CIBL 101,5 FM. Plusieurs primeurs et découvertes seront au rendez-vous. Bonne écoute![...]



Baron Phillipe de Notre-Dame - Hier matin / Micro rêve (1967; Disque Monde 866)

2013-12-21T04:58:50.265-05:00

Le journaliste et auteur Jean-Claude Trait s'immisce dans l'antre des Zommz. Il est le troisième personnage sur la droite, à gauche du Baron Filip (Le Petit Journal; juin 1969).*mise à jour*Quel personnage fascinant que ce self-proclamé Baron! Lorsque j'ai publié en 2008 la première version de cet article, l'identité de ce mystérieux et déjanté chanteur demeurait nébuleuse. Depuis, le neveu et un proche du Baron sont entrés en contact avec moi et ont généreusement accepté de partager quelques anecdotes au sujet de cet artiste quelque peu contreversé.Document essentiel de la scène artistique québécoise, Québec Underground 1962-1972 (3 volumes).Né Philippe Gingras, ce poète et véritable électron libre de la scène montréalaise entre 1965 et 1975 s'associa très tôt aux manifestations marginales de la troupe d'avant-garde L'Horloge. Ce groupuscule rassemblait d'autres jeunes iconoclaste tels Claude Péloquin et Jean Sauvageau (tous deux plus tard du duo Péloquin-Sauvageau), Suzanne Verdal (danseuse et future épouse du sculpteur Arman), les musiciens Dominique Macchiagodenna, et Roland Béchard (aussi batteur pour le groupe Vic & the Conchords de Chatham en Ontario) et le peintre Serge Lemoyne. Étaient-ce ces mêmes musiciens qui accompagnaient le Baron sur son unique simple? Je ne saurais dire...Biographie du groupe L'Horloge signée par le Baron Filip (Québec Underground 1962-1972; Tome 1, p. 130-131)Alors que la contre-culture émergeait internationalement, Gingras devint progressivement pour le Québec l'un des représentants les plus colorés de ces jeunes qu'on désignait dorénavant comme hippies. Proche de leurs idéaux communautaires, apolitiques et artisanaux, il colore leur identité à la sauce québécoise: désormais, en ce qui le concerne, on ne parlera plus de hippies, mais bien de Zommz. Ces fous du peuple, comme on les décrivait, souhaitaient s'adresser à tous les jeunes d'esprit en vue d'offrir des fêtes populaires gratuites à n'importe quel temps de l'année et n'importe où. Pas de doute, l'ambiance est au jeu, à la liberté; baba cool comme disent les Français. C'est dans cet état d'esprit que le Baron Filip popularisera à l'époque son slogan: Y'a rien là! Faut dire que ça devait en prendre beaucoup pour le déstabiliser...Philippe Gingras, le Baron Filip ou Baron Philippe de Notre-Dame.En partenariat avec le magazine underground Logos, il organisa sur le campus de l'Université McGill en juillet 1969 une grande «kermesse bilingue» où convergergèrent tous les hippies et Zommz de la métropole. Au programme, des mariages hippies nus, divers happenings et la musique psychédélique du groupe Le 25e Régiment! Plus tard, il fondera un organisme d'entraide nommé La Légion Humaine. L'entreprise se définissait comme un mouvement sans but lucratif, non politique et non religieux. Tous peuvent en faire partie; la seule condition c'est d'être jeune (...) On veut recruter des membres dans toutes les classes sociales; ceux qui sont sans le sou pourront réaliser les projets que les plus aisés financeront. Toujours poète, il poursuivra ses associations avec la scène de l'époque, en pleine ébulition, oeuvrant notamment aux côtés de Denis Vanier et d'un certain Pierrot Léger, dit Pierrot le Fou (membre original du trio La Sainte Trinité avec Plume Latraverse et le Docteur Landry).Un lecteur nous a écrit pour partager ses souvenirs du Baron Filip (merci Guy). Je ne sais pas grand chose sur la carrière artistique du Baron. Je l'ai rencontré à Noel en 1972 à Ste-Hélène [...]



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2012-08-26T21:38:28.152-04:00

Avant Le Message, il y eut... The Tamy. De gauche à droite: Serge Vallée, Daniel Turcotte & Jacques Plourde (Collection personnelle de Daniel Turcotte).Le Message - Une partie de son coeur / Lydia (Sonore S 8012; avril 1968)Lorsque j'ai publié un bref article sur le groupe québécois Le Message en mars 2011, un flou artistique enveloppait toujours le groupe. Qui étaient donc ces musiciens inventifs, demandais-je? J'ai lancé une bouteille à la mer... et elle m'est finalement revenue quelques mois plus tard par l'entremise d'un charmant couriel de Daniel Turcotte, batteur original du groupe. Fini l'anonymat: levons maintenant le voile sur ce groupe méconnu.Le Message était un petit groupe de Duvernay, aujourd'hui fusionné à la ville de Laval, comme il y en avait des centaines qui pullulaient partout au Québec dans les années 60. Le band a pris naissance en 1966 sous la forme d'un trio composé de Serge Vallée (guitare), Jacques Plourde (basse) et moi-même, Daniel Turcotte (batterie). À l'origine, nous nous appelions The Blue Birds. Plus tard, pour faire référence au film du concert The TAMI Show, nous nous sommes rebaptisés The Tamy. Le nom Le Message s'est définitivement imposé par la suite.Quelques mois plus tard, l'organiste Robert Prairie (malheureusement mal orthographié sur notre disque) s'est joint au groupe. La nouvelle dimension apportée par Robert nous a ouvert les portes vers une musique plus élaborée et nous a permis d'interpréter qu'on ne pouvai se permettre auparavant sans la sonorité de l'orgue. En plus de la batterie, je touchais aussi un peu le piano puisque mes parents en possédais un. Je l'utilisais surtout pour de modestes tentatives de création de chansons. C'est comme ça qu'un jour, la pièce Une partie de son coeur est née. Je n'avais pas de paroles pour la chanson, mais lors d'une répétition, Robert s'est présenté avec un texte qui allait très bien avec la ryhtmique de la pièce. Adopté!Le Message aux Studios Stéréo Sound de Montréal, 1968 (Collection personnelle de Daniel Turcotte).Le 45 tours fut enregistré aux Studios Stéréo Sounds sur Côte-des-Neiges à Montréal. Le son du disque m'a toujours un peu déçu car il ne réflète vraiment pas notre sonorité réelle. Si seulement vous pouviez entendre les bandes originales, vous seriez étonnés par la différence! Particulièrement sur Une partie de son coeur, où on entend à peine l'orgue dans le fond alors qu'il était beaucoup plus présent en réalité; ça donnait une sonorité bien plus enveloppante. En passant, ce piano que tu qualifiais de honky tonk, c'était un piano à queue! C'est tout dire.Lydia est une pièce composée par Serge Vallée sur laquelle j'ai pu coller des paroles qui m'étaient inspirées par une situation qu'une connaissance vivait. Je crois encore, 45 ans plus tard, que Jacques interprétait très bien ces deux pièces. Et pour la petite histoire, Jacky avait effectivement une légère sonorité anglophone...Il est étonnant de constater qu'aucune des deux faces de cet unique simple ne fut compilée ou rééditée depuis sa parution originale. Pressé sur l'étiquette Sonore en avril 1968, le simple ne semble pas avoir bénéficé d'une quelconque promotion et sombra rapidement dans l'oubli malgré le talent et la fougue de ses interprètes.Aux premières notes martelées sur un piano aux sonorités honky tonk, on remarque l'inventivité du Message gravitant autour de l'instrument: une signature plutôt épisodique au sein des groupes de l'époque. Dès que la r[...]



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2012-10-07T21:45:02.839-04:00

The B# Blues Band, 1969. Collection personnelle de G. Rhéaume.Le parcours artistique de Guy RhéaumeLe Cardan (1967-1970)En octobre 2010, j'ai eu le privilège de m'entretenir quelques heures avec le chanteur/musicien/ingénieur/producteur Guy Rhéaume chez lui, à son studio de Boucherville. Si ce nom ne vous est pas déjà familier, je vous invite à consulter la première partie de cette entrevue dédiée à son parcours au sein du groupe Les Convix. Voici maintenant la seconde partie de cette rencontre où M. Rhéaume illustre la transition de son groupe au cours de l'année 1967...S.D. Est-ce que le groupe à persévéré longtemps avant de devenir Le Cardan?G.R. Oh oui, un bon bout. Un moment donné, tout le groupe est revenu à Montréal pour étudier après avoir joué à Mont Laurier tout l'été. J'habitais alors avec André Perry, mais on avait plus d'endroit pour pratiquer. J'ai téléphoné à un ami d'école, Richard Émond, pour lui demander s'il aimerait jouer dans un band. «Mets-en, en plus j'ai une place dans ma cave pour pratiquer», qu'il dit. Dans le fond, Richard est surtout rentré dans le groupe parce qu'il avait un local de pratique! *rires*Je l'ai présenté aux trois autres Convix et il l'ont aimé. Il jouait déjà de la guitare et avait son propre ampli alors il s'est mis à la rythmique. Il connaissait aussi un autre de mes amis d'école, Reynald Beaupré. Il a proposé qu'il devienne notre gérant et je dois dire qu'il a été très efficace. On s'est alors mis à jouer à Québec.Le Québec a aussi eu son groupe nommé Kaléidoscope (Collection personnelle G. Rhéaume). S.D. Sous quel nom?G.R. Y'a bien eu une transition, mais je ne sais pas quand. En fait, le groupe a eu plusieurs noms. On s'est appelé B Sharp Blues Band un moment et on ne jouait que du blues à la Paul Butterfield. On changeait de nom tout dépendant de ce que les bookers recherchaient. On s'est aussi rebaptisé Le Kaléidoscope.S.D. Vraiment? Après les États-Unis, l'Angleterre, le Mexique et j'en passe, le Québec avait aussi son groupe nommé Kaléidoscope! G.R. On se cherchait une identité. Denis avait enseigné le dessin industriel. C'est lui qui a suggéré Le Cardan, un jeu de mot sur ce «joint universel». Moi, j'étais pas d'accord, mais ça faisait juste rire Richard.Le Cardan - La Reine et le Roi / Le sommeil du soldat (RCA Victor; 1967)Je ne m'entendais pas trop avec Reynald, mais on jouait au Temple, un bar psychédélique, tous les lundis soirs à Québec et tous les vendredis soirs à la salle Beaulieu. Les samedis et dimanches, on allait jouer à Mont-Laurier. On avait une vie de fous. La meilleure époque, c'est quand on jouait au Gallerie Café tous les vendredis, samedis et dimanches après-midi dans le Vieux Montréal. On jouait du Hendrix, The Doors, Led Zeppelin, The Animals, The Beatles. On avait un following! J'avais de la misère à entrer dans la salle. Le monde, y dansait pas. Y'étaient tous assis par terre et ils nous écoutaient jouer. Dans ce temps-là, Michou (Michel Soucy) avait justement coupé les pattes de son orgue et jouait assis, par terre. C'était zen, un peu... Le Cardan fait la promotion de son simple La reine et le roi à Allez-4 (Québec; 1967)S.D. J'ai vu ça sur une photo publiée dans le livre de Léo Roy (La merveilleuse époque des groupes québécois; Éditions Rétro Laser).G.R. Oui, ça c'est notre passage à l'émission Allez-4 à Québec. On est monté en plein hiver pour faire cette émission en lipsynch. On a même pas eu l[...]



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2012-01-01T15:11:11.353-05:00

Mondo P.Q. : L'envers du rétro.Si je me suis fait plutôt discret ces derniers mois, c'est que j'étais affairé entre autres à préparer une nouvelle émission sur les ondes hertziennes en juin 2011. J'ai en effet le plaisir de co-animer depuis cet été Mondo P.Q. avec mon amie, la DJ Mimi la Twisteuse, sur les ondes de CIBL 101,5FM tous les dimanches matin de 10h00 à 11h00!Au menu: l'envers du rétro des décennies 50, 60 et 70. Le sac à surprises déborde et Mondo P.Q. poursuit dans les mêmes sillons que ce blog en vous offrant des perles pop avant-gardistes de Montréal, du psychédélisme décloisonnant de l'Outaouais, du folk déjanté de Québec, du soul tonitruant de l'Abitibi et du rock de tout acabit! Une programmation 100% québécoise! Vous redécouvrirez des artistes et des chefs d’oeuvres oubliés, illustres méconnus ou surprises étonnantes d’artistes établis (un titre psychédélique de Serge Laprade ou le hardrock de Pauline Julien, quelqu’un?), parsemés ici et là de vignettes audio de l’époque (publicités, récits étranges, discours pédagogiques ou religieux). Une heure musicale et informative teintée d’humour et animée par deux jeunes gens passionnés de vieilles choses.Mimi la Twisteuse et Sébastien DesrosiersVous pourrez nous suivre et échanger avec nous en direct sur Facebook où nous avons une page. L'émission est aussi disponible en balladodiffusion sur notre site Web, mondopq.com . Vous y retrouverez aussi quelques primeurs, découpures de presse d'époque et rares photos.Synthonisez-nous en direct tous les dimanches matin, dès 10h00. [...]



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2012-10-07T21:54:07.944-04:00

Les Convix, premier concert à la cabane à sucre en 1965 (Collection personnelle G. Rhéaume). Le parcours artistique de Guy RhéaumeLes Convix - Tante Marie chante et raconte Batman(Élysée / Chance BTM-101 ; décembre 1966)En octobre 2010, j'ai eu le privilège de m'entretenir quelques heures avec le chanteur/musicien/ingénieur/producteur Guy Rhéaume chez lui, à son studio de Boucherville. Si ce nom ne vous est pas déjà familier, nous tâcherons de vous éclairer à propos de ses nombreuses réalisations entre 1965 et 1972 dans une série de trois articles entièrement dédiée à ses contributions devant et derrière la console. Voilà bien une rencontre que j'appréhendais depuis quelques années!Au milieu des années 60, Rhéaume entreprit une prolifique carrière musicale. Assistant d'abord pour les enregistrements du producteur André Perry, ce multi-instrumentiste fonda rapidement son premier groupe, Les Convix, avant de poursuivre l'aventure jusqu'à la fin des années 60 au sein du groupe psychédélique montréalais Le Cardan. Deux albums en solo et de nombreuses réalisations lui seraient aussi crédités au tournant de la décennie 70, mais ce n'était encore que les débuts d'un impressionnant parcours professionnel qui l'amènerait à travailler avec Robert Charlebois, Le Grand Cirque Ordinaire, Anne Renée, Ginette Reno, Johanne Blouin et tant d'autres depuis 40 ans. Retour sur les débuts d'une prolifique carrière...Le trio Les Convix, 1965 (de gauche à droite Johnny, Guy & Gerry). Collection personnelle G. Rhéaume.Guy Rhéaume: J'ai commencé en faisant du country, on avait Roger Miron et Marcel Martel comme clients, d'ailleurs tout ceux qui étaient chez Rusticana.Sébastien Desrosiers: Vous étiez déjà ingénieur à l'époque?G.R. J'étais l'assistant de André Perry, assis à côté de lui un an et demi avant de commencer sérieusement. Un samedi matin, on avait une session prévue pour un album de Monique Gaube et il m'a dit: «Vas-y, ça me tente pas, j'ai mal à la tête». Je suis entré seul au studio, les musicens sont arrivés et j'ai du me débrouiller avec ça.S.D. C'est jeune pour prendre le studio en charge...G.R. J'ai commencé à 16 ans.S.D. C'est plutôt exceptionnel!G.R. Aujourd'hui, je dirais que oui. J'ai eu moi-même des élèves assistants qui sont venus ici. Ils avaient déjà 25 ans et sortaient de l'École du Showbusiness ou de l'Institut Trebas. Dans mon temps, y'avait pas de tout ça: on apprenait sur le tas.Les Convix, premier concert à la cabane à sucre en 1965 (Collection personnelle G. Rhéaume)S.D. Revenons sur les débuts des Convix, votre premier groupe.G.R. Au départ, vers 1965, nous étions trois: Jean-François (Johnny) Bourtumieux, Gerry Labelle et moi-même. On jouait pour des parties. Le problème, c'est qu'on avait pas de basse. J'ai demandé à Johnny s'il connaissait un gars. Il étudiait à la Polytechnique à Laval et ramena un étudiant qu'il avait connu là-bas, Gilbert Soucy. Johnny proposa qu'il devienne second guitariste afin que Gerry prenne la basse. À quatre, nous avons fondé un nouveau groupe. À ce moment, Gilbert fit entrer Denis (Soucy) dans le groupe.Rapidement, on trouve une gig pour aller jouer dans un cabane à sucre de Mont-Laurier. On avait pas de nom, mais j'en trainais un depuis longtemps. On adopte le nom des Convix. On l'écrit sur le bass drum. En revenant de la gig, Johnny nous informe que sa famille déménagera bientôt au[...]



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2012-10-07T21:34:24.461-04:00

Avant Le Message, il y eut... The Tamy. De gauche à droite: Serge Vallée, Daniel Turcotte & Jacques Plourde (Collection personnelle de Daniel Turcotte).Le Message - Une partie de son coeur / Lydia (Sonore S 8012; avril 1968)*mise à jour*Lorsque j'ai publié un bref article sur le groupe québécois Le Message en mars 2011, un flou artistique enveloppait toujours le groupe. Qui étaient donc ces musiciens inventifs, demandais-je? J'ai lancé une bouteille à la mer... et elle m'est finalement revenue quelques mois plus tard par l'entremise d'un charmant couriel de Daniel Turcotte, batteur original du groupe. Fini l'anonymat: levons maintenant le voile sur ce groupe méconnu.Le Message était un petit groupe de Duvernay, aujourd'hui fusionné à la ville de Laval, comme il y en avait des centaines qui pullulaient partout au Québec dans les années 60. Le band a pris naissance en 1966 sous la forme d'un trio composé de Serge Vallée (guitare), Jacques Plourde (basse) et moi-même, Daniel Turcotte (batterie). À l'origine, nous nous appelions The Blue Birds. Plus tard, pour faire référence au film du concert The TAMI Show, nous nous sommes rebaptisés The Tamy. Le nom Le Message s'est définitivement imposé par la suite.Quelques mois plus tard, l'organiste Robert Prairie (malheureusement mal orthographié sur notre disque) s'est joint au groupe. La nouvelle dimension apportée par Robert nous a ouvert les portes vers une musique plus élaborée et nous a permis d'interpréter qu'on ne pouvai se permettre auparavant sans la sonorité de l'orgue. En plus de la batterie, je touchais aussi un peu le piano puisque mes parents en possédais un. Je l'utilisais surtout pour de modestes tentatives de création de chansons. C'est comme ça qu'un jour, la pièce Une partie de son coeur est née. Je n'avais pas de paroles pour la chanson, mais lors d'une répétition, Robert s'est présenté avec un texte qui allait très bien avec la ryhtmique de la pièce. Adopté!Le Message aux Studios Stéréo Sound de Montréal, 1968 (Collection personnelle de Daniel Turcotte).Le 45 tours fut enregistré aux Studios Stéréo Sounds sur Côte-des-Neiges à Montréal. Le son du disque m'a toujours un peu déçu car il ne réflète vraiment pas notre sonorité réelle. Si seulement vous pouviez entendre les bandes originales, vous seriez étonnés par la différence! Particulièrement sur Une partie de son coeur, où on entend à peine l'orgue dans le fond alors qu'il était beaucoup plus présent en réalité; ça donnait une sonorité bien plus enveloppante. En passant, ce piano que tu qualifiais de honky tonk, c'était un piano à queue! C'est tout dire.Lydia est une pièce composée par Serge Vallée sur laquelle j'ai pu coller des paroles qui m'étaient inspirées par une situation qu'une connaissance vivait. Je crois encore, 45 ans plus tard, que Jacques interprétait très bien ces deux pièces. Et pour la petite histoire, Jacky avait effectivement une légère sonorité anglophone...Il est étonnant de constater qu'aucune des deux faces de cet unique simple ne fut compilée ou rééditée depuis sa parution originale. Pressé sur l'étiquette Sonore en avril 1968, le simple ne semble pas avoir bénéficé d'une quelconque promotion et sombra rapidement dans l'oubli malgré le talent et la fougue de ses interprètes.Aux premières notes martelées sur un piano aux sonorités honky tonk, on remarque l'inventivité du[...]



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2013-07-23T17:15:51.243-04:00

Michel Conte - Aimons-nous les uns les autres (1969; Polydor 542-505)*mise à jour*L'auteur-compositeur Michel Conte quitte sa France natale en 1955 et entame une carrière musicale au Québec avec la parution d'un premier LP sur Columbia dès 1966. Après avoir signé la trame sonore de Monica la Mitraille en 1968, Conte (maintenant chez Polydor) poursuit l'expérience, envisageant un album d'une pop ambitieuse, aux accents légèrement psychédéliques et -vous l'aurez deviné!- chrétienne. Si l'album comporte quelques titres sans grande originalité (La Colombe et le serpent; Aimons-nous les uns les autres), une solide production signée Stéphane Venne saura néanmoins révéler une surprenante -et parfois touchante- pop engagée.Michel Conte en concert, octobre 1970 (Télé-RadioMonde, octobre 1970).Prologue annonce de grandes choses par son amalgame rétro-futuriste; un air électronique enfantin à la rondeur analogue résonne et annonce déjà le genre qu'explorerait Pierre F. Brault quelques années plus tard. En ce temps-là nait comme une simple bossa couplée de quelques murmures (témoins de la scène de nativité décrite) qui déboule rapidement sur quelques breaks orchestrés foudroyants (Lorsque le gouverneur; ordonna par décret; que tous devraient aller se faire recenser) ou purement gogo (Ce fut cette nuit-là; que nacquit l'enfant de Marie; à qui elle donna le nom de Jésus).Photo Journal; octobre 1970.Plus loin, Pierre offre une performance des plus théâtrales. Conte personnifie et actualise l'apôtre rencontrant Jésus, alors chef d'une bande de motards. L'ambiance de la première partie est funky (J'ai 20 ans; je m'appele Pierre; je travaille à l'épicerie), où cuivres, Hammond et wah-wah sont au rendez-vous; la seconde partie s'élabore abstraitement sur un fond électronique alors que seul un clavecin électrique soutient un chanteur fébrile, crédible. La guitare fuzz accentue le sentiment d'urgence sur le superbe soul-psych Je reviendrai parler d'amour où le vedettariat semble difficile à vivre pour le prophète/idole populaire (Et quand je leur dit de prier; les uns me crachent au visage; les autres me baisent les pieds; on s'croieraient au Moyen-Âge). Conte crache son venin (Je suis devenu une affaire; un commerce, une institution; ça prenait un Juif pour le faire; c'est ce que tous les gens diront) et expose sa foi d'une verve d'enfer (Y'a même les boss des unions; y m'ont dit Christ fait attention; sinon on va't'crucifier).Conte exporte, non sans difficulté, ses «concerts à l'église» à Paris (Écho-Vedettes, janvier 1971). Jeunesse de 1969, c'est l'heure du Conte! Poussant l'audace d'un cran, le téméraire chanteur réalisa un exploit scénique que bien peu d'artistes avaient jusque-là tenté: offrir une série de spectacles pop rock avec un tout nouveau groupe en visitant plusieurs églises du Québec! Si le phénomène des messes rythmées - ou messes à gogo - était déjà relativement connu et apprécié (Les Hou-Lops s'y étaient adonné, mais retenez plus spécifiquement Les (Nouveaux) Alléluias, Yvon Hubert ou certains des artistes de notre compilation Résurrection! ), celui des albums concept ne venait que de naître aux oreilles du public. C'est ainsi, vêtu d'un kaftan chatoyant et entouré de son gang d'apôtres sur deux roues que le chanteur actualisa des paraboles devenues poussiéreuses et trop[...]