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Animaregard : le blog



Dessins, photos et bavardage...



Updated: 2014-10-07T06:01:53.307+01:00

 



NOUVEAU BLOG !!!!!

2007-10-24T21:30:11.440+01:00

Champagne pour tout le monde, le blog nouveau est arrivé !!!!

A cette adresse, vous pourrez suivre la suite des aventures de Hélène au pays des mots, de la laine feutrée et des crayons: http://www.animaregard.com/blog/

Vous y trouverez les nouveaux posts et quelques fonctions supplémentaires, notamment le rangement par catégories pour les monomaniaques de la laine feutrée, de la reliure ou des chroniques d'enfance.

Assez bavardé, je vous laisse visiter si le coeur vous en dit.



Amusement

2007-10-23T08:25:58.667+01:00

Jeudi dernier je suis partie montrer mes bestioles en laine feutrée dans deux magasins, celui d'encadrement où j'expose de temps en temps et celui où je me fournis en laine cardée. Dans le premier, je suis arrivée au moment où Pierre-Yves, le gérant, donnait un cours de patine sur cadre à deux élèves, deux dames d'un certain âge certain. Avec son enthousiasme habituel, en grand communicant, il leur parle de mes dessins et me demande de leur montrer quelques exemples. Je n'en avais pas sur moi (suis-je distraite parfois…) mais je sors de mon caddie (c'est classieux pour transporter ses œuvres, non?) mes têtes-trophées. Une des élèves à l'air particulièrement revêche, visiblement irritée de voir le cours amputé par des bavardages, lève alors un œil de ses travaux et se fend d'un sourire. Ces têtes d'animaux à mi-chemin entre la peluche et le réalisme ont apparemment un certain capital-sympathie, ce qui me fait plaisir car c'était le but. Mais elle a gâché cet instant en prononçant LA phrase: - "Vous devez bien vous amuser!" Certaines personnes me trouveront bien irritable et prompte à monter sur mes grands chevaux (pourtant je préfère les poneys…) mais j'ai beaucoup de mal à entendre cette phrase sans y percevoir une nuance de dévalorisation. L'amusement est tellement mal perçu… Il y a derrière ces petits mots l'idée que c'est une occupation qui prend la place d'autres activités plus "sérieuses", des activités de "grands", bref que ce sont des enfantillages de femme oisive. J'ai déjà entendu cette phrase quand je suis occupée devant mon ordinateur à apprendre à maîtriser un nouveau logiciel, quand je fais de la couture, quand j'apprends à relier, et d'autres des activités qui font mon quotidien. Peut-être que je dois attirer ce genre de remarque, peut-être que je ne fais pas assez sérieuse quand je m'active, que je devrais moi aussi avoir l'air revêche en passant de la peinture marron puis du doré avec le doigt sur un cadre en polystyrène pour lui donner un aspect faux bronze pourtant je ne peux m'empêcher de penser que l'amusement est un moteur essentiel ainsi qu'une forme de politesse. Après tout, dans "je m'amuse", il y a "muse"… Si "je est un autre", peut-être aussi que "jeu" est ma muse? Et de muse à musarder, il n'y a qu'un pas que j'aime franchir de façon légère. Une autre phrase qui peut me laisser un goût de malentendu (et après je m'étonne de si mal entendre…), c'est celle qui consiste à me dire que j'ai un don. Je n'aime pas ce terme et ce qu'il y a derrière. Je crois que j'ai un talent, celui de l'observation et du rendu, doublé d'une certaine obstination. Et ça fait une quarantaine d'années que ce talent je le nourris et le développe. Dans l'idée de don, je trouve qu'il y a une notion d'irresponsabilité, une capacité qui aurait été reçue par un hasard bienveillant et inexplicable et qui impliquerait en retour une gratuité. Comment pourrais-je faire payer mon travail s'il n'est pas considéré comme tel mais comme un amusement basé sur une capacité innée? Je n'aime pas montrer la "sueur", et parfois je me sens en porte-à-faux, piégée par mon propre discours de légèreté, surtout avec ce que je produis qui est à la limite entre art et artisanat. Mais ceci pourrait faire l'objet d'un autre message à développer… une autre fois! [...]



Courbet

2007-10-22T12:55:26.453+01:00

Il y a un mois, je suis passée à ma banque. Je voulais simplement retirer de l'argent liquide pour faire quelques achats mais pour comme la veille, ma carte a refusé de remplir son office et j'ai dû me diriger vers un guichet pour tenter de comprendre le pourquoi du comment. S'en sont suivies quelques minutes de discussion avec la "dame du guichet", en fait un bureau dans le grand hall, et j'en suis sortie toute ragaillardie. Bon, d'accord, mon compte est plus qu'exsangue mais ça va peut-être s'arranger au moins provisoirement. C'est amusant comme quand on explique qu'on a un contrat en vue ça détend les traits de l'interlocutrice et comment quand on explique qu'il s'agit d'être "conseil en animation de communauté virtuelle" autrement dit de modérer le forum d'une émission de télé, ces mots magiques, Internet et télévision, font briller les yeux. Pourtant, la télé je ne la regarde jamais au grand jamais, sauf pour le boulot (yep, je suis pleine de conscience professionnelle) et il s'agit vraiment d'une tâche sans rien de télévisuel, du jardinage dans les messages des participants, histoire que ça soit bien propre, net, tout bien comme il faut. Je riais dans mon for intérieur moqueur en me disant que j'aurais pu formuler ça ainsi: "je travaille dans la communicaaaation pour la télévision". Bref, j'en revenais toute guillerette, contente de moi et d'avoir pu faire état de mes difficultés financières actuelles sans tomber dans le pathos ni la culpabilité, contente de ce petit bout de moment passé avec une interlocutrice avec la sensation d'avoir été considérée comme une personne et non pas comme une "mauvaise cliente à qui on fait la leçon". Pourtant, je me souvenais bien qu'avec cette même personne j'avais eu droit autrefois à des remarques condescendantes et même, ce qui est hallucinant quand j'y repense, à une menace à peine voilée de signalement de mon cas à je ne sais qui, mère séparée, compte en banque exsangue, mal fringuée, trop dodue, je présentais tous les signes extérieurs du cas social à recadrer. Ce jour-là, mon compte était encore bien plus dans le rouge, je suis toujours mère célibataire, simplement j'étais mieux habillée et surtout plus mince et bien plus sûre de moi. Aussi ai-je eu droit au tutoiement qui échappe et est vite repris, à la remarque sur nos âges équivalents à quelques jours près et aux félicitations sur ce travail (qui sera plutôt bien payé). Bienvenue pour votre retour dans les normes!!! Ce n'est pas la première fois que je maigris de façon notable en quelques mois et à chaque fois je suis fascinée et amusée par les retours que cela entraîne dans le regard et le comportement d'autrui. En quelques semaines, vous n'êtes plus transparente pour les vendeuses, les gens vous sourient quand vous leur demandez un renseignement, bon, d'accord, les gens-hommes principalement… à condition de ne pas trop maigrir non plus, les gens-femmes vous jettent parfois ce regard agressif et vertical qui vous range dans la catégorie flatteuse des rivales, et surtout, surtout! vous êtes considérée à nouveau comme capable de comprendre ce que l'on vous dit. Ça a l'air extrême énoncé ainsi mais il y a de ça, une "grosse" est une "bonne grosse", enrobée de partout et certainement aussi de la comprenette, à croire que la graisse ne ralentit pas que les mouvements. Pourtant, cette fois, je n'ai pas fait de régime, ou plutôt j'ai fait "de l'alchimie avec les dents" pour reprendre une vieille expression française, c'est-à-dire que pour ménager l'argent que je n'avais pas, je me suis découvert une capacité certaine à vivre de peu, étonnamment peu, ceci doublé d'un meilleur équilibre dans ma manière d'être, de me percevoir et de voir l'existence. L'un entraînant l'autre. Bref, j'ai quitté la période de transparence que je traversais à intervalles réguliers. Je revenais donc toute guillerette de ce rendez-vous et pour appliquer le précepte qui veut qu[...]



Encadrement

2007-10-19T20:51:02.321+01:00

J'ai encadré le lion avec les papiers tout neufs achetés hier. Une razzia sur les papiers dans les teintes brunes et vertes!

(image)
J'ai choisi un papier vert avec des effets de reliefs pour la marge interne (sans parler du classique papier doré que j'utilise à chaque fois pour doubler l'espèce de petite boîte où j'enchasse la bestiole) et un autre dans les tons bruns clair, à relief lui aussi pour la grande marge. Je me suis dit que ces effets de texture pourraient évoquer des herbes, la savane, que sais-je, bref, donner un peu de vie à l'encadrement.

(image)
Bien évidemment, c'est lors de la manipulation finale, quand je me retrouve avec une grande feuille pleine de colle qui doit recouvrir l'ensemble, côtés compris, que j'ai posé le tout sur une tache de colle sur le papier journal. Et pourtant, je m'étais promis de veiller à ne pas reproduire cette bêtise... Trop tard, le papier fragile a pris une teinte foncée à cet endroit et je ne pouvais pas frotter pour enlever la colle sous peine de déchirure. Elle ne saute pas aux yeux mais je sais quelle y est. Tant pis! Peut-être qu'un jour de grand courage je mettrai un cadre autour de l'ensemble...



Quizz

2007-10-18T10:44:57.844+01:00

Oui, bon, je sais, je ne suis pas très présente sur le blog depuis quelques jours, pas faute d'être collée devant mon ordinateur pourtant ni d'avoir commencé trente-six textes... Promis, ça va revenir!

(image)
En ce moment je me couche tard, très tard, quatre fois par semaine pour une histoire de modération de forum et entre midi et deux je subis une attaque en règle de Morphée (dont je rappelle que contrairement à ce que la terminaison en "e" de son nom pourrait laisser croire, il s'agit d'un homme) qui me plaque sur toute surface moelleuse horizontale et me plonge dans un sommeil qui n'est pas sans évoquer la chute d'une enclume au fond d'un étang.

Sur la photo, vous pouvez admirer les traces d'un tracteur dans un champ de trèfles roses, vues d'avion. Euh non, il s'agit de la peau de mon bras dans laquelle les mailles du pull-over se sont incrustées tellement j'ai dormi profondément et sans bouger d'un iota.

Vous allez me dire que je ferais mieux de poster au lieu de dormir... Mais il faut bien que je prenne des forces pour trouver l'inspiration (et préparer le futur blog tout nouveau tout beau qui est en préparation)!

Maintenant que j'ai édité ce message palpitant, je file en ville pour faire quelques emplettes, j'ai des dessins à encadrer et je manque de papier. Si si!!! J'en voudrais des nouveaux dans la thématique "matières naturelles" pour mes bestioles en laine feutrée. Si jamais j'expose au mois de novembre, faut bien que je les rende présentables, mes têtes-trophées et les portraits.

A bientôt pour la suite des aventures palpitantes de Hélène découvre les joies du travail et de la gestion d'un emploi du temps!



Pomme ou figue?

2007-10-14T21:35:03.274+01:00

Aujourd'hui je me suis promenée dans le jardin de mes parents et je suis tombée en arrêt devant le figuier et ses fruits dans différents états de maturité ou de décomposition. Il y en avait pour tous les goûts. Un fruit qui évoque aussi bien la féminité que la masculinité, n'était-il pas plus désigné que la pomme pour représenter le fruit de l'arbre de la connaissance?FermeSouriantePrometteuseCarnivoreQui se laisse aller à une certaine fatigueDébut de déprime, les rides gagnent du terrain, la barbe pousseDéprimantesMutanteLa goutte au nezEt enfin le modèle chauve-souris. Pendant que nous sommes dans la thématique de l'innocence perdue, une petite photo hyper-classique, une feuille de vigne vierge, juste touchée par l'automne. Pourquoi ce qualificatif de "vierge"? Elle fait pourtant des fruits, de toutes petites grappes. En été, le matin, ou le soir, je ne sais plus, bref à une heure précise de la journée, les fleurs de la vigne vierge perdent les petits capuchons qui protègent les étamines et ça fait une pluie crépitante de cupules vertes qui ourlent le trottoir le long de la maison. Un autre émerveillement minuscule et rituel de l'automne, les physalis, ou "amour en cage". Une cage de cette sorte, qui met en valeur le fruit précieux derrière la dentelle, n'est-ce pas plutôt un écrin? Et même plus tard, sans fruit, sans matière ou presque, cette résille qui résiste à la putréfaction est très attendrissante à mes yeux. Une trace de vie, une ombre projetée, un souvenir fragile et tenace que la main aplatirait mais que sa délicatesse-même protège, appelant à l'indulgence. [...]



Lion (encore un)

2007-10-14T21:35:50.098+01:00

Le lion en laine feutrée a fini par capituler devant mon obstination et s'est mis à ressembler à quelque chose. En fait, tout est ma faute, ma très grande faute (comme dirait un certain) car au lieu de faire sagement les choses dans le bon ordre, en commençant par les parties les plus éloignées, j'ai voulu la jouer kador de la laine feutrée et hop, que je commence directement en une seule masse, et tiens que je te mets le museau sous cet angle et pas un autre, et aïe que je me retrouve avec un lion borgne et à la truffe mal placée.

Mais l'entêtement est le maître mot en matière de pic-piquage et j'ai fini par réussir à dénicher une place pour mettre le deuxième oeil, en ratiboisant le mufle trop épais et, en jouant avec les dégradés, à donner plus de relief à la tête.

(image) De face

(image) De léger profil pour voir le deuxième oeil

(image) Vue de côté pour voir l'oreille perdue sous la crinière

Ouf, une nouvelle bête de faite. Parce que si ça se trouve, si l'artiste prévu se désiste bel et bien, j'ai peut-être une expo imprévue en novembre et il serait bon que j'aie un peu plus de choses à montrer que cinq, non six têtes de bestioles. Ah oui c'est vrai, depuis l'expo du mois de mai, il y a quand même eu des portraits et des loups et des pattes de chat. Bon, ça ira. Plus qu'à encadrer tout ça et l'affaire est jouée!



Glinglinterie

2007-10-12T20:39:39.048+01:00

Une glinglinterie, c'est dans le jargon familial une petite activité sans importance que l'on aime bien raconter, quitte à interrompre quelqu'un dans ses occupations pour lui faire part de son émerveillement minuscule.

En voici un bel exemple: cet après-midi un ami m'a offert des insectes à peindre pour ajouter à la collection qui orne les murs du couloir. Ces bestioles, jouets pour enfants, étaient livrées avec six petits pots de couleur primaire et un pinceau aux poils écarquillés. J'ai préféré utiliser (mais chut, ma fille aînée ne le sait pas encore) des vernis à ongles (oui, je les ai chipés dans sa boîte en osier) mordorés, bruns, violets, gris. C'est une excellente activité au long cours avec les temps de pause nécessaires pour avoir une jolie teinte profonde.

Sur le scarabée en haut à droite, on peut voir ce magnifique vernis qui change de couleur selon l'orientation de la lumière, entre vert et violet. Mhhh, ça va être jouli!!!!

(image)
Si vraiment vous êtes curieux, vous pouvez cliquer sur l'image pour voir les bestioles en plus grand...

Voilà, c'était ma glinglinterie du soir.



Vidéo

2007-10-10T23:56:26.248+01:00

Ah, j'y pense, un lien vers une vidéo qui m'a enthousiasmée ce matin, découverte sur un blog de maths (oui, bon, je l'avoue, il m'arrive même de errer sur ce genre de choses... mais pas souvent, hein!). C'est un peu long, il faut attendre quelques minutes pour recevoir le choc esthétique ou émotionnel. Enfin moi, ça m'a fait cet effet là, l'impression de voir la matière s'animer à plusieurs sens du terme.

Allez-y, vous verrez, c'est beau. Vous pouvez cliquez ici pour partager mon goût pour la bizzarerie.



Petit non-voyage à vélo

2007-10-10T21:44:05.866+01:00

Aujourd'hui j'ai pensé à emmener mon appareil-photo avec moi pendant mon petit tour en vélo et voici ma cueillette du jour.

Je suis passée dans un magasin de sports pour faire l'emplette d'un nécessaire à rustines. J'ai farfouillé dans les rayons pour trouver mon bonheur (est-ce que la colle sent toujours la même odeur? ça fait des années que je n'ai pas réparé une chambre à air...) et je suis tombée sur ça, au dos d'un emballage d'un produit censément magique. Si quelqu'un peut m'expliquer...

(image)
Sur le chemin du retour, mon regard baguenaudait sur les bords de la piste cyclable quand il s'est posé sur le pied d'un arbre (le machin bleu, c'est le tram qui passe devant la mairie) pour y découvrir...

(image)
... une famille de champignons fort beaux ma foi. Des coprins chevelus? Bizarre qu'ils n'aient pas été décapités à coups de pied. C'était amusant de tomber sur une ambiance de sous-bois dans ce petit carré de terre sous un arbre unique.

(image)
Arrivée dans ma rue, j'ai enfin pensé à photographier la "nature morte" qui orne la chaussée depuis quelques jours:

(image) Je regrette toujours de ne pas avoir pu filmer cette aile de pigeon qui tenait encore vaguement à la tache desséchée qui avait été un oiseau et qui s'agitait encore quelques instants sous le vent du passage d'une voiture. Un salut, un souvenir, une évocation de vol au ras du bitume.



Correspondance

2007-10-05T13:50:25.621+01:00

Pas trop le temps d'écrire en ce moment et un lion en laine feutrée qui résiste, je vais combler ce trou dans mon blog par des extraits du Guide des Convenances, histoire de poursuivre le feuilleton. Aujourd'hui, je vous fais part des modèles de correspondances pour "différentes circonstances de la vie". Ah, en ce temps-là on savait éduquer les enfants!!!! Un petit fils à ses grands-parents pour leur souhaiter la bonne année. "Chers grands-parents, J'aurais été heureux de pouvoir vous embrasser aujourd'hui en vous offrant mes souhaits de bonne année et de bonne santé, et le gros baiser dont je charge ce papier ne vaudra jamais celui que j'aurais eu tant de plaisir à vous donner moi-même. Merci de vos belles étrennes que maman vient de me remettre; ne pouvant vous faire plaisir que par mon travail, je m'engage à vous donner satisfaction à ce sujet; vous verrez bientôt que votre petit Jacques sait tenir ses promesses. Je vous embrasse mille fois en vous disant que je vous aime. Votre petit-fils respectueux, Jacques." Un père à la supérieure du couvent au sujet de la conduite de sa fille "Madame la Supérieure, Le dernier bulletin de ma fille m'a peiné et étonné à la fois. Son caractère doux et discipliné, sa conduite exemplaire, son travail régulier nous avaient jusqu'ici donné pleine satisfaction. Je me demande avec anxiété quelle peut être la cause d'un changement aussi rapide, est-ce une question de santé ou l'influence désastreuse d'une compagne? Je vous prie, Madame la Supérieure, de m'aider de votre expérience et de votre dévouement pour découvrir la cause de cette transformation regrettable et qui m'alarme fort. Veuillez agréer, Madame la Supérieure, l'expression de mes sentiments très reconnaissants et très respectueux. J. Martin" (un revenant?) Vous noterez que le garçon s'engage à bien travailler tandis que la fille, influençable (elle doit fréquenter une camarade parvenue, certainement) ne donne pas toute satisfaction. Ce qui se confirme dans la lettre suivante: Une fillette en pension à sa mère "Ma chère maman, J'ai été bien sensible à la peine que je t'ai causée par mon étourderie; tes reproches si affectueux m'ont fait si bien comprendre comment je manquais à toi et mon cher papa par ma conduite indisciplinée, que je me suis juré d'être toujours bien sage. J'espère que mon prochain bulletin te montrera la sincérité de mes résolutions. J'ai reçu ta caisse: le fichu est bien chaud et les grands mouchoirs de toile me serviront pour les rhumes de cet hiver. J'ai trouvé le sac de friandises; il s'était caché dans un coin, comme s'il avait senti que je ne le méritais pas; j'ai attendu d'avoir été plus sage pour l'ouvrir et le partager avec mes camarades. Au revoir ma chère maman; embrasse bien fort pour moi mon cher papa, je t'embrasse de tout cœur. Ta fille respectueuse et qui t'aime bien, Michelle. Remercie bien Gertrude pour les bons bas qu'elle m'a tricotés."[...]



Mise au point du regard

2007-09-29T11:02:51.295+01:00

Il est dit qu'il y a différentes sortes de mémoire: auditive, olfactive, visuelle et kinesthésique, cette dernière se reportant grosso modo aux personnes qui font appel à différents sens pour ramener à la surface un renseignement voulu. Je pense que je fais partie du dernier lot puisque je cherche d'abord à retrouver la sensation pour pouvoir dérouler le fil. Lumière, sons, odeurs, chaleur, posture ressentis et re-sentis vont remonter tout d'abord et amener la vision qui sera en quelque sorte l'étiquette ultérieure du souvenir, l'image donc, qui m'aidera plus tard à les organiser dans une sorte de case spéciale "mémoire réactivée". Cette vision volontaire s'organise elle-même comme une sorte de jeu de mise au point, comme dans le cadre d'une photographie. Le cadrage bien sûr, mais aussi la profondeur de champ. Je continue avec mes photos de jardin. Il s'agit ici d'une photo prise à la va-vite, une branche de lilas, un effet de lumière et de couleurs. Totale banalité mais peu importe, je vais jouer avec cette image. Dans le premier cas, l'image-souvenir amène une focalisation sur le feuillage, le poudreux sur les feuilles du premier plan par exemple. Traces d'oïdium? Maladie due à une exposition trop ombragée? Sol humide? La feuille éclairée apparaît presque blanche dans sa partie exposée à la lumière. Ça me fait penser à la question que me posait une amie dessinatrice: doit-on traiter la partie éclairée d'un feuillage comme une zone blanche ou d'un jaune très clair? Cette question posée il y a trois ans trouve chez moi une réponse aujourd'hui: il s'agit sur ce document de nuances de gris-violet tandis que le jaune serait utile dans les parties inférieures éclairées par transparence. C'est bon, je vais pouvoir ôter ce post-it du coin de mon cerveau qui stocke les questions sans réponses. Il est déjà assez encombré comme ça. Cette lumière rasante, ce contraste entre zones sombres et feuille lumineuse, connaissant l'endroit, me donnent des indices: ombre portée du sapin, lumière douce, c'est un matin d'automne, vers 10 h, pendant que le soleil peut encore cheminer entre l'arbre et la façade. Ça signifie grasse matinée, café pris sur les marches, week-end d'amoureux tout neufs, les lilas seront désormais porteurs de cette évocation. Maintenant, je fais la mise au point sur le fond du jardin, je mets une pause longue pour laisser les informations lumineuses s'accumuler et sur l'image obtenue mon attention se focalise sur la table et les chaises en plastique, obtenant ainsi des informations sur le décor, quittant le domaine du détail. Petit jardin d'une villa de banlieue, souvenir d'un repas pris dehors pendant une soirée, sensation de cette bulle de calme dans le bord de la ville, chauve-souris zigzagant dans le gris du ciel, été se prolongeant encore dans un simulacre de beau temps, vite en profiter, faire les derniers stocks, bientôt le passage à l'heure d'hiver annulera les illusions. Cette fois, je n'interviens pas sur les réglages et je laisse l'appareil se débrouiller tout seul avec la lumière de l'instant. Résultat, une bouillie. Mais la mémoire fonctionne comme un célèbre logiciel de retouche d'images et si je pousse les niveaux, si je bidouille, si je force mon attention à recréer les sensations à partir des indices, j'obtiens un résultat où tout est mêlé, premier plan, arrière-plan et souvent les souvenirs ressemblent à ça quand ils ressurgissent en vrac. Granuleux, poussiéreux, confus, pourtant ils ont un charme esthétique auquel cette photo ne rend pas hommage. Ma manière de tout observer, de préparer en quelque sorte mes souvenirs à l'avance en impressionnant sans cesse la surface sensible d[...]



L'éventail

2007-09-28T21:35:17.158+01:00

Je ne résiste pas au plaisir de livrer à vos yeux ébahis un morceau d'anthologie du Guide des convenances: le passage sur l'éventail. Je le transcris in extenso: on sent que Liselotte est au bord de la pâmoison devant la hardiesse de ses images. Il est vrai que c'est un florilège de clichés sur un certain type de femmes à la fin du 19° siècle… L'éventail Non, voyez-vous, il est des choses qu'il vaut mieux ne pas chercher à définir. Ne bondissez-vous pas avec moi devant cette froide précision: L'éventail est un instrument qui sert à agiter l'air? L'éventail, un instrument! Il faut ne jamais avoir senti le frémissement de ses fines lamelles s'agitant les unes sur les autres, il faut n'avoir jamais compris comment il vibre à l'unisson de celle qui l'agite en sa petite main nerveuse, pour oser dire que l'éventail est un instrument! Non, certes non, il mérite mieux. Si j'avais à le définir, moi, je dirais hardiment que c'est un ami. Oui, un ami, et combien sûr et discret! Que de services il nous rend! Voyez cette jeune fille toute joyeuse de ses débuts dans le monde, elle est grisée par le bruit, par la musique, par l'éclat des lustres, elle parle, elle s'anime, sa voix domine toutes les autres voix; elle lance un paradoxe, entame une longue histoire et tout à coup, sa voix éclatante résonne trop haut, elle s'arrête, confuse; on la regarde, que faire? Il faut achever le récit commencé et, maintenant que son animation est tombée, elle se sent mal à l'aise. Avec ses bras inertes le long de son corps, elle a l'air d'un conférencier, si elle les agite, n'aura-t-elle pas une allure d'orateur? Elle déploie son éventail, le balance pour cacher son trouble et se soustraire un peu aux regards qu'elle a attirés. Elle se sent moins seule et son monologue s'achève plus aisément. Plus loin, voyez cette jolie jeune femme dont l'éclatante beauté soulève partout un murmure flatteur, elle se sait belle, elle en est heureuse, doucement émue; mais, tout à coup, un compliment plus aimable, plus direct, moins attendu, fait monter une rougeur subite à son front nacré. Qui l'aidera à dissimuler cette pourpre qui la gêne si fort? Son éventail. À côté, voici une femme moins favorisée; sa figure n'a point d'éclat, son esprit n'attire point, elle est à l'écart, est-elle tout à fait seule cependant? Non, son éventail, son fidèle ami lui donne une contenance, lui tient presque compagnie. (Un éventail comme substitut à la cigarette? Pas idiot…) Attention! Une nouvelle venue s'avance, toute fière de sa toilette à ramages, mais ses rubans criards, ses couleurs heurtées sont du dernier mauvais goût. Un irrésistible fou rire secoue vos épaules, mille remarques mordantes se pressent sur vos lèvres, impossible de les contenir, il faut les communiquer à votre voisine. Mais ne laissez rien voir, c'est la sœur du général et votre mari, qui est capitaine depuis dix ans, attend son avancement. La malice ne perd jamais ses droits et c'est derrière votre éventail, innocent complice, que vous chuchotez bien vite à l'oreille la plus proche toutes vos critiques de femme élégante (bien qu'épouse d'un niais pas fichu de monter en grade depuis dix ans). La robe à ramages est à côté de vous, il a fallu réprimer le sourire malicieux et maintenant vous êtes condamnée à subir une ennuyeuse conversation sur l'art de faire de la gelée de groseilles en dix minutes, d'utiliser les vieux bas. Quel supplice! Votre esprit s'envole au loin et quand vous n'avez pas entendu le point important, les précautions de la mise en pots par exemple, vous agitez votre éventail pour avoir l'air vivant et son battement rapide tient lieu de répon[...]



Mémoire sélective

2007-09-29T10:13:41.461+01:00

Le fonctionnement du souvenir est un phénomène qui me fascine. Petite déjà, je me souviens de m'être amusée à fixer un souvenir aléatoire. J'étais à l'arrière de la voiture de mes parents, en route pour la Bretagne, et j'avais décidé de stocker dans ma mémoire de façon à pouvoir y avoir accès à tout moment la prochaine image qui me viendrait en ouvrant les yeux. Ce que je fis. Il s'agissait d'un petit chemin entre deux champs de blé et d'un homme qui marchait dessus, s'approchant de la route en poussant un vélo. Une image parfaitement "inutile", accrochée à rien d'autre qu'à la volonté du souvenir, pur exercice de style, mais maintenant encore elle est disponible à volonté même si elle est chaque fois un peu plus altérée par le phénomène de redoublement de la fixation. Toutefois des bribes de sensations restent encore mêlées: celles du déplacement de la voiture, de son odeur, de la présence de mes frères à côté de moi, la notion de vacances et de temps modifié par l'éloignement de l'école. Si je prends ce souvenir pour le dérouler, j'obtiens la silhouette de la 403 Peugeot, sa couleur gris clair et le numéro de la plaque d'immatriculation n'est pas très loin, quelque chose comme gnignigni MZ 38. 853 MZ 38? Le fait d'être assise à l'arrière, côté fenêtre et paysage (privilège de celle qui détenait l'arme de dissuasion la plus efficace: l'explosion de vomi aléatoire), tournée vers la vitre, appuyée sur le rebord de la portière. S'installer à quatre enfants à l'arrière d'une voiture tenait de l'équilibre des puissances et parfois de la guerre froide. Deux grands, deux petits. Les deux grands avaient le privilège de voyager jambes écartées, les petits se tenaient à carreau (oui, j'ai envie de la jouer victime aujourd'hui), les pieds posés sur leurs petites valises bleues en tissu où reposaient les trésors indispensables pour le trajet. Je me souviens aussi de l'idée d'injustice devant le fait que les vitres arrières ne pouvaient pas s'abaisser totalement ce qui m'empêchait de fignoler mon otite en passant la tête par la fenêtre, l'envie d'être adulte pour pouvoir enfin m'asseoir à l'avant (pffff, mon petit frère, lui, en tant que "plus petit" avait le privilège de pouvoir passer devant de temps en temps sur les genoux de notre mère ou celui de se tenir debout entre les sièges pour observer la route et la manière de conduire une voiture, ce qui chamboulait totalement l'usage de la banquette arrière) (je rappelle que je parle d'un temps où la ceinture de sécurité n'existait même pas) (et pas de commentaire sur mon âge, s'il vous plait!). Pendant ces longs trajets jusqu'au lieu des vacances, camping en Bretagne ou en Vendée, deux jours de voiture, nuit à l'hôtel ou sous la tente, avec traversée du Massif Central la grande question qui me taraudait était la suivante: la plage serait-elle de sable ou de galets? Autrement dit, ce petit bout de souvenir presque artificiel peut maintenant encore me servir d'accroche pour dérouler le fil d'Ariane de la mémoire jusqu'à ramener à la surface des images encore frétillantes. Dans la-vallée-de-mon-enfance, je m'étais choisi un "arbre à souvenirs", un petit chêne au flanc d'une butte, avec vue sur la ville, hors de portée de voix et de vue. J'allais régulièrement m'installer à son pied pour faire le point sur ce que je pensais être devenue, dresser un état des lieux en quelque sorte. Je lui apportais parfois quelques offrandes, collier de chat disparu, morceau de nid de guêpes, bois flotté ramené de vacances ou je restais simplement là, à goûter le fait d'être en vie à cet instant, toujours en vie au même endroit d'un aut[...]



Journal de non-voyage

2007-09-26T19:03:08.587+01:00

Depuis longtemps déjà j'ai envie de tenir un journal de non-voyage.Parmi mes premières émotions esthétiques, après les chevaux de Lascaux, le lièvre de Dürer, le loup de Marlaguette (collection Histoires du Père Castor) vinrent les carnets de voyage de Delacroix et les oiseaux d'Audubon. Je rêvais d'être dessinatrice embarquée lors d'expéditions de découvertes, exploratrice au long cours. Et… j'habite dans le même appartement depuis 46 ans, je crois que c'est mal parti pour ma vocation de baroudeuse mais l'immobilité n'exclut pas la curiosité ni le goût pour l'observation, fort heureusement! Alors j'observe, tout, tout le temps. Mon exotisme est tout personnel: je pratique l'ethnologie sur les peuplades de la rue, l'éthologie sur mes chats, je regarde passer les saisons sur mes murs et défiler les années par les aménagements successifs des pièces de l'appartement.Oh, bien sûr, parfois je voyage!!! Je vais même jusqu'à Saint Martin d'Hères (quatre kilomètres de chez moi, les montagnes changent de silhouette, le soleil se couche plus tard, les rues sont organisées différemment, tout un autre monde!) pour une bouffée d'exotisme. Le matin je me pose sur un escalier et je regarde.Cette feuille morte, pourquoi n'est-elle qu'à demi-desséchée? Une moitié recroquevillée, une moitié encore souple et tachetée de vert. Sénescence partielle? Information qui n'est pas parvenue à l'ensemble des cellules? Quelques points qui ont décidé de faire de la résistance, n'ayant pas eu leur dose d'été, luttant contre une chute trop injuste au moment où le beau temps se rappelle à notre bon souvenir?Une image amenant souvent un mot, c'est le terme de marcescence qui me vient à l'esprit, celui qui sert à désigner le phénomène par lequel certains arbres conservent leurs feuilles flétries une grande partie de l'hiver. Le charme, dans sa jeunesse, présente cette particularité. J'en avais planté un dans la haie du jardin de mes parents, pour l'anniversaire de mes trente ans. Il a été coupé lorsqu'il a fallu faire place aux engins de terrassement pour la construction de la villa des voisins. Je ne le verrai donc pas grandir; ce bout de jardin défiguré, amputé, abandonné, ne fait plus partie de mon histoire, je n'y ai plus mes jalons.Je reviens à ce jardin, celui de Saint Martin d'Hères. Levant un peu les yeux des marches de l'escalier, je vois les branches d'un lilas appuyé contre la rambarde. Les bourgeons sont déjà là et me semblent bien avancés, prêts à s'entrouvrir, têtus, quêteurs; s'agit-il d'une éclosion tardive ou des prémices de l'an prochain? Petit serrement de cœur… Verrai-je le retour des prochains feuillages? Chaque année cette même pensée magique qui veut que si j'envisage le pire, il se détournera de ma personne, déçu de ne pouvoir me surprendre. Mais c'est fatigant, il existe tellement de pires à imaginer, et il faut être soigneuse, ne pas trop en oublier au banquet du pessimisme.Regarder une feuille, juste une feuille, rien que ça, c'est déjà un petit voyage et si en plus un appareil-photo se mêle à la partie, les paysages n'en sont que plus variés! Tout d'abord, que regarder? Le dessous de la feuille? Les nervures qui apparaissent par transparence? Elles ne sont alors pas des creux mais une armature qui crée la feuille. Dessous de jupons, cerceaux de crinoline, secrets en lumière.Je change de mise au point, maintenant, les nervures sont des creux, lits de rivières; ce qui charme c'est la pulpe de la feuille, ce tissu tendu sur les doigts des nervures. Le mécanisme de l'irrigation ne compte plus, seule la présence du matériau intervient, souplesse, courbe, dou[...]



Le loup encadré (centième message posté, si, si!)

2007-09-26T14:18:29.099+01:00

J'ai encadré le loup, avec les mêmes marges que pour le jaguar et l'ours, histoire de faire cohérent et j'ai gardé le même principe de superpositions pour accentuer l'effet de relief autour de la bêêêête.

Je me suis trouvée face à un dilemme: garder ou non la pointe des oreilles du loup?

En effet, si je laisse la tête affleurer au sommet du boitage afin que les oreilles dépassent, je tombe dans le phénomène de "tête coupée" que je veux éviter. Je me suis donc résignée à couper les pointes (ça s'appelle "essoriller" je crois) pour que la tête puisse être en retrait de 3 cm par rapport à la surface de l'encadrement. Pourtant, j'en avais bavé pour les faire, ces pointes d'oreilles et je m'étais piqué les doigts à moult reprises au moment de les fignoler. Tant pis, j'ai pris mes petits ciseaux de broderie et chgniak, plus de pointes. Maintenant la tête du loup donne l'impression d'être celle d'un animal qui se promène derrière le mur et jette un coup d'oeil en passant au cas où de la chair fraîche passerait à portée de truffe.


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Ecriture

2007-09-23T11:09:07.752+01:00

Qu'écrire? Sur qui, quoi, pourquoi, comment? À quoi correspondent ces périodes où le sang tourne en encre? Qu'il y a-t-il de changé en moi depuis que j'ai déposé ainsi ces souvenirs d'enfance? Sont-ils amoindris, enkystés, consolidés? Ma mère dit qu'après avoir écrit les chroniques que je lui avais demandées, elle s'est retrouvé en quelque sorte dépouillée, appauvrie devant des écrits qui ressemblaient plus à des papillons épinglés qu'à une richesse jusque là interne et tue. Valait-il mieux qu'elle les garde en elle ou qu'elle nous les fît partager? Ces récits sont devenus des éléments d'une légende familiale, mais aussi légendes d'images qui ne nous sont pas accessibles, comme la bande-son d'un film qui se déroule dans une autre tête. D'un côté ces textes, de l'autre des albums-photos dont un jour plus personne ne pourra dire de quels humains ils ont fixé les instants. Est-ce si important de le savoir? Le temps passé à archiver, légender justement, ce temps pris sur un présent, deviendrait une offrande à qui? À quoi? À la peur de mourir, d'oublier, d'être oublié? Dans mes chroniques d'enfance, essais d'écriture, je me suis cantonnée à des images toutes personnelles, ne souhaitant pas évoquer des personnes de mon entourage, même passé, par pudeur, prudence ou timidité. De fait, au lieu de narrer des anecdotes, je me suis plutôt livrée à une sorte de gymnastique mentale, m'allongeant en quelque sorte sur le molleton de mes souvenirs et me laissant m'enfoncer dans cette texture, jusqu'à ce que les sensations reviennent. Plutôt moi qui descendais qu'elles qui remontaient, jusqu'à ce que je retrouve la qualité de l'état d'esprit et les sensations de l'époque, comme si je revisitais ma tête de petite fille. Alors, finalement, j'ai sans doute figé des moments de cette enfance, en réactivant ces souvenirs je les ai étiquetés comme vérité "posthume" à elle, mais j'ai parallèlement créé chez moi une autre mémoire, celle de ces recherches et de ces temps d'écriture. Sans doute que si un jour je cherche à les retrouver, je tomberai tout d'abord sur le souvenir de ces heures passées à les rassembler. Le souvenir du souvenir? Celui du processus mental qui me permet de tirer la ficelle d'une sensation jusqu'à faire remonter à la surface une grappe de mots. Maintenant, qu'en est-il de cette envie d'écrire? Elle est toujours là, elle se résout en de nombreux échanges épistolaires, en la tenue d'un journal de bord autour du phénomène de l'attente, mais ce ne sont pas choses à partager dans le cadre du faux anonymat d'un blog. Alors je crois que j'aime écrire comme j'aime dessiner, dans la description, dans l'anodin, dans le passage de la perception d'éléments infimes mais en dehors d'un projet plus vaste. Comme ces têtes d'animaux en laine feutrée, pas tout à fait la vie, pas tout à fait la mort, un entre-deux qui sort du cadre le temps d'un regard. [...]



Loup y es-tu?

2007-09-21T10:36:39.256+01:00

Tout d'abord, voici le book terminé, tout fraîchement pris en photo, avec ses jolies vis en laiton (en plus, elles existent de différentes longueurs, je peux donc passer de petit album à GROS album si je mets à produire en série!) :Là, c'est pour montrer l'intérieur avec ce papier à fibres vertes qui n'est pas sans évoquer la laine cardée, très joli mais très fragile une fois enduit de colle...Et une dernière photo pour que l'on voit bien l'épaisseur de la couverture et le fait que oui, on peut ouvrir ce book relativement aisément, rapport au fait que j'ai tout bien réfléchi auparavant, si, si :Bon, maintenant, je reviens à mes moutons, non à mon loup. Je cherchais une idée de bestiole à faire dans cette série de têtes qui dépassent d'une boîte, j'hésitais entre une vache et un éléphant puis j'ai eu un coup de foudre pour une photo de loup, parue dans le hors-série d'un magazine télé à propos de l'exposition "Bêtes et hommes". Hop, sitôt vue, sitôt projetée. J'ai donc rassemblé les pelotes dont j'allais avoir l'usage, découpé un rectangle de feutrine épaisse pour le support et c'est parti:J'ai fait un fond vert mousse, ça ne mange pas de pain, neutre, sobre et de bon goût, évocation de taïga, de sous-bois ou de moquette, au choix selon les références de chacun. Ensuite, une silhouette de la bête, en veillant à prévoir que certaines parties dépasseront pour augmenter l'effet de relief: les oreilles et la mâchoire inférieure.Ensuite vient la partie la plus absconse de cette pratique, celle où je mets en place les premiers reliefs en utilisant de la laine cardée de couleur improbable, histoire d'utiliser ces pelotes-erreurs-d'achat-parce-que-j'avais-envie-de-les-avoir-toutes. Comme ce rose pétard ou ce bleu layette qui vont me servir à faire la masse du cou et du crâne tandis que la mâchoire inférieure va être traitée avec un gris passe-partout pour m'éviter de me retrouver avec une sous-couche rose encore apparente.C'est un des moments que je préfère que celui-ci où j'obtiens une forme improbable mais dans laquelle je vois déjà apparaître dans ce magma multicolore le résultat final, même si je suis la seule encore. Heureusement que ça m'amuse parce que c'est aussi la période plus fastidieuse avec ce piquage incessant pour obtenir une masse assez compacte. J'écoute alors des percussions pour faire passer le temps et maintenir le rythme (j'ai quand même chopé une ampoule puis un cal sur le doigt...). Je vous recommande la musique de Djeunes, avec didgeridoo et djembés, pas de paroles, tout se ressemble et ça fait boum-boum, impeccable pour feutrer la laine!Voilà ce que j'obtiens, un loup avec un gros nez. Maintenant assez ri, il va falloir réfléchir et passer aux détails, parce que là, il n'est pas encore très inquiétant ce loup, il ferait plutôt pouffer la Chèvre de Monsieur Seguin!Tout d'abord, les dents, la langue puis les babines. Ah, elle rigole moins la Chèvre de Monsieur Seguin!!!Maintenant, je m'occupe de la mâchoire supérieure et de la truffe et je commence à "colorier" la bête. Un mélange de blanc et de gris pour le côté de la mâchoire, du brun neutre pour le museau. Ensuite les oreilles et les emplacements pour les yeux.J'ai obtenu un loup-fantôme, il ne me reste "plus" qu'à lui donner un peu de vie. Premier essai de regard mais ça ne fonctionne pas. Je l'ai fait au petit matin, en me fiant directement aux emplacements creusés dans la laine la veille au soir et je n'ai pas pris le temps de me référer à la photo de départ. Résultat: un loup ahuri aux yeux [...]



Book pour laine feutrée

2007-09-20T19:55:40.829+01:00

En un mois d'absence, j'ai quand même fait des choses et des bidules, notamment un book pour présenter mes zouvrages en laine feutrée. J'en ai déjà préparé trois, reliés de mes blanches mains, pour mes dessins animaliers, les portraits et les travaux autour de souvenirs. Comme ça, le jour où je me décide à prospecter pour montrer mes dessins, ils sont tout prêts (ils ont servi au mois de mai déjà). Mais je n'avais rien fait pour les animaux en laine cardée, notamment parce qu'au départ je ne pensais pas qu'ils seraient appréciés, je craignais qu'ils ne soient considérés comme relevant trop du domaine de la peluche, de la décoration de chambre d'enfants. Mais en fait, non. Leur statut entre le portrait et le trophée semble intéresser les personnes à qui je les montre, alors autant leur préparer de quoi les montrer sans trimballer tous les cadres.Tout d'abord, j'ai fait un "dessin" de chat, d'après une photo de Shaman, catus gouttierus de la maison. Je vous épargne les étapes parce que j'ai celles du loup à vous montrer par la suite, je ne voudrais pas abuser de votre patience (et merci encore à celles et ceux qui continuent à visiter ce blog abandonné pendant presque un mois!).Je ne lui ai pas donné un véritable relief réaliste, car alors le book final aurait été presque impossible à ouvrir sans abimer la truffe du matou sur le support. Disons qu'il est en relief "aplati"... (pour ça qu'on dit un "bas-relief"?), comme ça je peux l'entreposer sans trop de problèmes.Une fois le chat portraituré, il ne me restait plus qu'à réfléchir à la réalisation de la reliure. J'ai choisi un système semblable à celui des vieux albums photos, avec deux couvertures, dos et devant, indépendantes et reliées par des vis, ce qui permet d'ajouter des pochettes par la suite au fur et à mesure de ma production.Pour compenser l'épaisseur de la plaque de feutrine qui a servi de support au "dessin" et celle du relief de la tête, j'ai superposé trois plaques de carton de 3,5 cm d'épaisseur, bien évidées tout bien comme il faut et collées sur une plaque de cartonnette de même dimension.La vache, qu'est-ce que dur à couper un carton aussi épais! Mais mon obstination légendaire en a eu raison.Ensuite, j'ai réalisé une étiquette à partir d'une photo montrant de la laine cardée et une aiguille barbelée, étiquette que j'ai plastifiée puis mise en place avec un autocollant double-face. Après quoi j'ai tapissé l'intérieur de la niche creusée dans les trois épaisseurs de carton avec un papier doré puis découpé dans la cartonnette une plaque évidée, qui laissera ainsi voir le chat et l'étiquette (ben oui, sinon ce serait ballot...) qui sera ensuite recouverte de ce papier enduit de PVC noir et brillant, très joli à voir parce qu'il prend bien la lumière mais très pénible à travailler parce que la colle vinylique, le PVC, ça le fait bien rire. Et moi pas...Et voilà le résultat!Bon, ensuite il y a d'autres étapes mais je ne les ai pas toutes prises en photo et puis, tout montrer serait quand même fastidieux. Disons pour résumer que j'ai associé cette couverture à une bande de carton perforée en veillant à laisser une sorte de charnière afin de pouvoir ouvrir la couverture quasiment à plat. Le dos a été une partie de plaisir ou presque puisque la colle a foiré à un endroit mais bon, c'est le dos et je prendrai le temps un de ces quatre de lui expliquer qui commande ici.Demain, promis, je rajoute une photo de l'ensemble avec vue sur le côté pour qu'on voit bien que le museau d[...]



Moment de bonheur, bonheur du moment

2007-09-20T18:39:25.124+01:00

De, du… Moment de bonheur et bonheur du moment ne sont donc pas bonnet blanc et blanc bonnet. "De" est un partitif, il indique une partie d'un ensemble plus vaste, "du" est une version contractée d'un article défini, il articule un instant.

Alors oui, être debout en haut des marches de cet escalier extérieur, sous l'auvent de la marquise, fumant ma première cigarette du matin pour épingler l'instant dans un geste pendant que j'entendais E. bruire dans sa maison était un morceau de bonheur.

Pour être dans le bonheur de ce moment, j'ai ouvert mes yeux et les pores de ma peau et j'ai observé. Sous le toit de la marquise, à l'angle de la gouttière, j'ai vu la plus belle toile d'araignée du monde, formule mathématique parfaite dépliée dans l'espace, rejoignant avec l'élégance de la perfection la ligne droite de la tuile et la courbe de la gouttière, rectitudes décrivant une courbe, un petit chef d'œuvre d'un instant, d'une journée, si joli piège. Derrière le sapin, un avion tirait son trait de craie sur le tableau bleu du ciel, le rendant palpable et surface. Les contreforts de la montagne étaient bleus, de ce bleu des matins d'automne. La grue du chantier voisin tournait sur elle-même, transportant une grande grille qui semblait si fragile au bout du câble, autre toile d'araignée. Le monde était en route, ma journée pouvait commencer. De bonne heure...




Le retour du Guide des Convenances!

2007-09-19T19:43:25.989+01:00

Et hop, me voici de retour, tadam!!!! Bon, d'accord, ça fait presque un mois que je n'ai rien posté sur ce blog, rapport au fournisseur d'accès qui disait des trucs comme quoi, faute d'avoir été payé, il faisait la tête... J'vous jure!Mais tout ceci n'est que mauvais souvenir à partir d'aujourd'hui et voici donc la suite du Guide des convenances avec le mariage. Oyez braves gens!Après les fiançailles, le trousseau de la future mariée. Je vous épargne la description des différents trousseaux, de 300 à 6 000 francs (pour donner une idée des prix, une paire de draps de toiles coûte 23 francs dans la liste de base, une paire de draps à jours à marque brodée coûte 58 francs pour la liste la plus onéreuse). Comment marquer son trousseau:Le linge de corps de la jeune fille se marque des initiales de son prénom et de son nom de femme, le linge de la maison aux initiales des deux familles. Par exemple, si Mlle Berthe André épouse M. Jean Durand, le linge de corps de la femme sera marqué BD (Berthe Durand), le linge de corps du mari sera marqué JD (Jean Durand), le linge de maison sera marqué AD (André Durand). Les initiales brodées se placent toujours dans un endroit très apparent, les marques au fil rouge se mettent dans un endroit peu visible (à quoi correspondent ces marques au fil rouge?)La marque doit se mettre de façon à avoir la lisière de l'objet à gauche. Les draps sont marqués au pied, avec la lisière à gauche; les mouchoirs, les nappes, (suit la liste des emplacements pour chaque élément du trousseau). Les initiales brodées se placent sur les draps, au milieu, à 15 ou 20 cm au-dessous de l'un des ourlets. Pour les initiales des taies d'oreiller, on les place à 10 ou 20 cm au-dessous du sommet, selon la longueur qu'ils auront. Quelques personnes placent les initiales de biais sur le côté gauche de la taie d'oreiller (soyons fous!).La corbeille:Voici la composition d'une corbeille riche. • Collet de zibeline ou jaquette de loutre ou d'astrakan• Robes en pièce, une en velours, l'autre en soie, satin, brocart, faille, damas• Dentelles anciennes et modernes: Chantilly, Alençon, Bruxelles, Malines, Bruges, etc.• Éventails de bal et de soirée: un ancien et deux modernes, l'un en dentelle, l'autre en plumes noires ou blanches, monté sur écaille avec ses initiales futures en or ou en diamants• Une jumelle de théâtre• Une ombrelle• Un écrin contenant un porte-cartes et un porte-monnaie (parce que la mariée aura le droit d'utiliser de l'argent pour payer quelque chose??? Mais c'est répugnant!)• Une longue chaîne sautoir en or avec perles• Des bagues anciennes• Une parure en brillants composée d'une paire de boucles d'oreilles, d'une broche, d'un bracelet, d'une branche de corsage, d'une aigrette pour les cheveux• Une montre mignonne (beurkkkk) avec les initiales de la future mariée• Un rang de perles• Une trousse en or, dont la bourse à mailles contient des pièces neuves (le détail qui fait la différence…)• Un joli sac de voyage avec nécessaire de toilette• Une pièce de mariage en or avec dessins allégoriques spéciaux• Un missel enluminéComposition d'une corbeille modeste:• Une paire de boucles d'oreilles avec brillants• Une chaîne sautoir et une montre en or• Une broche et un bracelet en or• Une robe de satin et une robe de drap• Une parure et un manchon en astrakan, en loutre, en mongolie, en castor• Une pièce de guipure noire et une pièce de valenciennes• Un éventail en sa[...]



Les fiançailles

2007-08-22T17:08:03.579+01:00

Allez, vous avez été sages, je vous mets la suite du Guide des Convenances, histoire de décrasser la tuyauterie avec une bonne dose d'adrénaline. Nous avons laissé les deux tourtereaux juste après la séance de maquignonnage entre adultes. Maintenant, le parcours du combattant des fiançailles… La visite du jeune homme, agréé comme fiancé, suit immédiatement celle de l'ami (qui aura présenté la demande); les parents le reçoivent amicalement, il fait déjà partie de la famille et il est d'usage de le prier à dîner pour le soir-même. Il aura eu soin de faire précéder sa visite d'un envoi de fleurs blanches disposées en gerbe, en corbeille, en panier, etc…, il n'y joindra pas sa carte. La jeune fille ne doit pas assister à la première partie de la visite, les parents le reçoivent d'abord, lui tendent la main, lui disent d'affectueuses paroles. La jeune fille est appelée un peu plus tard; il est de bon ton que sa mise soit un peu recherchée, elle aura à son corsage une fleur du bouquet reçu. Elle tend la main à son fiancé car dès lors, il a droit à ce titre. Elle le remercie simplement de son bouquet (que d'effusions, c'en est trop!). Lorsqu'on habite à la campagne ou un endroit éloigné, on peut offrir des rafraîchissements à celui qui fait la demande en mariage et au jeune homme lors de sa première visite. (Si on habite en ville, il n'a pas droit à l'anis?) Le jeune homme n'attend pas l'heure du dîner, il se retire et revient le soir à l'heure qu'on lui a fixée. Il est en jaquette ou en veston. La fiancée a une petite chemisette de soie claire. Le fiancé doit, à partir de ce jour, venir tous les jours voir sa fiancée et lui devra un tribut fleuri. Le premier bouquet de fiançailles doit se composer de fleurs coupées, il peut être blanc, ou rosé (pour les plus zazous?). Les paniers garnis d'oignons, de tulipes, de jacinthes, de pieds de marguerites sont réservés pour les petits envois de la semaine. Les fleurs expédiées pour les dates officielles: fiançailles, dîner de fiançailles, jours de réception, soirée de contrat, jour de mariage, seront des fleurs à longue tige; lilas, roses, tulipes, lis et jasmins réunis en gerbes, en bouquets, en paniers aux anses arrondies, voilés de tulle blanc, noués de satin ou de moire. À ce panier le fiancé pourra faire joindre des fleurs coupées, destinées à orner les pièces dans lesquelles on reçoit, danse, lunche ce jour-là. Si elle a des sœurs jeunes filles, le fiancé leur envoie un bouquet de temps en temps, mais petit et d'une valeur insignifiante. Il est de bon goût d'en envoyer une ou deux fois à sa future belle-mère, en fleurs de couleurs, bien entendu. Plusieurs traités de savoir-vivre prétendent que le premier bouquet donné à la promise doit être blanc, puis ensuite, par une progression habile, il doit aller en se fonçant de telle sorte qu'à la veille du mariage, il se trouve entièrement rouge. (Quelle allégorie! Quelle poésie!) Le dîner des fiançailles: Le jour des fiançailles officielles, le jeune homme envoie à la jeune femme un bouquet composé de roses, de lilas, camélias, dahlias, muguet, tubéreuses, suivant la saison. Ce bouquet sera orné d'un très beau ruban blanc, que plus tard la jeune fille, devenue épouse et mère, retrouvera avec attendrissement dans ses trésors les plus précieux. Les fiançailles s'annoncent au dessert. Si le dîner a été remplacé par une soirée[...]



Ours encadré

2007-08-21T19:57:52.258+01:00

Je continue ma série d'encadrements, cette fois-ci c'est au tour de l'ours et je vous montre quelques étapes.Tout d'abord, la bestiole finie, à l'état brut, à mi-chemin entre une peluche décapitée et un trophée de chasse (il ne manque plus que les traces de pneus pour faire penser à Franska, comme le suggérait un ami...).Je commence par réaliser un boîtage avec une partie en creux qui recevra la tête en laine feutrée et les anneaux pour l'accrochage.J'ai recouvert les bords intérieurs de la boîte interne d'un papier doré avec effet de tissage, avec un rebord qui restera visible sur le replat du carton.J'ai ensuite découpé une cartonnette à la dimension du grand (presque) carré extérieur (31 x 32,5 cm pour les curieux), avec une partie centrale évidée de telle façon que 0,5 cm de papier doré reste visible.J'en ai recouvert les bords d'une marge de papier rouge à motifs sombres, j'ai collé le tout sur la boîte et mis sous presse avec la technique bien connue des briques en terre cuite (je n'ai pas encore pris le temps de toutes les recouvrir de papier peint pour éviter qu'elles n'abîment les supports, ça va venir!). Sur la photo on voit un bout de la marge de papier rouge...Ensuite, je découpe une autre cartonnette de mêmes dimensions extérieures que la boîte, mais en évidant un carré interne encore plus grand, de telle façon qu'une marge de papier rouge de 2 cm de large reste visible. Mon but est d'obtenir un effet de profondeur qui accentue l'impression que la tête d'ours sort du cadre.Je colle le carré sur la boîte et je rabats sur les côtés (bien sûr il faut à ce stade là faire bien attention à juxtaposer parfaitement ce carré sur les précédents, sinon, bonjour les surprises du genre "oh, tout est fichu, il ne reste plus qu'à recommencer depuis le début!"). Et voilà, une tête d'ours prête à accrocher!Et la même en situation sur un mur. Les couleurs changent selon l'usage ou pas du flash mais j'ai quand même choisi des papiers à dominante rouge, je voulais quelque chose qui ravigote le brun de la tête.[...]



Guide des convenances, ça continue...

2007-08-19T10:40:54.904+01:00

Ah, je sens que ça vous manque, le Guide des Convenances. Prêts pour une petite pincée? La première communion: Ce rêve unique, ce bonheur "du plus beau jour de la vie", reste toujours comme une auréole éclatante, un souvenir embaumé, un rayon très doux, illuminant la vie, adoucissant les souvenirs poignants, les amères désillusions. Que de familles ramenées à la stricte voix du devoir par la piété et la transformation de l'enfant! (…) La toilette de la petite fille doit être simple et de bon goût. Le grand luxe et la grande distinction consistant dans la perfection du travail de lingerie et non dans l'accumulation des dentelles et des entre-deux. (…) Une coutume très touchante consiste à faire remettre aux enfants pauvres de la première communion, par les enfants plus riches, des paquets d'images sur cartons (et non pas sur ivoirine ou parchemin, comme celles des enfants de bonne condition) qu'ils auront le plaisir de distribuer eux-mêmes. Ils connaîtront eux aussi, les pauvres petits, la joie de donner, bien plus douce que celle de recevoir. (…) Il faut, en ce jour, éviter à l'enfant tout sujet de distraction ou de faute; ne pas le conduire dans des lieux fréquentés, à la musique, sur les chevaux de bois, au Jardin d'Acclimatation, surtout pas au théâtre!... Mais il y a certaines visites obligatoires dont il ne peut se dispenser soit le jour soit le lendemain. Ce sont les visites à ses grands-parents, à ses oncles et tantes, parrain et marraine, supérieurs de couvent et de pension. Les parents, s'ils sont employés, conduisent les enfants à leur patron, les domestiques à leurs maîtres. Le jeune homme: Pour être à la mode, prétendent-ils, il faut être "fin de siècle", c'est-à-dire ne croire en rien, se moquer de tous les beaux sentiments, traiter l'amour de la patrie de chauvinisme, le respect de l'autorité paternelle de "vieille balançoire", la religion de chose bonne pour les marmots et les vieilles filles. Maintenant, il semble qu'un retour vers le passé se fasse: les vrais Français comprennent qu'ils ont eu tort de se laisser guider par ce rastaquouérisme à outrance, cet élément très étrange, ramassis d'aventuriers inavouables le plus souvent, qui portent des diamants faux, des cravates éclatantes et se surchargent les doigts de larges bagues. (…) Quelle que soit l'intimité qui existe entre deux familles, un jeune homme n'aborde jamais, dans le monde, une jeune femme ou une jeune fille, en lui donnant son prénom, malgré une habitude d'enfance, il attendra que la jeune fille l'y autorise. Au bal, il ne doit pas quitter ses gants et encore moins danser déganté. La jeune fille: La jeune fille autrefois était l'être doux, timide par excellence, la vierge aux bandeaux de lin (parce que les brunes, hein…), aux yeux modestement baissés, à la démarche timide et incertaine. L'éducation américaine, les tendances modernes, l'accès offert à la femme de toutes les carrières, de toutes les études, de tous les sports, lui ont donné un aplomb et une audace presque masculins. La mère pleure, le père se désole! Et lorsque l'âge arrive, que la jeune fille devient vieille fille, on reste stupéfait. Elle est charmante, pourtant, direz-vous, si instruite, si intelligente! Voilà, elle l'est trop. Elle fait peur aux hommes qui s'imaginent qu'une femme trop savante ne pourra tenir convenablement son intérieur[...]



Cartes

2007-08-18T19:43:49.735+01:00

Je vous montre les deux cartes que j'ai réalisées il y a quelque temps, dont une pour l'anniversaire de ma fille aînée. C'est la même technique que sur l'oeuf d'autruchette, en collant des tout petits bouts de cartes anciennes imprimées sur du papier machine normal, avec plusieurs couches de vernis ensuite (et ponçage entre chaque couche pour supprimer les aspérités).Je me suis trouvée face à une question grave et importante au moment de finir ces cartes. Devais-je leur donner un titre ou pas? Et je me suis gravement, comme il se doit, répondu: "peut'èt ben que oui, peut'èt ben que non". Autrement dit, j'en ai mis un sur la carte rectangulaire, en découpant parmi les titres tarabiscotés des vieilles cartes et en reconstituant un nouveau nom: "Provinces de Fratulie". Par contre je n'en ai pas mis sur la carte sur plaque aux bords arrondis. Pourquoi? me demanderez-vous, tout esbaudis. Si, si, inutile de le cacher, je le vois bien que vous êtes esbaudis. Ben, parce qu'une carte rectangulaire, c'est un morceau de quelque chose, un zoom sur une partie, un extrait. Il faut donc préciser de quoi il s'agit. Tandis qu'une carte aux bords tarabiscotés, c'est un objet plus qu'une carte, il est moins nécessaire de le désigner. Voilà, ce que je me suis dit. Et comme je suis d'un naturel obéissant, j'ai fait ainsi.Bon, maintenant, les images:(Oui, c'est fait sur une plaque qui a servi d'essai pour un dessin de chimpanzé, essai jamais poursuivi, alors hop, recyclage!)On voit bien comme les morceaux sont tout pitis pitis, non?Au-dessus, c'est la carte finie mais pas vernie.Là, elle est vernie. Vous noterez le tour doré à la feuille de faux-or![...]