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Préfère l'impair





Updated: 2018-04-24T13:43:05.965+02:00

 



"Aveuglement et jugement. (A propos d'un film de C.T. Dreyer.)"

2018-01-27T18:21:56.744+01:00

« Vu à Paris le Vredens Dag (Jour de colère). Son invention m’est apparue susceptible d’intéresser notre modernité dans ses limites les plus avancées (…)Je suis surtout frappé par la première partie, où se déroule et se conclut la tragédie de la vieille sorcière. J’y vois, prise isolément, une tragédie du jugement encore actuelle. Nous avons cette vieille sorcière et ces hommes qui la poursuivent en justice. L’une et les autres sont tellement aveuglés par l’obscurité où ils baignent (l’histoire, la culture, le degré de conscience et de vérité auxquels ils appartiennent) qu’ils sont incapables de se « juger » réciproquement, ni de « se voir ». La vieille femme est « convaincue » qu’elle est coupable, qu’elle est une sorcière. Les ecclésiastiques sont « convaincus » de découvrir une « faute », et de devoir la châtier, en hommes équitables, pour le bien du monde. La vieille Marthe Hersolfs ignore qu’elle n’a commis aucune faute véritable en agissant comme elle l’a fait. Et ces ecclésiastiques ignorent qu’ils commettent une faute en faisant ce qu’ils font.Mais la première n’est pas simplement une victime, car son innocence est abjecte (comme sa nudité obèse et sénile, dans la scène de torture) et les autres ne sont pas seulement des oppresseurs, car ils ne savent pas ce qu’ils font. Ils ne sont qu’aveugles, l’une et les autres, et l’une accepte la cécité des autres parce qu’elle-même est privée de vue ; les autres accablent sa cécité, à cause de la leur.Ce conflit d’une double cécité me semble contenir la suggestion de toute tragédie qui peut exister parmi les hommes, non sur le plan passionnel où se rencontrent toujours des torts et des raisons qui sont relatifs, mais sur le plan des efforts destinés à atteindre la connaissance, à prendre conscience. Ce qui donne son accent tragique au conflit, c’est que pour arriver à le déceler, il faut notre jugement d’hommes historiquement « moins aveugles » que cette vieille sorcière et ces ecclésiastiques. L’horreur naît de cette faculté de voir derrière nous, que Dreyer éveille en nous. Au lieu d’illustrer l’atrocité d’une certaine situation ou d’un certain instant historique fût-ce par analogie avec certaines situations de notre temps (comme c’est le cas de tant d’œuvres théâtrales ou littéraires modernes, voire récentes), l’œuvre produit une impression d’horreur à notre époque actuelle, dans nos conditions actuelles, étant donné notre idée actuelle de la conscience. Ne pouvons-nous donc regarder qu’en arrière ? Notre jugement ne nous sert-il (ne peut-il jamais nous servir) pour nous-mêmes ? »Elio Vittorini, octobre 1947[...]



Affrontement de la question

2016-02-01T13:14:46.295+01:00

[...]



La Main bleue (bande-annonce)

2015-09-02T00:01:13.366+02:00


allowfullscreen="" frameborder="0" height="281" mozallowfullscreen="" src="https://player.vimeo.com/video/83405053" webkitallowfullscreen="" width="500"> LA MAIN BLEUE - Bande-annonce from Triptyque Films on Vimeo.



Le pain est sur la table

2015-01-07T11:07:09.645+01:00

« Il ne semble pas que l’homme soit doué d’une faculté d’étonnement infinie. Sans quoi il ne ferait que commencer de s’étonner de ses plus communes facultés de penser. "Le pain est sur la table", dira-t-il aussi bien pour annoncer qu’il vient de l’y poser que pour l’illustration de ses grammaires, sans entendre ce qui rend dans ses propres paroles un son si étrange et si lointain. Et si tout ce qui est ainsi extraordinairement ordinaire trouve par hasard quelqu’un pour en ressortir l’insolite, le paralysant insolite, on tiendra ce quelqu’un pour un malade, les médecins appelés murmureront psychasthénie et la voix qui parlait reprendra : "Je disais donc que le pain est sur la table." »Louis Aragon [...]



L'espace d'un éclair

2014-11-04T19:16:31.720+01:00

« On a coutume de représenter la poésie comme une dame voilée, langoureuse, étendue sur un nuage. Cette dame a une voix musicale et ne dit que des mensonges.Maintenant, connaissez-vous la surprise qui consiste à se trouver en face de son propre nom comme s’il appartenait à un autre, à voir, pour ainsi dire, sa forme et  à entendre le bruit de ses syllabes sans l’habitude aveugle et sourde que donne une longue intimité. Le sentiment qu’un fournisseur, par exemple, ne connaît pas un mot qui nous paraît si connu, nous ouvre les yeux, nous débouche les oreilles. Un coup de baguette fait revivre le lieu commun.Il arrive que le même phénomène se produise pour un objet, un animal. L’espace d’un éclair, nous voyons un chien, un fiacre, une maison pour la première fois. Tout ce qu’ils présentent de spécial, de fou, de ridicule, de beau nous accable. Immédiatement après, l’habitude frotte cette image puissante avec sa gomme. Nous caressons le chien, nous arrêtons le fiacre, nous habitons la maison. Nous ne les voyons plus.Voilà le rôle de la poésie. Elle dévoile, dans toute la force du terme. Elle montre nues, sous une lumière qui secoue la torpeur, les choses surprenantes qui nous environnent et que nos sens enregistraient machinalement.Inutile de chercher au loin des objets et des sentiments bizarres pour surprendre le dormeur éveillé. C’est la le système du mauvais poète et ce qui nous vaut l’exotisme.Il s’agit de lui montrer ce sur quoi son cœur, son œil glissent chaque jour, sous un angle et avec une vitesse tels qu’il lui paraît le voir et s’en émouvoir pour la première fois.Voilà bien la seule création permise à la créature.Car, s’il est vrai que la multitude des regards patine les statues, les lieux communs, chefs-d’œuvre éternels, sont recouverts d’une crasse qui les rend invisibles et cache leur beauté.Mettez un lieu commun en place, nettoyez-le, frottez-le, éclairez-le de telle sorte qu’il frappe, avec sa jeunesse et avec la même fraîcheur, le même jet qu’il avait à sa source, vous ferez œuvre de poète.Tout le reste est littérature. »Jean Cocteau[...]



Aux rêveurs

2014-03-23T00:40:25.448+01:00

Chers visiteurs, un mot pour vous dire qu'Aux rêveurs, compilation de mes trois derniers courts métrages, vient de sortir en DVD chez L'Harmattan.
(Textes d'Edouard et de Vincent sur ces courts métrages à lire ici et .)


Disponibles aussi, les excellentes productions Triptyque Films suivantes :

Découverte d'un principe en case 3 de Guillaume Massart et Julien Meunier

et

Maàlich de Thomas Jenkoe






Bois d'Arcy (bande-annonce)

2013-03-28T01:14:15.703+01:00



allowfullscreen="" frameborder="0" height="367" mozallowfullscreen="" src="http://player.vimeo.com/video/58478376" webkitallowfullscreen="" width="500"> Bois d’Arcy - un film de Mehdi Benallal - 2013 - bande-annonce from Triptyque Films on Vimeo.



1 commentaires

2013-02-28T19:18:04.466+01:00

« Regardons la maîtresse réalité. Et aussi bien que nous le pourrons, sur ce que nous aurons vu, artistes fidèles, scrupuleux observateurs, dessinateurs consciencieux, par des notations exactes autant que nous le pourrons, rapportons, dessinons la réalité maîtresse. » Péguy