Subscribe: EightDayzaWeek
http://eightdayzaweek.blogspot.com/feeds/posts/default
Added By: Feedage Forager Feedage Grade B rated
Language: French
Tags:
aussi  avec  cette  comme  dans  des  est  film  les  mais  même  par  pas  pour  qui  ses  son  sur  tout  une 
Rate this Feed
Rate this feedRate this feedRate this feedRate this feedRate this feed
Rate this feed 1 starRate this feed 2 starRate this feed 3 starRate this feed 4 starRate this feed 5 star

Comments (0)

Feed Details and Statistics Feed Statistics
Preview: EightDayzaWeek

ABORDAGES, le cinéma scandaleusement pris par la quille





Updated: 2018-02-16T14:55:46.957+01:00

 



Le Prix du Danger

2018-01-26T21:31:00.217+01:00

Dans un futur proche, un jeu télévisé intitulé Le Prix du danger fait fureur. Les règles sont simples : un homme doit parvenir à rejoindre un endroit secret en échappant à cinq traqueurs chargé de le tuer. Si le candidat gagne, il se voit attribuer la somme de 1 million de dollars, dans le cas contraire... Le tout est filmé et retransmis en direct sur la chaîne de télévision CTV. François Jacquemard décide de participer au jeu. Devant la popularité de Jacquemard pendant l'émission, réalisée en public et retransmise en direct, la CTV décide de truquer le jeu en faveur du candidat afin de monopoliser l'indice d'écoute et finit par aider directement François Jacquemard. Mais, orgueilleux et furieux d'être pris pour un appât à audimat, il décide de retourner la situation contre l'émission et abat ses poursuivants un par un, ce qui est contraire au règlement du jeu.Le Prix du Danger, 1983/France-Yougosavie, canonné par Manchec. Cette Zarofferie post-moderne et nimbée de préscience, culte un temps (il faut avouer qu'on est en plein inédit pour le cinéma français (depuis lors aussi...) !), adaptée d'une nouvelle de Sheckley de 53 (et non du Running Man de King comme on l'entend partout !) avec beaucoup d'envie mais pas assez de moyens (une habitude chez le gars Boisset), brasse ce qu'il faut de cynisme, de satire sociale vidéosurveillée, de thrilling quasi abstrait (le tournage s'est-il fait dans les no man's land de Buffet Froid ?), et surtout d'acuité (on est un peu moins de 20 ans avant l'Empire Endemol)... Preuve en est: Jacques Incroyable mais Vrai Martin fut outré par le projet (le Masques de Chabrol finira de le mettre chiffon un peu plus tard !).Rattachant l'entreprise à des titres fameux tels le Death Race 2000 de Bartel, ou l'indéboulonnable et jewisonien Rollerball (le film dénonce un même décervelage par petit écran interposé), il creuse une piste plus inédite que ses confrères en stigmatisant (entre autres) plus particulièrement le personnage de l'animateur vedette, omnipotent et cabot (Piccoli, un peu en roue libre, nan ?), autant que celui du président de chaîne TV sanguinaire (Cremer, odieusement lucide, en Pat' LeLay avant l'heure, flanqué de sa Laroche-Joubert qui doute (Pisier, un peu plus chiante que chez Labro ou Truffaut)), et s'avère surtout plus "réaliste" et visionnaire que tout autre.Fort de tout ceci, le titre apparaît comme un parfait petit film de genre, hargneux (même si parfois naïf), original, SF-Bis comme il faut, politiquement impliqué (Ferréol en harpie gauchiste est assez convaincante), noirissime, foutument immersif et excitant (le gars Yves sait aussi manipuler son petit monde pour amener à ses fins manichéennes, allez !). Punchy comme du Carpenter - malgré ses défauts (plastiques surtout, mais tout le monde ne joue pas au top non plus (hein, Gabrielle ?) et une fin un peu fumeuse - et à urgemment réapprécier dans ses moindres détails !Interprètes: Gérad Lanvin, Michel Piccoli, Bruno Cremer, Marie-France Pisiser, Jean-Louis Dreyfus, Gabrielle Lazure, Jean Rougerie, Andréa Ferreol, ...Scenario: Yves Boisset & Jean Curtelin, d'après Robert Sheckley - Image: Pierre-William Glenn - Musique: Vladimir Cosma - Production: Norbert Saada - Réalisation: Yves Boisset.Sortie française: 26 janvier 1983DVD disponible chez TAMASAen édition simple ou coffret 3 DVD (+ RAS + Allons Z'Enfants)DVD-9 Zone 2 Couleurs - 1h40Image: scope 2.35 16/9 anamorphique compatible 4/3 - Son: DD2.0Supplément: documentaire Yves Boisset, l'Envie d'en Découdre.L'AVIS DE L'EQUIPAGEManchec EdouardS Tellop  Frank  T.Chance Orlof  Loeb  Sonic Deslices  K.Roy Lemarchand XXXX      XXXX        XXXX  XXXX   XXXX      XXXX  XXXX XXXX   XXXX    XXXX  XXXX           [...]



Rocky III, L'Oeil du Tigre

2018-01-26T18:45:00.264+01:00

Malgré la condescendance générale qui s'exprime régulièrement à l'égard de la saga Balboa (et qu'elle alimenta elle-même par force maladresses et autres naïfs déterminismes), je ne puis m'empêcher pourtant, selon l'opus devant lequel je me trouve, de me demander: "tiens ! et que me dit de l'Amérique ce Rocky-ci ?".Amérique médiatique, Amérique politique, Amérique symbolique, Amérique philosophique...Car sans doute Rocky est-il a lui seul l'Amérique et incarne l'éternel Nouveau Monde lors de ses victoires titubantes et beuglantes (Adrienne !) mais aussi à l'occasion de ses doutes.Il se fait le relais de ses messages, le porte-parole de ses questionnements (la vitrine de sa vulgarité showbizzesque, aussi). Et lorsque Balboa s'effondre sur le ring au ralenti, c'est peu le WTC qui collapse et recollapse ad nauseum sous les caméras des broadcast news.Cependant, si Rocky IV est particulièrement lisible sous cet angle americaniste (et pas aussi anti-rouge qu'on voudrait bien le croire !), le précédent épisode est un peu plus flou dans ce qu'il sous-entendrait.Ainsi, tout au long de cet Oeil du Tigre que Rocky (= l'Amérique, souvenez-vous !) a perdu, le cul au chaud sur ses lauriers, le boxeur se trompe (dans ses modes, dans ses choix, dans ses rapports), découvre qu'on l'a "trompé" (on a facilité son maintien au sommet) et que sa gloire est depuis longtemps (les cimes atteintes, quoi) flétrie.Bien.Ce postulat semble assez décodable aussi: l'Amérique Reaganienne en manque de fraîches et nobles victoires suppute son blason terni, l'image de sa puissance galvaudée, et tend à se reconstruire en remettant le doigt sur ses fondamentaux, son identité profonde... bon ça s'entend.Mais si Ivan Drago le monstrueux russkof sera un ennemi évident dans Rocky IV, qu'en est-il de l'adversaire du jour: Clubber Lang ?Qui est Clubber Lang, que représente-t-il ?De tout le film nous ne saurons d'où il vient, ce qu'il a dans le cul.Il semble ne représenter personne, avancer en pur franc-tireur, un mad dog esseulé, sans "famille" (pas de revendication black possible puisqu'Appolo Creed est le pote de Rocky et il n'offre pas non plus les contours d'un "ennemi de l'intérieur") et n'être qu'une boule de méchanceté pure, sans message, sans portée symbolique autre que la colère des "empêchés".Une amorce est cependant discrètement avancée lorsque le challenger (noir et travisbicklé)) accuse une sorte de complot, de consensus opportun, l'empêchant de devenir le numéro 1 à la place de Balboa, champion-pantin d'un pays assoiffé de héros fédérateur. Et si cette assertion est sans lendemain dans la dramaturgie du récit, elle transforme toutefois le film définitivement.Car malgré l'univoque et le sommaire apparent du profil de Clubber Lang, cette seule et lapidaire accusation qu'il porte à l'encontre de Balboa (tenu donc pour complice benêt et bling-bling du pouvoir) donne bientôt, derrière le paravent naïf du redorage de blason, tout le sel de cet opus. Un sel plus pervers qu'il n'y paraît si on ne prend pas la peine de regarder plus loin que le bout de ses gants.Si l'accusation émise par Lang rappellera le questionnement qui nourrit un film tels Death Race 2000 ou le Rollerball de Norman Jewison (dans lequel Jonathan est un champion inconstestable dont le gouvernement use pour anesthésier les foules)*, il sera assez savoureux de constater que, scenarisant de la sorte, Sylvester Stallone offre d'une même manière son héros et l'acteur lui-même en pâture, et les pose comme d'autres marionnettes que le Pouvoir agite pour endormir les foules: dans les années 80 ce n'est ainsi pas tant le sport ou la religion qui tiennent l'opinion en laisse... qu'Hollywood !Complice (étendard même !) de la chose, Sly la dénoncerait-elle sans s'en rendre compte, en inattendu Mr Jourdain de l'anti-populisme américain ?Qu'importe, le paradoxe est total, le contrepied parfait.Alors que la saga Rocky avance aux yeux de tous comme un authentique morceau de propagande pr[...]



Les Dieux sont Tombés sur la Tête

2018-01-19T18:38:00.267+01:00

Curiosité (anomalie serait un terme plus adéquat) du box office 1983*, cette production avance comme un conte philosophique moderne (dit par Yves Robert !!), façon de Rousseau au Bostwana.

Opposant une énième fois les valeurs bienveillantes du monde sauvage à la sauvagerie absurde du monde moderne (l'arrivée d'une bouteille de coca vide bouleverse  l'équilibre du peuple bochiman du Kalahari), le titre épingle aussi le no man's land politique et guerillesque qu'est pour l'auteur l'Afrique noire (seule incursion un tant soit peu condescendante au cours d'un film pas si raciste que sa légende l'a laissé dire).

L'Afrique qui a d'ailleurs alors pris depuis peu une autre dimension dans l'imaginaire du bon blanc de France puisque se donne depuis 79 le fameux et populaire rallye Paris-Dakar (en 83 c'est la paire Jacky Ickx/Claude Brasseur qui l'emporte en bagnole et Hubert Auriol en moto): est-ce une raison du déraisonnable plébiscite hexagonal fait au film ?

Déraisonnable car le film ne vaut tout de même pas tripette.
Burlesque éculé, effets puérils et exsangues (le nombre de séquences "en accéléré" semble tragiquement incalculable), satires poussives et pastiches asthmatiques, ... l'adage supposant que c'est dans les vieilles marmites qu'on fait les meilleurs soupes de manioc laissera songeur ici même les plus naïfs.

Le filon, pourtant usé, nous offrira (hélas) quelques autres "sommets" du genre (outre une suite en 89), de Crocodile Dundee à Un Indien dans la Ville.


* presque 6 millions d'entrées en France, le film renvoie Bebel, Richard & Depardieu, Coluche et Ventura, 
mais aussi Rocky (III), Rambo (II) et Le Retour du Jedi dans leurs pénates !!!


The Gods must be crazy, (1980/Afrique du Sud) de Jamie Uys
Sortie française: 19 janvier 1983




Le Ruffian

2018-01-12T15:24:00.181+01:00

 José Giovanni Le RuffianSans doute Lino Ventura a-t-il longtemps été le plus américain des acteurs français. Oh, pour ce faire, inutile de nécessairement jouer dans des productions US (encore qu'il le fit !*).  Mais bien de trôner au générique de françaises lorgnant sévère vers une dramaturgie et une mise en forme familières aux zaméricains (ceusses que s'ils n'étaient pas là nous serions tous en Germanie).Les réalisateurs qui tentèrent (parfois avec succès) ce pont au dessus du mur de l'atlantique cinéphile ont pour nom Henri Verneuil, Robert Enrico, Jacques Deray, Yves Boisset, Claude Pinoteau, Pierre Granier-Deferre ou encore José Giovanni**. Avec ce dernier c'est donc ce Ruffian de 83, découvert par mézigue dans un cinéma versaillaisun dimanche de galette des rois. Le repas fini, les aïeux sortaient alors les cartes et mes cousines nous emmenaient chaque année voir "un film français"***. Un Ruffian pas ridicule (malgré un recours à la partoche Morriconienne un peu systématique et pénible, façon Le Professionnel), même si filmé sans guère de point de vue autre que celui de l'Office de Tourisme de la Colombie Britannique… Un Ruffian qui offre une sorte de mélange des Grandes Gueules (Enrico, 65) et des Aventuriers (id., 67) assez plaisant, où la construction des personnages se montre plutôt alerte (un jeu de flash-backs opportuns assez bien gaulé doublé de dialogues pas trop didactiques campent solidement les rapports des uns et des autres). Américaine quoi. Toutefois, passé un prologue à la brutalité soudaine et inattendue, ce Ruffian ne semble plus que se dérouler sans vraies encombres, sans contrariétés notables. Ce déficit de thrilling teinte ainsi un peu la chose "à la papa", alors que sur le papier un authentique noir, serré, nerveux et désespéré, semblait promis. En lieu et place d'une tonalité hemingwayenne, un grand courant de camaraderie, de bienveillance et de solidarité émue court tout au long de l'affaire (les héros ne tuent vraiment personne, réussissent leur coup, sans qu'aucun membre de l'équipée n'y passe non plus (pas même les "tout désignés") !). Et malgré la "menace" alaskaïenne qui plane encore le générique de fin venu, on ne peut pas dire qu'on ait pris une franche suée à regarder la petite bande aller repêcher son or. Et ça, c'est tout de suite moins américain. * Cosa Nostra (1972) ou La Menace (1978) en attestent, quoiqu'avec des fortunes diverses ! ** avec eux Lino tournera Cent Mille Dollars au Soleil, Le Clan des Siciliens, Les Grandes Gueules, Les Aventuriers, Boulevard du Rhum, Un Papillon sur l'épaule, Espion lève-toi, Le Silencieux, La 7ème cible, La Cage, et j'en passe…  *** il y aura eu ainsi dégustation de Tout feu tout flamme ou de… La Cage aux Folles 2… Le Ruffian (France-Canada/1982), de José Giovanni.Sortie française: 12 janvier 1983. frameborder="0" height="215" src="https://www.dailymotion.com/embed/video/x7cqra" width="320">[...]



Amityville II, le Possédé

2018-01-05T08:44:00.474+01:00

  Damiano Damiani Amityville II, le PossédéArtisan (entendre là "un film/un genre") à la patte faiblement identifiable, Damiano Damiani a sans doute davantage "marqué les esprits" par ses contributions spagh (El chuncho), fussent-elles tardives et, parfois, ahurissement composites (l'improbable quoiqu'attachant Un génie, deux associés, une cloche) que par cette préquelle moins honteuse qu'artificiellement opportuniste.Si le premier Amityville sorti s'était vu identifié comme un prototype de film "d'horreur économique" (par Stephen King dans son essai Anatomie de l'Horreur), le présent volet, scénarisé par Tommy Lee Wallace (suiveur de licence patenté, ici ou avec Halloween !), ambitionne d'aborder la famille sous l'angle de ses moeurs (de l'inceste dans l'air) et ses manières sociales au sein du foyer (dysfonctionnel donc, tant qu'à faire).Las !, rien ne dépassera jamais dans la forme qu'une succession de motifs ni ne tendra vers une quelconque "profondeur" (ou radiographie véritable): qui est cette famille (et ce père ?!) ? Est-elle un "cas particulier" ou une certaine idée de l'Amérique ?Non, tout sera ici affaire de mécanique narrative (un peu gratuite): le tableau hâtivement brossé par Damiani et son scénariste ne nous dira guère de son époque ou de ses sujets.Cette réserve émise, le film n'est cependant pas à écarter radicalement de la main, même si le perméable aux formules successful (L'Exorciste quand tu nous tiens !) de sa mise demeure flagrant (un dernier tiers, axé sur le curé a des fragrances volontiers Karassiques, mais le recours à des tricks plus proches de Sam Raimi que Stuart Rosenberg, pointent le bout de leur camera subjective...).Non, une façon de tenir l'ambiance même, une  volonté rythmique réelle (quoique besogneuse) et un on-ne-sait-quoi de plus (l'époque ? la correcte Diane Franklin ?) tiennent l'affaire à peu près debout.  Amityville II: The Possession, (USA/1982), de Damiano Damiani.Sortie française: 5 janvier 1983.  [...]



Police Fédérale Los Angeles

2017-12-06T12:23:58.619+01:00

 William Friedkin Police Fédérale Los AngelesC’était le temps où Friedkin - Monsieur Jourdain du cult movie ? -, n’ayant plus rien à prouver (L’Exorciste, French Connection (auquel on pense ici sacrément !) ou Cruising étaient loin derrière…), tricotait encore du gros chanmé, jusqu'auboutiste et vénéneux. Le temps, éphémère, où l’on crût, l’affaire de deux putain de films (celui-ci et Manhunter de Michael Mann (le même Mann qui poursuivra en pure perte notre Friedkin du jour pour plagiat de Miami Vice !)), avoir trouvé un nouveau Mel Gibson, plus intense, plus ambigu, plus barge, plus homo-arty (les jambes arquées et le petit blouson de cuir…), en la personne de William L. Petersen (et son négatif bad guyen le trouble Willem Dafoe (qui confirmera bien davantage !)).Le temps où ce mariage entre une forte documentation, une insensée imprégnation (le film fut tourné en territoire de gangs LA, utilisant de vrais taulards pour les séquences zonzonnisantes,… la corde raide en toutes occasions), une stylisation extrême au paradoxal service d’un réalisme brutal, un sens du récit et un filmage immersifs et spectaculaires (les fameuses poursuites, pédestres ou automobiles) donnait naissance à un objet aussi solide que branchouille(culte, quoi) sachant dérouter, par tant de violence nihiliste, le bigleux amateur de Bronson ou de Norris et faire applaudirl’abonné à Starfix. Ayant un pied dans les deux camps, il me fallut plusieurs visionnages pour ne plus bouder ni mon plaisir ni mon admiration. Au temps pour moi, Police Fédérale était bien, oui, un putain de grand film.Ce temps-là, c’était le mitan des 80’s, my friends de bon mauvais goût ! To Live and Die in L.A. (1985/USA), de William Friedkin.Sortie française: 7 mai 1986.Sortie en Blu Ray Ultra Collector (#8) chez Carlotta: 6 décembre 2017  allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/zGBe8mltpkA" width="560">[...]



Le Sixième Sens - Manhunter

2017-12-06T16:46:49.792+01:00

Michael Mann ManhunterTrès vite, instantanément même (le dialogue sur plage en un champs/contrechamps ahurissament souligné par un scope de haute tenue), on sait que l’affaire sera plastiquement intense tout autant que laconique, atmosphérique plutôt que farouchement narrative (la structure dramatique originelle - pourtant solide -, est ici sacrifiée au profit d’une sensualité de tous les plans, au point d’en devenir parfois fumeuse, souvent arythmique).Car voilà, nous sommes en plein ces 80’s volontiers clipesques, abhorrées par certains, adorées par les ex-abonnés à Starfix: ces 80’s, pleines de tics et de poses, qui pourtant permirent même aux pires d’en tirer leur meilleur (Mulcahy et son Razorbak, Lynne et son Échelle de Jacob, Parker et son Angel Heart) et à l’heure desquelles le récit ne saurait prévaloir, le profit allant à l’emballage, fut-il typé, daté, signé.Loin de l’ultra-réalisme (un rien grand-guignol) du Silence des Agneaux,  Manhunter joue, dans cet écrin fascinant/repoussant, de l’ambiguïté (pas autant qu’il pourrait mais tout de même), de l’empathie, du fétichisme (tantôt morbide, tantôt homo-érotisant), épuisant avec un poil d'arty- prétention les clichés les plus éculés, accrochant à cette occasion les wagons parfois aux culs des trains 70’s des grands manipulateurs graphiques justement (proposant une sorte d’Argento-MTV (la scène du « guet-apens au jogger »), de DePalma cold wave (l’interminable sortie/fuite de Graham de l’HP de Lektor)) au point d'offrir à l’œil une plongée vertigineuse dans la plus trouble des voluptés (criminelle (les ivresses du profiler impliqué) ou non (la scène du tigre, épatante (n’y a-t-il pas un truc du genre dans l’Entre Ses Mains d’Anne Fontaine ?))), soulignée par une BO immersive et toujours ad hoc (sauf peut-être le final gunfighteux sur fond d’Iron Butterfly ?), aurait-elle vieilli depuis (on notera que l’environnement du tueur Buffalo Bill dans le Demme de 91 est aussi fait de FM 80 (remember le Goodbye Horses de Q.Lazzarus !)), ainsi que le labyrinthe mentalo-pulsionnel le plus excitant qui soit.Un casting de goût, faussement cheap et atone (Petersen, sortant de Police Federale LA, en homme de la situation, Brian Cox livrant un intense et économe Hannibal, Tom Noonan abyssalement troublant en tueur sensible, et le toujours au poil (de bacchantes) Dennis Farina, buddy de tous les buddies) se porte au service de l’expérience, parvenant même à ne pas se perdre dans les méandres post-modernisantes du Mann Man et renforcer la fascination occasionnée lors de telle ou telle séquence (le retour flamboyant du reporter Lounds dans le parking du National Tattler m’a hanté 20 années durant).Manhunter ? Une baffe autant qu’une caresse dans le froc, une affaire datée autant qu’une persistante fantasmagorie sensuelle morbide... d’où l'hypnotique trouble, intact… méchamment bandant.Manhunter (1986/USA),de Michael MannSortie cinéma française:  22 avril 1987Sortie française HD: 5 décembre 2017, chez ESC allow="encrypted-media" allowfullscreen="" frameborder="0" gesture="media" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/czVMfUd5dFI" width="560">[...]



E.T., l'extra-terrestre

2017-12-05T22:17:01.300+01:00

Si l'on a pu dire il y a quelques mois maintenant de Frankenweenie qu'il était le film le plus personnel, celui faisant le plus appel aux souvenirs (et angoisses?) du réalisateur Tim Burton, nul doute que l'on puisse en dire autant, effectivement, d'E.T. et de son auteur, Steven Spielberg.Premier d'entre ses films (réalisés ou produits via Amblin) observant la famille déliquescente, le foyer déséquilibré (souvent monoparental ou « tout comme »!) et de l'inversion des rôles : lors de la décennie à venir, c'est l'enfant qui devra soutenir la cellule nucléaire pour le moins malmenée*.D'aucuns, maussades et mauvais esprits, n'y verront qu'une fenêtre commerciale (le triomphant ciné-kid des 80's) tandis que d'autres y devineront la métaphore filée du traumatisme personnel du wonderboy jamais vraiment remis du divorce de ses parents (voir le plus récent Catch me if you can !).Ainsi Elliott sera plus solide que sa mère fraichement plaquée, le Billy de Gremlins fera vivre le foyer parental où un père fantasque et immature et une mère dépressive ne semblent plus pouvoir rien assumer (idem des parents passifs expropriés, inadaptés et résignés des Goonies) tandis que c'est Marty McFly qui « coache » ses parents dans le passé pour améliorer leur futur (et, ce faisant, le sien !). Les gosses des années Spielberg (après un préambule "sacrificiel": Rencontres du Troisième Type, Poltergeist, oeuvres dans lesquelles ils sont les cibles "expiatoires") sont à chaque fois contraints de grandir plus vite que les autres pour pallier aux défauts, aux faiblesses, aux errances, aux renoncements des parents. D'où la constante inverse d'ailleurs dans l'oeuvre du barbu (il ne l'était pas alors!) du recours au syndrome Peter Pan, paradoxe total. Total et cruel: ne pas vouloir grandir dans un mon de où on est contraint, plus que tout autre, de le faire.Les contes classiques regorgeaient d'orphelins ? Les temps modernes ont vu la médecine pallier à cela et c'est donc désormais le divorce qui « esseule » les mômes, les « solitarisent » pour accomplir un destin inattendu.E.T. n'est qu'un autre solitaire, un autre abandonné, dans lequel Elliott se reconnaît tandis que son père batifole au Mexique. Spielberg n'a jamais rencontré d'extra-terrestre lui, il s'est donc accroché à une caméra. La suite est sans doute aussi merveilleuse que la profession de foi qu'il signa là, en 1982.* c'est aussi le premier à "théoriser" la junk culture (ciné, comics, vidéoludique) comme source valide d'apprentissage. Et pas le dernier (voir le pixarien Wall-E !) !E.T., the extra-terrestrial (USA/1982), de Steven Spielberg.Sortie française: 1er décembre 1982. allow="encrypted-media" allowfullscreen="" frameborder="0" gesture="media" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/qYAETtIIClk" width="560">[...]



Docteurs in Love

2017-11-24T10:07:00.223+01:00

Quatre garçons dans le vent des vacances d'hiver 1982-83. 
Quatre adolescents entre eux pour la première fois toute une grande semaine dans un petit studio. La journée à dévaler les pistes et à regarder les filles. Le soir dans le grand cinéma de la station. Une salle, un film par soir, du cinéma grand public de l'époque.
Parmi les souvenirs, celui de Young doctors in love (Docteurs in love), intact car jamais revu. Comédie délirante et américain comme on en faisait alors suite au succès du Airplane ! (Y a t'il un pilote dans l'avion – 1980) des frangins Zucker et Jim Abrahams. Mise en scène de Garry Marshall bien avant Pretty Woman (c'est son premier film), mise en scène dont il n'y a rien à dire. La production, c'était Jerry Bruckheimer lui aussi à ses débuts. Il a fait bien pire.
Le souvenir, c'est que c'était drôle.
Bien avant Urgences, on se moquait de l'hôpital sans charité. Histoire du médecin orthopédiste à qui la médecine cassait les pieds, ce genre de choses. Gags à l'hosto, souvenirs de ce gag avec l'immense Harry Dean Stanton à base d'un doigt dans l'urine qu'il faut goûter mais ce n'est pas le bon doigt. Ca m'est resté, cette idée qu'il faut toujours savoir bien regarder. J'en ris encore.
Souvenirs d'un nain, d'un maffieux, de E.T. à la réception, de malades martyrisés ce qui fait toujours rire. Souvenirs de jeunes et belles actrices (il y a Monique Gabrielle qui prendra le relais de Sylvia Kristel en Emmanuelle).
Souvenir de la somptueuse Sean Young, belle brune langoureuse que l'on mettait alors très haut parce qu'on l'avait découverte en androïde classe dans le Blade Runner de Ridley Scott. 1982. Belle époque.
Faut-il revisiter le film en espérant rire encore un bon coup ou conserver le souvenir intact ? J'hésite.

 John T.Chance.


Young Doctors in love, (USA/1981), de Gary Marshall
Sortie française: 24 novembre 1982

allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/XuezEXC3P7Y" width="420">



Les Guerriers du Bronx

2017-11-17T13:49:14.851+01:00


Sommet nanardissime ritalo-nu-yorkais bredouillant son foutu catéchisme Carpentero-WalterHillien (soit un habile dosage de NY97 et de The Warriors), ayant dépensé sa dernière lire pour l’embauche opportune de vieux baroudeurs jouant presque au black (Morrow, Williamson, Connelly), mais aussi dans le tuning famélique des grosses motos des riders et dans les bouteilles de chianti éventé que durent s’envoyer les trois scénaristes (dont l’Enzo en chef lui même !) pour pondre un script aussi indigent, Les Guerriers du Bronx est de la classe de ces productions si miséreuses et ridicules, si éloignées de l’idée cinématographique qu’elles suscitent une sincère et chaleureuse empathie : le post bis, l’ultra Z, le navet ultime et savoureux.
 
Voir par exemple cette grande tige huilée de Mark Greggory se dandiner (tel Ange, l’outre-sodomisé du ZAZien Top Secret) avec la voix de Rambo et chialer dés qu’un biker moustachu de sa bande se fait repasser par les Scavengers (des pouilleux qui se coiffent au guano), mais bien décidé toutefois à rassembler tous les clans des laissés pour compte de la ville (l’occasion d’un petit clin d’œil à Orange Mécanique aussi (ou bien à Fame ?)…) afin de lutter âprement contre l’opaque et fumeuse Manhattan Corp, relève ainsi du guilty pleasure de geek le plus parfait qui soit.


NB:Voir Seurtine à ce beau et inépuisable sujet…


1990: I guerrieri del Bronx, 1982 - Enzo Castellari.
Sortie française: 17 novembre 1982.




Virus cannibale

2017-11-10T12:15:00.253+01:00

"Qui sont ces gens ? Ils marchent comme des ivrognes ! - En tous cas, ils sont horribles. - Tu crois qu'ils nous voient ? Ils ont l'air tout drôles ! (...) ils n'ont pas l'air très rapides..."Joies de la VF véhachesque et souci de la définition, le film de Mattéi, aussi plagiaire que didactique, énonce haut les conventions que chacun identifiait tout bas - conventions immuables puisque le zombie kirkmano-ahèmecien (The Walking Dead) offre encore aujourd'hui un profil décharné et analogue, 35 ans plus tard.L'un des adjectifs que je déteste le plus dans le cinéma d'horreur, en ce qu'il a de fourre-tout simpliste, c'est "généreux". Cette notion sommaire du "en avoir pour son argent" ne m'est jamais apparu une philosophie valide.Il en est un autre, d'adjectif, qu'en revanche je chéris dans un même domaine, mais dont on pourrait aussi dénoncer la facilité et l'hâtif: c'est "émouvant".Or, Bruno Mattei, réalisateur de Virus Cannibale, est, à mon sens, un réalisateur "émouvant" (en regard de cette assertion, sans doute le novice y perdra-t-il son latin et ne me regardera plus jamais comme avant).S'illustrant dans un genre, un courant, une manière, et au milieu de coreligionnaires tous plus douteux les uns que les autres, Mattei (qui avance souvent sous le pseudo "international" de Vincent Dawn), par son jusqu'au-boutisme et son farouche premier degré, offre quelque chose de l'ordre de la poésie ou, à tout le moins, d'une émotion oui, primitive, sincère, besogneuse.D'aucuns diraient "généreux" et à ceux-là je souhaite d'être dévorés par les zombies matteiens, tous poussifs, clairsemés et laborieux soient-ils.Mattei est désarmant tant il avance à découvert, assumant tout, sans ironie apparente (ce qui moins vrai d'un Umberto Lenzi, par exemple).L'opportunisme de son travail (jamais teinté de roublardise), qui loin d'assimiler une époque pour déboucher sur une oeuvre "personnelle", assume de sucer à la roue des Romero (Zombie, dépouillé ici en tous sens, depuis ses swaps gaulés comme Ken Foree et David Emge chez le binoclard pittsburgien jusqu'à la musique que Goblin avait composé pour le film et qu'il réutilise ici sans vergogne !), Fulci (dispositif et final rappellent sans détour L'Enfer des Zombies) ou Deodatto (un net enclin pour le mondo, son exotisme rance et putassier, ses stocks-shots de circonstance, se fait ici vite jour, et le couple de journalistes semble tout droit échappé de Cannibal Holocaust !) au point de finir par être proprement désarmant. Et oblitérant toute critique.Atteindre un tel point de suicidaire intimerait presque le respect, mais c'est coutume inouïe chez le signataire des Rats de Manhattan, autre sommet du genre (cette fois-ci c'est le courant post-nuke qui est revisité).Virus est en outre, pour son auteur (si, si), l'occasion de faire coïncider toutes ses complaisances et ses emprunts forcenés, mais aussi son budget indigent, avec un propos (rien que ça).Mattei et Fragasso  (qui signe l'histoire "originale") dénoncent ainsi l'attitude des pays industrialisés à l'égard du tiers monde (le "virus" en question s'échappe d'une usine-laboratoire en Nouvelle Guinée où des scientifiques mandatés par l'ONU tente de trouver une façon de "solution finale douce" pour éradiquer le problème des pays crevant la dalle).Bigre, vous avouerez.Quand je vous dis que Mattei ne se refuse rien.On ne saurait, en retour, rien lui refuser non plus.A commencer par nos applaudissements.Virus, 1980/Italie - Bruno Mattei.Sortie française: 10 novembre 1982. allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/sjyqHOlR1sM" width="560">[...]



Le Carnaval des Âmes (Carnival of Souls)

2017-11-10T13:01:16.515+01:00

Ainsi il ne sera pas dit que seules les Dernières Séances de Schmoll et Jourd'hui (joker sur La Séquence du Spectateur, voulez vous ?) auront télévisuellement nourri notre cinéphilie.En effet, nous revient en mémoire une certaine soirée d'Halloween Artesienne, voilà une grosse dizaine d'années, qui nous fit découvrir une merveille, autant qu'elle nous occasionna un durable choc, en programmant avec pertinence (et le goût que l'on sait) Carnival of Souls.Véritable choc esthétique, historique, onirique et philosophique, le film de Herk Harvey rassemblait (et rassemble aujourd'hui plus que jamais !) nombre de points absolument fondamentaux pour notre forme de cinéphilie.Ainsi, 7 ans avant le chef d'œuvre flesheateux qui devait définir l'horreur moderne, la Romerienne Nuit des Morts Vivants, avait donc déjà éclos, de manière parfaitement (et injustement) confidentielle, une œuvre portant les germes nécessaires à une nouvelle ère du film à frissons.Sorte de Petit Fugitif* de la trouille, le film de Clifford (le scénariste) et Harvey, en s'imprégnant d'un fantastique à l'américaine (La Quatrième Dimension est ainsi convoquée par les ressemblances, fortuites dit-on, avec le 16ème épisode de la première saison de la série mythique de Rod Serling, The Hitch-Hiker**, mais la nouvelle Ce Qui se Passa sur le Pont de Owl Creek d'Ambrose Bierce ne peut être écartée !) autant qu'en prenant en compte les intenses audaces européennes (se revendiquant du fantastique à la Cocteau et du Symbolisme de Bergman, tandis que l'on songera aussi, d'une certaine manière, à Antonioni) et en précédant d'autres (le film préfigurera presque les premiers films de Polanski (Répulsion en tête) en centralisant dans son récit une tension sexuelle proche de la rupture névrotique), se pose comme un jalon d'une rare finesse et d'une stupéfiante acuité dont la résonance durable ira nourrir les imaginaires d'un Romero donc, mais aussi, plus loin, d'un Coppola (et son aqueux Dementia 13), d'un Burton et d'un Lynch (pas de doute !)***.Mâtinant le gothique ambiant de l'époque (il en demeure des traces dans certaines plongées d'appareils sur orgues cormaniens) de série B contemporaine (comment faire de l'effet sans budget), rompant, fort d'un bon coeur évident contrant la piètre fortune, avec les méthodes de studio pour gagner en liberté (de ton, de forme), le titre d'Harvey se montre avant tout une expérience sensitive indéniable (la réalisation du film fut d'ailleurs motivée par la découverte de la fête foraine abandonnée près de Salt Lake City et des sensations « étranges » provoquées par ce lieu) et authentiquement renversante.Ambiances remarquables (l'impeccable partoche de Gene Moore !), composition plastique épatante (rien n'est bâclé ni filmé à la va comme je te shoote), tonalités dérangeantes, équilibre stupéfiant (entre onirisme, paranoïa, thrilling, ...), découpage ad hoc... tout concourt à faire de ce métrage une œuvre culte (au sens premier du terme !) et discrètement majeure, parfait nanan pour cinéphiles aussi genreux qu'exigents (ils sont plus rares, ils existent néanmoins, j'en ai rencontré !).* soit un titre isolé, authentique proto- (qui s'ignore)à un ultérieur et influent courant (voir note prochaine !)** épisode basé sur une pièce radiophonique de Lucille Fletcherque déclama Orson Welles sur les ondes en 42et qu'Hitchcock essaya, en vain pour cause de radinerie,d'acheter pour sa propre série Alfred Hitchcock Présente.*** On pousse de nos jours le bouchon jusqu'aux twisteriesfaçon Sixth Sense ou The Others, mais elles nous apparaissentd'une pertinence myope, usant de hâtifs raccourcis.La révélation finale de COS ne satisfaisait d'ailleurs que peule [...]



Les Cinq Survivants

2017-11-10T13:00:35.602+01:00

Fort de préfigurer les plus fameux titres du genre (Le Monde, la Chair et le Diable (MacDougall, 1959), Panique Année Zéro (Milland, 1962), Le Dernier Survivant (Murphy, 1985) ou même ceux signés de ce prompt dégaineur de Roger Corman (tel The Day World Ended, 1955)), les Cinq Survivants de Arch Oboler a très vite gagné un culte certain - culte alimenté par sa rareté (jusqu'alors !) de diffusion et tout le bien que Joe Dante a pu en dire ici et là.Sans une once d'effet (un squelette de classe de bio et ce sera bien tout !) mais force oralité (l'origine du film semble être radiophonique, univers familier à Oboler, pour lequel il rédigea nombre de dramatiques), cette première réflexion sur le "jour d'après", tourne à la joute théorhique entre partisans aux philosophies survivalistes opposées (là de l'humble retour à la terre (enfin, en vivant dans une villa désignée par Frank Lloyd Wright quand même !), ici un cynisme opportuniste basé sur le pillage et l'irresponsabilité nihiliste) plutôt qu'à l'exploitation d'images choc.Il faudra en effet une bonne heure et quart pour s'échapper des côtes amènes du littoral (où l'on s'interroge sur l'avenir agricole et se berce avec nostalgie de la vie qu'on aurait pu avoir si...), et découvrir un peu d'urbanisme fantômisé (on est ainsi loin du renversant New York arpenté par Harry Belafonte !) !Malgré ce parti-pris économe, peu démonstratif, voire authentiquement hiératique, le titre ne manque pas de distiller un malaise certain (en deux trois articulations dramatiques bien menées).A la manière de futurs épisodes de la Twilight Zone, le film (dont l'ouverture n'est pas non plus sans évoquer un peu celle de Them!), on en manquera pas de noter que Cinq Survivants vise avant tout une certaine efficacité narrative (forte de coups de théâtre et autres trucs scénaristiques) et philosophique. Et qu'en négligeant ainsi la teneur en magnétique pourtant naturellement induite par le sujet (l'atmosphère n'y est pas aussi travaillée que, dans des registres certes différents, chez Herk Harvey (Carnival of Souls) ou Francis Coppola (Dementia 13)), la production tire vers le drame psychologique - un brin théâtral - plutôt que vers l'orthodoxe SF angoissée et paranoïaque ayant alors cours sur les écrans américains. Five (USA/1951), de Arch Obole Sortie française: 17 juin 1953Le film est miraculeusement disponible en DVD remasterisé, au sein de la belle collection LES CLASSIQUES récemment initiée par ARTUS FILMS[...]



Que les gros salaires lèvent le doigt

2017-11-17T15:32:30.857+01:00

Les comédies "sociales" dans lesquelles Daniel Auteuil a fait ses armes au début des années 80 vieillissent décidément bien.
Les 100 briques de Molinaro, les Héros de Némès et même les Grosses de Poiré semblent tous dire quelque chose de leur époque désenchantée (ah ! la gueule de bois soixante huitarde !) et sont, contre toute attente, loin d'être indignes. Aussi loin que le sont ces Gros salaires (supérieurs même, il est vrai).
Moins à la priapique recherche du gag ou de la punchline ultime que les confrères du Splendide, les films évoqués frisent même un militantisme "en creux", au dessus desquels les Gros salaires afficheraient presque carrément un discours.

Pourtant le film du fils Granier-Deferre n'est pas non plus toujours limpide et sa rhétorique n'y est pas à proprement parlé de marbre: les portraits y sont ainsi inégaux dans leurs contours et les enjeux pas toujours bien clairs.

Mais de ces errances, ces faux rythmes (tempo étrange qu'on ne retrouve pas dans le très métronomique Jouet), du tremblé du trait (loin de la caricature sur-appuyée d'un Yanne), naît une manière inédite dans le traitement de la "comédie patronale", qui n'est pas moins "efficace" (même si c'est l'efficient morceau de bravoure des "chaises musicales) dont on se souvient le plus souvent).
A tout le mois est-elle plus humaine et subtile.


Que les gros salaires lèvent le doigt, 1982 - Denys Granier-Deferre.
Sortie française: 3 novembre 1982





L'As des As

2017-10-27T13:44:00.178+02:00

A ma droite , Gérard Oury et sa scénariste de fille Danièle Thompson champions toutes catégories (à l’époque) du box-office français, à ma gauche l’acteur-cascadeur Jean-Paul Belmondo et son associé du moment René Château, le René Château de René Château Video qui fera fortune en important Bruce Lee et Massacre à la tronçonneuse dans les video clubs, réunis pour ce qui allait constituer l’un des meilleurs démarrages jour du cinéma français: l’affiche avait de quoi séduire plus d’un exploitant !Et il faut bien avouer que tout y est : Pour le duo Oury-Thompson, un contexte historique choisi, ici les JO de 1936, point de départ systématique de tout leurs scénario, le duo mal assorti, un boxeur fort en gueule et un petit enfant juif abandonné, un certain sens de l’exposition laissant le temps aux personnages et aux spectateurs de s’installer et le jeu sur plusieurs registres différents de comédie ( burlesque, comique de situation, comique de référence ). Sans oublier la petite morale finale.Bebel et René remplissent également leur part du contrat : un gag, une cascade, un bon mot, un bourre-pif, formule déjà éprouvée dans l’Animal, le Guignolo, l’Incorrigible et un sens de l’affiche publicitaire qui vous promet d’en avoir pour votre argent.Un gamin de dix ans ne pouvait rêver mieux pour ses vacances de Toussaint !Mais alors que l’osmose entre ces Grands du rire fonctionnent à plein, force est de constater que le compte n’y est pas : Bebel surjoue (on croirait voir Michel Leeb, son imitateur du moment), Rachid Ferrache sous-joue (l’ourson Beethoven est souvent plus juste) et Marie-France Pisier joue les utilités, comme toute partenaire féminine de Bébel qui se respecte. L'histoire, road-movie dans l'Allemagne nazie d'avant l’Anschluss, à l'image des zincs prêtés par le collectionneur Jean SalisSeuls les allemands de la distribution, mention spéciale à la maman ourse et à Gunter Meisner pour son interprétation d’Hitler et de sa sœur, tirent leur épingle du jeu.Hélas les critiques, férus de football, c’est bien connu, ont encore en travers de la gorge, le genou de Schumacher dans la mâchoire de Battiston (quatre mois plus tôt) et n’épargneront pas l’entreprise peu s’en faut.S’ensuivra l’une des plus injustes montées au créneau de la Critique Française, reprochant à l’As des As d’écraser par sa publicité la sortie d’ Une chambre en ville de Jacques Demy, sur les écrans, ce même 27 octobre 1982. Oury, Belmondo et Demy qui se tenaient, par ailleurs en haute estime, en seront profondément affectés. A tel point que l’ancien acteur fétiche de la Nouvelle Vague se fendra d’une lettre d’explication par presse interposée.Hasard du calendrier ou conséquence de cette mise au pilori ? Oury et Bébel ne retrouveront plus jamais pareil succès au box-office et leurs mécaniques respectives finiront par tourner à vide.* deux ans plus tard le film inaugurera Canal + ! L'As des as (1982/France), de Gérard OurySortie française: 27 octobre 1982(chronique de Krapulax) allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/JhXgT05Rg-8" width="420">[...]



Star Trek II, la colère de Khan

2017-10-20T17:33:00.337+02:00

Opus cinématographique tenu généralement pour "préféré des trekkies", ce deuxième volet des aventures de Kirk et son crew en pyjama ne manque certes pas de charme, mais pas d'occasions de sourire non plus.
William Shatner étant passé entre les mains des ZAZ (lors de Y'a-t-il enfin un pilote dans l'avion ?), il est assez difficile de ne pas pouffer lorsqu'il parle via un intercom, dialogue au travers d'un gigantesque écran de contrôle ou hurle sa haine - en faisant montre d'une parfaite ignorance des prescriptions d'Alien ! -  dans l'infini galactique (son fameux Khaaaaaaaan !!!!! a fait les beaux jours des web-ricaneurs).
Au-delà de ces vétilles, le titre est l'occasion de mesurer l'audace  anti-climax de l'entreprise (ah ! ah!) et de sa farouche opposition de style avec les tonitruants space operas de Lucas* (ou même à la vision spatiale de 2001 !).

Ici, les vaisseaux, lourdingues dans leurs maniements, ne jouissent que de deux pauvres lasers (phasers) et les combats qu'ils se donnent poussivement consistent principalement en des "secouages" de caméras filmant une cabine où tout le monde tombe mollement de son fauteuil, avec un flegme qui force l'admiration tandis que crépitent des pétards du 14 juillet. 
Rien de véloce, rien de virtuose, rien de franchement pyrotechnique, non: tout est dans le mood et la tactique froide. 
Une grosse partie d'échecs spatiaux, en somme, où le seul fun consiste en la panoplie dont chacun est attifé pour avoir le droit de jouer, qu'il soit colérique ou pas. Curieusement, ça a son charme.

* un point commun toutefois: le sacrifice final du buddy 
(Solo dans l'Empire contre-attaque, Spock ici).

----------
Star Trek II: The wrath of Khan, 1982 - Nicholas Meyer (USA).



Poltergeist

2017-10-20T14:44:00.186+02:00

S'il succède, au titre des productions maudites, à La Fureur de Vivre de Nicholas Ray, et précède Arnold & Willy, le Poltergeist de Tobe Hooper et Steven Spielberg, mérite toutefois qu'on s'y attarde autrement que pour sa seule place de choix sur le morbide podium (fait de karmas sordides et autres morts prématurées - et souvent violentes - de ses principaux protagonistes)*.Et s'il grossit le rang, avec Voyage au Pays de la Peur (1942) et à La Chose d'un Autre Monde (1951), des films vraisemblablement tournés davantage par leur producteur que par le réalisateur attitré, on pourra là encore lui accorder un autre crédit que cette réductrice et légendaire dimension**.Mais, reconnaissons-le, ça commence à faire beaucoup pour un seul film. Initié par Steven Spielberg en parallèle de son E.T., Poltergeist se veut premièrement la légitimation du côté obscur de sa Force.Tenu pour le plus « puéril » des enfants terribles (Scorsese, Coppola, DePalma,...), le futur barbu veut en finir avec cette image frivole et réductrice de petit faiseur de BD filmiques. C'EST PAS MOI, C'EST LUI Toutefois, la Director's Guild interdisant qu'un réalisateur tourne deux films en même temps, le jeune homme se voit contraint de déléguer le plateau à un autre, tout en ambitionnant (de la manière la plus discrète qui soit) de laisser indélébile sa marque sur le projet.Elisant Tobe Hooper (qui venait de passer chez Universal pour signer Massacre dans le Train Fantôme) pour on ne sait quelle raison valide comme metteur-en-scène (il admire certes Massacre à la Tronçonneuse mais cela saurait-il suffire ?), il s'applique, dans cette même optique de « discrétion », à rompre avec sa famille artistique en dehors des postes clés du casting, du montage, de l'écriture (même si Stephen King est un temps approché pour scénariser l'idée originale de Spielberg).Afin de noyer le requin, Jerry Goldsmith remplace ainsi John Williams à la musique et plusieurs petits nouveaux sont invités à rejoindre l'équipe (au cadre, aux décors).Tous les acteurs enfin sont choisis pour leur non-spielbergerie.Dés le tournage, la polémique battra toutefois son plein quant à la paternité de l'oeuvre (et le débat dure encore !) et au rôle de chacun dans le projet (les deux hommes se disputaient déjà la responsabilité du story-board !). Si on accorde depuis parfois hâtivement certaines séquences à Spielberg (les plus « mignonnes ») et d'autres à Hooper (les plus « violentes »), rien n'est aussi simpliste, ni aussi certain. Les confidences de la majeure partie des témoins et collaborateurs portent à croire que, comme Irving Pichel sur Zaroff par rapport à Shoedsack, Tobe Hooper eut principalement la charge de la direction des acteurs tandis que Spielberg s'occupait, peu ou prou, de tout le reste; John Baxter, dans son indispensable Citizen Spielberg (Ed. Nouveau Monde, 2004), se rangeant à cette « version » des faits, argue en outre que si Poltergeist n'était vraiment pas un film de Spielberg, alors Hooper serait un génial pasticheur, tant tout l'univers, les préoccupations, la manière et les tics mêmes du producteur semblent tous compilés dans le titre.Au-delà de cette passionnante dimension polémique paternelle, à propos de laquelle on pourrait gloser encore bien des lignes, qu'en est-il du contenu de Poltergeist ? Famille, suburbia et communication extra-humaine sont au coeur du dispositif, à égale hauteur de la croyance en un ailleurs aux valeurs plus nobles (quand bien même se manifesteraient-elles de sombre manière) qui entre en contact avec n[...]



Le Dragon du Lac de Feu

2017-12-06T07:30:24.342+01:00

Matthew RobbinsLe Dragon du Lac de Feu   Faut-il suspecter un certain opportunisme de la maison Mickey à ne plus, en ces années 80-là, amorcer les courants mais bien plutôt, à la manière des italiens de la farouche exploitation, suivre et décalquer les succès du moment?Après un Trou Noir suçant la roue starwarsienne, faudra-t-il voir dans ce soudain médiévalisme mickeyesque une idée chaudement soufflée au cul par le Boorman d'Excalibur (et les oeuvres de Terry Gilliam peut-être même !) ?La piste, si elle n'est  pas centrale et première, reste à ne pas négliger.Mais d'autres questions se posent, à propos de ce Dragonslayer, plus embarrassantes peut-être...Quid ainsi du casting de l'affaire, au petit bras patent et au charisme inexistant.En effet, si la qualité d'écriture (un script foisonnant, fort bien construit par Matthew Robbins - ancien du staff Spielberg) et le soin de la photographie (le chef op' d'Alien, qui sait travailler les cadres sombres, opta avec goût pour la "lumière" naturelle) sont véritablement à porter au crédit de la production Disney/Paramount (seconde collaboration après le tristement mésestimé Popeye d'Altman), tout est réduit à néant, comme une flambée de paille sous les naseaux de la créature, par la transparence des comédiens (toutes générations confondues) et l'indigence de leurs performances (le débutant Peter MacNicol, loin du Choix de Sophie et qu'on vit plus mauvais encore dans Ghostbusters II, sera finalement plus à son aise dans Ally Mc Beal !).Et si l'important pour les distributeurs était visiblement ailleurs (la qualité des effets spéciaux et plus particulièrement l'animation du dragon autour de quoi toute la promo fut orientée), le box office leur mettra le nez dans leur erreur: le film se fera laminer par la concurrence, qu'elle soit kryptonitique, bondesque, titaneuse ou archeperduse...Même L'Equipée du Cannonball engrangera davantage de dollars !Dragonslayer (1981/USA), de Matthew Robbins.Sortie française: 20 octobre 1982. allowfullscreen="" frameborder="0" height="215" src="https://www.youtube.com/embed/vu8vML5TPVE" width="320">[...]



Peter et Elliott le Dragon

2017-10-21T23:24:00.791+02:00

Amorçant le tragique creux de vague artistique du Studio (77-90), et malgré la performance technique annoncée (le mix animation/prise de vues réelles le plus au point de l’Histoire), cette piètre production, lorgnant vers le génial Mary Poppins autant que vers un Tom Sawyer /Oliver Twist voulu fédérateur, rate tour à tour tous les coches qu’elle s’impose.Vraisemblablement tourné sur le plateau de La Petite Maison dans la Prairie, fort d’un casting mi-alléchant (Mickey Rooney, Shelley Winters) mi-doublures foireuses (Helen Reddy se prend pour la jupe de Julie Andrews durant tout le métrage), le tout s’avère presque immédiatement niais, cucul la praline (malgré l’hystérie cradoque des Coogans) et finalement aussi répétitif que vite barbant .Un regain de peps intervient avec le barré et priapique Dr Terminus (Jim Dale, convaincant voire plus) mais la mayonnaise tourne rapidos, faute de rigueur, de soin, de goût. De talent.Don Chaffey aux manettes, après avoir officié en téloche pour Le Prisonnier et Chapeau Melon…, flanqué d’un Don Bluth à inspiration réduite au crayon et de modestes gugusses à la baguette (la partition n'est pas mauvaise mais pas renversante non plus), on est bien loin du merveilleux team de Stevenson-Sherman Bros, même si les marmots gobent et applaudissent en rêvant d’en avoir un aussi, les cons. De couillon dragon.Pete's Dragon, 1977/USA - Don Chaffey.Sortie française: 18 octobre 1977. [...]



Class 1984

2017-09-29T11:29:00.176+02:00

Le problème avec le genre "vigilante" (et self-justice) n'est sans doute pas tant l'esprit douteux qui l'anime régulièrement (on peut s'en arranger voire s'en coupablement réjouir) que le peu de moyens dont il dispose pour être reçu avec le sérieux qu'il ambitionne.Par "moyens" ne pas entendre seulement "finances" mais bien aussi "talent", "proposition", "rigueur". Nombreuses sont ainsi les productions se contentant de filer paresseusement au train d'une mode que la plupart considère par ailleurs hâtivement comme nauséabonde et fasciste.Et, à sa manière, Class 1984 semble ne pas valoir mieux que les autres.Toutefois, tout caricatural, simpliste, peu regardant et guère crédible qu'il s'avère en bien des points, le film de Lester parvient pourtant, malgré sa franche incapacité à produire un discours (à tout le moins une interrogation) du niveau d'un Orange Mécanique, à se hisser un peu plus haut que la moyenne.En effet, malgré une ambition exagérément affichée (de la tagline "Nous sommes le futur !..." au texte inaugural du film, alarmiste et manipulateur) le titre se contente en réalité souvent d'un enfilage borné et scrupuleux de moments chocs propres au feel bad movie (le viol collectif, la scie circulaire) sans jamais rien théoriser vraiment. Mais se tient tout de même à flot "à l'énergie", surnage "au charisme" et impacte plus souvent qu'on le soupçonnerait.En dépit d'une fréquente sensation d'extrême gratuité et au-delà des contours hautement identifiables d'un pur produit d'exploitation, le film de Lester et Holland laisserait même affleurer une façon de visionnaire certain, indéniable (les détecteurs d'armes et la vidéosurveillance scolaire).Certaines séquences troussées se payent même le luxe d'un fort évocateur (le "parcours" du professeur de biologie, qui finit par donner un cours en braquant ses étudiants mais aussi l'auto-mutilation de Stengman se fracassant le crâne sur les lavabos) au point qu'il faille, oui, considérer l'affaire pour ce qu'elle est et non ce que, bassement elle semble: une valable observation sociétale (ce que les Bronson de la Cannon ne sont que très rarement, par exemple !).Certes cette observation ne sera décelable qu'une fois l'affaire débarrassée de son gras dramatique (le duel Norris/Stengman, pas toujours dénué de ridicule), de ses maladroites prétentions pamphlétaires (le film n'est jamais meilleur que lorsqu'il se contente d'observer plutôt que discourir) et de ses ultimes raccourcis de violence graphique (propres au genre)*. Mais oui: Class 1984 propose quelques instantanés qui dépassent le simple racoleur ou la complaisance scénaristique, au point de faire le film rejoindre avantageusement autant Walter Hill (The Warriors) que Richard Brooks (Blackboard Jungle). Une force peut-être née fortuitement mais foutument réelle.* un faible sound design aussi, désamorçant pas mal de choses en termes de réalisme (et dont sont coupables conjointement Lalo Schifrin et Alice Cooper !!!).--------------------Class 1984 (1981/USA), de Mark Lester.Sortie française: 29 septembre 1982. allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/9T81o2K29-c" width="560">[...]



Blade Runner

2017-09-15T08:55:05.994+02:00

allowfullscreen="" class="giphy-embed" frameborder="0" height="199" src="https://giphy.com/embed/E92v6wpI56I1O" width="480">Blade Runner c’était cette VHS dans la nuit, sous la pluie, cette ambiance lourde en apesanteur, ce faux rythme, cette intrigue ténue mais nourrit à l’existentialisme, celle d’un ex-flic (Harrison Ford à reculons) qui doit reprendre du service et descendre un à un des androïdes – les fameux “replicants” – revenus sur terre avec des revendications. Cette VHS recadrée, dense, vous résistait, vous intriguait, vous demandait d’y revenir, d’aller plus loin. Aujourd’hui Blade Runner a 30 ans, le film est adulé, le format respecté. C’est une valise de blu-ray aux multiples versions, hantée par ses scènes coupées, saturée de commentaires, bardée de making-of.D’où il ressort que Blade Runner est le film d’un “Artistic Director”.Ridley Scott n’est pas un cinéaste, il n’a pas d’obsession, il n’a pas de manière (sic), il n’a pas :les cauchemars d’un Lynchles intuitions d’un Cronenbergla fronde d’un Joe Dantela fantaisie d’un Gilliamla fureur d’un Friedkinle poison d’un Boormanl’appartenance d’un Scorcesele spleen d’un Mannla grâce d’un Malickla patte d’un Carpenterla griffe d’un De Palmal’oeil d’un Kubrickni même les récurrences d’un Spielberg…Du reste on ne se réfère pas à Scott mais à ses films et presque exclusivement à sa « trilogie fantastique » Alien, Blade Runner, Legend. Car Scott n’est pas non plus qu’un simple faiseur. C’est un faiseur de mondes. La réussite de ses films est presque toujours proportionnelle au défi artistique du projet (qui bénéficie ici des retours d’expériences de 2001 l’odyssée de l’espace, Rencontres du troisème Type et bien sûr d’Alien). Dès qu’il s’est agit de fonder un univers (et non de le refondre), de maintenir sa cohérence, de soigner sa symbolique, d’exalter sa cinégénie, Ridley Scott s’est montré inspiré, méticuleux, intransigeant, génial. Songez notamment aux climats que certains distillent aujourd’hui au compte goutte (cf. Nolan), ces ambiances suintantes, frémissantes ou virevoltantes qui donnent vie à Blade Runner, Alien et Legend, cultures en serre, expériences in vitro, là où Outland et Willow, peut-être plus divertissants, ne sont que spectacles en plein air. Cette direction artistique habitée, confinée, fiévreuse, contamine l’écriture, le casting (dès les essais, Daryl Hannah est Chris jusqu’au bout des cheveux), absorbe la musique (si homogène qu’elle a calmé les détracteurs de Vangelis) et soumet la mise en scène.Blade Runner est un film de mise en monde. Avec un contexte si fort, avec un tel pouvoir évocateur qu’il parvient à vous faire goûter une joute verbale portant sur l’irréversibilité génétique, à vous bouleverser avec son final ampoulé (Rutger Hauer chantre de l’anti-manichéisme), à exploser en étoile son intrigue noire et linéaire. Il est troublant d’imaginer Philip K. Dick visionnant les rushes, frappé par les instantannés de cet autre monde, de cette réalité alternative dont il a toujours affirmé la prégnance.Franck.--------------------Film au multiples "director's cuts" - Ridley Scott plancherait, pour la saint Voigt-Kampff (Glinglin du XXIe siècle, NDR), sur un "untitled Blade Runner project - sur l'usure (du temps, des bâtiments, des hommes, etc.) et l’apprentissage des sentiments (qu'ils sont attendrissants Roy [...]



Une Belle Fille Comme Moi

2017-09-13T11:36:48.976+02:00

On aurait pu appeler ça "La Femme Qui Aimait (Buter) Les Hommes".Cette plutôt méconnue Truffalderie (avec L'Argent de Poche), fantaisie truculente devant oxygéner l'oeuvre, après les immenses mais raides Deux Anglaises (...), joue la carte du feuilleton débridé (et un rien vulgaire), plus grotesque que La Mariée Etait en Noir, moins particulier que La Fiancée du Pirate (de Nelly Kaplan) et bien en-deça du futur témoignage de Bertrand Morane, trois titres qu'il est impossible d'évacuer en voyant celui-ci (pas plus qu'il est permis de faire l'économie de L'Enfant Sauvage, à bien y regarder, Prévine faisant parfois un Pr Itard puceau !).Impossible non plus de ne pas songer à Fantasia chez les Ploucs, Coup de Torchon et tous ces titres (souvent ultérieurs) jouant la carte de la Série Noire US barrée.Et de constater que décidément, le Père François n'était pas là dans son registre, putain (comme le copain Hitch et son Family Plot ?).Le casting pourtant promettait, tout comme la photo et la direction artistique (intérieurs remarquables)... mais Truffaut s'embarquant ainsi à faire du Mocky, mesurez le problème.Et si vous ne pouvez pas, on s'en charge ici pour vous... et c'est pas jojo.Une belle fille comme moi (France/1972), de François Truffaut Sortie française: 13 septembre 1972 allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/TVY6gG9HXag" width="560">[...]



La Féline

2017-09-14T13:24:30.942+02:00

Du Tourneur originel (son aîné de quarante ans) Schrader reprendra surtout la sensualité (une séquence, celle de la piscine, est en outre explicitement citée), mais l'époque a décidément déplacé le curseur, autant dans le fond que la forme (Le loup-garou de Londres est d'ailleurs bien passé par là !).Esthétiquement (photo de John Bailey très dans la gamme chromatique d'alors), l'outré 80's passe finalement bien aujourd'hui (même la BO de Moroder c'est dire !). Et installerait presque le film aux côtés avantageux d'un Manhunter (dont l'animalité fauve n'est, on le notera, pas tout à fait étrangère).Mieux: le réalisateur parvient à trousser même, ici et là, des séquences authentiquement efficaces (l'intervention dans le motel, très réaliste). Non, ce qui coince un peu, c'est l'acting: là où "l'économie de jeu" (restons courtois !) de la môme Kinski faisait toute le trouble charme de Coup de Coeur (Coppola, la même année), ici le ridicule n'est jamais loin pour l'actrice boudeusement plastique. Et McDowell, carrément pas "l'homme" de la situation (malgré l'ambigu de sa démarche incestueuse), y patauge, lui, sans retenue. Seul John Heard (Annette O'Toole n'est pas toc non plus) se hisse au dessus de la meute et prouve (comme avec Cutter's Way l'année précédente) qu'il mériterait qu'on se souvienne de lui autrement que parce qu'il a été le papa de Macaulay Culkin dans Maman J'ai raté l'avion !L'affaire demeure néanmoins une curiosité, d'autant qu'elle s'avérera assez indépendante (voire catégoriquement) distante de la scène fantastique d'alors (le statut mystico-scorsesien de Schrader et l'intention baroquo-cinéphile (façon Ken Russell) le portait-il au-dessus de la "crapoteuse" mêlée ?) Cat People (USA/1982), de Paul SchraderSortie française: 8 septembre 1982 allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/G6BZ3HX-oy4" width="560">[...]



Porky's

2017-09-12T20:29:23.431+02:00

Le même 18 août que Les diplômés du dernier rang*, et dans une veine comique superficiellement similaire sortait Porky’s. A des étudiants joués par des trentenaires (Bruel excepté) succédaient des lycéens joués par des « twenty something ». Si le film de Gion partait dans tous les sens (triche aux examens, ruses pour se faire réformer, voyage linguistique, compétition sportive, drague de MILF) pour n’arriver nulle part, le long métrage de Bob Clark avait le grand mérite de ne pas se disperser en cours de route (en dehors d’une condamnation convenue de l’antisémitisme) : la seule chose qui compte dans Porky’s, c’est de perdre sa gourme le plus vite possible. On ne s’embarrasse pas des sentiments (on évite ainsi la niaiserie qui plombe le dernier quart d’heure de l’ultérieur American Pie), les études comptent pour du beurre (alors que les étudiants de Gion ont la hantise de redoubler leur première année), seule la trique importe. Mensurations, fréquence des rapports, pollution nocturne, rien n’est épargné aux potaches qui peuvent même se rincer l’œil (ce qui n’est pas si fréquent dans le cinéma américain des années 80), le temps d’une douche dans les vestiaires (l’amateur éclairé sachant apprécier à sa juste valeur les pubis fournis pré-Amber Lynn).  Ce qu’il y a de réjouissant dans Porky’s, c’est son manque d’ambition (l’horizon s’arrête au « claque » !), sa puérilité (rien n’est plus important que d’en avoir une « vigoureuse ») et son absence totale de discours moral (le voyeurisme, la filouterie et la corruption sont activement encouragés). En restreignant son champs d’exploration au trou de serrure, Porky’s réussit mieux paradoxalement à donner vie à ses personnages que Les diplômés qui, à force de multiplier les cibles, n’en atteint aucune.* Étrangement, alors que les deux films ont été tournés au même moment,ils contiennent un gag quasi identique : une relation sexuelle  dont les émois très sonores sont amplifiés par un tiers pour le bénéfice de l’assistance et la confusion des enseignants. Porky's (1982/USA), de Bob Clark,fortiné par Sonic Eric.Sortie salles françaises: 18 août 1982 allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/QWmtDAIK03M" width="560">[...]



Les Diplômés du Dernier Rang

2017-09-12T20:30:04.738+02:00

Je me souviens du 18 août 1982. C’était un mercredi, j’avais 15 ans et je faisais visiter Bourges à mon correspondant anglais, Rogan. Celui-ci, tout en mangeant un sandwich au camembert, n’arrêtait pas de me vanter la supériorité de l’humour british sur la gaudriole tricolore. L’après-midi je lui suggérai, plutôt que de visiter le palais Jacques Cœur, d’aller au Jacques Cœur* pour y voir Les diplômés du dernier rang, susceptible, je feignais de le croire, de clouer le bec à son chauvinisme en matière de rigolade. L’idée, ne le cachons pas, fut aussi déplorable que le film. Désœuvrement, pauvreté abyssale des programmations estivales d’alors, souvenir ému du Pion, j’ai du mal à retrouver ce qui avait pu motiver ce défi absurde.Je me souviens très bien en revanche de la sortie du Jacques Cœur, des quolibets de Rogan (et, dieu merci, son français imparfait lui avait épargné les saillies les plus consternantes), de la honte qui s’était emparée de moi et de l’obligation qui m’était faite de rendre les armes devant Fawlty Towers et les Monty Python. 30 ans après, l’impression n’a pas varié. Pas une idée de cinéma, pas une punch-line correcte, pas une proposition de casting intéressante (Galabru, entre On s’en fout nous on s’aime et Le gendarme et les gendarmettes, s’applique à faire oublier qu’il a joué pour Mocky et Pascal Thomas ; Marie Laforêt remplit son réfrigérateur et le jeu de Patrick Bruel donne presque envie de l’entendre chanter). Les gags sont tellement lourds qu’ils feraient passer Les sous doués pour un film de Tati : l’Asiatique est champion de karaté et parle comme Michel Leeb, l’Africain est habillé en touareg et les femmes sont bien sûr toutes nymphomanes. Quant aux bobbies, ils se font pisser dessus dès qu’ils ont le dos tourné.En quatre ans, toutes les (modestes) qualités entrevues dans Le Pion (soin apporté à la mécanique des gags, finesse du jeu de Claude Piéplu, éloge anarchiste du désordre) ont disparu au profit d’une pure opération mercantile visant à récupérer le reste d’argent de poche des ados conquis par les Sous-doués (d’ailleurs, le « stimulateur auditif » n’est pas sans rappeler les techniques de triche de bébel !).* Cinéma Berruyer, aujourd’hui disparu.Les Diplômés du dernier rang (France/1982), de Christian Gioncanonné par Sonic Eric.Sortie française: 18 août 1982 allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/unjed0A27uA" width="560">[...]