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Updated: 2018-03-06T10:49:21.085+01:00

 



Vietnam

2011-03-21T13:57:22.409+01:00

(image) © crédit photo Ice Man

Et le chapeau à l’envers, dis
Ferait-il une barque
Et si on se serrait un peu plus, dis
Y aurait-il de la place

Se faire tout petit
Sans qu’on nous remarque
Deux simples confettis
Dans une frêle barcasse

On va loin ainsi
Sans qu’on nous débarque
Tout est bien ici
Rien ne nous tracasse

Juste un peu de riz
Quelque soit la marque
Pas un seul cri
La vie nous veut tenaces

(texte écrit pour le thème hebdomadaire des Impromptus)




Derrière les apparences

2011-02-21T08:30:21.495+01:00

(image) (© crédit photo L'Arpenteur d'étoiles)
(texte écrit pour le thème hebdomadaire des Impromptus)

Il ne faut pas se fier aux apparences
Mais juste suivre la fulgurance
Qui nous ferait vivre dans la transparence
D’une éphémère danse

Plonger dans nos eaux boueuses
A la recherche de notre moi noueux
Trouver l’être amphibie
Hybride qui un jour a fait émerger la vie

Tendre la main vers ce grouillant coloré
Eaux et ciel mêlés
Avant d’être séparés
Dans nos différentes individualités

Je suis la cavité creuse
Créée dans un terrain argileux
La vasque est large de mes envies
Aspiration d’envol et d’infini

Je suis mer poissonneuse
Mais aussi mère porteuse
De possibles émergences
De mille brillances

C’est avec le deux
Que ciel et terre s’ensemencent
Eternel jeu
Qui sans cesse recommence



Histoire rimée de mon arrière arrière grand-père paternel

2011-02-17T09:09:12.306+01:00

(La Chapelle en Valgaudemar dans les Hautes Alpes)Je suis le vieil enfant de ces Alpes altièresOù l'agile chamois bonditOù plane le vautour aux allures si fièresOù la marmotte s'engourditOù le mouton paît l'herbe fineL'agneau broute le serpoletL'abeille activement butineParmi le thym et le muguetJe suis aussi l'enfant de ces plaines divinesQui s'étendent en tapis vertsAu fond du grand vallon qu'entourent ces collinesEt ces monts de frimas couvertsD'où descendent en nappes blanchesVingt torrents aux bruyantes eauxEt les neiges en avalanchesTerreur sublime des hameauxJe suis aussi l'enfant du villageAu nom bénit de ChaussendensQui me donna le jour qui vit de mon jeune âgeCouler joyeux les doux printempsCueillir verte encore la groseilleParmi l'épineux groseillierDans les bois la fraise vermeilleL'airelle parmi l'airellierOyez mon petit fils et dans votre mémoireFaites entrer profondémentEn la lisant souvent la poétique histoireDe votre grand père VincentElle prend à sa naissanceLe fait cheminer pas à pasDu guide paisible de l'enfanceJusque en gare du trépasNotre siècle comptait sa quatorzième annéeMai comptait son neuvième jourA neuf heure du soir quand pour moi fut sonnéeL'heure d'exister à mon tourC'est à l'abri d'un chaume agresteLoin de la pompe et des grandeursDans les plis d'un lange modesteQue j'ai versé mes premiers pleursPorté dans le lieu saint l'eau sainte du BaptêmeSur mon front coula saintementEt du signe sacré des enfants de Dieu mêmeMe marqua indélébilementSous le nom d'un saint admirableDe Vincent glorieux martyrQue la mort la plus effroyableA Sarragosse on vit souffrirSur mon humble berceau pour seconder ma mèreLe ciel de l'enfant protecteurFit veiller jour et nuit son ange tutélairePour en éloigner le malheurSous cette double garantieL'oeil de la terre et l'oeil du CielJ'ai sain et sauf fourni ma vieDans l'ordre providentielPlein de simplicité de bonnes moeurs et viePeu fortunés mais plein d'honneurMes bons parents étaient de la catégorieDont le pain vient par le labeurLe soleil qui annonce l'auroreFréquemment au lit les prenaitSouvent le crépuscule encoreAu travail debout les trouvaitMon bon père François d'une haute statureMaigre sec l'oeil intelligentPortait culotte courte et courte chevelureCheminait d'un pas diligentLa profession ordinaireEtait conducteur de troupeauxIl cultivait aussi la terreVariant ainsi ses travauxMa bonne mère était Marie MagdeleineDu nom de famille TempierActive elle filait et le chanvre et la laineChaque jour de l'hiver entierEntre temps faisait son ménageSur le feu mettait pour régalTrois fois par jour un grand potageSeul met de son repas frugalCette mère pour moi si pleine de tendresseProfondément mit dans mon coeurLa crainte du Seigneur principe de sagesseL'amour du bien du mal l'horreurElle m'inculqua la prièreQue je faisais soir et matinCommençant par le Notre PèreNon en français mais en latinC'est ainsi qu'au Bon Dieu pauvre enfant du VillageN'étant encore qu'un marmitonLe matin et le soir je tenais le langageQu'à Rome parlait CicéronAvec beaucoup moins d'éloquenceBeaucoup plus de simplicitéFaisant preuve non de scienceMais preuve de docilitéJe fus jusqu'à sept ans sans en avoir de honteCostumé de telle façonQu'on pouvait aisément faire erreur sur mon compteMe croire fille étant garçonEn effet je portais la robeSigne de non virilitéQui trompe l'oeil et lui dérobeInnocement la véritéLe tailleur vient enfin me tailler une culotteUn haut le corps et un giletJe les vets aussitôt et moins haut qu'une botteJe me crois grand dans mon completNe craignant plus que l'on me grondeBien et dûment empaquetéContre l'aiguillon de la brondeJe me trouvais en sûretéA huit ans on me mit à l'école primaireOuverte l'hiver seulementJ'en suivis les leçons du cours abécédaireEn main mon petit rudimentCe livre au coût de cinq centimesSimple alphabet ou Croix de DieuRecueil de prières latinesDe tout classique me tint lieuSans être surmené promptement je sus li[...]



La raison des limites

2011-01-31T07:43:13.528+01:00

(image)
A la limite de la raison
J’ai raison de mettre des limites
A mon désordre à foison
Avant que mon tout ne se délite

C’est une drôle de saison
Qui me voit envahie par les mythes
Comme autant de trèfles sur un gazon
Je me sens déconfite

Je délaisse ma maison
Pour devenir chercheur de pépites
J’arpente les frondaisons
Répétant toujours les mêmes rites

Mais j’ai perdu le diapason
Depuis j’erre en pleine faillite
J’implore la guérison
Afin que jamais mon âme ne périclite


(texte écrit pour la consigne hebdomadaire des Impromptus, la photo est issue du site "Un titre" vu chez GBalland)



Le Pilat

2010-10-04T09:40:27.144+02:00

(image)
Ah, le Pilat de mon enfance....
Oui, c'est le Crêt de la Perdrix, avec son aperçue sur la chaîne des Alpes, par beau temps. Et le col de la République pour lequel il faut avoir de fameux mollets avant de s’y risquer à vélo. Et enfin les coursières aux sorties de la ville de Saint Etienne pour se retrouver très rapidement sur les hauteurs, prêt à arpenter les immenses bois de sapins.

Mais c'est surtout un petit coin, un havre de paix !
Bien avant Bourg Argental, qui s’enorgueillit d’être la Porte du Soleil (car c’est déjà le versant sud, plus riant, qui lorgne vers la vallée du Rhône), il y a cet endroit, que je m’étais appropriée du haut de mes quelques années, situé entre Graix et Colombier (deux petits villages de moyenne montagne proche de Saint Julien Molin Molette), au lieu dit « Le Puy de Luzina ».
Presque chaque dimanche, à la belle saison, je retrouvais son chemin de noisetiers, ses framboises, et ses mûres à foison. Maman n’avait pas son pareil pour dénicher les fraises des bois, cachées sous leurs feuilles, et les champignons de toute nature. Les mousserons glanés dans le pré étaient, le soir même, fricassés dans une omelette délicieuse.
C’était aussi le serpolet qu'on ramassait pour la tisane, et les babets (1) afin d’alimenter le poêle de la grand-mère.
Je m'étais inventée un monde à partir du bosquet d’arbres isolé en plein milieu du pré : c'était mon île, et j'étais Robinson naufragé survivant dans un océan de verdure ! Je pouvais y passer des heures entières, malgré l’odeur très entêtante des genêts dans la touffeur des jours d’été...

Nostalgie d'un petit coin dans ma mémoire qui sent bon le serpolet et les girolles. Où l’on faisait griller du lard sur des brochettes confectionnées dans du bois de genêt...Où j’ai découvert que le « fayard, (2) ça ne vaut rien ! » (dixit le paysan du cru).

L’odeur puissante et rassurante des sapins, je la retrouve aujourd’hui, même à des centaines de kilomètres, en fermant les yeux. Effet aussi magique que la lampe d’Aladin, qui me transporte dans ce lieu exact, hors du temps, dans cet endroit préservé, inaltérable, bien au chaud à l’intérieur de mon être.

(1) pommes de pin, en patois stéphanois à forte consonance occitane (appelé communément « Le gaga stéphanois »)
(2) franco-provençal, du latin fagus (hêtre)
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(Ce texte est écrit pour le thème hebdomadaire des Impromptus)



Les tennis

2010-09-27T15:03:08.944+02:00

(image) (© crédit photo Danalyia)

Elle s’était délestée de ses chaussures de toile, et s’était avancée pieds nus sur la surface immaculée. Tout lui semblait si incroyable, à la limite du réel ! Cette blancheur la fascinait comme une étendue saline sèche, comme un désert lunaire, comme l’aube des premiers jours…..
Cependant le contact rêche irritait sa peau, peu habituée à se mouvoir sans la protection des semelles. Elle se sentait si malhabile, si engoncée dans ses habitudes de citadine. Elle qui rêvait d’aventure au grand air, d’exotisme, elle en était pour ses frais de se trouver si maladroite, surtout en Normandie. On ne pouvait évidemment pas parler d’un grand dépaysement par rapport à Paris, pas de décalage horaire à subir, pas de feuilles de coca à mâcher pour lutter contre le mal de l’altitude, pas d’animal sacrifié en l’honneur de la Pachamama….

Non, c’est son imaginaire qui se faisait la part belle !
Elle se retrouvait dans la peau de la petite fille d’autrefois qui s’invente des mondes, et des îles de pirates au moindre bosquet d’arbres rencontré.
C’était ce même cœur d’enfant qui, aujourd’hui, lui faisait croire qu’elle évoluait sur l’Altiplano, en Bolivie, à la rencontre des indiens Chipayas. Elle se refaisait le film de la dernière émission captivante de télé dont elle s’était délectée, consacrée à un de ces peuples survivants improbables, tant les milieux naturels où ils évoluent semblent hostiles. Elle aurait tant aimé, elle aussi, laver l’eau pour la dessaler, et tenter d’attraper un flamand rose avec un lance-pierre. Et puis, naviguer ensuite sur le lac mythique Titicaca….

Mais le : « Bon, tu t’ramènes pour le pique-nique ou tu as décidé de jeûner ! », lancé d’une voix forte par son compagnon, la fit chuter littéralement de 4000 mètres.
Dépitée, elle s’en alla manger ses chips bolo.
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(texte écrit pour le thème hebdomadaire des Impromptus)



Le vin

2010-05-22T21:14:36.101+02:00

(image) Il est un vin que je ne peux boire encore aujourd’hui sans marcher sur ses terres, sans m’approcher des dentelles calcaires qui l’ombragent, sans porter loin mon regard sur la plaine du Comtat. L’éloignement physique n’interfère pas sur la magie qui opère : je me baisse vers ce sol rocailleux, calcaire, qui a vu s’enraciner puissamment ces ceps courts et noueux, et je sens le rayonnement solaire monter en moi.
J’aimerais avoir cette constance, et plonger mes racines profondément dans cette terre des Baronnies. Faire à tout jamais partie de ce mont admirable, le bien nommé « Montmirail ». Je deviendrais Tour Sarrasine, je me ferais berger de vigne, et m’emplirais de joie et d’allégresse (origine du nom Gigondas).

(image)

Bien que trop éloignée de cette province qui me manque, il me prend à rêver :

Mouvèdre roule dans ma gorge, alors que la Syrah fait onduler mes hanches, Grenache noir semble être une corneille plongeant du haut de la pierre immémoriale et grappillant de ça et là les grappes gorgées de sucre. Je foule aux pieds la récolte dans une bacchanale salvatrice. Enivrée des vapeurs qui montent de la cuve, je suis alors prêtresse d’un rite sacré et antique, en hommage à la terre qui me porte.

(ce texte a été écrit pour le thème hebdomadaire des Impromptus)




Derrière le mur

2010-04-28T20:05:51.634+02:00

(image) (© crédit photo : Sebarjo)

Par delà le mur
De mes enfermements
Je trie mes ordures
Bien obligeamment

Je suis une tête dure
Qui vit sauvagement
A travers les coups durs
De cet isolement

Je n’ai cure
De ce que pensent les gens
Même si c’est sûr
Ce ne doit pas être joliment

Au fur et à mesure
Que je deviens garnement
Je n’ai pas fière allure
Je vis négligemment

Mais quels que soient les murmures
Dans mon dos d’indigent
Je me sens le cœur pur
Et mon âme d’antan
------------------------------------------
(Texte écrit pour le thème des Impromptus)



Le dithyrambe

2010-04-05T18:07:01.752+02:00

(image)
Mes chers amis,

Je m’enorgueillis d’être Le site, au style inimitable tellement il est à présent ancré dans le paysage des internautes avertis. Francophone avant tout !
Québécois dans un premier temps, puis québéco-français, et très vite franco-québécois… abolissant d’un espace de clavier l’Océan Atlantique, le réduisant à une goutte d’eau dans la grande mare du web.

J’ai la fierté d’être devenu l’Impromptu le plus lu, le plus connu, le plus attendu, en un mot comme en mille : le plus désiré.

Et je vous dirai In promptu, que tout est bon pour susciter l’inspiration à portée de la main des auteurs. Idées nouvelles aussi bien que marronniers, consignes ouvertes ou strictes, prose ou vers à loisir : classique, romantique, surréaliste…. tous les courants sont admis, respectés et admirés.
Le souhait premier étant de motiver l’improvisation sur le champ, comme une furieuse urgence d’écriture.
Combien m’envient ma longévité, ma tenue, mon honorabilité !
Sobre et de bon goût dans ma présentation, j’inspire le respect des maisons de haute lignée, des institutions de bonne facture.
Dans la tradition des belles lettres, des salons du temps des Lumières, des personnages de bonne compagnie me rejoignent à l’envie.
Je ne désire qu’une seule chose à présent, celle de continuer à incarner ce paradoxe vivant : être l’impromptu le plus pérenne, et le mieux préparé !

Mes chers amis, je vous demande d’être prolixes et emphatiques dans vos écritures sur « Le dithyrambe », car, tout comme moi, il le vaut bien.

Impromptument vôtre, votre site préféré :o)
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(ce texte est écrit pour la consigne hebdomadaire des Impromptus, suite à l'article de Micro-Hebdo)



Publié !

2010-02-03T10:31:47.192+01:00

Guillaume Vissac est un jeune auteur dont je vous parle régulièrement (j'avais déjà fait un billet sur le blog de Tisseuse afin de présenter "Qu'est-ce qu'un logement", mais à ce moment là son pseudo était Menear). Il est à présent publié pour deux parutions sur Publie.net, avec une très bonne présentation de François Bon !extrait :"publie.net accueille simultanément deux textes de Guillaume Vissac, d’une part parce qu’il y a longtemps que je suis sa démarche d’auteur, ainsi que son blog, et qu’on perçoit intuitivement quand l’écriture catalyse, qu’elle déborde son auteur pour constituer son propre paysage, un territoire d’exploration. D’autre part, parce qu’il y a une profonde affinité entre ces deux séries fonctionnant chacune de façon récurrente, mais avec deux façons différentes d’ancrage dans le réel : pourtant c’est bien ce basculement du monde ordinaire qui constitue notre expérience de lecteur, le renversement auquel il procède dans ce qui est de toute façon le lieu commun, le plus ordinaire de l’expérience de la ville. "Difficile de vous présenter l'écriture de Guillaume, jeune auteur assez inclassable (mais je ne suis probablement pas objective car il s'agit d'un de mes neveux).... il a un univers très particulier et une recherche sur l'écriture originale et innovante. Parfois dérangeant dans sa recherche d'introspection sur nos mondes du quotidien et sur nos angoisses intérieures, il a un souci quasi chirurgical de la phrase.(Les deux textes "Qu'est-ce qu'un logement" et "Livre des peurs primaires" sont téléchargeables à partir du site Publie.net, 5.50€ par fichier, lecture possible sur PDF, liseuse ebook ou directement en ligne).(Il a aussi des textes parus dans la revue Cyclocosmia.)[...]



Les nuages couraient

2010-01-11T08:32:35.532+01:00

(image)

Les nuages couraient sur la lune enflammée
Des cris montaient au loin du ghetto calciné
La horde était passée et n’avait rien laissé
Ni hommes, ni femmes, ni enfants pour pleurer

Dans un élan plus que bestial et trop humain
Ils les avaient jetés à poignées dans des trains
Sans aucun remord ainsi de les condamner
Plus qu’innocents ils les avaient tous sacrifiés

Il est facile de crier avec les loups
Se croire invincible dans la meute des fous
Mais comment se lever et tenir malgré tout
Marcher droit sans défaillir et rester debout

Comment restaurer ce qui a été avili
Pouvoir réparer ce qui a été détruit
Gardons mauvaise conscience des actes inscrits
Soyons en sûrs nous en sommes pétris aussi

(écrit pour le thème des Impromptus, photo du ghetto de Varsovie)



Rêve d'enfant

2010-01-06T09:47:26.511+01:00

(image)
Envie d’absolu
Rester là-haut dans les nues
Loin de la cohue
Des rues

Dans l’immaculé
L’espace inespéré
D’une blancheur née
Saupoudrée

Je survole les cimes
D’un infime
Coup d’aile
Surnaturel

Oh mon rêve blanc
Rêve d’enfant
D’un mont géant
Dessiné majestueusement
------------------------------------------------------------
(Mont Blanc : photo prise le 26/12/09 du haut de l'Aiguille du Midi à 3842 m)



La lettre

2009-12-02T18:27:33.116+01:00

(image)
La chair de poule…la chair de poule...

Une missive venant du passé, du fond des mers, écrite par un futur mort, à sa mère, ma grand-mère…ma pauvre Maria….une lettre qui ressurgit aujourd’hui des malles perdues du Titanic.
Une lettre bien évidemment qu’elle ne lira jamais, puisqu’elle s’est éteinte en 1948.
Je suis moi-même bien vieille et tremblante aujourd’hui, proche de mes 90 ans.
Ce frère disparu, cette belle-sœur et ses neveux, ont hanté ma mère dans ses cauchemars. Elle n’a jamais accepté de prendre ni bateau ni avion du fait de cette catastrophe, et nous étions reclus dans le sud-ouest de la France, alors que la famille avait fini par s’installer là, afin de fuir l’Espagne.
J’ai moi-même très souvent craint l’engloutissement alors que j’étouffais sous les crises d’asthme.

Pourquoi cette lettre me revient-elle aujourd’hui ?
A quelle fin ? Par quel incroyable pied de nez du destin ?
Juste la transmettre à mon fils…pour l’histoire familiale....et puis…parce que je l’ai appelé Fernand, afin de faire plaisir à ma grand-mère…
------------------------------------------------------------------------------------------------
(Texte écrit pour le thème hebdomadaire des Impromptus, librement inspiré par la scénographie de la compagnie Royal de Luxe : "Le scaphandrier et la petite géante". Il est possible de cliquer sur la photo afin de l'agrandir et de pouvoir lire la lettre)



Au pupitre, le chef d'orchestre

2009-11-25T10:43:24.053+01:00

Au pupitre, le chef d’orchestre releva la tête, mais ses yeux restaient fermés. Il respirait le silence préalable à toute œuvre. Son intuition était là, pour la place de chacun des musiciens de sa formation. Il savait que tous étaient suspendus au geste rituel qui lancerait l’ouverture, qui les déchargeraient de cette tension palpable d’avant l’évènement, d’avant l’action, d’avant le bras le corps avec la musique.
Il lança ses deux bras en avant, et les premières notes sonnèrent. Puis tout s’enchaîna : le tempo, la virtuosité, le cœur du compositeur, même, vibrant dans la salle.
Des larmes au coin des yeux, le chef d’orchestre ému, secoué, n’entendit pas les applaudissements….
…..

Mais une petite voix inquiète : « Papa, ça ne va pas ? »
« Si, si …mais c’est beau…. »
…..

Mon père vivait toujours la musique qu’il écoutait à la radio, comme si lui-même était au pupitre !

(texte écrit le 2/04/2007 pour le thème des Impromptus, l’illustration est une œuvre de Albert Neel)



L'homme seul

2009-11-13T15:51:47.259+01:00

(image)
Il avait pris l’habitude de se cacher, de dissimuler son mal être derrière de grands airs pédants et supérieurs.
Qu’avait-il à y gagner…à part d’être tenu à l’écart de tous.
Qu’avait-il à y trouver…à part un surcroît de solitude.
La suprématie intellectuelle s’accommode mal d’une timidité excessive.

Si peu aimé, si mal aimé, si peu aimable, si mal aimable…à part de quelques amis un peu trop abruptes… être-épave de trop de tempêtes, la bouteille restant son seul port d’attache…
Faiseur de beaux discours, nègre exploité en politique, méprisé par ses employeurs, tâcheron saisonnier au gré des campagnes électorales, il affûte sa plume et la trempe dans son vin.
Ses illusions, il les a bues depuis longtemps, jusqu’à la lie.
Il ne lui reste plus qu’un goût amer en bouche…et dans la tête.
Son ultime provocation c’est d’être connu, à défaut d’être reconnu.
« Je bois, et je suis gras...et si je vous dérange ainsi, c’est encore mieux…car je ne sais pas prendre de place autrement ! » pourrait-il éructer à la face des autres, de tous les autres…ceux qu’ils dégoûtent…ou ceux qui voudraient l’aider à changer, « pour son bien ! »
Mais, lui, ne veut pas changer…il aimerait être accepter comme il est : orgueil ultime de vouloir faire supporter aux autres tant de défauts !

Le sourire est triste, mais bravade.
L’homme assume tant bien que mal qui il est.
Jusqu’au bout !
--------------------------------------------------------------------------
(texte écrit le 15/10/2007 pour le thème des Impromptus : "Le faiseur de beaux discours")



Un étrange équipage

2009-11-09T07:46:49.133+01:00

Nous sommes arrivés par un matin glacial dans une étonnante ville aux teintes olivâtres. Les toits des maisons, quasiment tous surmontés de petits clochetons en forme d’ogive, paraissaient démesurément grands. Les rues pavées d’immenses dalles de pierre beige imposaient le respect par leur largeur. Des stalactites retombaient en cascade de certaines fenêtres, créant des sculptures féeriques….surprenantes décorations créées pas l’hiver précoce.Nous avancions dans une des artères de cette cité, alors que nous ne croisions pas âme qui vive !Notre armée ne sait pas être silencieuse ! Nos semelles épaisses, et notre armement ne passent pas inaperçus !Nous guettions les moindres recoins du haut des maisons où un tireur embusqué pouvait se dissimuler.Mais, rien, ni personne !Nous avons alors débouché sur une vaste place au tracé octogonal. La voie se terminait quant à elle par un cul de sac. Là, se trouvait massée une foule importante.Un étrange équipage nous barrait le chemin, formé par un large char somptueusement orné d’or fin, conduit par quatre cochers tenant en rêne deux animaux fabuleux à l’allure redoutable.Un homme, vêtu de pourpre et ceint d’une couronne, se tenait debout sur cet attelage.Dès que notre colonne s’est stabilisée, il a pris la parole :« Hommes de la grande faille, je suis Faentel, Gouverneur des Kamchi !Jusque là votre déplacement s’est avéré pacifique ! J’attends les explications de la présence de votre armée dans notre royaume. Notre armement est mille fois plus sophistiqué que le vôtre, et à la moindre initiative belliqueuse nous vous réduirons en poussière, n’en doutez pas ! »La réputation de peuple savant des Kamchi n’était plus à faire, et une évidence même dans notre lointain pays. Il ne s’agissait pas de jouer aux plus malins avec une espèce télépathe de surcroît !Notre chef a déposé ses armes à terre en signe de soumission, et a déclaré à son tour :« Comme vous le savez très certainement, nous vivons très au nord, proche de la grande faille polaire. Depuis plusieurs années le climat s’est détérioré, l’hiver arrivant de plus en plus rapidement, et nous n’avons plus assez de temps pour les récoltes d’été indispensables à notre survie. Nous sommes venus quémander l’aide de vos scientifiques afin de nous permettre d’aménager un système artificiel de prolongation de la douce saison.Nous n’avons pas grand-chose à vous proposer en échange, mais personne n’aurait rien à gagner dans l’équilibre des territoires si un peuple aussi nombreux que le nôtre ne pouvait plus rester dans ses limites, mais devait s’adapter par la force des choses, et devenir nomade.Par contre, si vous acceptez de nous soutenir, nous pouvons, dans l’immédiat, être une main d’œuvre efficace et laborieuse affectée aux travaux pénibles de votre cité, car nous avons entendu dire que votre espèce est plus fragile physiquement que la nôtre. »Faentel a alors repris la parole :« Je vois que votre demande est plus que sérieuse, et très légitimement argumentée. Je vous propose de venir avec moi la présenter devant l’aréopage qui siège dans le bâtiment derrière nous.Votre armée reste durant ce temps sous notre surveillance. Nous l’avons entourée d’un champ de force. Mais nous allons faire parvenir à vos hommes de quoi se restaurer. »A ces mots, nous avons réalisé que nous avions peut-être quelque chance de survie, pour nous et notre peuple !------------------------------------------------------------------------------------------------(texte écrit pour le thème hebdomadaire d[...]



Telle une amante lasse

2009-11-07T15:09:39.580+01:00

(image)
A perte de vue
La marée basse
Exhibe sa peau à nue
Telle une amante lasse

La terre mouillée
Malaxée
S’étale en vaguelettes répétées
Petites dunes négligemment dessinées

La lumière vient diffracter
Chaque tache d’eau irisée
Laissant un peu désorienté
Le promeneur désoeuvré

Irrépressible envie de marcher
Afin de retrouver la mer désirée
Et qu’elle revienne enfin me lécher
Les pieds
-----------------------------------------------
(photo prise le 4/07/09 vers le Mont Saint Michel)



La tentation de Sarah

2009-10-29T14:09:53.426+01:00

(image)

Elle était belle, elle était étrange Sarah, magnifique adolescente brune et sauvage !
Elle ne parlait quasiment pas, Sarah.....en tous cas jamais à ses parents, à qui elle avait muré le chemin de son cœur.
Elle vivait la plupart du temps dans son monde, Sarah, fixant du regard la trajectoire des nuages.
Elle rêvait d’être diaphane, blanche, transparente, Sarah. C’était devenu son idéal, son obsession, sa folie.
Elle ne mangeait plus Sarah, ou si peu.
Elle ne tenait plus debout, Sarah, ou si mal.
Elle ne vivait presque plus, Sarah, ou d’un souffle.
Sa tentation était d’être désincarnée, non ancrée, non matérialisée, afin de se transformer en un esprit migrant vers d’autres horizons.

Elle s’est endormie un soir, sans un au revoir à ceux qui lui avaient toujours été étrangers.
Leurs mots, leur monde ne l’avait pas convaincue de rester, de grandir, de trouver son chemin d’humanité, ici.
------------------------------------------------------------------
(texte écrit pour les Impromptus le 4/03/2007, la sculpture est de Marcella Kratz)



Le croque mitaine

2009-10-24T16:08:46.587+02:00

(image)
« Oyez, oyez, braves gens, je suis le croque-mitaine qui vient glaner dans votre ville de quoi faire bombance ! Et je fais feu de toute laine, croyez-moi. Même la mitaine la plus usagée, trouée, mitée fera mon bonheur ! Vous ne trouverez que moi pour savoir ingérer vos mitaines dépareillées. Que pourriez-vous bien faire d’une mitaine isolée, je vous le demande ? Sans sa sœur, l’autre main va pâtir de la situation, c’est une évidence. Alors que dans mon grand gosier, elle va trouver une fin des plus honorables.
Il est vrai que je me nourris de peu. Ce n’est pas un régime alimentaire qui engraisse son homme. Mais je subsiste ainsi, avec mes écheveaux laineux pour rembourrer un ventre qui vieillit.

Allez, allez, ne soyez pas radin, cherchez dans vos tiroirs et vos armoires vos vieux restes de mitaines ! Je vous ferais goûter en échange ma soupe à la grimace. Vous m’en direz des nouvelles. Assaisonnée avec beaucoup de rancœur et de ressentiment, elle fait partie des plats les plus indigestes que je connaisse : ceux des pauvres gens à qui rien ne reste….
Et puis, je peux vous en raconter des histoires pendant que vous digérez. A force d’aller de village en village, j’en ai vu et entendu. Je peux vous en dévider des fils et des pelotes de vies. Je peux vous en tisser des grands discours sur les troupeaux d’à côté. Je peux vous en fabriquer des matelas bien rebondis, sur lesquels vous vous endormirez repus et ravis, gavés de mes boniments.

Je suis le croque-mitaine qui gobe et qui dévore toutes les mitaines. Quelques soient la couleur, la taille, ou le style, je suis votre homme.Je m’accommode très bien de tous vos restes ! »

(texte publié sur les Impromptus le 13/11/2006)



Les feuilles mortes

2009-10-19T07:00:05.830+02:00

(image)

Les feuilles mortes
S’entassent sous ma porte
Elles s’infiltrent
Elles m’exhortent

A laisser revenir
A terre les souvenirs
A laisser s’assoupir
La mémoire des désirs

S’enfouir sous la couette
Entendre au loin les mouettes
Vogue vogue la goélette
Vers des rivages de fête

(ce texte est écrit pour le thème hebdomadaire des Impromptus, la photo a été prise le 11/10/09 lors du départ de "La solidaire du chocolat" : transat Nantes-Saint Nazaire-Yucatan, le trois mâts en tête est le Belem)



Bac de noeuds

2009-10-05T07:00:00.432+02:00

(image)

Qu’est-ce que je vais faire
De tous ces draps
Comme autant de reliquats
Mortuaires

Me les nouer autour du cou
Les vendre trois francs six sous
Les transformer en bourre mou
Ou m’ensevelir dessous

Lavés mais pas aérés
Ils portent la senteur moisie
Des endroits désespérés
Des maisons pourries

Jaunis
A force de ne pas être blanchis
Ternis
De n’avoir pas vu la lumière

Ils sont autant de nids
A poussière
Que de jours gris
Sans rien y faire

(ce texte a été écrit pour la consigne hebdomadaire des Impromptus, © crédit photo : Pandora)



L'ombre de l'éléphant

2009-10-02T09:35:31.251+02:00

(image)
L’ombre de Jules Verne

Aussi haut qu’un immeuble, mécanique étonnante à moteur, l’éléphant gigantesque se met en mouvement. La foule trépigne en d’interminables files d’attente, sous un fin crachin qui fait douter de la réalité de l’été, dans le seul but de voir passer l’incroyable machinerie.
En cette saison détestable où les touristes fuient le rivage atlantique peu accueillant, et se jettent sur les visites à faire à la ville la plus proche, le centre de Nantes devient attractif, et ses anciens chantiers navals encore plus.

S’exhibent aux yeux de tous les rêves de Jules Verne en personne : de fabuleuses inventions réalisées par l’ingéniosité des hommes !
Les hangars démesurés, désertés par la construction navale, reprennent une fonction inédite : niche pour animaux imaginaires (le pachyderme hindou du « Tour du monde en 80 jours », le calamar monstrueux et la lotte des profondeurs de « Vingt mille lieux sous les mers », etc…..).

Derrière la verrière centrale se profile l’ombre de l’éléphant géant, et au loin sur les quais de Loire on entend résonner encore longtemps son barrissement de mastodonte en ferraille.

(Tétrao propose sur son blog de faire une article sur L'éléphant, or, j'avais écrit ce texte le 30/09/2007 pour le thème des Impromptus....d'autres références sur les Machines de lîle à Nantes : ici ! La photo est de moi, L'éléphant "logeant" pas très loin de mon domicile....)



Le vendeur de temps

2009-09-28T07:00:02.657+02:00

(image)
J’ai vendu mon temps au premier passant du matin. Je n’avais plus un sou en poche pour nourrir ma carcasse. A quoi lui servait mon temps à ce bonhomme moche ? Je ne lui ai pas demandé. Je n’en avais rien à foutre de savoir s’il avait vraiment besoin de ce temps là, puisque moi je savais que si je ne bouffais pas j’allais finir par en crever. Alors, pour moi….un peu de temps en moins ou pas, qu’est-ce que ça changerait ? Il valait mieux céder mon temps au premier venu, qu’en nourrir les asticots !
Il ne m’a même pas remercié. M’a jeté quelques euros sur le trottoir. A ramassé les précieuses heures que j’avais mises au fond d’un petit sac plastique, et s’est précipité dans le TGV de 6h48.
Moi, très lentement, je me suis relevé, lesté de quelques heures. Me suis dirigé vers le buffet de la gare, et ai commandé un gros steak frites. Qu’est-ce que ça peut me faire qu’il soit 7h du mat’ pour vous tous…alors que pour moi, il est à nouveau 19h…à la date d’hier bien sûr.
Si ça continue, je vais en faire commerce, de mon temps qui ne me sert qu’à survivre, et encore…si mal. Et je vais remonter dans mon passé.
Peut-être pourrais-je ainsi prendre d’autres chemins, plus bénéfiques…Peut-être pourrais-je revoir ceux que j’ai perdus et aimés, et qui me manquent tant….Peut-être que je ne gâcherais plus mon temps à l’école, comme autrefois quand j’étais si étourdi et que je rêvassais sur les bancs de bois. Peut-être vais-je retrouver le bon cours du temps, de celui dont je n’aurais jamais dû sortir. Peut-être vais-je retrouver l’instinct de vie, comme lorsque j’étais enfant…….

Je suis retourné m’asseoir, sur le quai, adossé au poteau en attendant le prochain TGV.
Je ne sais pas quelle heure il est, et je m’en tape.
Je rêve déjà à maman qui me sourit en me bordant.

(ce texte a été écrit le 12 novembre 2006, c'est le premier que j'ai envoyé au site des Impromptus Littéraires)



Fallait bien que ça arrive

2009-09-21T18:07:55.629+02:00

(image)

Il fallait bien que ça arrive
Tôt ou tard que ça s’écrive
Toi de l’autre côté de la rive
Et moi accrochée à la dérive

L’au revoir était consommé
Tu avais tout supporté
Jusqu’au bout assumé
Tu souhaitais démâter

Défaire les amarres
Durcies par tant de sel
Et quelques coups de gel
Demande de lâcher la barre

Tu as tout largué
D’un coup d’un seul
Ta vie s’est affalée
Dans ton linceul

Je suis censée être mûrie
Je me sens surtout un peu flétrie
A coup sûr vieillie
De ne plus dire maman à aucune mamie

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(photo prise à Fouras, en Charente Maritime....texte écrit en réponse à la consigne hebdomadaire des Impromptus)



Mon pays inconnu

2009-09-17T07:00:03.710+02:00

(image)

Dans mon pays inconnu
Hors des sentiers battus
Je me suis perdue de vue
Peut-être trop mise à nue

Sous le feuillage dru
D’une lumière accrue
J’ai couru éperdue
A bride abattue

Au détour d’une rue
Je me suis sue
Perdue
Mais personne ne m’a crue

Il ne me restait plus
Qu’à m’installer pour une mue
Non convenue
Mais tellement voulue
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(photo prise en août 2009 dans le massif du Pilat, proche de Saint Etienne)