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Journal de Sidonie



Devoir de Mémoire. Journal de SIDONIE, ma grand-mère traduit de hongrois



Updated: 2017-11-29T15:18:52.820+01:00

 



Famille sur Fellegvar

2013-05-14T09:59:50.769+02:00


Famille sur Fellegvà r
Originally uploaded by Julie70.
(image) C'étaient les beaux jours familiaux, d'avant guerre.

La femme debout de gauche est Sidonie, en 1932,
celle assise est Paula, dit Mamuka ou Mamuska, sa mère.

La femme de droite, ma mère est sa fille aînée, la femme derrière elle est Hanna, la cadette. Ses trois enfants, avec leur mari ou femme sont sur l'image, ainsi qu'un de ses frères.



Notre destin à partir du 19 mars 1944

2016-10-30T09:13:52.197+01:00

Journal de SidonieNotre destinJournal pour mes petits-enfantsparSidonienée en Hongrie le 9 juillet 1884 avait 60 ans quand elle commence à écrire dans son cahierL’original du journal (en hongrois) est en Israel au Musée Holocauste. Cette version a été traduit de Hongrois en Français, par sa petite fille Julie Kertész entre 1993 et 2003.Une copie dactylographiée avec textes finassant aout 1945 à Jad Washem avec une traduction allemande par Sidonie, déposée en 1968 par sa fille cadet.Notre destin à partir du 19 mars 1944,Ce jour-là, les Allemands sont entrés par surprise dans Budapest. Depuis la guerre, le gouvernement Kallay avait mené un double jeu : malgré sa collaboration avec les Allemands et - grâce à cela - les alliés nous ont surtout menacés de bombarder. Mais aussitôt après l’entrée des Allemands en Hongrie, les croix fléchées (comme les SS hongrois s’appellent) ont pris le pouvoir dans le pays et se sont empressées comme des déments de promulguer des lois de plus en plus draconiennes contre les juifs.Jour après jour, des contraintes de plus en plus terribles nous sont tombées dessus. Appropriation féroce par l’état de tous les avoirs en outrepassant tous les droits nationaux et internationaux instaurés depuis des siècles, et dès le premier jour, capture des juifs dans les rues et les trains sans aucune raison et en les internant. Diminuation de notre alimentation, et à partir du cinq avril, nous étions en plus obligés de porter l’étoile jaune, de faire nos achats pendant un temps fort réduit, et finalement, ils ont commencé à entasser les juifs de province dans des ghettos. À Budapest, ils nous ont forcés de déménager en groupe dans certaines maisons sélectionnées par eux et marquées d’étoile jaune et, dans les zones dites “de guerre” on commença rapidement la déportation dans des camps de concentration, la séparation des familles, etc. etc.Il n’existe pas de plume assez colorée pour décrire, ni peintre qui pourrait esquisser, l’acharnement précipité avec lesquels, les nazis hongrois ont entrepris au pas de charge, la ruine matérielle, corporelle et de l’esprit des juifs, en s’efforçant de dépasser largement celui de leur maître et modèle les nationaux?socialistes allemands ! Ce premier jour, après l'arrivée des allemands en Hongrie, Katinka, la fille aînée de Sidonie arriva avec sa fille de dix ans, Julie, à Budapest, venant de Transylvanie. Dans la nuit profonde, les SS avec les chiens attendaient sur les quais demandant les papiers des arrivants. Après un interminable demi heure, le mari arriva avec des (faux) papiers. Ainsi, Julie, qui traduit ce journal de sa grand-mère en français, échappa avec ses parents et ne fut pas entre ceux internés ou fusillés.Nos premières grandes angoisses personnelles ont été les événements de Kolozsvàr (Cluj maintenant). En avril 30, à la façon d’un putsch, on a jeté hors de leur foyer, en ne leur donnant que 10-20 minutes, les habitants des immeubles « Pierre et Paul » , ne les laissant prendre que les affaires les plus indispensables (répondant à chaque fois: « das werder Sie nicht mehr brauchen! » (vous n’en aurez plus besoin) et en leur donnant le sentiment qu’on les emmenait probablement pour les achever. Dans ces immeubles (occupé pour les SS, le jour de leur arrivée d’une façon barbare), habitaient ma fille cadette Anne avec ses deux petites filles, mon frère Hugo, mon frère Charles et leurs familles, avec beaucoup d’autres amis. Après les avoirs conduits par camions dans la cour de la synagogue, avec juste un sac à dos ou une petite valise, on leur laissa finalement le droit d’habiter chez des familles connues ou parentes, à condition de déclarer l’adresse où ils allaient demeurer. Nous avons réussi à faire emmener ma fille Anne avec ses deux fillettes, avec l’aide d’un bon ami (lieutenant chrétien) à Budapest. En tant que veuve de guerre, elle ne devait pas porter l’étoile. Plus tard, il s’est av[...]



Au camp de Columbus

2005-07-28T11:42:39.606+02:00

Dans le camp rue Columbus, des baraques de bois construits par Laci pour pouvoir emmener davantage de personnes de province où nous dormions sur des lits superposés (avec des matelas apportés de nos maisons). Aliments préparé par nos soins, bons mais nourriture de masse (le matin café, bien sûr du faux, midi et soir légumes.)

Nous dormions séparés, les femmes et enfants d’un côté, les hommes de l’autre. Pendant la journée, nous étions ensemble dans le grand parc et nous faisions tout pour subvenir à nos besoins, lavage, repassage, etc. Et malgré tout, nous nous sommes sentis mieux : l’espoir de s’échapper nous réchauffait et nous étions entre nous, nous ne sentions pas autour de nous l’atmosphère de haine horrible nourri sans cesse par la propagande !

Mais nous avions observé aussi chez plusieurs hongrois de la pitié et de honte pour ses décrets incroyablement haineux (les cartes d’alimentation jaunes donnaient le droit à moins ou souvent à rien ; à partir du 1er avril interdiction d'avoir des servantes chrétiens etc.)



À peine une semaine plus tard, le 30 juin, nous sommes partis en rang par cinq, les malades sur des chariots. Nous pouvions emporter deux vêtements, six lingeries et aliments pour 10 à 14 jours. Assis sur le chariot, je me suis rappelé de ceux menés vers la guillotine pendant la Révolution Française.

Au lieu de huit heures, nous sommes arrivés à la gare vers minuit.

Jusqu’à lendemain soir on nous déplaçait d’une voie à l’autre et nous nous sommes retrouvés finalement à la gare Ràkos. Nous étions 1650 dans cette action tolérée par les Allemands aux prix de dur sacrifices. Le plan était qu’on arrive au plus tard après 8 à 10 jours en Espagne et de là en Palestine.




Les wagons partent

2005-10-04T12:25:08.160+02:00

Plusieurs jours de progression fort lente s’écoulent, nous sommes finalement arrivés à Mosonmagyarorvàr, à peine à quelques heures de Budapest. On a mis le train de 35 wagons sur une voie de garage et l’on nous a donné le droit de camper. Nous nous nourrissons avec ce que nous avons emporté et avec de la nourriture emportée par les chefs. Avant notre départ à Budapest , nous avons dû confier tout notre argent et nos objets de valeurs aux chefs, étant entendu qu’ils nous le restituaient en Palestine.

Comme on avait placé 40 à 50 personnes dans chaque wagon à bestiaux, à la fois seulement la moitié pouvait se coucher serrée les uns contre les autres. À Mosonmagyarvàr, pendant la journée, quand le temps le permet, nous allons à l’air libre. Pour que le temps passe on enseigne nos enfants par groupes, surtout l’hébreu. Au début, nous avons pu acheter des aliments dans le village voisin, mais rapidement on nous l’a interdit.

Notre arrêt est fort inquiétant. Le camp est de plus en plus bouleversé.

Finalement, le huitième jour, mon fils Laci s’est proposé de rentrer à Budapest, pour avertir nos chefs restés là-bas. Il a des papiers lui permettant de ne pas à porter l’étoile Jaune. Il s’en trouvait quelques autres dans son cas. On ne sait même pas si c’est les Hongrois qui ne nous laissent pas continuer et pourquoi ?

Suit alors une journée extrêmement angoissante. D’un coup, la nouvelle arrive que nous partons. Mon fils n'est nulle part. Sa femme désespérée déclare qu’elle reste avec ses enfants, mais d’après l’avis de tous Boriska serait ainsi menacée davantage et ils pourraient se retrouver encore plus difficilement.

Le train est parti. Boriska s’est donné du temps jusqu’à Komàrom.

À Ovàr, la nouvelle s’était répandue qu’on nous menait à Auschwitz. Un des employés du chemin de fer avait dit en secret que les Hongrois l’avaient décidé et qu'ils avaient envoyé un ordre de cette nature. Quand nous avons demandé "où est-ce", on nous a répondu que c’est l’endroit en Galicie où l’on détruit les déportés en masse avec gaz et autres moyens. Pour nous rassurer, ils nous disent qu’on nous emmène non pas à Auschwitz mais a Auspitz, un camp près de Vienne, où nous resterions seulement deux ou trois jours. C'est alors qu'est née la blague : Quelle est la différence entre Auspitz et Auschwitz? Celle entre Sion et le Cyan.

La route est longue et difficile (elle aurait dû durer seulement deux heures). On est au comble de l'inquiétude, nous les deux vieux, à travers la porte du wagon, regardons si Laci n’apparaît pas sur un des trains passant à Ovàr.

Le train continue doucement sa route et déjà nous sommes arrivés devant Komàrom.

Grande agitation entre les 1600 gens, la nouvelle passe comme un éclair à travers les 35 wagon: Laci est arrivé ! Tous attendant les nouvelles apportées par lui. Elles sont relativement rassurantes. Il a réussi de parler avec les organisateurs et ils suivent notre voyage : « Il y aura encore des difficultés, des problèmes, mais rien de mal ne va pas nous arriver. » Tous ont respiré, soulagés.



A la frontière allemande

2013-05-14T10:03:55.811+02:00

Bientôt, on arrive à la frontière allemande. Nous recevons une sorte de soupe à partir d’une grande marmite. Ensuite nous arrivons à Linz et nous restons une journée à la gare. Ma petite fille Mariette est déjà couchée avec la rougeole et beaucoup d’autres enfants aussi.

On nous emmène de la gare en ville, pour nous laver dans un endroit spécialement construit pour cela. Nous sommes partis le matin, environ 800 à 900 femmes et enfants. Pour une raison inconnue, les surveillants rudes prennent nos vêtements enroulés dès le matin, soi disant pour les désinfecter. Les femmes restent nues.

Ils nous font attendre toute nues de matin jusqu’à tard dans l’après-midi. Les corps bouillants émettent de gaz, en plus de la fatigue et de la faim la réponse des surveillants brutaux à nos interrogations "qu’arrive-t-il" nous répondent : “jetzt geht ihr in die Gaskammer” (maintenant vous allez dans la chambre à gaz). Á cela s'ajoute une énorme panique , puisqu’on n’a pas vu ressortir, même après des heures, ceux qui sont déjà entrés, et s’ajoute au sentiment de profond honte.
Finalement, visite médicale brutale en masse.

En prétendant chercher de poux, au début ils ont coupé les cheveux des toutes les femmes et ensuite de quelques-unes qu’ils ont suspecté d'en avoir.

Enfin, vers la fin de l'après-midi, nous sommes entrés dans la salle de douche elle-même : 40 à 50 douches , sous chacune on était plusieurs pour se laver en même temps. 10 minutes pour se laver, le tout, dirigé par des hommes brutaux.

Ce fut un événement horrible.



Bergen-Belsen

2005-07-29T18:15:05.266+02:00

Rapidement, en vingt-quatre heures seulement, nous sommes arrivés - non pas près de Vienne, mais près de Hanovre, au camp de Bergen - Belsen, où sont déjà concentrées environ 80.000 personnes. Des Hollandais, des Belges, des Polonais, des Russes, des pauvres juifs étoilés, divers prisonniers marqués d’étoiles diverses.

On vient de nous installer dans de grandes baraques avec des lits superposés sur deux étages. Les cours sont pleines de sable et entourées des fils barbelés, séparées même l’une de l’autre par des espaces vides. 100 à 150 personnes vivent et dorment dans chaque baraque dans un bruit sans fin.

Nous lavons, séchons et faisons la queue pour nous alimenter selon un ordre du jour. Le matin, nous devons faire l’Appel, en rang de 5, quelquefois nous attendons des heures trempés sous la pluie, plusieurs milliers pour que les surveillants nous comptent.


De Vienne, ils ont demandé nos cartes où l’immigration figure et ils ont aussi demandé la liste des familles de Kasztner et Brand, les deux organisateurs. Laci n’a pas réussi à nous inclure, même comme famille plus éloignée.

Quelques-uns, connaissant la Palestine en parlent. On fait des cours de gymnastique, d’anglais et d’hébreux, etc. On essaie de garder courage. Nous sommes peu sûrs de notre sort. Entre temps, les aliments apportés de maison disparaissent avec une vitesse angoissante.

Tous ont peur, pourtant il paraît selon les nouvelles qui arrivent à travers la cuisine, que nous sommes avantagés, entre autres, parce qu’il y a deux femmes de l’hôpital juif de Kolozsvàr cuisinant séparément pour nos malades. Nous avons reçu quelquefois même un peu de saucisson et déjà deux fois de la viande dans le légume.

Le matin est le soir nous recevons du jus noir, amer, à midi à notre grande joie un légume inconnu par nous et difficilement digérable, sans sel et sans goût (queue d’oignon et carotte rave domine dedans). Les enfants et les malades reçoivent par contre du lait, semoule, soupe d’avoine et chacun a trois fois de la margarine, de la confiture de temps en temps. Il paraît que nous sommes privilégiés.

Pour nous, c’est très très difficile à supporter. Beaucoup tombent malade, mal à la gorge et toux, diarrhée et autres maladies. De plus en plus de malades. Les trente à quarante docteurs entre nous sont fort occupés.




La baraque de l'hôpital

2005-07-29T18:35:21.473+02:00

Dans la baraque de l’hôpital vivent et dorment environ 130 personnes. Nous vivons dans le bruit sans cesse. Même la nuit dans cette baraque le bruit continue.Une femme en train d’avorter gémit, se plaint, la doctoresse ne veut pas s’en occuper encore, c’est trop tôt. Les autres malades et les accompagnateurs s’impatientent."Il n’y a personne à l’aider ?"Personne d’autre ne s’étant pas proposé, je descends du mon lit du deuxième étage et dans l’obscurité me cogne sur le bois me cassant deux côtes. Comme accompagnatrice, je n’ai pas le droit à un lit en bas. Telle que je peux dans le noir complet, j’accomplis l’aide le plus primitif sur les malades, j’essaie d'aider la femme gémissant en la massant, avec des compresses, en m’aidant d’une petite lampe de poche.Nous avons atterri dans cette baraque hôpital, parce que mes petites filles Mariette et Suzanne sont arrivé à Bergen-Belsen avec fièvre et elles gisent ici, leur mère et moi les accompagnons.Six semaines d’énervement. L’impatience grandissante gagne notre camp.Enfin arrive pour la deuxième fois Krumai avec qui nos chefs sont tombés d’accord. Pour permettre à 1660 d'entre nous d'échapper en Palestine ou dans un pays neutre, les Allemands ont réclamé énormément d’argent et or, etc. Krumai lit 300 noms d’après une liste faite à Vienne. Ces chanceux, il paraît qu’ils seront transportés en Suisse, si tout se passe bien. On a réussi à ajouter encore 17 personnes, une partie des organisateurs et parmi eux, la famille de mon fils. Son nom était dans la lettre d’accompagnement, et en se référant à la grave maladie de notre petit-fils Thomas, on a réussi à mettre difficilement leurs noms aussi sur la liste. Mon petit-fils d’un an gravement malade avec grave diarrhée infectieuse et l’on n’a plus aucun médicament pour le soigner et sauver sa vie. Anne et ses deux filles, mon fils et son fils Pierre se sont déjà remis d’une longue rougeole puis des oreillons, diarrhée et une grave infection de poumon. J’ai été malade moi aussi, et mon mari, Emil est malade souvent, il faiblit et maigri de plus en plus.Les familles de Brand et Kasztner n’ont pas pu partir non plus. Krumai assure que dans six semaines tout le camp partira.Encore six semaines. Semaines d’attente, de faim, d’inquiétude.Nos chefs font la liste de ceux qui partiront dans le prochain groupe. On tente de les influencer sans cesse, obtenir protection, on se bat pour être mis sur cette liste. Les sionistes et ceux qui ont donné beaucoup d’argent, ont fait une pétition en soulignant leurs mérites.Les semaines passent, les unes après les autres et c’est déjà le 2 septembre, Krumai était ici il y a sept semaines, et rien ne bouge, nulle part.Le départ des 317 personnes a été fort inquiétant et en même temps poignant. Nous avons encore cru que le tour de chacun de nous arriverait. Dans beaucoup des familles, la plupart, ont dû laisser ici certains de leurs membres. Au départ nous étions tous dehors, le groupe est parti en chantant le Hatikva.Pendant le départ, nous étions tous dehors, à côté de clôtures barbelées de l’enceinte, c’est là que se sont séparés ceux qui partaient et ceux qui restaient.Je ne pourrais jamais oublier, quand (dans la dernière minute j’ai porté en courant thermos avecdu thé au portillon) et j’ai vu mon cher fils unique fort amaigri : la sueur tombait de son front, ses deux bras tendus droit devant lui et dessus, comme dans un petit lit, le petit a maigri, n’ayant plus que la peau sur les os. Derrière lui avec le petit Pierre, ma bru sanglotait parce que sa mère et sa sœur restaient ici et, après un court adieu, je les ai vus partir.Jusqu’à leur départ, je me suis tenue héroïquement en disant javrochechot (la bénédiction juive) après eux.Qui sait comment ils arriveront et si on les[...]



Pour nous occuper

2005-10-11T15:47:06.096+02:00

Pour nous occuper un peu, le WIZO etc. donne quelques spectacles dans les différentes baraques, ceux qui ont de talent chantent ou récitent des poèmes. Bela Zsolt, l’écrivain célèbre a donné une série conférences intéressants : 1914 à 1939, les deux guerres, etc. Certains donnent des spectacles, des « journaux vivants » avec des blagues actuelles avec le titre « carottes, oh carottes » se plaisantant sur différents problèmes de camps.Dans la partie ambulance, séparé par une armoire, un petit groupe se rencontre chaque soir dans le noir (Anne aussi), chansons, poèmes, discussions et même, une ou deux fois, Anna et une autre femme ont dansé, éventuellement près d’une bougie. Mais l’utilisation de la bougie est punie, en privant de cigarette (sept par semaine) ce qui est une grave punition, parce qu’elle joue le rôle de monnaie d’échange ; à la place on peut obtenir un surplus de pain ou autre chose de valeur.Il y a différents services : service de distribution d’aliments, service d’économie, service de discipline, etc.L’absence des livres m'est aussi un grand manque. Seules certains entre nous en possedons un et l’on peut les obtenir seulement pour une demi-heure et même fort rarement.Il y a aussi des groupes d'études de l’anglais et de l’hébreu, l’école « obligatoire » (une à deux heures par jour) mais seulement tant qu’on a pu enseigner dehors. Moi aussi j’enseigne des petits poèmes et des chansons français, pour amuser les plus petits en même temps que mes petits-enfants.On essaye donc tout, pour donner du courage aux masses. Malgré tout, les parents avec leurs enfants, les amis avec leurs amis, l’inconnu avec l’inconnu sont irascibles, querelleurs et nerveux. Mais peut-on s’en étonner ?Enfin, quelques nouvelles entrent: jusqu’à maintenant nous étions hermétiquement isolés même des nouvelles mondiales. Le 10 août, on nous a distribué des cartes postales sur lesquelles on a pu écrire 25 mots censurés, demandant des paquets.Jusqu’à maintenant 4 - 5 ont reçu des réponses, une lettre recommandée ou de l’argent qu’ils ont envoyés surtout pour donner signe de vie. D’eux, nous constatons avec joie que ceux qui sont restés à Pest dans des maisons avec étoile n’ont pas été déportés et donc notre peur qu’on les déportera de là est pour le moment sans fondement. Entre temps, on raconte que Kolozsvàr à été occupé par les Russes et les Roumains ensemble.D’après les journaux allemands, les Roumains ont rompu avec eux (les allemands) et ont changé de camp méchamment (en se raliant aux Russes).Les fêtes d’automne, nous ont trouvés ici, à Bergen-Belsen.Nous avons vidé et décoré une des baraques avec des moyens primitifs et je crois que dans aucune grande cathédrale juive, on n’a jamais tenu encore un service plus émouvant. Tous sanglotaient quand un de nos rabbins a entonné « la cohorte en loques » de bon Dieu qui, à travers toutes les épreuves, confiante dans la promesse, attend la délivrance et l’arrivé à la terre promise !Aucune nouvelle direct de Laci et du groupe parti en Suisse, seulement madame Brand a écrit de Budapest à travers un courrier allemand : dommage que grand-mère n’ai pu partir avec Laci. Donc à Budapest ils ont reçu des nouvelles de leur arrivée. En même temps, quelqu’un de Budapest a envoyé une lettre à sa famille d'ici, écrivant qu’il a reçu des nouvelles de Montreux : « ils habitent dans un hôtel. » M o n t r e u x ! La plus joli endroit de l’Europe ! Au moins si on savait si mon petit Thomas est guéri ?Octobre 12 1944Les journées passent toutes pareilles, de jour en jours nous sommes pire du point de vue santé ou nerveux. Le matin, nous attendons 11 heures ou midi, pour pouvoir « déjeuner ». Notre estomac réclame.Á cause du temps qu’il fait, l’APPEL [...]



Notre situtation s'était empirée

2005-07-29T19:26:28.306+02:00

Suisse, Caux sur Montreux, 27 février 1945Des miracles nous sont arrivés. Nous avons échappé aux griffes des Allemands.Nous sommes en Suisse, nous savourons l’accueil hospitalier de ce pays merveilleux, dans un hôtel à mille mètres au-dessus de Montreux, cette station internationale, dans un endroit incroyablement beau, d’où, par temps clair, on peut apercevoir non seulement l’aiguille de Midi et les montagnes Alpines, mais même le sommet du Mont Blanc et au-dessous de nous, à 700 mètre le merveilleux Lac Leman de Genève, quelquefois caché par les nuages nageant sous nous, nous font paraître le lac comme s’il était couvert de crème chantilly, d’autre fois les rayons brillants de soleil s’y reflètent et cela rend changeant le tout et merveilleux de nouveau. Incroyablement beau, chaque coucher de soleil est différent avec ses couleurs rousses et roses et toutes les nuances dont ils peignent les nuages au-dessus de nos têtes et inondent de lumière le surface du lac. Tellement incroyablement, féerique comme si c’était un tableau kitsch et non réel.L’énorme hôtel, construit pour des milliardaires américains, vide pendant la guerre, a des chambres avec une entré, salle de bain, une pièce et des balcons orientés vers le Sud.Mais prenons en ordre.J’ai écrit mes dernières notes à Bergen le 12 octobre. A partir de là, notre situation à Bergen-Belsen s’est empiré de jour en jour.Le désespoir a grandi, les baraques sont devenus plus froides, ouvertes au vent, sans chauffage, le matin à peine pouvions-nous nous décider à nous lever, à laver les pots émaillés et dehors, dans le vent, à nous laver dans l’eau glacée.Nous avons dû remplacer nos chaussures tombées en loques par des semelles en bois taillés primitivement, qu’on tenait. Pourtant pour cela nous attendait une sévère punition, certains ingénieurs ou vendeurs de bois devenaient des cordonniers, à partir des cordons chapardés ou achetés sur la ration de cigarettes, avec des courroies coupées de sac à dos ; ou alors une vieille boîte de conserve garnie avec des morceaux de mauvaise couverture. Avec une couverture abîmée, on mettait ensemble aussi de pantalons. Pour celles qui avaient des chaussettes chaudes, faites des gants des pull-overs de-tricottés, ou inversement.Combien d’entre nous n’ont plus réussi même à sortir pour le Zahl Appel, la mise en rang haïe, parce que leurs pieds et mains étaient gelés et n’ont eu ni chaussures, ni manteau.Moi j’avais, par heureux hasard, mon manteau de fourrure, que ma concierge de rue Columbus m'a envoyé tout suite après notre départ. Il m’a servi énormément dès la première journée à cause du temps de Bergen-Belsen. Le manteau avait été ma couverture, en plus du rude plaid d'ici (et combien de fois je me suis couché en pull-over et pyjama, robe de laines et chaussures chaudes) mais aussitôt que je sortais du lit, je le renommais manteau ou robe, pour qu’à sept heure le matin je puisse sortir dans la cour et emporter à travers les grands trous d’eau vers les latrines se trouvant à 100 mètre, le mauvais pot qu’on avait fait d’un pot de marmelade que remplissait notre famille vers ce qu’on appela W sans C.Ma petite fille, Suzanne, dans un moment d’inspiration, a versifié pour le plaisir de notre baraque :Petit pot, grand pot,Notre petit boîteDans lequel fait pipiChaquenuit la fillette. Dans notre baraque, nous avions 60 enfants, les couches séchaient, les pots utilisés, dégoulinaient, s’écoulaient... puisque notre alimentation était surtout liquide, puis un grand rien, pourtant on ne buvait presque pas d’eau.Il fallait commencer la nuit très tôt, il n’y avait presque pas de lampe. A partir de novembre on laissa de la lumière jusqu’à 10 heure, mais dans chaque baraque il n’y avait qu[...]



Enfin, un jour

2005-10-11T16:22:55.553+02:00

Enfin, un jour, grande excitation dans le camp, le Judenältester (le plus âgé des juifs) est appelé par le responsable du camp de Bergen-Belsen et là-bas en présence de deux civils, il déclare que notre camp sera transporté en Suisse dans les 8 jours !Nous avons pleuré, nous avons ri, on le croyait à peine.Ensuite arrivent les jours de doutes et d’espoir. Après 8 - 10 - 12 jours, de nouvelles très divergentes transpirent du camp voisin et de la cuisine et à travers les docteurs.Nouveau désespoir, encore plus de déprime. Quand déjà nous voyions devant nous que nous allions y rester à jamais, d’un coup, par un beau jour (pluvieux, froid, avec du vent, mais quand même merveilleux, le quatre décembre le matin; nous avons reçu l’ordre : tout le monde doit être à la porte dans une demi-heure. Suit un énorme bruit et agitation, faire les paquets (ceux qui y croyaient l’avaient préparés déjà dès la première semaine). Enfin, à notre bonheur, nous devions vraiment tous faire nos paquets.La demi-heure s’est prolongée jusqu’au lendemain, mais à midi le cinq décembre, tout le groupe était « reisefertig” (prêt pour le voyage.Quelques jours avant cette date nous avons reçu de Suisse des paquets de la Croix-Rouge avec des médicaments, des vitamines et du chocolat, etc. avec lequel nous avons un peu repris des forces, tant corporellement que psychologiquement. La dernière semaine, notre alimentation a été améliorée un peu, (en nous demandant aussitôt à faire de la bonne propagande aux Allemands!)Pour la route, l’Office d’Économat a distribué du pain, qui avait été mis de côté pour les cas graves, et l’après-midi à quatre heures on s’est mis en rangs de cinq pour le dernier appel. Ceci a été le premier appel auquel nous avons participé avec plaisir ! ! !Hélas, une surprise extrêmement poignante, douloureuse, triste et bouleversante nous attendait. Elle nous a touché encore plus douloureusement personnellement. En plus des couples Dr Weisz et Dr Kertész, punis de ne pas venir avec nous parce qu’on les avait attrapés avoir correspondu avec leurs filles arrivées d’Auschwitz, qui étaient déjà dans un camp voisin, on a appris que la famille de Brand devait aussi rester là.Ainsi Ida, (la grand-mère de notre Boriska) et sa sœur Hanna, devaient rester de toute façon. Quand la pauvre Hanna, a appris que sa demande de partir avec les autres avait été refusée, de sa bouche a échappé une demande de la laisser dire au revoir à ses sœurs. Comme résultat Ella, la mère de Boriska avec sa fille Meta ont été aussi obligés de rester. Leurs paquets ont été retirés avec difficulté à le dernière minute des tas des autres (contrôlé les jours d’avant par les Allemands).À peine avons nous pu leur dire au revoir, nous sommes partis donc attristés vers la gare de Bergen-Belsen se trouvant à sept kilomètre du camp en rangées de cinq, sur nos dos dans un sac de dos, les couvertures, aliments et ce qu’il nous fallait sur la route, croulants sous le poids, petits, grands, malades, faibles titubants, presque tous défilant à pied. Nous étions encore sceptiques et nous avons compté avec la possibilité qu’on nous traîne seulement quelque part, dans un autre camp.La pauvre Ella avec sa fille avait été placée déjà dans le camp voisin avec l’étoile jaune. J’ai pu encore leur passer ma literie. On a aussi réussi à leur passer des aliments et quelque argent. Brand Joël, avait été envoyé de Budapest en Turquie pour discuter de notre sort et il n’a pas réussi à revenir. Il a donné des interviews qui sont parues dans les journaux de Palestine, d’après les Allemands « Shadet uns und schadet sich » (il nous a fait honte, vous a fait honte1). Il est toujours en Turquie probablement. Ka[...]



Pourquoi seulement nous?

2005-10-11T16:41:31.640+02:00

décembre 1944Par contre le douleur nous frappe de plus en plus comme un coup de fouet, en nous angoissant sans cesse et nous n’arrivons pas à y échapper : pourquoi seulement nous, une quantité tellement infime d’entre nous aréussi cette miraculeuse échappée, qu’y est-t-il arrivé aux autres, nos chers proches? Où souffrent-ils? Les reverrons-nous jamais ?Laci nous raconte qu’entre temps Budapest est tombé sous la domination des fascistes hongrois, le siège de la ville dure depuis longtemps. Il nous dit, qu’avec quelques amis, ils ont réussi à avoir des passeports de San Salvador et a envoyé des sauf-conduits, après qu’on ait reçu de Budapest des télégrammes en faire crever le cœur. Mantello, le consul Suisse de San Salvador a aidé Laci en se dépensant à sauvegarder autant qu’il a pu. Le sort de juif s’est empiré et aussi ceux de province.En dehors des 14.000, qui étaient sous protection du consulat Suédois ou Suisse, tous les autres de 14 ans à 60, ont été chassés à pied vers la route de Vienne et ceux qui n’ont pas résisté, pas réussi à continuer, et se sont effondrés, ont été tués et beaucoup d’autres horreurs que nous venons d’apprendre. Il y a eu de longs articles sur Auschwitz et l’horrible et triste nouvelle disant qu’en avril 1944 les chambres de gaz ont fonctionné systématiquement, de nouveau, justement en rapport avec la déportation des juifs hongrois, à la volonté des SS sanguinaires et cruels se vautrant à cœur joie dans l'atrocité et la cruauté.Le partenaire de Laci a demandé aussi un passeport de San Salvador, pourtant il est un chrétien ancien, mais sa femme est d’origine juive. Notre fille Katinka, son mari Pista et notre nièce Julie ont reçu aussi des passeports. La seule chose que nous savons d’eux est qu’au début du siège de Budapest ils étaient toujours là-bas.Nous avons appris que maman a bel et bien échappée, comme par miracle et vit à l’hospice des vieux, plusieurs familles ont reçu des nouvelles rassurantes sur son sort.Après quelques jours passés dans la caserne, on nous conduit dans un fantastique bain public, nous avons pu faire une douche, ensuite les femmes de la Croix Rouge nous ont enveloppés dans des draps réchauffés. Avant les docteurs nous avaient examinés avec soin pour voir si on n’avait pas des poux, sans méchanceté aucune ; nous avons pu ensuite laver nos cheveux avec un shampooing fin et les sécher au sécheur électrique comme chez un coiffeur de première classe.Ma petite fille Suzanne a été emmenée par la Croix-Rouge àl’hôpital.Nous avons été transportés dans une salle de gymnastique de la ville. Nous allons partir de là vers un camp permanent.Ici, déjà pendant le bain, nous avons reçu des chaussures, ceux qui en avaient le plus besoin. Mariette, ayant des chaussures en loques, a reçu des bottes qui appartenaient à la petite fille d’un fourreur originaire de Budapest.Le soir, nous avons eu une fête de chanukka fantastiquement émouvante dans l’entrée de la salle de gymnastique: le rabbi docteur Rothschild nous tenu un discours, tous, juifs, chrétiens, ont pleuré. Les citoyens et citoyennes de la ville ont distribué des douceurs à tous les enfants, sucreries, chocolat et beaucoup de pommes. La Croix Rouge a donné aux adultes – pour le moment à ceux qui en ont le plus besoin. Ainsi Anne a reçu une paire des chaussures et a pu jeter les semelles de bois en loques.Nous avons pu lire des journaux dès notre arrivée, des journaux libéraux fantastiques et tas de revues hebdomadaires, ce qui me procurait une joie particulière.Le lendemain matin, de nouveau nous avons tous reçu un petit-déjeuner avec du pain, fromage et jambon, beaucoup de pommes pour la route et nous sommes parties v[...]



Nous avons reçu la permission

2005-10-14T12:49:07.833+02:00

Laci est arrivé, avec Boris et leur petit Pierre, pour nous visiter et nous avons pu aller visiter Montreux avec eux. Nous avons pris spécialement de plaisir à ce déjeuner servi à la façon normale bourgeoise, (comme à l'hôtel Gellért ou Hungaria les meilleurs de Budapest), nous avons vu un film de la période de paix et l’après-midi, un goûter dans une pâtisserie aux panoramas merveilleux nous avons dégusté de délicieux gâteaux.Nous avons acheté de petites choses qui nous manquaient depuis longtemps. Autrement, nous avons reçu de la Croix-Rouge des choses plus ou moins fatiguées, mais en un état pas trop mauvais. Des chaussures, des pantoufles chaudes, des bas, des sous-vêtements, des pulls, des robes, etc. quelques-uns en ont même reçu plusieurs fois et tout le temps il y a de nouveaux arrivages.Au début, c’était un sentiment horrible de faire la queue pour recevoir les donations, mais nous nous y sommes habitués aussi à ça. Nous nous rassurons, que nous allons donner nous aussi davantage à ceux qui ont besoin aussitôt que nous le pourrons. Le franc suisse est une valeure très chère même à ceux qui ont de l’argent et l’on donne seulement une petite somme chaque mois, en plus beaucoup de choses ne peut être acheté qu’avec des bons, et nous les réfugiés, nous n’en avons pas reçu.Pour les fêtes de fin d’année, notre Susanne revient, elle a grossi deux kilos dans l’hôpital et nous apprenons avec délai qu’elle avait eu une pneumonie, nous avons pleuré de peur de ce qui aurait pu lui arriver. Mais dans l’hôpital, ils l’ont bien nourri, elle a été ensemble d’autres enfants, français et allemands, a reçu des cadeaux et s’est sentie bien.Nous complétons l’alimentation de masse d’ici avec beaucoup de sardines et autres nourritures sans bons, mais hélas, ceux qui n’ont pas d’argent s’en sortent assez difficilement, pourtant différentes institutions leur envoient de l’argent de poche mensuellement.Au moins, s’il ne ferait pas si froid. Les mains et les pieds des enfants se sont gelés et se sont couverts de plaies, il faut les panser déjà. Mais on a des bonnes couvertures chaudes et nous nous réchauffons sous les couvertures reçues. Hélas, même ici, on se met au lit aussitôt qu’on peut. La Suisse est entourée des états en guerre, il n’a pas beaucoup de charbon ni d’aliments. Mais nous recevons largement des pommes, des patates, des sardines, on sucre le thé avec de la saccharine, on a journellement du café au lait ou du cacao au lait.Des organismes juifs nous envoient des livres, nous avons une bibliothèque gratuite ainsi et elle est continuellement fournie avec de bons livres français, ce dont j’ai un grand plaisir et quelques autres aussi.Les enfants, conduits par Anne ont préparé un spectacle de danse pour la fête des arbres qui a eu lieu dans une belle salle de théâtre. Notre Suzanne avec une jolie danse, en tant qu’ange principal du milieu, a réveillé un à un les autres enfants arbres dormants (Mariette a été un petit arbre). Les « vents » ont dansé et les autres arbres aussi sont devenus vivants.Le journal hebdomadaire israélite de Zurich l’a souligné comme la meilleure de soirée des rescapés de Caux.Nous avons pu aussi nous réjouir d’un concert. Le chanteur d’opéra Erster accompagné par un violoniste, une celliste et un pianiste. Tous des artistes. Le colonel dirigeant de notre camp les a chaudement félicités, leur assurant de bons sentiments de la Suisse et leur souhaitant du courage pour l’avenir.Pour Pourim, notre camp a organisé une soirée drôle, puis le lendemain, une soirée sérieuse “Bunter Abend”, à laquelle Anne a participé aussi en dansant sur la musique de Rachmanino[...]



Caux, avril 22 1945

2005-10-14T13:14:57.400+02:00

Il y a eu des semaines merveilleusement belles et j’ai manqué de temps pour consigner mes impressions. Des jours pleins de soleil de printemps que nous avons essayé d'utiliser à plein, les quelques heures qu’on avait en à notre disposition, après avoir accompli nos travaux journaliers (laver, repasser, nettoyer, laver la vaisselle).Ceux qui sont au-dessous de 60 ans, en plus du service de chaque jour, doivent faire aussi tous les travaux de l’hôtel, mais tout resplendit ici de propreté dorénavant et le camp de rescapés de Caux est considéré comme le mieux tenu quoiqu’il y a un fort pourcentage d'intellectuels, des gens qui ne se sont pas occupés de tout ça auparavant.En grand partie, c'est dû au bon vouloir et à la compréhension bienveillante du responsable. Hermann Dezsö "commandant" enthousiaste, plein de bonne volonté et aussi débrouillard, notre responsable nouvellement élu après la libération de l’ancien, a réussi à obtenir beaucoup de choses de notre commandant qu’on ne réussissait pas avant. L’alimentation s’est améliorée un peu, les aliments principaux (le lait, le café, le sucre, le beurre, le fromage, les rations de marmelade), sont distribués selon les règles ; on a enfin la possibilité de se laver, de laver, de faire la vaisselle et des endroits pour les effectuer.Quoique’on ait de fantastiques salles de bains, les robinets des baignoires ont été fermés et nous ne pouvons prendre une douche que deux fois par mois, sinon nous apportons de l’eau chaud avec des seaux pour nous laver et nous nous « baignons » dans les lavabos. Nous avons réussi aussi à obtenir beaucoup de liberté.Il y a beaucoup de mouvement et d’inquiétude à l’intérieur de la vie d’un camp. De moins en moins de gens restent.D’abord, on a commencé à mettre les enfants dans des internats. Certains parents donnent leurs enfants dans des internats pour les préparer à aller en Palestine, des institutions juives, tenus par IHUD ou SOMER. Les parents mettent pendant deux ans leurs enfants là pour les éduquer, ils y sont élevés sans frais pour devenir de bons travailleurs enthousiastes futurs en Palestine, on leur donne tout ce qui est le meilleur et ils vivent dans une communauté idéale déjà là, les enfants deviennent des travailleurs intelligents, entiers et aussi de bons juifs.Après beaucoup de soucis et réflexion Anna voulant partir elle aussi en Palestine, a mis ses filles dans un tel internat. Beaucoup d’anxiété, de crève-cœur (il faut se séparer des enfants pour deux années entières) et beaucoup de travail pour les préparer, finalement, leurs vêtements reçus de la Croix-Rouge beaux au moins beaux ont été réparés par leur mère très habile proprement et soigneusement.La semaine avant leur départ, Anne ou moi avons emmené les enfants en diverses excursions pour qu’il leur reste des beaux souvenirs de ces temps. J’ai été avec eux à Montreux, nous sommes allé à une pâtisserie et au cinéma ; j’ai été séparément avec Suzanne à Villeneuve, une petite ville charmante à côté de Lac Leman, renommé par ses maisons restées tel quel depuis le XV - XVI - XVII siècle.Nous nous sommes promenés sur la rivière de lac de Genève et nous avons admiré le château de Chilon, aménagé comme à l’époque, utilisé en grand partie comme musée. Sur l’un des piliers de sa cave Lord Byron a gravé son nom. L’emplacement est très intéressant avec sa construction qui s’étend au-dessus de l’eau. De là nous nous sommes allés plus loin, à Terit puis avec le téléphérique entre des jardins-rochers splendides nous sommes retournés en huit minutes à Glion .La végétation de Suisse est étonnante.À côté des[...]



Caux, 29 avril 1945 l'épée de Damoclès

2005-10-14T13:45:20.130+02:00

Je ne sais pas encore combien de temps je pourrais écrire C a u x.Cette épée de Damoclès, dessus notre tête depuis des mois, commence à s’en rapprocher dangereusement. Nous avons été autorisé à entrer en Suisse que comme “groupe en transit”. Kasztner Rezsö n’a réussi à nous libérer de l’enfer allemand et à faire venir ce groupe en Suisse.Avec l’aide d’UNRRA, aide matérielle et spirituelle, il avait promis que quand on pourrait circuler, on nous emmeneraient dans un camp de l'ONU ailleurs, puisqu’en Suisse on avait déjà 100.000 réfugiés. Nous le savions bien, mais d’un côté nous espérions aller directement en Palestine ou qu’on va pouvoir retourner à notre ancien domicile sans passer par d’autres endroits intermédiaires.Nous avons essayé de s’opposer à ce départ. Je sais par exemple que s’ils nous emmènent à Alger, son climat sous tropical n’est pas très bon pour nous, après nos épreuves, nous espérions pouvoir attendre dans un climat tempéré d’Europe centrale jusqu'à ce que les routes s’ouvrent et chacun pourra choisir librement sa demeure.Dans les réunions de C a m p, des articles de journaux, des télégrammes à Truman le nouveau président du USA, à Churchill, a Steiger, le président de Suisse, aux chefs de UNRA d’ici, de toutes les façons imaginables, nous gesticulons et nous opposons que malgré l’esprit démocratique suisse, au lieu de nous laisser partir librement, on nous déporte encore une fois contre notre volonté. Il paraît maintenant que cette lutte héroïque a capoté à cause de la volonté de la Suisse et la partie américaine de UNRA d’ici. C’est décidé, et probablement la majorité de notre groupe va être mis sur la route déjà à la fin de cette semaine, pour qu’on donne la place à d’autres réfugiés.Comme la Suisse l'a souligné, après ces cinq mois quand ils nous ont donné 'tout bon et beau et ayant vécu sans souci majeurs' grâce à leur hospitalité. C’est ainsi que je vois les choses en gros.Beaucoup d’entre nous n’approuvons pas vraiment la dernière décision de nos responsables, proposant pour protester mettre l’étoile Jaune, démontrer que « de Suisse on peut envoyer des rescapés contre leurs volontés, il ne se le permettrait qu’avec des juifs ». Cette démonstration a été suspendue pour le moment puisque beaucoup s’y sont opposés et nous espérons que nous ne serons pas obligés à en arriver là. Ce qu’a réussi à obtenir notre groupe est qu’on n’oblige pas à partir de force les malades graves et ceux qui ont plus de 70 ans.Le terme boutoir du 2 mai a été prolongé, mais nous devons être prêts à toute éventualité.Peut-être les événements politiques interviennent favorablement, ouvrant la route pour rentrer chez nous à la maison (?).À la maison ! Où est-ce chez nous ?Notre vieux domicile n’existe plus en grand partie, et de toute façon, c’est tout à fait ravagé, dispersé ; la Palestine - où l’on voulait partir - n’ouvre pas encore ses portes, puisque les Anglais ne donnent pas des certificats d’immigration et le juif errant toujours erre… Et à côté de tout ceci, nous sommes ceux qui sont heureux, ceux qui ont échappé !!!Les troupes américaines, anglaises et russes, sur le chemin de leurs batailles pour détruire l’Allemagne ont trouvé les nôtres, dans les camps libérés, dans un incroyable état, barbarement affamés, torturés à mort, au moins ceux encore vivants. Mon Dieu, qui de nos chers allons nous revoir ?Cela ne sert à rien que l’expiation est en route, que l’Allemagne est presque entièrement détruite, que 25 % de la population à été victime de la guerre, que Ber[...]



Paix!

2005-10-14T13:54:40.233+02:00

Caux sur Montreux, 8 mai 1945, à 4 heures d’après-midi

L’émission hongroise du radio anglais vient d’annoncer :

« Cette après-midi,
à deux heures les armés Allemands ont déposé les armes sans condition. »

La guerre est ainsi finie.


Paix !


Temps d’été ensoleillé. Lundi. Jour historique !

Enfin, après 5 ans et 8 mois, d'incroyables horreurs , souffrances, tortures barbares, harcèlements, la destruction de l’Europe, et pour nous juifs surtout, venant hélas trop tard, on a mis enfin une fin !

Nos chers déportés amis et familles, reviendront-ils ? Qui est-ce encore en vie? Qui est-ce retournera sans de graves séquelles corporelles, psychologiques? C’est encore une grande marque d’interrogation. Avec cet énorme poids sur notre cœur nous ne pouvons être aussi heureux aussi librement que les autres, mais nous espérons encore revoir plusieurs entre nos aimés, autant que nous avons peur et nous sommes angoissés que non, mais malgré tout ce sont des jours d’énorme signification.



Nous avons souhaité

2015-01-28T09:57:25.275+01:00

Nous avons souhaité naturellement, si on ne pouvait pas passer le premier jour de paix avec notre fils, ou alors, qu'au moins on nous permet à lui téléphoner. Ce n’a pas été possible non plus. Mais mon fils a senti le même désir et il nous a écrit, et le 11 mai il est venu nous voir et il nous a consacré toute une journée.Nous avons parlé de beaucoup des choses, surtout des premiers mois de la dernière année, comment nous avons réussi à échapper, nous avons pensé avec tristesse, avec le cœur assombri à tous qui n’ont pas réussi, malgré tous les efforts, d’entrer dans cette action de secours, paraissant peu sûre à l’époque, à ceux qui sont retenus comme otages à l’enfer de Bergen-Belsen et dont nous n’avons des nouvelles sûres. Nous espérons encore, que les Allemands n’ont pas réussi d’emporter avec eux la mère de Boriska et les autres membres de sa famille et qu’ils sont restés dans les mains des libérateurs. Kasztner les a vus, mais ils étaient très amaigris mais en santé.Laci nous a raconté qu’il y avait une énorme fête à Genève.En quelques minutes toutes les maisons ont été décorées, les vitrines aussi, pleins de drapeau partout dans les rues devenues pleines, le monde se réjouissait, criait hurrah, les enfants revenus de l’école ont défilé avec des petits drapeaux. La fête a duré deux jours sans cesse.Une fontaine illuminé toute la nuit, des jeux d’artifices, chants, joies, buveries. Le matin tout a été vivant, les endroits à se s’amuser et se réjouir, les cafés, les rues plaines des gens comme au carnaval à Nice ou la fin de l’année à Londres.Bien sûr, on ne parle plus d’Alger, pour le moment notre départ a été retardé, ensuite on a parlé de notre départ vers Italie, à Bari. Une grande opération a commencé pour faire une brèche dans le mur de la coalition qui ne nous laisse pas entrer en Palestine. Nous attendons que les frontières s’ouvrent pour nous aussi. De tout notre cœur, nous voulons désirons revoir le plus tôt possible nos chers dont nous avons été séparés. Je voudrais tellement revoir ma fille Katinka avec sa fille Julie et son mari.J’ai commencé d’écrire ce journal dans le wagon bringuebalant, numéro 35, le wagon des malades, en pensant déjà alors, comme plus tard en espérant seulement avec peur, pourrais-je leur raconter en joie et le lire avec eux mes notes ? Que nous est-il arrivé depuis que nous nous sommes séparés ! Eux aussi ont vécu des choses horribles sûrement.Dans un des télégrammes envoyée par Katinka il y a : « Au milieu de luttes nous nous sommes échappés de Buda à Pest sur l’eau glacée de la rivière Danube, avec l’aide du papier de San - Salvador reçu de toi. Merci. »Mon cher fils Laci a été le salvateur de nous tous. C’est lui qui a envoyé les papiers San - Salvador à travers le secrétaire d’Ambassade Mantello, en les reconnaissant comme des citoyens ; des papiers ressemblants ont été reçus dans les dernières heures aussi par les frères d’Emil et sa sœur Anniko.Nous avons reçu des télégrammes affolants avec demande SOS. Nous sommes entre ceux qui ont eu de chance, la famille la plus proches, les enfants, les petits-enfants, ma mère, les frères d’Emil et leurs familles n’ont pas été piétinés, écrasés impitoyablement par l’horreur sans pitié, n’a pas été mangée par le monstre allemand, l’atrocité hitlérienneMais nous avons aussi beaucoup des pertes.Mes deux cher frères. Mon plus petit, Karl, que j’aime presque comme mon propre enfant, j’étais déjà grande fille quand il est né et grandi, il passait tou[...]



La vie est tumultueux

2015-01-28T08:54:54.011+01:00

Caux, 18 mai 1945Si le dicton disant que la vie est belle quand il est tumultueux est vrai, alors dans notre camp de Caux, cela se confirme, toujours.À peine passé le danger qu’on nous emporte en Alger, à cause pas seulement de nos protestations et pétitions déposées partout, mais surtout de la paix survenue - nous avons eu une réunion grande et festive pour fêter Kazster Rezsö, le sauveur de ce groupe. Il a raconté beaucoup des détails extrêmement atterrants de la destruction par les Allemands et les Hongrois - qui dépassaient en horreurs et dimension les plus horribles tortures de moyen âge de loin ; dont on parle dorénavant même dans les journaux, la destruction systématique avec moyens modernes et tortures incroyables, auquel a tombé victime 90 % des juifs d’Europe.Nous sentons que nous ne pouvons supporter cette énorme tristesse, le poids de la douleur. Nous sommes depuis détruits psychologiquement, nous n’arrivons pas à comprendre, percevoir comment nous avons pu échapper, quelques-uns, ce petit pourcentage.Caux, 4 juinPour la journée d’aujourd’hui notre départ était décidé malgré tout. Á la demande spéciale des Suisses, les Américains et ONU ont choisi ce jour-ci-ci-ci pour nous transporter d’ici jusqu’on obtienne des visas d’entrés. Ils veulent nous prendre à Tunis.De nouveau habiter dans des baraques, même si sous hospices plus amicaux et moins dangereux, partir, être jetés ici et là, nous en frémissons tous, d’autant plus qu’en Afrique nous attend le contraire de froid physique effectif : pour les ceux d’Europe centrale de la canicule difficilement supportable. À cela s’ajoute, que nous avons demandé le droit d’entrer en Palestine à partir de Suisse pour le groupe de Bergen-Belsen et il ne peut pas être remis dans une autre payse ou par quelqu’un d’autre. Et si on peut, c’est après un très long et difficile procédure et pas sûre.1er juilletQue pouvaient faire les membres « république » de Caux ? Ils ont décidé de faire du r é s i s t e n c e p a s s i v e avec l’accord de notre président plein de bonne volonté, mais avec des gestes et des façons un peu trop Europe Central. « Nous ne partons pas d’ici dans un lieu de transit. Nous nous enfermons dans nos chambres, s’il arrive à cela. »Les dames de FHD ont passé de chambre en chambre nous disant : « S’il vous plaît, faites vos bagages jusqu’à demain et qu’ils soient prêts pour contrôle à dix heure dans la salle de bas. »Nous avons tous répondu : « Nous n’allons pas faire les bagages. »Certains ont affiché sur le mur de salle à manger des dessins et des affiches blessants pour les Suisses (nos chefs les ont enlevés rapidement, mais les Suisses l’ont lu et se sont sentis extrêmement fâchés). Ce qui a été le couronnement de notre attitude inamicale, nos hôtes Suisse ont eu assez et ils ont décidé la dernière minute - quand nous avons réellement reçu 700 certificats - prouvant que nous ne voulons pas abuser de droit d’hôte, que s’ils ne peuvent pas nous transférer ni à Alger, ni à Bari aussitôt, ils nous mettront dans un camp de punition Ils mettront nos chefs, Dezsö Hermann et les autres dans un camp séparé, et nous dans des baraques à Monthey. De nouveau, nous dormons sur le bois, à côté d’une sucrerie hors d’usage, tout près de dépotoir et de l’écoulement de l’eau sale.Ils ont demandé la démission d’Hermann. Dr Weiss nommé à sa place, après quelques jours très durs, avec ses mains chanceux et des moyens tranquilles et diplomatie, en parlant bien des langues, a réussi trè[...]



Les Avants, août 21 1945

2005-05-26T18:30:48.643+02:00

Les Avants, 27 juillet 1945Hôtel des Sports où nous habitons est plus intime que l’Esplanade de Caux. Notre chambre et les autres aussi sont par contre extrêmement petites, les lits sont en réalité des lits de camps en bois et moi j’ai seulement un paillasson par terre. Nous trois, Emil, Anne et moi, nous pouvons à peine bouger dans la chambre. Anne dit, qu’ici, quand un homme entre, deux doivent sortir. Mais il y a dans l’hôtel une salle de lecture agréable.Nous avons été en permission à Genève et entre temps à Glion s’est déclarée une épidémie de typhus (7 cas), et bien sûr on cherchait entre les réfugiés les propagateurs de l’épidémie. Ils ont décidé la quarantaine et nous avons été obligés à rentrer aussitôt. Après trois piqûres et trois semaines de quarantaine et toutes sortes des examens, il s’est avéré que ce n’est pas nous qui avons apporté l’épidémie.Entre temps, Anna a obtenu une chambre pour elle toute seule.Il faut reconnaître que la quarantaine n’était pas trop sévère. En réalité, nous avions de liberté absolue, reconnaissons-le. Le soldat qui nous surveillait la nuit et le jour devant notre porte, le symbole de notre liberté, n’était là que pour la forme. Schmith, le comandant est gentil, agréable et compréhensif avec les problèmes de notre groupe.Hier, Anne avec Suzanne et Mariette sont partis vers Palestine.La copie de début de ce journal (ci-dessus) recopié sur la machine à écrire en 21 pages par Sidonie donné à sa fille cadet Anna (Anci Heller Weiss) avant leur départ. Écrit pour sa famille, sa fille Katinka et ses petits enfants.Donné en 1968 aux conservateurs de Yad Washem traduit en allemand et l’original hongrois.En 1999 on a retrouvé le manuscrit (le cahier) original, dans lequel, après la départ de sa fille Anne, Sidonie a continué de noter son odyssée. Il a été déposé par une de mes cousines au musée de Holocauste de Jérusalem. Anna Weiss en a reçu une copie ainsi que son fils qui m’en a envoyé à moi (Julie, la seule petite fille de Sidonie qui n’a pas été avec elle pendant ses péripéties. J’ai commencé à la traduire, voilà son premier jet. Je l’ai aussi traduit en anglais et un américain sur le Web a corrigé cette version anglaise.Voilà la suite de récit de Sidonie, ne figurant pas dans la première version dactylographiée, donné à sa fille lors le départ de celle-ci, mais qu’elle a ajouté dans le cahier original (dont j'ai la photocopie et qui est en hongrois).Les Avants, 21 août 1945Hier sont partis Anna et ses deux filles.Entre beaucoup d’émotions nous avons découvert que la première groupe partira le 17 août vers Palestine. Ils ont lu les noms ceux qui y seront. Il y avait 700.Le bateau américain les attend en Italie, ils resteront là seulement quelque jour dans un camp ONU. À partir de la frontière, c’est les Américains qui s’occuperont du groupe, on dit largement.Grandes préparations. On coud, on achète, on trouve ce qu’il faut encore. On distribue de l’aide spécialement pour cela. Anna a été pourvue royalement par son frère. On essaie de trouver différentes choses, dont on dit qu’on ne peut pas trouver là ou difficilement.Susanne et Mariette sont venu il y a une semaine en vacances, pour qu’on puisse leur dire au revoir. Pierre est aussi chez nous cette semaine. De nouveau notre vie est colorée, seulement la séparation qui a jeté d’ombre d’avance. Les larmes d’Emil coulent sans cesse.Les enfants sont retournés déjà. Nous avons accompagné Anne jusqu’à Brigue. Les dif[...]



Engelberg 1945 septembre

2005-05-26T18:32:13.650+02:00

(Page 122 du cahier manuscrit)Nous étions vingt huit restés à Les Avants, à l’hôtel Sport. Quelques jours plus tard, nous avons reçu l’annonce : les camps de soldats vont être fermés et nous partons tous à Engelberg, dans un Maison (Heim). Nous n’avons pas reçu nos deux semaines de congés promis depuis longtemps, pourtant Boriska s’en est préoccupé, puisqu’ils étaient à Luzerne pour ses semaines (de merveilleux artistes ont participé, Pablo Casals, Jehudi Menuhim, etc) ils auraient été heureux d’avoir entre temps avec les enfants les grand parents.) Mais pour les autorités suisses rien n’est urgent.Donc, nous sommes parties tôt le matin tous les vingt-huit, le commandant Schmith nous a accompagné personnellement! En réalité il voulait encore se promener à Bern. À notre demande, il a organisé la route de façon qu’on puisse y rester deux heures, nous aussi. ayant ainsi réussi d’avoir un aperçu général de cette ville très vieille est spécialement intéressant et beau. Il a un parlement d’un style original, une rue très longue de la rivière jusqu’à Gerechigkuts Gasse, spécialement intéressant.Des maisons avec des murs de couleur anciens et avec arcades, chacun une œuvre d’art en soi, les passages couverts. Après chaque six à huit maisons, des merveilleuses fontaines avec des sculptures, la ville entourée de montagnes… c’est une beauté irréaliste. Bien sûr, partout le symbole de la ville, “ Bàren ” Grube, avec ses ours amicaux, distribuant de morceaux de nourriture avec ses poignés serrés.Nous n’avons pas pu rester à Luzeim, mais son port est très beau, le lac Vierwaldstetten est bleu azur, les oies sauvages y habitent, et le train avec (dents) nous a conduit à travers une route de montagne d’une heure et demie très belle, près des montagnes, dans un lieu de bains et de vacances à 1200 mètres.Ceci est dans une vallée, entouré de tous les côtés, d’un côté par des montagnes toutes droite de 3000 mètres, blanchis de neige. Beaucoup d’excursions (d’après le prospectus 50) vers partout. Beaucoup de funiculaires, mènent à des hôtels encore plus en haut, certains en ont de funiculaires privés que son public peut utiliser gratuitement. Les réfugiés sont logés dans quatre hôtels très bons, chacun conduit séparément. Très compréhensif, pour nous, les juifs, cela compense beaucoup d’exigences justifiées.Nous demeurons à Titlis, comme disait Emil en se référant à Laci, et seulement ensuite l’a-il mis en guillemets, parce que nous ne « demeurons » pas, mais on nous a « placés ». Nous avons reçus de chambre vers le nord (le soir reçoit seulement un peu de soleil), mais avec de merveilleux lit, de meubles anciens, de tapis devant le lit, l’eau courante draps de lit d’un blancheur impeccable, édredon fantastique et couverture de laine! La table est mise avec de la porcelaine, on mange bien.Il y a énormément ici de Theresiendstadt, entre eux surtout 60 à 80 et beaucoup de femmes. Au début, on croyait que les Allemands ont laissé ses vieux partir en Suisse. Nous avons ensuite appris que pas du tout : mais comme de Theresienstadt, de ghetto “modèle” de temps en temps ils faisaient des groupes et les envoyaient au mieux, mais moins souvent, en autres camps de concentrations, à “Vernichtungslàgerbe”, la plupart de temps, ils les tuaient avec de gaz.Cette fois, ils n’ont pas cru, non plus, qu’on va les emmener en Suisse pour qu’ils s’échappe vraiment. Personne ne voulait aller de lui même. Le conseil ju[...]



Mon frère Hugo m’écrit

2005-10-10T06:47:07.960+02:00

Le 20 août mon frère ainé, Hugo, m'écrit.Voilà quelques détails de sa lettre :Nous sommes à Pilsen en route vers la maison, mon bru Pista est resté à Erdeng. Je rentre à Kolozsvàr, ensuite ou je reviens, ou Pista rentre aussi. Hélas, depuis Auschwitz, on n’a aucune nouvelle de ma femme Irène et ma fille Judith. Il paraît que mon cadet, Eve, est à Stockholm. Essayez de la retrouver, vous aussi. Il paraît que notre maman est en vie. Je n’ai aucune nouvelle de mon frère Kàroly ni sa famille. J’ai vécu des choses absolument horribles, mais j’existe. J’ai retrouvé Edith Hirsch qui travaille pour les américains. Demandez vous aussi mon frère Jozsi de Roumanie de chercher ma fille Éva, au moins que je puisse la sauver. Les choses d’argent (il en parle) ne sont pas importantes, rien n’est important, sauf qu’Irène, Judith et Éva soient retrouvées, sauves. Peut-être j’ai encore d’espoir, parce que je n’ai aucune nouvelle sûres d’elles, jusque maintenant je n’ai pas trouvé personne qui les aurait vus. Quelqu’un aurait entendu de quelqu’un d’autre qu’en octobre dernier, elles auraient été encore à Auschwitz, mais dans un très mauvais état et elles ne réussissaient plus à supporter la faim, etc. Malgré tout, je crois encore en Dieu !” Éva est en vie, mais Irène, Judith ??? (his wife and one of the daughters, helas...)Mais comment est resté en vie Éva ?! Quand elle s’est enfuie à Torda, en Roumanie, où l’attendait des papier roumains, que son fiancé Serban Raoul lui avait trouvé, elle a été rattrapée et donnée dans les mains de Gestapo qui l’ont ramenée et tenue pendant un temps dans la cave de leur merveilleuse maison (Péter Pàl), puis l’ont mis en prison, puis elle est arrivé de là dans le camp de concentration de fabrique de briques de Kolozsvàr. Le jour de grand bombardement de Kolozsvàr est s’est échappé, elle s’est cachée chez son ami Raoul. Des détectives ont attrapé la fille de Lajos Simon avec son jeune mari (à qui on l’a marié dans le camp de concentration en espérant qu’il va le prendre en Roumanie.) Ils n’ont pas réussi, ils l’ont interrogé, où peut?on retrouver Éva (ils ne savaient que son prénom). Ils l’ont obligé de divulguer le nom de Mici, qui était la seule sachant où elle se trouvait cachée. Ils sont ensuite allé chez lui, le détective, disant qu’il est le chauffeur de Laci et qu’il veut emmener Éva à Budapest. Mici, la secrétaire chrétienne fidèle et bon depuis des dizaines d’années de Hugo les a alors emmené là-bas, ensuite il a sorti son revolver et a tiré Éva avec lui (avec un deuxième qui est paru d’un coup). Eva est arrivé à Auschwitz, de là dans plusieurs camps, elle n’avait plus que 36 kilos, à peine pouvait-elle supporter la faim, ils l’ont obligé de partir pour fuir des anglais à Bergen-Belsen, de là près de Hambourg, finalement, ensemble avec 10000 autres déportés. 1000 entre eux était déjà presque mort de faim juste avant qu’on les tue, et quelques jours avant la paix, la Croix Rouge Suédois les a sauvés. J’ai reçu d’elle une lettre fort triste. Elle avait compris, d’un télégramme erroné, que son fiancé Raoul ne vit plus. “Je voudrais être à la place de ma sœur Judith”. Elle n’espérait plus du tout que Judith ou son mari vivent encore, son fiancé Raoul, non plus. Il s’est avéré depuis que Raoul, pendant les bouleversement, est probablement prisonnier politique. On ne reçoit que des télégrammes de [...]



30 septembre, Engelberg

2005-05-26T18:35:19.293+02:00

Les fêtes d’automne. Que c’était émouvant et triste l’année dernière, à Bergen-Belsen. Et aujourd’hui il y a une année, à Simchat-Tora, là, il était par hasard un jour un peu plus sec. Les enfants sont sortis des baraques, une centaine, avec leurs minuscules drapeaux bleu blanc ils sont passés dans la cour pleine de boue et des flaques d’eau. Très difficilement croyions nous alors, que la majorité de ces enfants, cette année pourront fêter le Tora en Erecz Izrael.Combien cette fête peut être saisissant là-bas. Mais c’est horrible de savoir que les autres enfants, déportés, ont été arrachés de leur mères , mari de son épouse et les vieux avec les enfants, comme il s’avère maintenant de jour en jour, par les témoignage dans le tribunal des criminels de guerre : ils les ont détruit avec des moyens incroyablement horribles. Les mères qui n’ont pas laissé échapper le main de leur petit enfant étaient emportés avec eux aussitôt arrivés dans le camp, dans la chambre à gaz et tués, détruits. On a procédé de même avec les vieux, les malades.Non, je ne veux pas donner des détails, je voudrais ne pas y penser, mais hélas je n’arrives pas avec cela faire que tout cela ne soit pas arrivé, que qui est arrivé, tout qu’on n’a pas réussi à faire qu’il n’arrive pas, on ne croyait pas qu’il puisse arriver ; espérant de miracle, cachant notre tête dans le sable, nous avons laissé au-dessus de notre tête et sur notre sang et cœur souffrir. Des millions de martyres crient vengeance. Mais on ne peut même pas avoir assez venger, jamais. Moi, qui étais toujours celle qui pardonnait, je me surprends, quand je lis, qu’on a réussi à rattraper un criminel de guerre, je jubile et un sentiment me prend, disant que n’importe quoi n’est pas assez, ce qu’ils reçoivent en retour : que les Chehoslovaques envoient avec méchanceté de milliers de allemands küdet en Allemagne. Mais pas dans des chambres de gaz.Les criminels de guerre vont être jugés. Mais ils ne souffrent pas millier de tortures, ne seront pas épuisés par famine, torture, jetés sur les routes - ils ne souffriront pas un mort de tortures horribles. À Berlin, les Allemands ont faim et froid. Mais ils ne souffrent pas l’enfer de l’enfer, et si oui, si déjà assez relativement, qu’ils ont aidé leur Führer et ses acolytes de faire, ou ont fermé les yeux qu’ils fassent…Hélas, tout cela ne va pas nous ramener nos chers. Ne fera que ce qui est arrivé ne soit pas arrivé…1945. Engelberg octobrePremière lettre d’Anna de Palestineenvoyé de Asled,5 septembre 1945Je ne t’es pas écrit, je n’avais même pas de papier, mais je n’ai plus de patience d’attendre jusqu’à nous soyons libres. La route était plus dure qu’on croyait, mais aussi intéressant, que cela valait la peine. Arrivés en Italie, nous étions étonnés et ébahis par la différence entre les deux pays! Nous avons aperçu le train sur lequel nous devions passer, vieux et fatigué, pour transport de marchandise. Alors les ’élèves’ de Herman voulaient aussitôt ’résister’. Nous avons quand même transféré heureusement, même ainsi nous avons eu honte après. Les Italiens voyagent dans wagons des bestiaux, une sur le dos de l’autre, dans le soleil brûlant. Et seulement les peu heureux, chanceux, parce que en général, il faut transvaser dans les salles de gares et attendre des jours un train.Ce pays montre une image horrible de guerre. Tout est incroyablemen[...]



Genève, janvier 1946

2005-05-26T18:36:55.920+02:00

Nous avons reçu la permission à partir de 6 octobre 1945, notre libération, pour le moment pour un mois, due à l’invitation et les frais payés par Laci. Nous avons dit adieu à Engelberg à tous avec qui nous sommes devenus amis, chaleureux, espérant qu’entre temps nous recevons notre transfert définitif ici.À Genf nous avons habité une pension - home Beau Séjour pendant quelques semaines, où arrivent en permission ceux non libérés pour passer un certain temps, et où vivent les libérés ayant peu d’argent. C’est une pension aidée par la Croix-Rouge, coûte 5 francs par jour, mais l’alimentation est très mauvaise, il a besoin d’être supplémenté. Sinon c’était agréable, nous avions une chambre de sud grand et beau, un beau panorama, un bon lit, on nettoyait notre chambre, le petit-déjeuner été servi au lit. On pouvait faire du bain n’importe quand.Après quelques semaines, nous sommes déjà venus ici, Val Fleuri, une villa de deux étages très belle, presque comme un château, qu’on prépare déjà depuis des mois pour les réfugiés à ’Revivre’, pour les invalides et les suisses retournés pour leur apprendre à retravailler : la directrice et son petit garçon, le directeur, un jardinier diplômé. En arrivant, nous attendait un jeune courrier français qui portait des lettres, un engineur mécanique qui revient après avoir vécu 25 ans en Grèce.Et nous : une goûte dans l’océan Suisse. Nous avons reçu ici une chambre sud, ayant coin lavabo séparé et une très grande terrasse. Tant le grenier que le cellier de la maison est rempli des dons de Suisse, des portraits, des meubles, de vaisselle, de tapis, bric en brac. Le directeur et président de Revivre, nous a permis, nous a demandé même, d’en choisir pour rendre notre chambre agréable. Lentement, nous l’avons fait, nous avons transformés ainsi le lit d’hôpital à un sofa de coin et dorénavant, en ayant séparé avec un rideau fleuri, de meubles de raphia, des coussins, des couverture sur le table, de tapis.Notre chambre est comme s’il serait notre maison, nous étions heureux. Nous sommes très redevable à notre cher Laci, qu’il a arrangé et qu’on puisse être ici. Tamàska est souvent chez nous, il a même habité ici pendant dix jours pendant que Boris et Laci ont été à Davos, où dans le cadre d’un « Chaletfabrik » (fabrique des chalets) d’un côté, le Revivre de l’autre, il conduit de construction de maisons de bois Laci et il a reçu pour cela le droit de travail, ce qui est un grand fait en Suisse! Ils apprécient beaucoup ce qu’il fait. Pourvue qu’il réussisse de trouver assez des clients et ordres et matériels, et de permis de transport. Il a énormément des soucis et à faire.À côté de cela, il s’occupe aussi de nous et d’Anna, de la famille de Boriska, sa femme. Nous attendons que Ella puisse venir; Meta et Margitchen sont à Paris, ils ont invité aussi Heta pour quelques semaines et elle a habité ici avec nous surtout. Entre temps, grande inquiétude, Pali, qui est allé à la maison à Budapest, qui doit revenir et n’arrive pas. Enfin, il est arrivé en novembre, il peut rester ici deux semaines et il retourne pour représenter Laci.Bebi, (la sœur de Boriska) est resté, comme Boriska vient de me raconter, puisque Laci l’a convaincu. Qu’ils soient tous là enfin. Je me suis mal senti, puisque Boriska m’a dit, c’est à cause de Laci que sa sœur Bébi n’est pas ensemble avec son [...]



Davos, 1946 mai

2005-05-26T18:38:17.060+02:00

Nous avons passé six mois à Genève, à Val Fleuri.En janvier est arrivé de Luxemburg un groupe de jeunes garçons invalides de 22 à 30 ans qui ont énormément soufferts : les allemands les ont conscrit contre leur gré et ils ont du lutter. Il leur manque un jambe ou un main et ils utilisent des protèges à la place. Ils sont dans un état psychologique étonnement bon, bruyants, mais, bien sur, quand même fort déprimés.La plupart entre eux ne veut pas retravailler.Malheureusement, le “Revivre” n’est pas organisé comme nous l’avions cru : on a trouvé énormément d’abus, perpétué par des responsables auxquels on avait confiance et cela a apporté et apporte encore beaucoup de souci et problèmes, entre autres, aussi à notre fils qui espérait beaucoup d’eux, tout comme les autres. À la place d’un commande de 500 baraques, on lui a commandé seulement 25 finalement, et même ceux ci payés moins que les premiers modèles, il lui ont coûté ainsi plus qu’il en ait gagné et il a des soucis et d’inquiétude - et bien sûr, tout ceci nous a provoqué des problèmes à nous aussi et des inquiétudes dans cesse.Bien sûr, le Val Fleuri a lui aussi un nouveau direction mais malheureusement le nouveau directeur est comme “un nazi” fort antipathique qu’on appelle tous, depuis qu’une fois cela m’a échappé, “Docteur Mefisto”. Il a tout essayé pour mettre dehors tous les anciens suisses et comme il n’a pas réussi à nous faire « disparaître », il regarde notre groupe de travers, comme inexistant.Cette groupe est composé d’Ernö et Elise Birschitz avec leur belle mère et enfants, Juci et Dezsö Bergner et leur enfants, Miki Glanz et Anna Szabo, nous deux et madame Farkas. Nous travaillons presque tous dans le cours de tricotage, conduite par un homme génial, Arthur Briggs. C’est le seul groupe qui produit, d’innombrables visiteurs suisses et d’ailleurs, officiels et privés, sont donc conduits tous vers nous et on nous présente comme des « phénomènes tricoteurs », qui après un ou deux mois de travail ont réussi déjà à tisser de belles choses décoratives, sur les métiers à tisser installés par Briggs.Briggs, d’origine russe, est un artiste peintre et sculpteur de 48 ans, d’un culture étendu, cerveau aiguisé, intéressant, éloquent, amical, amusant. Il s’occupe aussi de chiromancie et graphologie, il est fort sympathique et nous apprécie, il dit que nous sommes son groupe élite. Il enseigne plusieurs autres groupes, responsabilité que lui a confié le ZL, entre autres, un plus grand en Moulasse, environ 160 garçons juif religieux libérés de Buchenwald. Leur famille ont péri et ils sont tous restés seuls, après plusieurs années d’horribles souffrances.Briggs est juif, lui aussi. Son plus belle « œuvre » est sa fille de dix-huit ans. A Paques il nous l’a présenté et effectivement elle est une jeune fille idéale, chaude, fine comme celles d’autan. Une âme pure, charmante et fort modeste, fantastique.Briggs cultivait depuis deux ans le souvenir de sa femme adoré décédé et c’est à son souvenir qu’il s’occupe de la tisanerie, dont s’occupait jusqu’à sa mort il y a deux ans sa femme, sur leur petit domaine à Pforzan près de Lugano, utilisant même leur propre laine.Nous sommes tous enthousiasmés par lui et il a découvert lui aussi des qualités dans chacun de nous, mais, après deux ans de deuil, il a eu le coup de foudr[...]



Fin juin 1946

2005-05-26T18:41:39.056+02:00

Nous sommes partis de Budapest il y a deux ans sur la route, dans le wagon de bestiaux branlant, celle décrit dans cette journal. Depuis deux ans, notre sort, le triste sort juif, nous a jeté sur les routes.La destinée, amorcé par Hitler en 1933 dès sa venu au pouvoir, la destinée prédit à ce moment déjà dans son article de fond par Ernö Màrton dans le quotidien Ujkelet de Kolozsvàr, que ni à ce moment là, ni plus tard, de millions de juifs n’ont pas voulu, n’ont pas pu croire.Mon beau frère et ami aimé intelligent, bon, Lajos Tamàr, en mai et juin 1944, il y a juste deux ans, quand nous avons été obligés de raconter, lors nos mardis familiaux, les nouvelles de Kolozsvàr sur le camp de concentration installé dans la fabrique de briques et le commencement des déportations en Allemagne, ne pouvant signifier que le pire, il nous a accusé d’être les colporteurs des fausses nouvelles d’horreurs et nous regardait comme ceux, ayant détruit l’ambiance agréable de la réunion de famille !Quelle est donc le sort de notre petite famille qui, parmi des millions, est une des familles les plus chanceux d’Europe après la brûlure ?Nous deux, vieux, vivons, vivent aussi nos enfants, nos petits enfants, nous avons échappés…Ont été sacrifiés : le mari de notre fille cadet, notre fierté. Une veuve, deux orphelines…Massacré les parents adorés du mari de ma fille aîné, sa sœur unique avec son mari et sa fille gentille comme une ange.Disparus à jamais mon cher frère cadet, sa femme, son fils formidable ; une autre de mes belle sœurs fort aimé, âme fine, esprit fort, caractère brillante, qui est mort probablement à cause de son attachement à sa mère ; mon oncle avec toute sa famille, énormément d’autres parents jeunes et plein d’autres parents. Le frère d’Emil avec sa femme a été massacré par les nazis hongrois, tout comme le mari de sa sœur Aniko. Mon beau frère Lajos, rescapé de l’assaut de ville après avoir fuit avec succès de camp, de énorme faim et bombardements, finalement est mort lui aussi, tombant à la suite de ces temps…Et nous sommes de nouveau ici, dans cette contré magnifique, à Montreux Territet, et dans une hôtel tenu par le « Zentralleitemg der Flüchtelinge » près du lac, sur la belle Rivière suisse, en attendant, mais ne l’espérant pas, le certificat de Palestine : le droit d’immigrer, puisque nous n’avons pas assez de force à retourner dans notre ancien pays, où à chaque pas paraissent les souvenirs de nos chers détruits, où vivent leur tueurs et ceux qui les ont aidés à les massacrer. Plutôt mourir ici, peut-être reposer dans la belle cimetière Tord de Peilzi, qui m’a tellement touché il y a un an quand on conduisait à son tombe la pauvre madame Jenö Szabo, échappée avec nous.Je désherbe ou je repasse à l’hôtel Bristol les matinées. Emil s’occupe des travaux techniques de l’hôtel. Pour cela, le JL ne donne même d’argent de poche, nous avons de tout façon un bon alimentation de masse.Nous faisons de très belles promenades jour après jour avec nos amis, comme Lajos et Ilonka Simon. A chaque fois nous gravons dans notre esprit, que tout est belle comme dans un conte, les levés de soleil couvrant d’abord d’un housse rose les montagnes enneigés ; les couchés de soleil, faisant briller comme des étoiles sur le surface de lac, prenant milliers de couleurs et à la fin ils [...]



Logement, Caux décembre 1944

2005-03-27T16:59:52.453+02:00

Le journal continue avec des poèmes que Sidonie a écrit.Plus dur, plus amère, plus réelle presque que les mots en prose. Elle a écrit « à la manière de » plusieurs poètes, poèmes hongrois.Les poèmes sont encore plus difficiles à traduire que le texte en prose. Néanmoins, les voici :… puis nous sommes arrivés à Montreux,Un bus est venu est nous a emporté,Nous sommes montés à CauxDans le froid et dans la neige.On nous a poussé dans l’esplanadeOn a mis un numéro dans notre mainOn nous a donné un seul couvertureLa nuit, nous avons presque gelé.Un jour, nos affaires sont arrivésMais nos dents claquaient toujours de froidPuis il a fallu rangerEt dans des valises les mettre.Reconnaissant, le ciel nous regardonsEnfin, nous avons un édredon.Que vaut l’édredon,Notre camp boue, comme un chaudron.Personne n’est tranquilleEtait-ce mieux à Bergen Belsen ?Comme un problème de vieBrûle la question de logement.Époux tenu loin d’épouse,N’ont place qu’au théâtre,Quand ne peut pas dormir là,Se faufile en cachette, à noir.Dix femmes dans un pièceL’homme entre quand mêmeUn inconnu, bien sûrComment ose-t-il le faire,Un jeune couple espère depuis des tempsVivre son mariageUne vieille sorcière vie avec euxCe n’est pas comme dans le livre…Une femme avec bébé pleureOn vient d’enterrer son filsIls l’ont ajouté comme cinquièmeDans la froid Sibérienne.Il n’y a même pas de solLe poigné s’abîmeIl n’y a plus de fenêtreHabitez-y, disent-ils, quand même.La chambre est vidée,Les lits sont emportésDormez par terre ouPendez-vous sinon aussitôt.J’accroche la cordeJ’y met ma robeJe soupire de tout mon cœurL’orage tombe dans mon couJe décroche la cordeEt tout qui va avecJe me résigne à ce qui arrive:On sèchera dans la chambre.J’entre dans la baraqueJe mets le vêtement en hautMais quand j’ai fini tout à fait,Le soleil est paru de nouveau.Commence la lutte en moi :Le sortir ou ne pas le sortir?Enfin, la raison gagne,S’il est dehors, il sera sec aujourd’hui.Je sors de nouveau,Je pends le lingePeut commencer l’amusementReprisage des bas.Intervient le vent hurlantVous ne comptez avec moi?Mon corde se relâcheLe vêtements tombe en poussière.Je ne me rebelle même plus,Je relave ce qui est plein de boue,Répare la corde un peu,Puis reprends le reprisage.L’aiguille bouge sans cesse,Mais intervient comme un éclaire,Le sentinelle me crieIl faut reprendre le vêtement.Je pense, sans dorénavant avec apathieQue c’est une alerte à la bombe.Qui sait combien il va durerMais je ne sècherais plus.Je descend ma robe,Je laisse la cordeJ’y met mon cou,Je me pends.Il fallait surveiller nos vêtements pour qu’il ne change pas de « propriétaire ».Alors, assis prés d’eux, nous reprisons pendant un à trois heures.Continuer ma liste ?Nos plaints vont au ciel.Peut-être le Dieu l’entendraNous donnera tranquillité.Mais Dieu ne nous aide plus,Apprend ici autre nomCelui qui nous domineEt nous lui faisons tout.Il y a dix commandes par jourTombe, comme l’eau sans cesse,Coule comme le Tisza et DanubeÉpargnez-nous ! Monsieur Hannunah !Hannunah, une rescapé juif levantin, s’occupait à tenir l’ordre dans le camp. Omnipotent, désagréable, avec mauvais manières, ensemble avec les méchants et bas et d’âme noir d’ici.Il nous a causé beaucoup de mauvais heures à tous. Plus tard, nous avons réussi à échapper d[...]