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Kozeries en dilettante



blog garanti sans ligne éditoriale



Published: Wed, 21 Jun 2017 06:42:45 +0200

 



Tweets éphémères

Thu, 27 Apr 2017 11:22:00 +0200

Pour ma copine Samantdi, un tutoriel pour supprimer tous ses tweets puis mettre en place un système qui les supprimera automatiquement au-delà d’un certain nombres de jours. Il existe des scripts à lancer depuis son terminal. Ils présentent l’avantage de ne pas avoir à donner d’infos à des tiers mais ne sont pas “newbie-friendly”, les explications qui suivent s’appuient donc sur des services en ligne.

Trois étapes :

  • Télécharger l’archive de ses vieux tweets (optionnel, c’est pour si vous voulez en garder une trace par devers vous).
  • Supprimer les tweets déjà publiés.
  • Systématiser la suppression récurrente.
  • Supprimer tous les favoris déjà publiés.

Télécharger l’archive

Rends-toi sur ta page de paramètres, Données Twitter puis choisis en bas de la page l’item « Archive Twitter ». Le bidule va bosser et t’envoyer un lien par mail pour télécharger un .zip de tous tes tweets sur ton ordinateur.

Supprimer le stock existant et fixer une durée de vie aux tweets

Sur les conseils de plusieurs personnes, j’ai utilisé le service Tweet Delete. Simplissime : tu vas sur la page, tu autorises l’appli à accéder à ton compte, dans la nouvelle page qui s’affiche alors tu as un menu déroulant qui te permet d’indiquer la durée de vie que tu as choisie.

(image)

Tu feras comme tu voudras mais sur cet écran j’ai coché la case “Delete all my existing tweets before activating this schedule” et décoché les deux cases suivantes (l’une sert à publier un tweet mentionnant ton usage de cette appli, l’autre à t’abonner automatiquement au compte de l’appli).

Note : il est possible qu’il n’arrive pas à supprimer tous les tweets d’un coup, dans ce cas il faut le relancer.

À savoir : quand tu retourneras sur ta page Twitter, les tweets auront bien disparu mais le compteur met plus de temps à se mettre à jour, ne t’inquiète donc pas si ça raconte encore que tu as whatmille tweets.

Supprimer les favoris

J’ai utilisé pour cela le service en ligne Favcleander. Attention cependant, dès que tu lui as donné l’accès il commence son boulot sans te demander de confirmation et sans que tu puisses l’interrompre.

Là aussi, ça dure plusieurs (dizaines de) minutes.

Révoquer les accès

C’est un point important : tu viens de donner accès à deux applications à ton compte. À toi de voir si ça te dérange ou non. Pour la suppression programmée, tu n’as pas d’autre choix que soit lui conserver l’accès, soit le révoquer et supprimer de temps en temps tous tes tweets en lui redonnant l’accès puis en le re-révoquant.

Pour ce qui concerne les favoris, il n’existe pas de programmation possible, il n’y a donc aucun intérêt à lui laisser ses autorisations une fois que tous auront été supprimés.

Pour révoquer les accès, c’est ici.




Mastodon, changer d'instance

Mon, 10 Apr 2017 23:53:00 +0200

Vous vous étiez trop rapidement décidé pour une instance et vous vous rendez compte aujourd’hui qu’une autre vous aurait mieux convenu ou votre instance vous convient très bien mais une autre vous tente encore plus. Bref, vous voulez changer d’instance. Comment faire ?

Procédure

  1. Créez un compte sur une autre instance.
  2. Diffusez un message sur votre ancienne instance annonçant l’arrêt de l’ancien compte et indiquant quel est le nouveau.
  3. Dans la colonne de gauche, sous votre pseudo, cliquez sur Modifier le profil :
    1. ajoutez avant votre pseudo une mention comme [MOVED] ou [OLD] ou ce que vous voulez qui signalera que c’est un vieux compte.
    2. remplacez votre description de profil par un texte explicite incitant les visiteurs à se réabonner à votre nouveau compte.

Un usage non-inscrit s’est créé, qui consiste à placer à côté du pseudo du nouveau compte une coche ✓ (comme celle des comptes vérifiés de Twitter) pour signaler le compte réellement actif et le distinguer des autres comptes abandonnés ou dormants.

Si vous souhaitez récupérer la liste des personnes auxquelles vous étiez abonné :

  1. Dans l’ancien compte, depuis les Préférences, choisissez l’item Export de données. Cela téléchargera sur votre ordinateur un fichier avec l’extension .csv.
  2. Dans votre nouveau compte suivez le même chemin vers Préférences puis cette fois l’item Import de données. Dans la page qui s’affichera alors, choisissez le fichier que vous venez de télécharger.[1]

La procédure est similaire pour récupérer la liste des comptes que vous aviez bloqués.

Explications complémentaires

Une chose importante à savoir : pour des raisons techniques, on ne peut pas supprimer complètement un compte existant. Je ne vais pas être d’une grande exactitude mais, en gros, chaque instance récupère chez elle les messages des autres instances avec lesquelles elle est fédérée. Pensez à cette analogie : vous pouvez supprimer votre adresse mail mais les messages déjà envoyés resteront dans la boîte de votre correspondant « envoyé par  ».

Avec cette même analogie, vous comprendrez qu’on peut récupérer son carnet d’adresses mais pas aller changer de force son adresse chez tous nos correspondants ni supprimer les messages que vous leur aviez envoyés ou les récupérer dans votre nouvelle boîte. La gestion des répercussions de « redirections » sur les interactions rendrait cette procédure trop complexe à coder (qui sait, ça viendra peut être un jour ? En tout cas ça n’est pas possible pour le moment).

On peut toutefois faire en sorte que ce soit presque pareil en rendant l’ancien compte “privé” (dans Préférences -> Modifier le profil). De cette façon il disparaîtra des radars.

Comme pour le billet précédent, je compléterai au fur et à mesure au fil des suggestions qui me seront faites pour le rendre plus exhaustif (à condition que ça n’embrouille pas tout le monde).

Note

[1] C’est censé marcher immédiatement mais j’ai déjà lu des gens qui signalaient que ça avait mis plusieurs heures après l’import pour que les abonnements fonctionnent.




Mastodon, premiers pas

Sat, 08 Apr 2017 07:46:00 +0200

Avertissement au lecteur : pas d’explications ici sur les mérites d’un réseau social décentralisé et les raisons de l’engouement pour ce nouveau réseau. D’autres articles de blog ont fait ça très bien et très complètement. Il s’agit juste d’accompagner pas à pas les nouvelles inscriptions. Pour comprendre la suite Mastodon est un logiciel qui permet de connecter entre elles des communautés (instances) pour que leurs membres puissent se parler entre eux et aux membres des autres communautés. Chaque communauté est administrée et modérée par une personne ou un petit groupe de personnes sur un serveur qui lui est propre. Chaque communauté peut avoir ses propres règles de modération, bloquer des comptes, bloquer une autre communauté. Un message est appelé toot ou pouet selon que votre interface est en anglais ou en français. Créer un compte Comme sur Twitter, Facebook ou n’importe quel forum, vous avez d’abord besoin d’avoir un compte. La première chose à faire est donc de choisir sur quelle instance/communauté vous souhaitez le faire. Les critères de ce choix vont tenir compte de plusieurs paramètres : la confiance que vous accordez à ses gestionnaires sur le plan technique et sur sa pérennité, mais aussi la confiance que vous leur accordez sur leur politique de modération, la confidentialité, etc. Je vous conseille de choisir soit une instance où vous connaissez déjà plusieurs personnes et faites confiance en leurs choix, soit une instance gérée par des entités fiables par exemple, framapiaf.org, qui est géré par Framasoft, mamot.fr, qui est administré par La Quadrature du net, ou mstdn.fr (voir ici qui ils sont et que est leur projet). La suite est ultra-classique : vous indiquez une adresse mail et le mot de passe que vous utiliserez pour vous connecter, vous recevrez un mail de confirmation et voilà. L’interface Pour lire et rédiger des messages, vous opterez soit pour l’interface web, soit pour une appli mobile. Je décrirai ici l’interface web. Pour ceux qui les utilisent, les applis mobiles ressemblent fortement aux applis Twitter. Une fois connecté, on tombe donc sur une page web présentant quatre colonnes : Vue générale de l'interface de Mastodon, avr. 2017 La première sert à rédiger les messages (on y reviendra un peu plus loin), chercher des utilisateurs, choisir quels contenus on veut voir s’afficher dans la quatrième colonne. La deuxième (Home) affiche le flux de vos messages et des messages des personnes auxquelles vous êtes abonné. La troisième (Notifications) liste les messages où vous êtes mentionné. La quatrième a un contenu variable en fonction de vos choix. À droite de l’entête de chaque colonne, une icône permet de dérouler un menu pour affiner les réglages de ladite colonne : ce qui y est ou non affiché, si ça déclenche ou non un son à l’arrivée d’un nouvel élément. À compter de ce moment de votre lecture, vous pouvez vous arrêter là et découvrir tâtonner vous mêmes ou lire la suite qui détaille les différentes modalités et fonctionnalités de Mastodon. Je ne détaillerai pas les deuxième et troisième colonnes, qui se comprennent assez facilement.[1] Attardons-nous plutôt sur la première et la quatrième. Première colonne Cette première colonne est divisée en trois parties dans le sens vertical. Menu Tout en haut le menu sous forme d’icônes qui vous permet de choisir ce qui sera affiché dans la quatrième colonne : Menu principal, avr. 2017 l’astérisque (texte alternatif: Getting Started), pour y afficher le menu complet. l’icône de groupe (texte alternatif: Local timeline) pour y afficher les messages de tous les membres de votre instance. la planète (texte alternatif: Federated timeline), pour y afficher les messages de la timeline locale + les messages des memb[...]



8 mars, la parole aux femmes

Wed, 01 Mar 2017 14:31:00 +0100

Le 8 mars est une journée internationale commémorant les luttes des femmes. [1] À cette occasion, j’ai vu passer une initiative déjà vue l’année dernière (et la précédente ?) consistant à ce que des hommes se prennent en photo avec du rouge à lèvres. Je tairai charitablement ce que je pense de cette campagne et me contenterai de reproduire ici des contre-propositions que j’ai faites sur Twitter à l’attention des hommes qui souhaitent se montrer solidaires en cette journée. Je souhaite aussi y apporter des explications complémentaires puisque ces propositions ont soulevé des interrogations. Idée 1 : signaler sur son blog (à travers un large extrait et un lien par exemple) un billet/article dont une femme est l’auteur qui vous semble n’avoir pas mérité assez d’attention ou dont vous voulez renforcer l’audience. Idée 2 : ne pas twitter comme d’habitude, uniquement retwitter des femmes ayant twitté un truc qui vous intéresse. Idée 3 : publier une liste des femmes expertes ou spécialistes dans votre domaine. Au passage, effectuer cette recherche pourrait vous permettre d’en découvrir :) Une explication générale pour commencer : j’ai orienté ces propositions autour de la parole publique, de la visibilité. L’idée commune des trois points ci-dessus est de relayer auprès de votre propre audience ce qui vous a intéressé/interpellé dans ce que vous avez lu ou entendu. L’idée est aussi que le (relatif et bref) silence rend plus disponible à l’écoute. Écouter, relayer. Ma motivation principale est due aux campagnes de harcèlement de plus en plus nombreuses et virulentes, y compris à travers des menaces de viol ou de meurtre[2], à l’égard des féministes qui s’expriment sur internet et en particulier sur les réseaux sociaux. Je dis « féministes » mais en fait toutes les femmes investissant un champ réputé masculin sont traitées à la même enseigne. Une grosse vague, qui a pris ses racines sur des réseaux comme 4chan et les forums de jeux vidéos (le mouvement GamerGate) et qui avance en parallèle d’une entreprise de saturation des commentaires des journaux, de Facebook et de Twitter[3] par l’extrême droite – cette coïncidence n’est bien sûr pas un hasard – avec deux cibles principales : les racisés et les femmes. Une façon de se montrer solidaire de ces cibles – et en ce 8 mars, des femmes – est de diffuser leur message. Au-delà de cette motivation principale autour d’attitudes dont nous serons tous d’accord – entre gens de bonne compagnie – pour les qualifier d’inacceptables, il y a le sexisme quotidien qui fait qu’en réunion on écoute plus les hommes que les femmes, que sur Twitter les hommes ont globalement plus d’écho que les femmes, qu’en conférence on invite plus les hommes que les femmes[4], qu’on est capables de citer un nombre d’experts hommes bien supérieur à celui de femmes et que ce peut être l’occasion de se décaler d’un pas, de se mettre en retrait une petite journée qui pourrait servir à élargir votre horizon des trucs intéressants à lire et à entendre les autres jours aussi ! Notes [1] Le premier écueil concerne son appellation, selon que l’on omet carrément «luttes», qu’on le remplace par «droits» ou qu’on mette femme au singulier ou au pluriel. C’est un point important car il reflète ce qu’on souhaite faire passer comme message de ce qui est à honorer ce jour-là. Perso j’utilise indifféremment droits ou luttes mais je mets toujours le pluriel à femmes. Le second écueil concerne l’origine de cette date. Je m’en remets quant à moi à cet article de Stéphanie Arc sur le site du CNRS. [2] Avec photos des femmes dans leur quotidien ou publication de leurs coordonnées[...]



Idées pour des cadeaux de Noël

Sat, 03 Dec 2016 11:31:00 +0100

Durant les deux précédentes semaines : l’élection de Trump ; les prochaines élections en Europe (Autriche, Italie, France) au risque de victoires de fascistes ; des lois autorisant la surveillance de masse ; une condamnation à la prison ferme pour le vol d’une buchette de chèvre ou la consultation du site d’un sociologue travaillant sur le djihadisme ; la recrudescence des actes anti-migrants, racistes ou homophobes ; les attaques contre la solidarité sociale ; le lobbyisme contre les campagnes de prévention sida, contre l’IVG envahissant le champ médiatique ; les réseaux de fausses informations… Cette liste est hélas loin d’être exhaustive. Comme Matoo j’en arrive exactement là. J’ai cependant compilé une petite liste de cadeaux « politiques » (au sens large) à faire ou se faire faire pour Noël, vous pouvez y contribuer dans les commentaires. S’informer Un abonnement à Les Jours, l’info qui prend le temps, qui creuse un sujet sur plusieurs semaines/mois : « On veut lutter contre cette infobésité, cette actu sans mémoire. Donner du sens, du temps, de l’espace à des sujets qui nous semblent importants. » Le documentaire Citizenfour[1] de Laura Poitras, tourné en janvier 2013. La première rencontre à Hong-Kong entre Snowden et Laura Poitras ainsi que les journalistes Glenn Greenwald et Ewen MacAskill. Le livre Surveillance de Tristan Nitot. Je l’ai acheté chez l’éditeur C&F éditions en combo papier/numérique. Comprendre la surveillance de masse via votre ordinateur ou téléphone et agir pour s’en protéger. La lecture en est facile, ce livre peut être mis entre toutes les mains. Accompagner Ces idées demandent un peu de temps mais pas d’argent : Accompagner quelqu’un à une crypto party pour en tirer bénéfices tous les deux : ateliers ouverts pour apprendre à se protéger. Je ne donne pas de liens car de nombreuses initiatives existent dans différentes villes. Passer un après-midi ensemble pour installer et configurer un logiciel de courrier respecteux de la vie privée sur vos postes respectifs. Par exemple ProtonMail. Installer un blog auto-hébergé (Dotclear, Spip…) pour ne pas dépendre de solutions qui peuvent à tout moment supprimer votre compte, vous censurer ou récupérer vos données et les vendre ou les exploiter et qui facilitent aussi la conversation. Soutenir Soutenir La Quadrature du net en achetant un « πplome » : « La Quadrature du Net est une association de défense des droits et libertés des citoyens sur Internet. Elle promeut une adaptation de la législation française et européenne qui soit fidèle aux valeurs qui ont présidé au développement d’Internet, notamment la libre circulation de la connaissance. » Faire un don au Planning familial. « Le Planning Familial est un mouvement militant qui prend en compte toutes les sexualités, défend le droit à la contraception, à l’avortement et à l’éducation à la sexualité. Il dénonce et combat toutes les formes de violences, lutte contre le SIDA et les IST, contre toutes les formes de discrimination et contre les inégalités sociales. » Donner des sous à Aides, association française de lutte contre le VIH/sida. Autres listes Voyez aussi la liste de Romy avec des idées communes et plein d’autres jolis cadeaux : Idées cadeaux de Noël 2016. Dédiée aux travailleurs du web, la liste d’Alsacréations. En attendant Noël Le calendrier de l’avent de My Cozy Cloud. Une idée par jour pour contrôler sa vie en ligne. Alternative. Bonus Ceux qui sont déjà venus chez nous nous ont souvent demandé où nous nous étions procuré la belle carte du monde typographique. C’est ici. Note [1] J’aimerais donner un lien [...]



À dérouler

Thu, 17 Nov 2016 08:22:00 +0100

Dans un tweet impulsif hier je disais « J’en peux plus des “à dérouler”, ouvrez un blog, bordel ! » Ce tweet a suscité quelques retweets, quelques réponses et quelques mésinterprétations. Alors pour éviter de faire exactement la même chose que ce contre quoi je râlais, je m’explique plus longuement ici :-)

Pour chaque outil se créent des usages non prévus à leur création. C’est le cas pour Twitter, où la limite de 140 caractères est contournée par le biais de successions de tweets, soit numérotés, soit se répondant à eux mêmes pour en faciliter la lecture linéaire. Il m’arrive moi-même d’y avoir recours. Lorsque ces tweets sont signalés par d’autres (voire par leur auteur), on les accompagne d’un « à dérouler » pour indiquer que c’est le premier d’une série.

Levons un premier malentendu : je n’entendais pas par là reprocher à quiconque d’être trop bavard ou de ne pas respecter le jeu des 140 caractères, d’autant qu’il me suffirait de ne pas cliquer sur ces fameux à dérouler pour en être épargnée. Je ne visais pas non plus les « périssables » : les réactions à chaud, les anecdotes, les potacheries, etc.

Bien au contraire, ce que je regrette c’est une série de problèmes soulevés par ce fonctionnement pour des contenus appelant à la réflexion, au partage, aux discussions. Notamment :

La difficulté de lecture : même si la numérotation ou les enfilades d’auto-réponses améliorent un peu les choses, ça reste très peu pratique. La numérotation ne résiste pas au temps ; va t’en retrouver les 2, 3, 4, 5 dans une timeline quelques heures ou quelques jours après leur publication… Quant aux auto-réponses, ça demande une bonne maîtrise de la part de l’auteur et même en ce cas si d’éventuels commentaires se sont intercalés on est complètement perdu.

La difficulté de partage : il est quasiment impossible de partager une série de tweets autrement que via Twitter, sauf à déployer soi-même une solution d’agrégation par collage de copies d’écran ou par des outils de type Storify. Les contenus de ces séries sont donc à peu près coincés dans la bulle Twitter.

La difficulté d’interaction : réagir à une série de tweets est également bien compliqué et plus encore de réagir à des réactions. Dois-je répondre sur le premier, le dernier, l’extrait concerné ? Et les réponses aux réponses ? Et les réponses… en série ? Du coup les réactions sont lapidaires ou tellement déportées dans sa propre timeline que la discussion a peu d’espoir de se construire.

La pérennité : le type d’outil qu’est Twitter n’est pas fait pour revenir sur une discussion au-delà de quelques jours sauf au prix d’une grande complexité. Va t’en retrouver une série de tweets du mois dernier, tu m’en diras des nouvelles…

La délégation : (mais ça vaudrait aussi pour des blogs sur plate-formes). À l’heure qu’il est je pense qu’il est important de se prémunir de faire dépendre nos discussions d’outils dont nous n’avons pas la maîtrise. Je ne m’étendrai pas là dessus sur ce billet-ci mais vu que ma réaction épidermique venait justement de trucs très intéressants à la suite de l’élection d’un fasciste doté d’outils de surveillance et de censure…

Voilà donc en plus de 140 caractères ma complainte sur les rouleaux de PQ les « à dérouler » !




La rose, le renard et le Petit Prince

Fri, 10 Jun 2016 03:25:00 +0200

– Je suis désolée, je n’arrive pas à écrire ce texte, je suis paralysée. – Je te donne un peu plus de temps si tu veux, ou bien tu peux écrire là-dessus, sur cette difficulté. – Oui, je vais peut-être faire ça. Je ne l’ai pas fait, j’ai envoyé un texte bâclé dont j’espère bien qu’il sera surnuméraire et ne sera pas publié. Je n’ai pas pu non plus formuler ce blocage, cette peur de trahir et l’ami et le sujet, cette sidération devant le dessin, le projet tout entier, cet écrasement d’une responsabilité qu’on ne me demande pourtant pas d’endosser. Mais comme on se jette sur le grand ménage de printemps plutôt que remplir un quelconque formulaire administratif et à la faveur de l’entremêlement des idées au moment de (ne pas réussir à) s’endormir, j’ai eu envie d’écrire ici pourquoi j’y écris si peu. Lorsque j’ai débuté ce blog, peu de blogueurs se connaissaient entre eux. Nous découvrions des univers personnels qui se faisaient écho ou faisant entendre d’autres voix, d’autres voies, des vies qui nous ressemblaient ou dont nous ignorions tout auparavant. Nous nous apprivoisions, c’était enivrant. Ça a rudement bien fonctionné. On se connaît trop, vous et moi. J’ai rencontré la plupart de ceux qui me lisent encore, beaucoup sont devenus des amis. Les amis non blogueurs, mon entourage et même les collègues avec lesquels je m’entends le mieux sont peu à peu devenus presque tous des lecteurs de ce blog. « Pire » encore, vous vous connaissez les uns les autres. Cela signifie pour moi que je ne peux rien y écrire de vraiment personnel, soit parce que j’ai déjà eu l’occasion de vous en parler de vive voix, soit parce qu’il pourrait être gênant que vous puissiez vous y reconnaître ou y reconnaître tel ou tel d’entre vous, soit parce que je me sentirais déloyale d’utiliser ce blog pour vous faire passer des messages au lieu de vous les exprimer directement. Il me semblerait également déloyal ou en tout cas étrange de faire part d’états d’âme que je n’aurais pas exprimés à mes proches et qui les découvriraient à la lecture d’un billet. [Et là je vais vous faire le CQFD de la mort qui tue avec cette parenthèse explicative-justificative-excusative : je ne voudrais pas que le paragraphe précédent soit mal interprété, c’est moi, pour ce qui me concerne que ça dérange.] Bon. Ça c’était pour l’intime. Après il y avait le partage. Par exemple, faire découvrir l’opéra ou le p’tit coin de paradis qui me sert de refuge. L’opéra, je n’y vais plus qu’une fois ou deux par an à cause des nouveaux tarifs du rang magique et du nouveau système alakon de vente de places. J’en écoute beaucoup moins aussi parce que c’est une activité que je faisais en solitaire, casque à fond dans les oreilles et que là ça me semblerait malpoli pour le gars qui m’a à la bonne. Et puis aussi parce que je suis en pleine crise de série-manie aiguë. Quant au petit coin de paradis, même si vous n’y êtes pas encore venus vous n’aurez pas pu passer à côté des trente-douze mille photos heure par heure publiées par Franck sur son compte Instagram, son blog et Twitter [CQFD, épisode 2 : mais noooon t’inquiète chuis pas fâchée ;-)] Partage Dotclear : je vais être honnête, je n’y ai plus mis le nez depuis un bon bout de temps, notamment parce que côté geekeries et css diverses je suis bien servie dans mes journées de travail (loooooongues et travailleuuuuses les journées, je n’oublie pas que mon chef me lit, hein Benoît ?) Cela dit, ça continue de me démanger par intermittences et je n’ai pas[...]



It's complicated

Tue, 02 Feb 2016 19:49:00 +0100

Ils sont deux gars, entre 17 et 20 ans à vue de nez, devant moi dans l’escalator à la sortie du métro. Ils ont l’allure typique des jeunes banlieusards, blouson «bibendum», capuche remontée sur la tête, par dessus la casquette pour l’un d’eux, lunettes de soleil (si si) pour l’autre. L’accent est en harmonie. Bref, des stéréotypes sur pattes. Je suis juste derrière eux et par chance ils empruntent la même avenue que moi une fois arrivés en haut de l’escalier, si bien que je peux leur emboîter le pas pour entendre la suite de la discussion dont les premiers mots ont accroché mon attention curieuse…

– Mais alors, dit Lunettes au moment où je mets le pied sur l’escalator, tu vas faire quoi ?
– Je sais pas, répond CasquetteSousCapuche, je vais prendre mon temps, tu vois. Je vais prendre mon temps. Tu comprends, je la connais depuis la maternelle. On est ensemble depuis… putain, je saurais même pas dire depuis quand, tellement c’est ieuv. Genre depuis toujours.
– Ah ouais, la vache.

Le ton marque tout de poids de quelques siècles au moins.

– C’est comme ma sœur, tu vois, et justement c’est ça qui fout la merde, reprend CasquetteSousCapuche.
– Wesh, compatit LunettesDeSoleil, t’attends autre chose de la vie.
– Wé voilà. Mais je dis pas ça pour ça, c’est parce que tu vois, c’est comme ma sœur alors je veux prendre mon temps, parce que j’veux pas qu’elle se sente mal. Imagine, ta sœur quoi, tu veux pas lui mettre la misère.
– Ah oui. Oui c’est sûr, ça, c’est sûr tu peux pas.
– Bon alors je vais prendre mon temps, je vais y aller doucement, je sais pas comment mais faut que ça soit en douceur, presque qu’elle soit contente, ça serait le best.
– Eh ben. Eh ben. Ben bon courage hein. Va falloir que t’assures.
– Oué, chépa, J’sais vraiment pas comment mais faut, putain.

Ils se plongent chacun dans leurs réflexions quelques instants. C’est LunettesDeSoleil qui reprend la parole, sur un ton définitif.

– Hey man, en fait, tu sais quoi man, j’ai envie de te dire : t’es noble. Voilà. T’es noble.
– Et toi t’es le mec à qui je savais que je pouvais balancer tout ça. C’est pas tous.

Leur conversation s’est arrêtée là, du moins elle n’a pas repris avant que j’arrive au pied de mon immeuble, mais c’était assurément mon petit bonheur du jour que d’entendre leur échange où j’ai trouvé que passait beaucoup de tendresse et d’attention à l’égard de cette jeune fille mais aussi entre eux.




Share the love

Thu, 21 Jan 2016 17:16:00 +0100

Signalée aujourd’hui par un tweet :

(image)

Se faire photographier par Élie lors du dernier Paris Web dans les bras de Stéphane. Si c’est pas un bonheur du jour ça !




Lotissement

Sun, 17 Jan 2016 20:38:00 +0100

À défaut de respecter la consigne que je m’étais donnée d’un billet par jour, un peu déraisonnable après une telle période de disette, je vous offre aujourd’hui un lot de treize bonheurs à la douzaine. Le combo gustativo-amical : hier c’était mon baptême de mafé, j’aime beaucoup ! J’aime aussi beaucoup qu’il ait été partagé avec les amis, leurs enfants, mon beau-enfant dans l’ambiance toujours douillette et chaleureuse de chez J. et M. Le confortable : au repas ci-dessus j’ai dit tout le bien que je pensais du cadeau d’anniversaire que m’avait offert le gars qui m’a à la bonne ; j’ai passé toute cette journée dessous/dessus/dedans : un plaid à manches, une boisson bien chaude, un film, un tricot en route, what else? Le satisfecit : je vais parler chinois à ceux qui ne tricotent pas mais je suis très contente de l’envers de mon jacquard (l’endroit est bien aussi hein ? mais « tisser » correctement les fils derrière demande de l’entraînement). Après bien des approximations je tiens enfin les bons gestes et la bonne tension. (Photo ci-dessous : le premier rang à gauche est “normal”, on laisse courir le fil, les suivants sont tissés, on coince le fil toutes les deux mailles.) Le professionnel : le cap de l’utilité évidente de la qualité et de l’accessibilité web est franchi à la Vénérable ; on vient désormais nous solliciter même pour de tout petits sites ou très peu fréquentée et on nous a même demandé d’analyser un outil interne. Et tout ça, même de la part de personne d’autres départements. Cool ! L’anticipation : préparation d’un week-end en amoureux à Rennes début mars. Je ne connais jusque là de cette ville que la rocade empruntée sur le chemin du couvepenty. Ce serait dommage d’en rester là : à voir les photos et écouter/lire Marie en parler, j’ai hâte d’y être ! Le relatif : la candidature de ma fille n’a pas été retenue mais ils lui ont dit qu’elle faisait partie des deux derniers candidats retenus et qu’ils avaient vraiment vraiment beaucoup hésité. Ils gardent son CV sous le coude. Je doute qu’un poste se libère bientôt dans ce cabinet qui n’a qu’une quinzaine d’avocats, mais ça prouve quand même qu’elle est crédible dans le secteur où elle souhaite exercer. Une semaine sans migraines : j’espère que j’entame une période de quelques mois sans après ces dernières semaines où elles étaient très fréquentes. C’est un peu bizarre mais ça fonctionne en phases plus ou moins longues ; rien pendant deux ou trois mois puis une, deux, trois par semaine. J’ai trouvé le médoc : et d’ailleurs le copain Gilsoub a mis une de ses amies pharmaciennes sur le coup et elle m’a dégoté une boîte que l’homme à la moto ira chercher demain. Je suis parée (mais c’est pas une raison pour autoriser les migraines à revenir faire la fête sous mon crâne). L’actualité (l’instant contributif) : j’aimerais bien que les sujets des bonheurs du jour tournent parfois moins autour de moi et plus sur des infos collectives, mais je n’ai rien trouvé. Et vous ? Une manif contre l’état d’urgence : ah si (cf. ci-dessus) ; un appel pour le 30 janvier à Paris. Je suis soulagée que des initiatives unitaires commencent à se mettre en place et j’irai à cette manif. Ce n’est ni la première ni la seule initiative sur ce sujet mais à ma connaissance c’est la première qui soit très lar[...]



Coleslaw, disais-je

Thu, 14 Jan 2016 19:46:00 +0100

Adoncques, le coleslaw. C’est foutrement bon ce truc.

Je demande tout d’abord amicalement à mon gentil lectorat de garder le plus grand secret sur mes révélations du jour vis-à-vis de Virgile. Le coleslaw constitue en effet sa participation traditionnelle aux brunches dominicaux que nous faisons parfois à la maison et il ferait beau voir qu’il se saisisse de ce prétexte pour ne plus venir, déjà qu’on ne se voit plus guère.

Je m’imaginais que c’était très difficile à faire ; il faut dire que je vois souvent un rapport entre délicieux et compliqué, pour je ne sais quelle raison. Il est possible qu’en faire un aussi bon que celui de Virgile ne soit pas simple mais le nôtre, celui d’hier soir pour fêter le retour du gars qui m’a à la bonne au bercail, ne demande pas un gros effort, surtout si on a une machine magique, ce qui est notre cas depuis trois semaines.

Car voyez-vous, j’étais convaincue que mon dormeur préféré aurait à suivre un régime plus ou moins strict pour éviter de faire remonter le taux de cholestérol. Je ne sais pas ce que lui dira le cardiologue de ville avec lequel il a rendez-vous en février mais celui de l’hôpital n’a donné comme consigne que de se diriger vers une alimentation « plus méditerranéenne » [sic, comprenne qui pourra : moins de beurre, plus d’huile d’olive ?] et d’éviter de reprendre systématiquement du plat.

Forte de cette conviction mais consciente que ce serait un gros sacrifice que de devoir changer de régime alimentaire pour celui dont le légume préféré est le tournedos Rossini, j’ai pensé qu’avoir un nouveau jouet geek de cuisine pourrait l’aider à trouver quelque intérêt à la confection de repas plus frugaux. Nous avions des bons d’achat qui me permettraient de réduire à un seul rein le complément à apporter pour l’acquisition d’une machine magique et je m’en fus donc quérir le Précieux dès potron-minet le jour de sa sortie de la première intervention pour que le cadeau l’attende à la maison.

Depuis nous avons réalisé quelques plats, avec plus ou moins de bonheur, dont deux fois du coleslaw. Le Précieux n’est ici utilisé que pour sa fonction robot, mais ça facilite grandement les choses car je n’avais jusque là qu’un moulin à julienne antédiluvien fonctionnant à l’huile de coude. Or le coleslaw c’est beaucoup de carottes râpées et autant de chou blanc émincé, autant dire insurmontable avec un si primaire outil (rappelez-vous que je suis le leader inconstée du feignasses fooding).

Tandis qu’avec ce joli robot qui râpe les unes et émince l’autre, il n’y a plus qu’à ajouter de la mayo, de la moutarde, du vinaigre, un yaourt, des raisins secs, quelques noix, on laisse mariner un peu et à taaaaaaable ! Avouez, c’est le bonheur, non ?

Je vous laisse, je dois aller ouvrir la porte au traiteur indien.




Coleslaw

Wed, 13 Jan 2016 23:24:00 +0100

Hier j’ai tenu compagnie au gars qui m’a à la bonne à l’hôpital. Je n’ai pas eu à beaucoup me fatiguer pour la conversation : parti en salle d’op’ à onze heures, on me le rapporte[1] vers midi et demi, un peu pâlot, la perf au bras, le poignet comprimé par le pansement artériel, mais tout content que tout se soit bien passé. Un petit coup de monitoring et de pose de capteurs sur le torse pour la surveillance, puis nous échangeons une phrase et demie, il rallume son téléphone, se tourne pour le poser sur la table de nuit, pousse un gros soupir… et s’endort aussi sec.

Il n’a certes pas dormi d’une traite : visite du médecin pour lui dire que tout s’est bien passé (3’22”), infirmière pour décompresser le bidule du poignet (57”), infirmière pour changer la perf (2’10 elle était petite et a eu beaucoup de mal à atteindre le crochet pour suspendre le sac), infirmière pour décompresser le bidule, épisode 2 (54”), aide-soignante pour vérifier que tout allait bien (33”), infirmière pour décompresser le bidule, épisode 3 (56”). À chaque fois il a accueilli les importuns avec un sourire, poussé un grand soupir et s’est rendormi. Trois heures après son retour, une femme lui a apporté un plateau repas froid : le sourire n’a pas tenu au-delà du départ de cette dame devant la désolation offerte à ses yeux et son estomac. Dix minutes plus tard, après avoir commenté piteusement les tomates en plastique et l’éponge blanche, il poussa un grand soupir et… devinez quoi.

J’étais bien contente d’avoir apporté mon ordi avec un ou deux films et mon tricot. Postée dans un fauteuil près de la grande baie vitrée, j’ai regardé la circulation des tramways et la nuit tomber, rangé mon tricot quand je n’y ai plus vu assez clair, puis vers dix-huit heures trente, je me suis éclipsée discrètement pour rentrer, épuisée par le babillage de mon homme quelque peu affamée.

Mais en vrai c’était chouette de se dire que c’était fini, que tout s’était déroulé pour le mieux et qu’il rentrerait aujourd’hui.

Aucun rapport avec le coleslaw du titre, enfin si mais je vous raconterai demain. Et puis le colis qu’on est allés chercher cet après-midi aussi, mais ça ce sera la semaine prochaine.

Pour l’heure, savez-vous quoi, je vais aller dormir.

Note

[1] Je pense qu’en ce cas on dit bien « rapporte » et non « ramène », rapport au fait qu’il était porté sur une civière ? Je m’interpelloge.




Trois générations de gourmètes

Fri, 08 Jan 2016 23:16:00 +0100

L’une de la génération d’après est allée chercher celle de la génération d’avant en carrosse. Elles m’ont rejointe à midi tout près de mon lieu de travail, dans un restaurant je-te-dis-que-ça et nous nous sommes -empiffrées- régalées de notre compagnie mutuelle, de la conversation et des plats succulents.

Côté mangeaille, une mention spéciale à l’entrée : une soupe de potiron versée sur un lit de petits morceaux de lardons et magrets grillées ainsi que d’une boule de glace à l’orange (si, si). Une tuerie. C’est un peu chérot (compter environ 50 euros par personne avec les boissons et le café) mais pour une occasion spéciale ça vaut vraiment le coup, d’autant que le service est mieux qu’agréable.

Apparemment les femmes ne sont pas censées savoir apprécier la bonne chère, j’ai cherché en vain un féminin de gourmet.




On en pleure encore

Thu, 07 Jan 2016 19:08:00 +0100

Si je vous dis que j’anticipe le bonheur de ce que je vais manger ce soir.
Si je vous dis qu’on n’en mange généralement qu’en cette période de l’année.
Si je vous dis que j’en aime terriblement le goût.
Si je vous dis que cette fois je l’ai achetée toute faite, par les cuisiniers du restaurant d’entreprise.
Si je vous dis qu’au bonheur de la dégustation s’ajoute désormais invariablement à son évocation une crise de fou-rire.

Devinerez-vous quel dessert nous attend ce soir ?







(image)

Ouiiiiiiiiiii, bravo !




45 grammes

Wed, 06 Jan 2016 14:35:00 +0100

Sous ses dehors rugueux, le rotativiste est un sentimental et son âme lourde pesait jeudi quarante-cinq grammes. J’ai beau le savoir, depuis vingt-cinq ans de vie professionnelle commune, j’ai été touchée ce matin en croisant le prote des rotos[1] dans la cour industrielle de notre Vénérable Entreprise. Il se doutait bien que nous serions quelques-uns parmi les anciens à souhaiter garder en souvenir un exemplaire du dernier 45 grammes[2] de la maison et il nous en avait mis de côté dans son bureau. Une page se tourne dans l’histoire de la diffusion du droit dans notre pays, l’histoire de notre entreprise, l’histoire de nos métiers et finalement un peu la mienne aussi. Bien qu’étant depuis quelques années occupée avec bonheur à d’autres fonctions que mon métier originel de poussiéreuse[3], j’ai exercé au cassetin[4] ma première profession avec grand plaisir de nombreuses années avant d’avoir envie de changer de voie. Il y avait l’exercice du métier lui-même, nourri par mon amour des mots et des lettres, mais aussi, portée par l’histoire de cette branche de métiers, l’appartenance à une famille, ladite famille procurant les mêmes tendresses et agacements que les vraies, avec les combats historiques, la solidarité, les traditions ouvrières, mais aussi son corporatisme, ses bureaucrates, ses lourdingues. Allez les copains, haut les coeurs, vissons l’ours et chantons ! À la santé du confrère… Nota: si l’argot des imprimeurs et des typographes dont est émaillé ce billet vous amuse, d’autres termes et définitions par exemple ici sur le web, une sélection d’expressions dans ce billet ou encore mieux là dans un livre. Au fait, savez-vous d’où provient l’interjection “22 !” ? Notes [1] Prote : chef de l’atelier, ici les rotativistes. [2] 45 grammes : surnom donné ici au Journal officiel Lois et décrets, qui était imprimé sur du papier recyclé pesant 45 grammes par mètre carré. [3] Poussiéreux : correcteur ; ce nom vient du fait qu’on collait souvent les correcteurs dans un recoin de l’imprimerie ; cf. note suivante aussi. [4] Cassetin : au sens premier, le plus petit compartiment de la casse (tiroir où étaient placées les lettres du temps du plomb du temps de la typographie manuelle) ; par extension, comme on mettait toujours les correcteurs dans la plus petite pièce de l’imprimerie, on appelle ainsi la pièce où ils travaillent. [...]



Oh la la…

Tue, 05 Jan 2016 21:37:00 +0100

L’exercice va donc parfois se révéler difficile. Migraine cette nuit, ceux qui connaissent le bonheur de la migraine qui réveille à 3 heures du mat me comprendront…

À défaut de pouvoir ranger ça au rayon des bonheurs, je note tout de même avec satisfaction que je peux désormais identifier quelques heures avant la survenue d’une crise. Celles-ci se déclenchent quasiment systématiquement au milieu de la nuit et je note qu’à chaque fois ce sont des soirs où j’ai beaucoup de mal à m’endormir, même si je suis très fatiguée, un peu comme si j’avais bu du café. Il faudra que j’en parle à ma toubib, il y a peut-être une piste de traitement de prévention à explorer ?

J’ai utilisé cette nuit le dernier exemplaire du médicament réellement efficace à effet relativement rapide (une vingtaine de minutes) qui restait[1] ; j’ai dû pour cela réveiller le gars qui m’a à la bonne car je savais qu’il en détenait un à titre de secours. Le pauvre n’a pas réussi à se rendormir après. Nous sommes donc, appelons ça du bonheur, complètement raccord sur notre mode zombie.

Offrons-nous donc le petit bonheur de regarder un épisode de Manhattan en attendant une nuit qui sera je l’espère réparatrice ! Cette série n’a rien d’exceptionnel mais elle sera parfaite pour notre niveau d’hébétude.

À demain les gens !

Note

[1] Pour des raisons mystérieuses – probablement de rentabilité – le laboratoire en arrête la production, je suis désespérée, aucun autre testé jusqu’ici ne fonctionne aussi bien :-/




Trois en un

Mon, 04 Jan 2016 16:37:00 +0100

Mon premier, c’est de voir réunies toutes les participations aux BonheurDuJour sur le planet amoureusement mis en place par l’ami Tomek. Vous pourrez donc retrouver tout au même endroit à cette adresse - enfin tout ce qui dispose d’un flux RSS et qui lui aura été signalé.

Mon deuxième, c’est cette chouette petite appli Android, Harass Me : elle restaure le volume max de votre sonnerie si vous avez coupé le volume de votre téléphone mais que l’un de vos contacts vous appelle x fois en x minutes. C’est super pratique pour les vraies urgences et là j’en avais une à midi : les collègues partaient au resto manger un bibimbap alors que j’étais en réu ! Et puis je connais le développeur, c’est un gens bien.

Mon troisième, c’est que ma fille a un rendez-vous pour un entretien dans le cabinet de ses rêves la semaine prochaine, à la fois grosses pointures dans leur domaine et membres de l’association AADH. Qu’elle soit retenue ou non, c’est vraiment chouette que son CV ait attiré leur attention, elle est ravie et donc moi aussi.

Mon tout sont le bonheur du jour !




Retrouver les copains

Sun, 03 Jan 2016 19:13:00 +0100

C’est quand même l’un des trucs les plus chouettes du monde – en tout cas je ne m’en lasse pas – que de retrouver les copains. Dans mes années scolaires, déjà, lorsqu’on me demandait ce que je préférais à l’école (ou collège ou lycée), ma première réponse ne concernait pas une matière mais « retrouver les copains ». J’ai conservé ce sentiment comme un moteur déterminant qui soit dit en passant m’aide à combattre ma tendance naturelle à la très grosse flemme. Le seul retrouver-les-copains qui n’ait pas été assez puissant pour le moment, c’est celui qui me ferait prendre l’avion pour Nouméa ou Montréal…

J’ai déjà dit qu’à bien y réfléchir j’étais prête à m’engager corps et âme dans la gestion d’un lavomatic et croyez bien que ça n’est pas qu’une blague. J’éprouve une joie d’enfant à préparer la surprise que Franck et moi sommes en train de mitonner pour les copains de Dotclear – non ça ne se mange pas –, de commencer à organiser la colo du printemps, de retrouver dans mon fil RSS des amis qui avaient plus ou moins arrêté de bloguer, bien que certains soient plus contrariants que d’autres. Et retrouver les copains, ça peut même se passer de façon indirecte : je me réjouis par exemple quand je sais le couvepenty occupé.

Retrouver les copains, c’est moult bien !




csseci-cssela

Sat, 02 Jan 2016 20:53:00 +0100

Forcément, rouvrant les volets ici, je ne peux m’empêcher de toucher à quelques css pour chasser la poussière. Pour l’instant vous ne devez pas voir grand chose, très vaguement mieux qu’avant sur mobile, mais j’y reviendrai.

Il n’y aura pas de transformation radicale, j’aime le thème de ce blog, mais je redonnerai quelques coups de tournevis et de pinceaux, notamment pour améliorer l’accessibilité et l’adaptation aux différents supports. Je ne sais plus de quand date l’actuel mais c’était un temps où l’on n’avait pas trop encore à se préoccuper de visiteurs sur téléphones ; les très grands écrans aussi se sont démocratisés.

Ne vous étonnez donc pas dans les jours/semaines à venir si parfois en passant ici vous trouvez aux Kozeries un air un peu bizarre, je travaille, as usual en direct !




Le premier jour du reste de l'année

Fri, 01 Jan 2016 18:47:00 +0100

J’ai bien envie de faire semblant que ce premier jour de l’année préfigurerait tous les autres, plein de tranquille douceur. Il y a eu, il y a :

  • le réveil tardif et les prolongations sous la couette,
  • les gâteaux du copain au petit déjeuner,
  • les conversations paisibles entrecoupées de longs silences partagés,
  • les vœux reçus et envoyés, petites attentions à la fois futiles et tendres,
  • quelques instants passés devant la webcam,
  • la séance d’auto-hypnotisme via mes aiguilles jouant avec la laine jaune éclatant de mon futur pull douillet,
  • le blanc de chapon qui prolonge le repas d’hier entre amis,
  • les plaids sur lesquels les chats exercent leur préemption mais qu’on peut parfois leur piquer,
  • les rires qui fusent de l’un, de l’autre, à la lecture de son fil Twitter,
  • les enquêtes de H. sur les filiations supposées des nouveaux personnages de Star Wars,
  • la cigarette fumée sur le balcon, et le retour bien au chaud,
  • la relecture des derniers commentaires ici et…
  • … chouette, M. LeChieur reblogue et
  • … chouette, Julien refait des billets avec des mots dedans,
  • l’ouverture de la page du prochain paris-carnet (tu viens ?),
  • la lumière tamisée du salon,