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Mr SuperOlive...Rien que ça



Le modeste blog d'un petit breton



Updated: 2017-07-03T14:31:16.442+02:00

 



Lettre à Mr FERY Président du Football Club de Lorient,

2016-11-05T13:27:51.309+01:00

Je suis supporter du FCL depuis près de 20 ans et abonné fidèle avec mon père et mes enfants. A ce titre, je vous livre ici le fond de ma pensée partagée par nombre de nos voisins de tribune, eux aussi supporters de base.Vous avez racheté le club en 2009. Les bretons sont méfiants et alors que vous arriviez avec vos 15 millions d'euros et votre grand sourire, vous avez pu penser que l'accueil était un peu réservé... Nous jugeons dans la durée. Aussi au départ, vous avez bien fait attention à ne froisser personne, surfant tranquillement sur la vague sportive. Et puis au fil du temps, vous avez mis votre organisation en place et vous avez fait vos choix. La construction de l'Espace FCL étant sans doute le plus louable. Mais en 2014, à l'issue d'un Mercato bouclé dans l'urgence et d'une bataille d'égo sous jacente, vous avez provoqué le départ de l'emblématique et très respecté Christian GOURCUFF. Les supporters l'adoraient pour sa science du jeu, sa fidélité et son franc parler, vous un peu moins... Mais vous avez fait là une erreur de taille car chez les bretons, la rancune est parfois tenace... Et le choix de Sylvain RIPOLL pour assurer la continuité technique sans trop froisser les supporter abattus, s'est avéré un échec (sans que ses qualités soient véritablement remises en question). Son éviction récente n'est finalement que la suite logique du mode de fonctionnement que vous avez instauré, à l'instar de cette fin de Mercato 2016 une nouvelle fois rocambolesque et déstabilisante.Vous gérez donc le club FCL comme un financier sérieux et ambitieux mais cela ne suffit pas pour réussir dans cette entreprise de spectacle. Le club dégringole, les tribunes se vident malgré des tarifs qui restent raisonnables (bien que régulièrement en hausse), les spectateurs s'ennuient ferme en se remémorant le beau jeu auquel ils avaient le droit il y a peu de temps encore... il n'y a plus d'émotion. Vous avez structuré notre club certes, mais à ce jour vous êtes en passe de le vider de son sens. Les finances vont bien, la machine s'est embellie, tant mieux, mais elle a perdu son âme...Les supporters lorientais ne rêvent pas d'Europe ou d'un club prestigieux qui enchaînerait les victoires sans jamais faillir. Ils se moquent de ce qui brille, ils veulent juste un football généreux, solidaire, si possible élégant, un football qui génère des émotions, pas uniquement de l'argent. Vous êtes le roi des transferts, le king des affaires.Et l'avenir alors ?Malgré vos propositions tous azimuts pour la place de nouvel entraîneur, les refus s’enchaînent et en disent long sur l'image du FCL aujourd'hui. Vous en êtes responsable et votre égo doit en souffrir. Alors, en habitué des transferts de dernière minute vous allez finir par nous trouver quelqu'un à ce poste. Et si par chance celui çi avait un peu de talent, sera-t-il plus respecté que ses prédécesseurs dans ses choix sportifs au moment de la grande valse des dollars ? Aurez-vous appris de vos erreurs ? J'en doute car finalement depuis 7 ans que vous dirigez froidement le club à votre main, vous avez appauvri la « maison orange » en la vidant petit à petit des valeurs qui faisaient sa force... une certaine forme de simplicité et surtout une intelligence de jeu collective.[...]



Orage

2016-05-13T19:03:01.168+02:00

Le matin n’annonçait rien de bon. J'avais d'abord enfilé mes lunettes de soleil mais à mesure que je conduisais vers la côte où je travaillais ce jour-là, une brume épaisse s'était installée laissant difficilement apercevoir les nuages noirs qui s'amoncelaient au loin sur la mer. Un marin plus averti aurait déjà flairé l'orage, sans compter qu'à l'agence, Brigitte était de sale poil.Moi je pensais que ça allait se lever. Je me trompais. Une pluie éparse avait ensuite eu raison de mon pique-nique du midi face à l'océan et l'après-midi me confirma qu'il y avait un peu d'électricité dans l'air.Le soir, une fois de retour au bercail et alors que le ciel s'obscurcissait vraiment, je décidai malgré tout d'enfiler mes Nike estampillées « H2O Repel » et ma veste de pluie pour aller nagercourir.A peine avais-je mis le nez dehors que de grosses gouttes tièdes se mirent à tomber, ne laissant le sol sec que sous les arbres au feuillage dense où je décidai de m'abriter. La pluie redoubla d'intensité et après m'être demandé ce que je foutais là, je continuai ma route alors que le tonnerre commençait à gronder.Je n'étais pas très rassuré car l'âge adulte n'avait pas vraiment atténué la trouille de l'orage que je traîne depuis l'enfance. J'étais le seul couillon à patauger sur le chemin de halage à présent détrempé. Si la foudre venait à tomber dans les parages, j'étais la cible parfaite. Je m'imaginais touché en plein vol par une saloperie d'éclair, puis gisant électrisé dans la bouillasse, les chaussures encore fumantes... Cela me motivait pour avancer et c'est à belle allure que je passai fièrement sous le pont où s'étaient massés des promeneurs en sucre qui attendaient en vain l'accalmie. Par rapport à ces petites natures, j'éprouvai une certaine fierté à braver ainsi les éléments. Seuls les « sqwitch sqwitch » ponctuant chacune de mes foulées me ramenaient à une certaine humiditéhumilité. Mes chaussures soi-disant étanches avaient en effet pris l'eau depuis belle lurette !J'arrivai en ville où les caniveaux s'étaient transformés en torrents, les rues en rivières. Les voitures projetaient des gerbes d'eau et les gouttières percées crachaient de puissants jets d'eau. Les bouches d’égout dégueulaient leur trop plein et l'Odet se marronnisait version fleuve Amazone. Pour naviguer plus sereinement au milieu des ces éléments, il me manquait juste une bouée car la mousson continuait son œuvre et les eaux montaient.Derrière mes lunettes embuées, mes yeux clignaient de peur à chaque éclair puis soudain le tonnerre déchira l'air d'un craquement sinistre. Les lumières bleues des gyrophares des pompiers débordés se reflétaient dans ces millions de gouttes. La cathédrale pointait courageusement ses deux flèches vers les cieux déchaînés et moi je filai comme une flèche humide sur le chemin du retour. Nouveau coup de foudre ! Au café de l'épée, à l'abri d'une terrasse couverte, un couple échangeait ses numéros de téléphone. Le déluge s'intensifia, annonçant sans doute la fin des hostilités, les grenouilles chantaient à tue tête pour fêter ces trombes d'eau. L'orage enfin s'éloignait.Rincé, je regagnai mon chez moi sous le regard inquiet des filles, baignant dans le jus de ma veste Décathlon qui, en terme d'étanchéité humide, n'avait rien à envier au bon vieux Kway de ma jeunesse. Car s'il est vrai que le temps passe et que l'eau coule sous les ponts, parfois en abondance, au fond rien ne change vraiment...Ô rage ! Ô désespoir ! Ô vieillesse ennemie !Et moi de retourner bayer aux corneilles...[...]



Je n'ai pas pu chanter la Marseillaise

2015-11-28T09:59:12.832+01:00


L'autre jour je suis allé au stade supporter ma petite équipe de foot lorientaise qui affrontait l'ogre qatari du Paris Saint Germain. Ah oui je sais, j'ai toujours eu un petit faible pour les petits, les minus, ceux qui arrivent à faire des choses avec pas grand chose justement. Et j'aime aussi la poésie, le foot en étant sans doute une de ses expressions la moins évidente! Mélanges étonnants, paradoxes, bref tout ce qui fait la richesse du Monde et de la nature humaine!
Je reviens à ce samedi après midi au contexte si particulier, une semaine après les attentats si meurtriers du 13 novembre 2015. 
A cette occasion, la Ligue de Football Professionnel avait prévu la diffusion de notre hymne national pour rendre hommage aux nombreuses victimes. Aux premières notes, tout le stade se lève et entonne la Marseillaise à l’unisson. Mais alors que mon père, mon fils de 13 ans, mes voisins et voisines (oui oui il y a aussi des supportrices) chantent en chœur, je n'arrive pas à pousser la chansonnette. Ce n'est pas que je ne veuille pas partager ce moment fort et émouvant, c'est notamment pour cette communion que j'aime venir dans un stade, mais ça ne sort pas. J'ai envie mais ça bloque, l'émotion viendra plus tard, dans le recueillement collectif et en silence. A cet instant je réalise que ce chant guerrier ne m'a jamais plu. Il a été écrit en 1792 par Rouget de Iisle pour donner du courage aux soldats qui partaient en guerre pour défendre la Patrie. Très bien, c'était il y a plus de 200 ans. Alors oui nous sommes peut être en guerre contre des terroristes endoctrinés et/ou décérébrés, et oui il faut que nous soyons solidaires, unis et dignes mais l'aspect belliqueux de notre hymne est terriblement réducteur. Notre pays de libertés avec toutes les belles valeurs qui fondent la République mérite à mes yeux un hymne de rassemblement plus pacifique.
Tout le monde chante, c'est beau un stade qui chante et vibre d'une même émotion, ensemble malgré les différences. Moi je suis à côté, je ressens la violence des mots, j'aperçois la haine de l'ennemi à qui il faut aller régler son compte alors que j'avais juste envie d'amour et de fraternité.
Alors voilà je n'ai pas pu...




Lettre à mon père

2015-09-06T21:07:44.109+02:00

Cher papa
Tu sais je ne t'en veux pas. Pour le voyage j'avais mis ma tenue préférée. J'adorais ce short bleu que maman m'avait acheté et ce tee-shirt rouge que je ne voulais jamais quitter. A présent j'ai un peu froid. On dirait que la nuit est tombée bien vite et à présent je suis trop fatigué pour t'accompagner vers notre rêve. J'ai dans la bouche comme le goût salé de tes larmes, mais ne t'en fais pas, j'entends au loin le bruit des vagues. Ça me berce, un peu comme tu le faisais il y a peu de temps encore. Je suis bien, juste si quelqu'un pouvait me réchauffer un peu... Je resterais posé là pour qu'on se souvienne.
Tu m'avais parlé d'un long voyage vers la liberté et la paix. Avais-tu le choix? Moi je voulais surtout vous revoir sourire toi et maman et aussi jouer au foot avec Ghaleb.
Je sais que tu ne t'en remettras pas mais surtout ne t'en veux pas, c'est moi qui ai glissé. Et puis tu sais, j'ai toujours rêvé d'aller à la plage.
Je t'embrasse
Aylan



On the road again

2015-07-28T21:29:04.227+02:00

Cet été, direction l’est de la Grèce, du côté de Thessalonique. Ceux qui me connaissent depuis longtemps savent que c’est notre destination favorite. D’habitude, pour le voyage c’est avion en passant au choix par l’Italie, la Hongrie ou la Bulgarie (les vols directs sont souvent hors de prix pour une famille de 5) + location de voiture. Cette année, on a choisi la solution de dingue à savoir : 18 h de voiture jusqu’à Ancône en  Italie, puis 14h de ferry sur la mer Adriatique et enfin encore quelques 4 h de voiture pour arriver d’abord dans les montagnes grecques puis sur l’île de Thasos. Le paradis ça se mérite !  Au départ le critère de décision était plutôt financier. Mais à  mesure que les dépenses s’empilent (révision de la voiture, achat d’une tablette pour que les enfants se chamaillent encore plus dans la voiture regardent des films, batterie portable, glacière réfrigérée, sans oublier le budget essence + péage + hôtel + bateau+ bouffe etc…), il se pourrait bien que cela soit une erreur. Mais passons, le choix est fait et je cherche des raisons de croire qu’au final ça va être l’occasion d’offrir aux enfants des souvenirs de famille qui sortiront un peu de l’ordinaire !D’ailleurs, je me rappelle d’avoir fait avec mes parents diverses équipées à travers la France et l’Espagne. Je pense que la plus folle a consisté à traverser la France en direction des Pyrénées en Renault 20 TS à 8 !!! Bon il faut que je vous  parle un peu de cette voiture qui a m’a longtemps impressionné parce que je la trouvais hyper classe. Je m’imaginais que mon père devait être une sorte de Ministre pour avoir une voiture pareillement imposante et confortable. Faut dire qu’à côté, les autres parents roulaient en R12 ou en R18. Et ma mère avait une R5 orange affectueusement surnommée « Titine »... Du coup, la R20 c’était le grand luxe, sièges immenses, vitres électriques, accoudoir central, essuie glace arrière, etc… Bon ça c’était avant de découvrir qu’il y avait un niveau de finition au dessus, la R20 TX et surtout  la R30, luxe absolu… version française. Sinon elle était bordeaux, mais ça c’est pas grave !Je disais donc 8 dans la R20… Ah oui, mes parents ont eu 4 enfants et avaient décidé d’emmener avec eux Carmen notre nounou… ainsi que sa jeune sœur qui n’avait ja ja jamais voyagé olé olé !!! (ça c’est pour restituer l’ambiance festive qui régnait dans la voiture et OUI Carmen était bien d'origine espagnole). Allongé sur le plancher, si proche de la route, je ressentais les vibrations de la voiture dans tout le corps ce qui me procurait à la fois une sensation de vitesse et de sécurité mais aussi un bercement d’une redoutable efficacité.  Le tout sans climatisation, sans DVD, et surtout sans ceinture de sécurité ! La voiture devait être si chargée, le bas de caisse arrière embrassant l’asphalte et le nez pointant vers les étoiles, que je me demande si mon père pouvait voir correctement la route! Quand la montagne arrivait enfin, ma mère s’extirpait difficilement des sacs de provisions qui l’entouraient pour nous distribuer des sucres imbibés de menthe Ricqlès afin que nous ne soyons pas malades dans les virages. Je pense qu'à force d'en sucer on devait finir par être complètement "pompette" (expression maternelle reprise pour l'occasion) et que nous sombrions dans un sommeil profond! Elle ponctuait régulièrement le trajet de ses observations poétiques à propos des campagnes que nous traversions et de la faune qu’elle pouvait y apercevoir (avec une spéciale dédicace à ces fameuses bergeronnettes qu’elle seule voyait voler ici ou là et dont nous n’avions que faire).Mon père, concentré et impassible malgré le tumulte qui régnait à l’arrière de la voiture, écoutait du Brassens sur le radio cassette, chemisette et boucle[...]



Choisir c'est renoncer

2015-02-11T19:12:24.816+01:00

Lettre ouverte au Maire de ma ville.J'ai du respect pour les personnes qui, comme vous j'imagine, s'investissent corps et âme dans ce sacerdoce où les égos s'effacent sous l'importance et le poids de l'enjeu commun. Car il faut être solide et déterminé pour faire honnêtement avancer sa ville vers un avenir serein. Montrer la bonne direction, savoir prendre des coups, les rendre avec élégance, écouter les uns, ne pas décevoir les autres, tenir ses promesses, connaitre ses dossiers, savoir s'entourer, respecter son budget, voir plus loin mais pas trop, être présent sur le terrain, faire des choix compliqués et plus difficile encore, les assumer, le tout sous le regard d'électeurs parfois fatigués.Il est vrai que la vie municipale est faite de décisions complexes dont le simple citoyen peut ne pas mesurer les enjeux. Heureusement il y a parfois des choses limpides qui n'exigent aucune tergiversation, où le bon sens paysan suffit à lui seul pour savoir ce qu'il faut faire.Dans notre ville il y a une rivière et des passerelles qui l'enjambent, des routes et beaucoup de ronds points, et puis il y a des enfants qui vont à l'école. Oui je sais jusqu'ici, je ne vous apprends rien et vous cherchez le point commun. J'y arrive.J'habite une ville où quand une passerelle que plus personne n'utilise fatigue, on décide qu'il faut impérativement la changer. Il est vrai que la passerelle voisine, rénovée il y a peu, se situe à environ 15 mètres... Qu'importe tranche-t-on, et allons-y pour la modique somme de 220000 € (coût des travaux)!J'habite une ville où l'on dépense beaucoup d'argent pour entretenir de très nombreux ronds points délicatement décorés. Récemment, on a décidé que l'un d'entre eux (celui du Frugy) avait le même habillage paysagé depuis trop longtemps. On y a donc construit de magnifiques murets en pierre de taille pour un coût que j'imagine modique... (15 jours de travaux, pelleteuses, camions de terre, maçonnerie, dallage pavé, paysagiste).J'habite aussi une ville où des enfants vont à l'école publique et où il pleut de temps en temps (je ne vous fait pas ici le reproche d'une météo trop humide, ce serait injuste). Bien entendu, les écoles maternelles de cette belle ville disposent de préaux pour que les enfants puissent s'aérer lors des récréations les jours de pluie. Une exception cependant à l'école de Kervilien, quartier du Corniguel où les parents d'élèves et la direction de l'école maternelle réclament depuis des années (et bien avant votre récent mandat) la construction d'un préau. Et depuis des années on répond que ça serait bien mais que ça coûte cher!J'habite donc une ville où, pour une passerelle déserte, l'argent (à défaut du bon sens) coule à flot et où, grands comme petits (les pieds dans l'eau) s'accordent à dire que pour le coup, ça ne tourne point rond!Je m'éclipse, Monsieur le Maire, en espérant avoir pu éclairer vos réflexions.Et puisque "Faux monnayeur" vous n'êtes pas, je vous laisse le soin de méditer à une maxime d'André Gide, prix Nobel de Littérature : "Choisir c'est renoncer".En jeu le prix Nobel du bon sens...Salutations distinguées. [...]



HISTOIRE EN DEUX FOIS

2015-02-04T21:24:05.475+01:00

Il était ... AUCUNE FOI(S) Je ne crois pas en Dieu(celui-là ou un autre), malgré une éducation teintée de catholicisme. Ma courte histoire avec Jésus, ses apôtres et ce God tout puissant a sans doute commencé dans la froideur d'une église humide où j'ai dû gueuler comme un putois quand le curé a tenté de dessiner une croix sur mon front innocent.Il faut dire que je suis un sacré rebelle ayant à nouveau manifesté mon désir d'indépendance face à tout cet improbable fatras idéologique, en refusant de faire ma communion vers l'âge de 12 ans. Contrairement à Mr Vinvin, en Jésus je n'ai obtenu que le premier diplôme et encore malgré foi moi ! Mes parents m'avaient donc offert cette liberté de dire NON à Jésus et je les en remercie. Juste après coup, je n'avais pas bien mesuré la portée symbolique de cette volonté d'indépendance et je m'étais surtout dit que j'avais été con de ne pas saisir l'opportunité de me voir offrir une gourmette en or et la photo dédicacée du Pape... Je devais tout de même parfois assister Allah messe (pardonne-moi cette offense née d'un humour de basse flemme) et me rendre aux cours de catéchisme où un prêtre barbu aux sandales odorantes, fort patient et sympathique, tentait en vain d'expliquer à mon esprit cartésien les fondements et les us et coutumes du fromage pour les nuls de cette religion. J'en garde encore aujourd'hui une aversion pour les fromages aux odeurs trop prononcées. La Le hic c'est que ce prêtre racontait la vie de Jésus depuis son immaculée conception jusqu'à sa mort sans oublier sa capacité à marcher sur l'eau ou à transformer l'eau en vin.  D'accord, tous ces miracles auxquels je n'ai pas cru (s'y fier eût été une erreur) ne sont que des paraboles. Mais je n'ose pas imaginer les dégâts que de telles sornettes auraient (pu) susciter sur des esprits plus réceptifs.Lors de ces réunions, mon seul réconfort venait de la présence d'une ou deux jolies filles que je m'efforçais de ne pas trop regarder dans les yeux, de peur de les mettre enceintes... Les différents programmes d'histoire retraçant en parallèle la violence des croisades et autres missions évangélisatrices finissaient définitivement de me convaincre des dangers d'un endoctrinement plus poussé sur ma fragile personne.A l'époque donc j'étais moins catho qu'athée et c'est longtemps après que j'ai bien failli basculer...Ah si UNE FOIS !Brooklyn, New York, un dimanche de mai 2014, j'ai alors 40 ans. L'église The Brooklyn Tabernacle est en fait une grande salle de spectacle où plusieurs paroissiens nous accueillent avec de grands sourires en nous souhaitant la bienvenue. Rien que ça, ça change tout. Je suis accompagné de ma femme et d'un couple d'amis, Pauline et Nicolas. Il y a quelques touristes venus, comme nous, assister à cette messe gospel et surtout beaucoup d'habitués qui se sont mis sur leur trente et un. Rapidos ça se met à chanter de partout et la mamie assise à côté de moi est déjà au taquet les deux mains levées à hauteur d'épaule paumes ouvertes, implorant le Seigneur. Ohhhhh Jesus !!Moi aussi j'ai envie de chanter et de frapper dans mes mains, pas pour Jésus mais pour me lâcher et faire corps avec cette assemblée vivante. Il y a de bonnes ondes dans ce théâtre et je me surprends à fredonner les paroles qui défilent (entre deux pubs!) sur des écrans plats en version karaoké. Bon c'est en anglais, je ne pige pas tout et du coup, le message religieux paraît plus léger que par chez nous !Le « preacher » est entouré de choristes et porte un costume élégant, quoiqu'un peu brillant. Il alterne les brefs discours et les chansons sont reprises en chœur par toute la salle. C'est bien plus gai et dynamique que la plus joyeuse des messes de mariage à laquelle j'ai pu assister par chez nous...A un moment donné to[...]



Au fond de mon âme

2014-09-15T21:59:36.464+02:00

Texte écrit pour un concours de chez WeloveWords fin 2013.L'idée était d'écrire un texte en s'inspirant de tableaux peints par Felix Vallotton. J'avais choisi celui là.D’après « Madame Alexandre Bernheim, née Henriette Adler, femme du marchand » de Felix Vallotton  J’avais accepté d’être modèle  en laissant à ce jeune peintre que je connaissais peu, le loisir de faire de moi ce qu’il voulait. C’est mon mari qui me l’avait proposé car il aimait beaucoup le travail et la sensibilité de ce Monsieur Vallotton dont il me disait le plus grand bien. Pour moi ce fut une première et si au fond je regrettais qu’on ne m’ait pas croquée plus jeune, je décidai de jouer le jeu, surtout par curiosité. Non pas que je me trouvais belle, je ne l’avais jamais été, mais je voulais voir ce que cet artiste trouverait de vrai en moi. Pourrait-il m’apprendre quelque chose que mon miroir froid ne pouvait pas me renvoyer ? Quelque chose que j’ignorais… Cela ne se voit peut être pas mais l’idée m’amusait !Bien sûr vous devinez mes regrets, mes doutes, mes inquiétudes comme autant de cheveux gris. Et pourtant ma chevelure avait été flamboyante. Je n’avais laissé qu’à peu de mains le plaisir de la caresser ou de s’y perdre, ce qui rend aujourd’hui ces souvenirs plus nets et plus intenses. J’ai connu peu d’hommes dans ma vie mais chacun m’avait aimé pour ce que j’étais. Vous ne le saviez pas et moi j’avais oublié. Mais au fond qui suis-je véritablement, et que voit-on de moi sur ce portrait ?Une femme  triste et renfermée  à l’image de ses mains jointes qui laissent à penser que son corps et son cœur ont froid ? Un peu de cette élégance dont les femmes d’esprit ne se départissent jamais ? Du gris qui s’accroche à moi comme un nuage dans le ciel azur ? Des lèvres généreuses à défaut d’avoir été gourmandes ? L’esquisse d’un sourire  empreint de nostalgie amoureuse ? Des petits travers à l’image de ce tableau de guingois juste derrière moi ? Un penchant pour la littérature que l’on devine aux livres et aux feuilles posés sur le petit secrétaire à mes côtés?Il est vrai que j’ai toujours aimé lire et écrire. Mon mari n’avait d’yeux que pour les courbes, les formes, les matières, les couleurs et l’intensité des toiles qu’il vendait. Mes pensées, elles, se perdaient dans les mots. J’aimais imaginer des personnages, décrire des paysages, les mettre en  situation, les faire vibrer, amener une intrigue et suggérer le reste. Nous avions ça en commun ce peintre et moi, la danse de nos mains caressant le papier blanc pour offrir à chacun  la liberté d’y trouver ce qu’il voulait. Nous partagions le même dessein, celui de  faire naître l’émotion et rendre toutes ces choses vivantes. Une plume ou un pinceau exprimant nos sentiments cachés.Je me souviens de ce jeune homme travaillant à ce portrait dans notre maison de la rue Laffitte. Il était appliqué, minutieux, et mettait un temps infini à choisir ses couleurs comme je le faisais avec mes mots. Sa tête disparaissait par intermittence pour se cacher derrière le chevalet. J’entendais le frôlement du pinceau sur la toile. Il parlait peu ou alors pour dire des choses étonnantes : « Il faut du mouvement, il faut que ça vive ! Mais surtout ne bougez pas… ».  Parfois il n’y arrivait pas, son esprit était ailleurs, il divaguait, ou s’agaçait  et moi je restais plantée là, inconfortablement accoudée à ce fauteuil en attendant que l’inspiration lui revienne. Mais pourquoi diable avait-il choisi  cette pose ! Alors pour passer le temps, je m’évadais dans un ailleurs, laissant mes pensées[...]



Le Défi Breton 2014

2014-06-18T19:26:30.845+02:00

Bon ce Défi Breton 2014 première édition c'était quand même quelque chose!L'idée est lancée 9 mois plus tôt autour d'un mojito par Delphine Jory aka Ladyblogue et Marc Delalleau responsable communication de la Maison du Patrimoine de Quimper.Delphine, les quimpérois la connaisse parce qu'elle fait mille choses qu'elle nous raconte de sa belle plume sur son blog, dans ses chroniques pour Ouest France, son Facebook, son Twitter, et j'en passe... La miss est connectée, branchée sur je ne sais quelle énergie intérieure qu'elle maîtrise avec délicatesse et qui la fait avancer à la vitesse de l'éclair! Je ne connaissais pas Marc ni son équipe de choc et j'ai été surpris par leur jeunesse. Ben oui je sais j'ai parfois des a priori de vieux schnock mais quand on parle patrimoine, ça peut vite sentir la naphtaline. Rien à voir à Quimper city où ça bouge, ça partage et ça communique! Rien d'étonnant donc à ce que la rencontre entre toutes ces énergies donne naissance à un événement ultra chouette, le Défi Breton. Un mélange de sport, de culture, de goûts, d'énigmes, de débrouillardise, de mémoire, un peu de chance aussi, le tout agrémenté de soleil, de sourires, de bon esprit, d'un soupçon de benêts rouges le tout sous le regard amusé des quimpérois invités à aider les concurrents pour les épreuves qui se déroulent au centre ville.Dix binômes ont été sélectionnés. Je fais équipe avec Laurent, un mec top rencontré à l'école des enfants (il en a 3 et moi aussi, ça créé des liens!). Nous sommes ravis d'avoir été sélectionnés, et dès les photos de présentation on se marre bien. Notre binôme s'appellera : Les two be two good!Première soirée rencontre très sympa avec les organisateurs et les autres équipes. On mesure l'ampleur du travail réalisé pour monter le projet, on fait des photos de groupe, des vidéos en binôme, on mange des plats faits par chacun et au final on se quitte sans trop savoir à quelle sauce on va être mangé, suspense...Nos familles nous supportent les amis aussi, on bosse un peu l'histoire de la ville, le nom des rues, les jardins, les musées,  les spécialités, les personnages connus, les anecdotes, et on fait un peu de sport histoire de ne pas passer pour des gugusses!Le jour J arrive... on est motivé comme rarement (!!)Et c'est parti pour la première épreuve qui consiste pour chaque binôme à réunir le plus de quimpérois sur la place Saint Corentin, le tout en 20 minutes chrono. Et nous voici dès 9 h à courir le centre ville pour rameuter le maximum de monde! Pas facile, il faut passer en mode compète, et aller au delà de ses inhibitions. Je suis à fond, mon binôme aussi. On se sépare pour être plus efficace, on vend le truc aux passants pour la plupart amusés. Ils sont plutôt réceptifs mais ce n'est pas de la tarte quand même. Il faut expliquer vite et surtout convaincre. Bon moi j'étais tellement au taquet qu'en voulant en faire trop j'ai dépassé le chrono et suis arrivé en retard... Heureusement Laurent assure l'affaire pour nous! OUFPassage au second défi, éliminatoire celui-ci. Chaque équipe reçoit une enveloppe dans laquelle se trouve une grille de mots croisés qui une fois remplie donne un lieu de rendez-vous! Hop hop hop les idées fusent, on trouve vite une réponse mais on décide de vérifier notre idée avant de foncer en direction de la tour Névet. On est les 3 ou 4 èmes, pas mal pour un début! On discute avec les autres mais on se rend compte qu'une nouvelle enveloppe nous attend dans la tour. Une énigme! Il faut filer à Locmaria à la maison Fouillen. On commence la trajet en mode running mais arrivé sur les quais on décide d'attraper une voiture! Une gentille mère de famille nous embarque pour nous emmener à bon port. Merci à elle! Une autre énigme nous att[...]



New York City

2014-05-16T22:40:17.563+02:00

Quand tu t'envoles pour la première fois de ta vie aux Etats-Unis à 40 ans, t'es un peu excité comme une puce aux hormones et tu as aussi une tonne d'idées en tête. Du cliché plein la caisse à outil, alimenté par 40 années de culture télé-ciné à base de Starsky et Hutch, Arnold et Willy, Huit ça suffit, Spiderman (oui je sais le niveau n'est pas brillant mais mes parents ne voulaient pas que je regarde Dallas...). Donc toi le petit péquenot breton t'es un peu intimidé à l'idée d'aller voir ce qui se passe chez les maitres du Monde, les rois du capital libéré, les princes de la modernité.Comme c'était la moins chère, j'ai choisi une compagnie américaine qui sonne bien : American Airlines. Je passe rapidos sur l'épisode du check spécial sécurité débile à souhait fait par un agent très sérieux mais que ma femme a trouvé très drôle croyant presque à une caméra cachée, un vrai sketch!Ce qui est amusant c'est que quand tu vois l'avion avec sa carlingue en métal brillant tu as l'impression d'être dans les années 60 et t'es quand même rassuré de ne pas voir d'hélices sur les ailes mais bien des réacteurs. J'hésite entre trouver ça classe ou carrément has-been et j'opte pour le second choix quand je découvre la déco et l'équipage. On fait clairement dans le vintage, moquette gris tristounet, sièges bleu à motif jacquard. A bien y regarder, la compagnie hongroise Maleev qui m'avait filé la frousse il y a quelques années fait, en comparaison, figure de compagnie branchée! Quant à la business-class, les places sont certes spacieuses mais le décor me rappelle une salle d'informatique à la fin des années 80... Pour ce qui est des hôtesses dont le physique avantageux aurait pu agrémenter le voyage, je préfère ne pas m'étendre sur le sujet mais y'en a quand même une ou deux qui doit presque se faire la rangée centrale en mode pas chassés pour ne pas rester coincée entre deux sièges. Je sais c'est pas bien de se moquer, mais à force de te faire réveiller par des coups de postérieur sur l'épaule à chaque passage, à un moment donné tu deviens un peu con. Ceci dit j'ai une théorie la dessus. Comme les amerloques sont persuadés que les français sont chauds comme la braise (merci DSK) ils choisissent des hôtesses inhibitrices de libido sur les vols au départ de Paris, histoire d'être peinard. Ça tombe bien je n'avais pas mis mon peignoir...Pour ce qui est de la bouffe c'est pareil, ils mettent le paquet, ce qui a l'avantage de faire passer le temps.Tout ça est anecdotique je vous l'accorde, et tu finis par arriver sans encombre sur le sol américain où tu es très bien accueilli puisque les douaniers y sont aussi aimables qu'en France...Te voilà en train de fourrer tes grosses valises dans le coffre immense d'un vieux taxi jaune qui pourrait en avaler deux ou trois autres. Comme dans un rêve, la Skyline New Yorkaise défile sous tes yeux ébahis tandis que sous tes fesses, ronronne un gros V8 automatique qui te berce calmement. Tu souris et tu te dis que t'es bien crevé tu as de la chance et que tu vas adorer cette ville.Et ce fut le cas avec en prime un accueil tip top chez des amis expatriés. Un grand merci à eux!Ce qui m'a le plus plu ce sont les mélanges et la variété des styles. Culturels, culinaires, vestimentaires, architecturaux, etc. Et puis vu du haut d'un gratte ciel, la verdure entourée par la ville, la ville entourée par les rivières et la mer, le tout au soleil couchant c'est classe.  Une ville de contrastes. Partout le moderne cohabite avec l'ancien avec une certaine élégance finalement. De vieilles églises coincées entre d'immenses buldings modernes, une ville en construction perpétuelle bétonnée et vitrée pousse à côté d'anciennes maisons en brique rouges habillées par des[...]



Soirée déguisée

2014-03-27T20:50:06.823+01:00

Je ne me souviens plus si j'ai vraiment été invité,Ou bien si j'ai simplement rêvéDe cette amusante soirée déguisée.Qu'à cela ne tienne, les souvenirs me reviennent en pagaille!Spiderman est dans la place, il parait s'ennuyer.Pour briser la glace il me propose de partagerUn double scotch on the rocks du genre bien tassé.On ne refuse pas un verre à Peter Parker...Je m'en cale une rasade tout au fond du gosierUn cul sec maladroit qu'il me faut recracher,Sur le costume moulant de l'homme araignée.Le type est furax et ainsi auréolé,Se colle aux murs pour se faire oublier.Mais avant que le remords me rongeJe tombe sur le roi de la plonge, l'ami Bob l'éponge.Il s'enfile mousse sur mousse sur un canapéEt semble littéralement absorbé, pour ne pas dire "scotch brité",Par un moustachu en Panthère rose déguisé,Qui de moult postillons ne cesse de l'arroser.En voyant l'ami Bob ainsi imbibé,Bibi abandonne l'idée qu'il puisse venir assécherLe héros de chez Marvel aux WC réfugié.Plus loin, pavane une blonde sur talons haut perchée.Telle une icône la miss peinturlurée,Exhibe ses formes un brin exagérées.Mais de silicone je la sais rembourrée,Le genre Paris Hilton en version surgonflée.Elle ne comprend pas quand on la questionne.Le dialogue est limité avec cette silly conne...Dans un coin j'aperçois Catwoman minauderJe lui propose un Kit Kat ou un chat perchéLa miss commence à miauler, se fait à l'idéePuis elle me sourit, verteJe l’attrape par la queue,Je la montre à ces messieurs...Désolé, je m'égare maisÇa bouillonne dans mon cortex,Face à cette dame tout en latex.En pantouflard à minuit je pense à rentrerMais je joue la montre et m'en vais me griller,Une Lucky que, malchance, d'un strike j'envoie valserSur une jolie princesse qui court affoléeLe genre Cendrillon plutôt bien carrosséeQu'on ne peut pourtant pas confondre avec un cendrier.Je m'excuse puis me trouve nez à nezAvec un lonesome cow-boy un poil décharnéQui trouve que de trop près je serreSa belle cavalière nommée Jolly Jumper.L'homme prend tout à coup un air sombre,Pour me dire qu'il tire plus vite que son ombre.J'imagine son six coup, explosant ma citrouilleJ'ai si peur qu'aussitôt je change d'air,A la vitesse de Buzz l'éclair.Sur le dancefloor, un vieux type n'arrête pas de se déhancherIl se tortille et danse comme un damné.Barbe blanche, bonnet rouge et pull over bleu,On dirait le grand Schtroumpf en mode je fous le feu.Sur un rythme latino, des danseuses à gogo,Enlacent le pépère en flattant son égo.J'observe jaloux, ce type qui fait merveille,En me disant qu'un jour je danserai la salsa pareil.Je m'essaye par défi à quelques pas endiablésQue je brûle en enfer si je ne sais plus danser.Aussitôt tout s'accélère, le sol se met à schtroumpferMes jambes scélérates ne peuvent plus me porter.Sans crier gare, la gamelle est brutale,Et dansent à mes yeux les sept boules de cristal.Le cerveau ainsi étoilé, vaincu je dois m'avouerQue n'est pas qui veut, Patrick Dupon d.Je rejoins le bar, car je vois bien que l'on me moque,Où un type fagoté en Capitaine Haddock,Traite son acolyte de manche à couille, de poule mouillée.Le binoclard n'entend rien, il lui fait répéterLe Capitaine braille plus fort, hurle dans son cornet.L'homme en vert croit comprendre et pour s'en assurer,Demande a Haddock qui reste médusé :"Quoi, une moche à couille, la nouille m'a touché?!!!"Je mate la pendule, il est grand temps de rentrer...[...]



Emporté par la houle

2014-02-11T21:27:43.377+01:00

“Fly me to the moon” chantait Sinatra dans l’auto-radio. Moi, en ce lendemain de tempête, j’avais décidé d’aller voir la mer en furie. J'aurais bien aimé m’envoler vers la lune, mais la mer se trouve juste à côté de chez moi… Je file vers l’océan. Dans le ciel gris et torturé les oiseaux font du surplace en se laissant porter par le vent. Moi j’avance, impatient, attiré par l’odeur du goémon, les embruns, la couleur du sable et le rythme des vagues. La portière s’ouvre et l’air iodé remplit enfin mes poumons. Je grimpe en haut de la dune où je manque de m’envoler surpris par la force soudaine du vent. Avant, en haut de cette grande barrière de sable, se dressaient fièrement plusieurs rangées de pins, mais ça c’était avant. Aujourd’hui c’est le désert, un paysage lunaire où la mer a presque tout mangé. La dune hier si ronde et douce est à présent coupée en deux en son sommet, comme guillotinée. J’avais déjà remarqué qu’elle perdait chaque année du terrain. Là, elle s’arrête net et bascule abruptement vers l’océan. Les racines des arbres évanouis pendouillent dans le vide à la recherche d’un sol à jamais disparu sous les coups de boutoir, évaporé, emporté par la houle… Devant moi la mer s’étire dans son immensité. Elle est plutôt calme et d’un gris profond mais je devine sa force. Je la sens dense, lourde, chargée de tout ce qu’elle a charrié. Au lendemain du festin, l’ogresse digère, repue. Demain, elle se fâchera à nouveau et si le vent, la lune et le réchauffement climatique l’aident à avancer, elle poursuivra son travail de sape. Elle pourra ainsi s’étendre à nouveau de tout son long pour recouvrir les marécages et reprendre possession de son territoire.Les étés qui viendront n’y changeront rien, cette plage magnifique aura bientôt disparu et mes enfants et les leurs iront se chauffer le cœur ailleurs. Je rentre chez moi le vague à l’âme. Dans le ciel le temps d’une éclaircie, j’aperçois cette lune inaccessible qui, sûre de son pouvoir d’attraction, me salue d’un mince croissant.Ile Tudy, le Treustel, hiver 2014Edit(h):Pour ceux qui connaissent, je vous laisse vous faire une idée, on lutte à coup de bulldozer mais quelque chose me dit que le combat est perdu d'avance... allowFullScreen='true' webkitallowfullscreen='true' mozallowfullscreen='true' width='320' height='266' src='https://www.youtube.com/embed/GPq11f5Eg1Q?feature=player_embedded' FRAMEBORDER='0' />Et ça c'était avant, avec des arbres... et du soleil!![...]



Prisonniers de la Réforme des rythmes scolaires?

2013-09-30T22:22:15.527+02:00

Et alors cette réforme elle est bien ? Sur le papier l’année dernière ça semblait pas mal et je me rassurais naïvement, tel un grand benêt (non sur la photo ce n'est pas moi...), en écoutant les arguments des experts en «bio rythme» ou en «rythme d’apprentissage» des enfants. Après tout cette réforme a été pensée dans l'intérêt des enfants, pour que leurs journées de travail soient moins longues et pour les ouvrir au monde et à la culture...Mais bien souvent, la pratique diffère de la théorie. Cela fait à présent plus de trois semaines qu’on expérimente, et même si c’est un peu court pour en tirer des conclusions ça donne quand même un petit aperçu qu’il me faut partager.Mon inquiétude a commencé un peu avant la rentrée, quand j’ai appris le faible temps de formation (une demi journée) dont avaient bénéficié le personnel en charge des 45 min quotidiennes de TAP (Temps d’Activités Périscolaires) de ma ville.Dans la plupart des cas, c’est le personnel ATSEM (agent territorial spécialisé des écoles maternelles) qui a en charge ce nouveau créneau horaire. Pour être plus clair, ce sont les "dames de cantine" ou "dames de ménage" ou les personnes qui s'occupent de la garderie. Donc, hop hop hop, je finis vite fait le ménage de la cantoche et je me transforme comme par enchantement en super animateur éducateur pour gosses ! Attention, je ne dis pas qu’il n’y a pas de compétence, ni de bonne volonté de leur part. Mais au regard du peu de temps de formation dont ces personnes ont bénéficié, il est impossible d’atteindre les objectifs ambitieux évoqués par les experts théoriciens.Un autre point. Chez nous l’école commence 15 minutes plus tôt que l’année dernière et il y a 4,5 jours d’école par semaine (versus 4 l’an passé). Moi je veux bien croire que c’est mieux de travailler le matin plutôt que l’après midi, mais dormir c’est bien aussi. Bon d’accord, alors il faut les coucher plus tôt qu’ils nous disent. Et bien oui ça aussi c’est un excellent conseil, sauf que quand tu ne finis pas ton travail à 16h30, qu’il faut gérer les devoirs, la préparation des sacs pour le lendemain, le repas, les fringues, la toilette, l’histoire guili bisous dodo et tout ça pour tes trois loulous, il arrive parfois que le timing dérape légèrement. Et paf tout fout le camp, on s'éloigne un peu plus du pays des Bisounours ! Exit la pause du mercredi matin, à la place, à l’heure du garde à vous, tu te payes une brochette de têtes dans le cul mal réveillées avec méga cernes en face de toi au petit déj ! Aller aller les enfants, direction l’école !! Sisisi, c’est pas évident comme ça à première vue mais là vos cerveaux seront bientôt au top pour retenir ce que vont vous expliquer vos instits.Le constat général est sans appel, après trois semaines d'école, les enfants sont crevés!Sinon en ce qui concerne les activités des TAP, c’est "tip top". Ma fille de 9 ans doit s’entraîner d’arrache pied aux championnats du monde de balle au prisonnier puisque cela fait plus de 15 jours qu’elle fait cette activité pendant son TAP. Autrement, il y a "jeux de société", "béret", "hip hop", "chaises musicales" et aussi "théâtre" pour faire bien... "Ouverture au monde et à la culture" qu'ils disaient... Ce qui est sympa c’est qu’après les TAP il y a garderie et qu’ils peuvent continuer à faire exactement la même chose… Je pense qu’à ce rythme ma fille a toutes ses chances pour une médaille!Impossible de savoir ce que fait la plus petite qui a 5 ans. En réalité, je crois qu’elle n’a rien fait. D’ailleurs nous venons d’app[...]



Un taxi parisien

2015-06-25T20:59:46.809+02:00

Le week-end dernier, j'ai fait un bref séjour à Paris. Au programme visite du passionnant musée des Arts Primitifs quai Branly, soirée et dodo chez sister Lolo, puis virée en région parisienne pour récupérer une Twingo.Je dois récupérer le bolide à Marly La Ville, dans le 95. Comme c'est à plus de deux heures de chez ma sœur en s'enfilant un cocktail complet de transport en commun (tramway, RER, métro, train de banlieue), j'adopte une stratégie plus simple. Joyeuse traversée de Paris en RER jusqu'à Charles de Gaulle pour me rapprocher puis taxi. Efficace. Bon, je me galère un peu à trouver un tacos mais je finis par caser mes grands pinceaux dans un C4 Picasso conduit par un petit gros. Je suis un peu déçu car j'aime bien profiter de me payer un taxi pour rouler en Audi ou en Benz Benz Benz! Et me voilà parti pour un périple interminable...Comme le type ne connait pas le bled où je vais, il tapote l'adresse sur son GPS TomTom. Calcul de l'itinéraire, pas de péage, pif paf pouf, on est à 14 km du but et on en a pour 23 minutes. Relax, je m'avachis tranquilos sur la banquette en skaï (le skaï c'est comme le cuir sauf que dès que tu bouges les fesses on croit que tu pètes...) en grignotant un Nuts et en me grattant les noisettes. Mais on n'a pas fait 500 mètres que les keufs m'arrêtent le type râle déjà après son GPS qui cherche sa position l'espace d'un instant. Son TomTom le gonfle et sans plus attendre, le taxi man décide de se la jouer à l'instinct : "On va passer par l'A86" qu'il me dit. Je ne réponds rien car pour moi c'est du chinois. Et hop c'est parti, bretelle d'accès, voie d'accélération, et paf bouchon. Bingo! J'suis tombé sur un as du sixième sens, le roi du plan foireux. Ça finit par avancer doucement, on roule un peu, je surveille le GPS d'un oeil et je commence à m'inquiéter quand je m'aperçois que le type ne suit pas les indications du TomTom. Je me dis qu'il est vraiment Con Con et je l'interpelle quand je vois que la distance jusqu'à l'arrivée est à présent de 30 km. "On est à combien de km de l'endroit où je veux aller ?" Il me dit qu'il ne sait pas, je lui réponds que c'est marqué sur son GPS, il me dit que c'est la distance aller retour et je lui demande de ne pas me prendre pour un con. "Ne vous inquiétez pas, on va prendre un raccourci". Je bouillonne, ce mec me met la fièvre.Il quitte l'autoroute aussi sec. Inspiration divine? Un instant, je me dis que si ça se trouve je suis tombé sur le roi du chemin le plus court. Un instant seulement. Le compteur indique 40 euros, on est parti depuis trois quart d'heure, on a déjà fait 30 km et le GPS indique qu'on est à 40 km du but!!! On est à Eaubonne mais moi je l'ai très mauvaise. Je lui dis qu'on est à pétaouchnok et pas du tout où je veux aller, donc soit il me dépose de suite et je ne le paye pas, soit il se décide enfin à suivre les indications de son GPS à condition qu'on se mette d'accord sur le prix de la course. Il me propose 50 euros et je lui dis que je ne lui filerai pas plus de 40 euros et que j'ai autre chose à faire que de visiter la banlieue Nord en mode Seine Saint Denis Skaï. Je regrette de n'avoir pas pensé à faire appel à Uber Popopopopop!!!!!!!!Il me fait le coup du type désolé, qu'on est quand même dans le 95, genre il est pas si nul que ça. Je lui dis que le 95 c'est grand et que je ne lui ai pas demandé d'en faire le tour. Il me dit qu'il est taxi parisien et pas taxi de banlieue et ferme enfin son clapet pour se concentrer sur la technologie. Ce gars est con comme une valoche !Une fois arrivé à destination, après deux heures de trajet et 70 km de route, son compteur indique 115 euros. Je lui[...]



Le maître nageur

2013-06-19T21:10:26.087+02:00

Sans doute encouragé par la rencontre furtive d'un ancien champion Olympique de natation en boîte de nuit il y a quelques semaines, je me rends régulièrement à la piscine pour diversifier mes pratiques sportives.Lundi dernier je vais donc à l'Aquasplash local où, en plus du toboggan, des jacuzzis, du hammam et de la piscine à vagues, il y a un vrai bassin pour nager. Ça caille toujours autant et je me délecte à chaque fois du spectacle des bonnets de bain, mais l'histoire cette fois est différente.Après un passage à la douche obligatoire, je croise les 3 maîtres nageurs qui discutent entre eux mais daignent répondre à mon bonjour. Comme il n'y a pas grand monde, ils ont l'air un peu désœuvrés car ils ne peuvent pas s'adonner à leur principale occupation qui consiste à scanner ouvertement l'anatomie des nageuses. Ça occupe me direz-vous et il n'y a pas de mal à se faire du bien ! Bon, là ils s'emmerdent ferme, y'a que de la mémé, donc pas de risque de transformer le "moule bite" réglementaire en tente canadienne fraîchement montée. La tenue du professionnel c'est donc petit slipo, tee-shirt manches courtes roulées sur les épaules, claquettes Arena à picots aux pieds, sifflet autour du cou. On se croirait au camping ! Le tout avachi nonchalamment sur la chaise haute qui permet d'avoir une vue panoramique sur les petits culs la zone de baignade.A chaque fois que je vois ces gars, je me fais deux réflexions.1/ Y'a pire comme boulot mais ils doivent quand même bien se faire ch...2/ Est-ce que ces types savent vraiment nager ? Je sais, j'exagère mais aucun d'entre vous n'a jamais vu un maître nageur apprendre à nager à un gosse en se mettant à l'eau, ni même (et c'est tant mieux) sauter dans l'eau à la "Baywatch" pour sauver un type qui aurait vraiment touché le fond. En les regardant bien de profil, l'un d'entre eux a l'air d'un ancien champion olympique de boîte de nuit qui se serait mis à la natation sur le tard.Je me glisse dans l'eau sur ces considérations moqueuses et j'enchaîne les longueurs sur un rythme soutenu version brasse. Le crawl, c'est la classe, on est d'accord mais à condition de maîtriser la technique, ce qui n'est pas mon cas. J'ai essayé mais je ne supporte pas de mettre des lunettes et après une série de mouvements désordonnés et moultes éclaboussures, je finis la longueur essoufflé comme un boeuf, l'estomac et les oreilles remplis d'eau chlorée. Le genre veau marin !Vous l'avez deviné, je préfère l'élégance et c'est donc coiffé de mon bonnet vert que je brasse, telle une grenouille, dans une des lignes d'eau réservée aux nageurs, l'autre partie du bassin étant à disposition des touristes et autres lambins aquatiques. Nous ne sommes que 3 ou 4 à nous partager cet espace, c'est rare et agréable. Trafic fluide, pas d'embouteillage, chacun peut nager à son rythme et doubler sans déranger les autres.Soudain, alors que je reprends mon souffle après une série de longueurs endiablées, j'aperçois un des maîtres parleurs qui enlève son tee-shirt, ses claquettes, ajuste popol dans son mini slipo et sa tête dans son bonnet (ou le contraire). Mince alors me dis-je, il ne va pas se foutre à l'eau au moins ! J'ai presque envie de lui dire de faire gaffe, qu'il faut savoir nager quand même et qu'il a oublié de mettre ses flotteurs, mais je me retiens. Je m'apprête quand même à intervenir au cas où... C'est alors qu'il s'approche de moi bombant son torse grassouillet tel un Apollon sur le retour. Il me fixe d'un drôle de regard avec ses mini lunettes miroir et les yeux dans les yeux (ou plutôt mes yeux dans mes yeux) me tient à peu près ce lan[...]



Coeurs fatigués

2013-03-20T21:02:50.289+01:00

Voilà, ça y est je suis un petit vieux. Je n’étais pas pressé d’y être, mais ça y est je suis un petit vieux. Je n’ai pas vu le temps passer.A présent, tout est calme autour de moi, il ne se passe plus rien. Enfin si, quand j’allume la télé pour me tenir compagnie, je vois bien que les hommes se déchaînent toujours autant. Mais je ne fais plus partie de ce monde. Ma vue a rétréci et mon horizon aussi. Dehors, ils construisent un mur mais par la fenêtre, je peux encore apercevoir la cime d’un grand arbre déplumé. Il attend le printemps. Pas moi.On m’a oublié là, mais moi je me souviens. Je fais le bilan de ma vie, le vrai hein, pas un vulgaire point d’étape qu’on fait à mi-parcours quand on a encore l’illusion qu’on peut arranger les choses ou profiter encore un peu. Faut dire qu’à mon âge on n’a plus que ça à faire, poser ses valoches et remonter le temps. Regarder devant ne sert plus à rien et à la surface il n’y a que silence et solitude. Alors, je plonge dans les eaux troubles de ma mémoire. J’y pêche l’essentiel, les joies, les peines, la vérité des sentiments, et des détails aussi. Je les ramène à la surface, je les place dans mon bocal puis je les regarde danser devant moi toute la journée. Ca occupe, ça fait un drôle de ballet.Hier, les heures étaient légères, aujourd’hui l’horloge n’avance plus. Les rares fois où je sors, le regard des gens glisse sur moi sans s’arrêter. Je ne m’habitue pas à cette absence d’échange. Une fois, en sortant du bus, moi aussi j’ai glissé et je suis tombé. J’ai vu qu’on m’avait vu, j’étais un peu gêné mais personne n’a esquissé le moindre geste, chacun a vite filé de son côté. J’ai regardé mes paumes écorchées et je me suis relevé tout seul. Je ne pensais pas un jour devenir l’Homme invisible qui me fascinait tant quand j’étais enfant.Je suis à peine une ombre, presqu’un fantôme. Déjà.J’ai souvent regardé les vieux avec une certaine tendresse. J’aimais lorsqu’ils me racontaient leurs histoires, sinon j’observais leurs visages ridés, leurs mains et je leur imaginais une vie. Je me demandais aussi comment ça faisait d’avancer si lentement, courbé en deux, les yeux rivés sur ses pieds. Maintenant je sais, c’est ennuyant.On a toujours dit de moi que j’étais trop sensible. Et alors? La sensibilité c’est la richesse des hommes.Quand elle arrive chez moi, chaque semaine, l’infirmière qui s’occupe de moi s’empresse d’enfiler ses gants en latex pour me soigner. La solitude c’est contagieux… Elle fait bien son travail, cause peu et repart aussitôt. Elle doit avoir peur de s’attacher, elle se protège c’est normal… Dire que c’est elle qui me retrouvera un jour. C’est peut-être mieux qu’on ne se connaisse pas.J’ai eu deux enfants, c’est sans doute ce que j’ai fait de mieux dans la vie. Bon, eux non plus n’osent plus me toucher. Parfois ils m’appellent, j’entends leurs voix au loin mais je ne les vois plus. Ils n’ont plus besoin de moi. Mon cœur bat encore, le leur aussi pourtant.En fait je n’ai pas rêvé, j’ai juste traversé la vie. Jusque-là c’était bien, j’ai eu de la compagnie, j’ai pleuré et j’ai ri. En chemin, j’ai laissé une trace, petite, fragile, elle s’effacera mais pour l’instant, elle est bien là, je l’aperçois derrière moi. Aujourd’hui, je ne suis plus personne et plus pour très longtemps. Finalement tout irait assez bien si devant moi ne se dressait pas ce mur d’indifférence. Le franchir, à mon âge ? Plutôt creuser…Voilà ça y est je suis un petit vieu[...]



J'ai la guitare qui me démange...

2013-01-13T21:53:19.192+01:00

Après deux années de cours de guitare à la très très cool, c'est décidé, le fiston va passer à la vitesse supérieure. Direction ce qui se fait de mieux en matière de rigueur et de professionnalisme : l'Ecole de musique. Que dis-je, le Conservatoire de musiques et d'arts dramatiques!Dossier de pré-inscription pour la guitare en juin, commission en juillet, refus immédiat. On nous explique que pour cet instrument, il ne suffit pas de vouloir apprendre, il faut savoir attendre parfois 3 ans avant de taquiner le bout de bois. Pour patienter, il faut faire du solfège assidûment. Je n'étais pas contre un peu de travail suivi, mais le "priver" d'instrument, je trouve ça salop. Vous imaginez la frustration si aux sports d'hiver, le prof de ski passait uniquement les quatre premiers jours à apprendre à un débutant comment on utilise le tire fesses et ne lui permettait de faire sa première descente à ski que le dernier jour... tout ça pour qu'il se croûte la gueule vingt fois sur le verglas.  Heureusement le prof de trombone cherche des élèves. Il a l'air sympa, mon fiston accroche, no problem pour l'inscription, l'affaire est dans le sac. Bon, il ne sait pas encore que le plan trombone sur la plage autour d'un feu ça peut être compliqué avec les filles... quoique!Retour de vacances en fanfare. Un petit tour par l'école de musique nous apprend toutefois que le fiston n'est ni inscrit au cours de trombone, ni aux leçons de solfège. Personne n'a fait le changement de l'instrument sur le dossier initial, et pour l'administration c'est trop tard et à l'année prochaine!Nous contournons l'obstacle car heureusement le prof de trombone est toujours dispo pour recueillir des débutants éconduits. Il va essayer d'arranger l'affaire en coulisse, c'est sa spécialité.... Après plusieurs visites, suppliques, réunion à base de "le solfège n'est pas une punition", un mail nous informe que le fiston est enfin inscrit pour les cours de trombone et de solfège. Youpi!Arrive enfin le jour du premier cours de solfège, mon garçon n'est pas spécialement enchanté mais l'inverse m'aurait presque inquiété. Nous passons à l'accueil pour vérifier son inscription, la secrétaire ne trouve pas son nom, elle va chercher sa collègue qui s’occupe de rien de ça et qui nous dit que c'est bon pour lui mais que les listes ne sont pas encore à jour... Elle nous accompagne jusqu'à la salle de cours où des enfants sont déjà assis. Le mien s'installe aussi, la prof arrive après tout le monde, je quitte les lieux avec le reste de ma troupe. Direction maison, devoirs et préparation d'un délicieux gratin de courgettes. Mais déjà le téléphone sonne."Oui allo?""Mr Machin?""Oui c'est moi ""C'est Mme Trucmuche du Conservatoire. Nous avons eu un petit problème avec votre fils...Gloups... C'est qu'en fait il n'est pas inscrit au cours de solfège, contrairement à ce que nous vous avons dit, il est sur liste d'attente..."La dame m'apprend que la prof, ne voyant pas le nom de mon garçon sur sa liste, a choisi de ne pas le garder dans son cours. Pédagogie, épanouissement, le solfège c'est ludique, ce n'est pas une punition qu'ils disaient... Je bouillonne, j'écume, je fume, j'embarque ma petite fille (une sorte d'assurance vie), je retraverse la ville en version accéléré. Je vais me faire le dirlo direct, à la mexicaine ou version OK chorale Corral, lui dire ce que je pense du foutoir complet qui règne dans son établissement prétentieux. Une clé de sol peut être mais une clé de bras c'est sûr, une bo[...]



Piscine et bonnet de bain

2012-11-28T21:38:21.752+01:00

Ce n'est pas que j'adore ça mais pour occuper les enfants pendant les vacances scolaires, la piscine c'est pratique. La piscine pour moi c'est le souvenir des séances scolaires à l'école primaire dans une piscine gelée version soviétique, un bassin trop profond, une eau trop froide, un moniteur blasé avec sa perche qui lui sert autant de bâton que de soutien, c'est tasse sur tasse, grelotage permanent au bord du bassin, les costauds qui coulent les gringalets, les cabines humides, froides et un peu sales, les chaussettes péniblement enfilées sur des pieds encore trempés, les cheveux mouillés en sortant dans l'air frais, le retour en bus et cette écoeurante odeur de chlore qui imprègne ton corps pendant des heures malgré la douche... Le seul truc drôle c'était bien entendu de voir la maîtresse ou le maître en maillot de bain, ce qui avait pour effet de changer définitivement le regard qu'on pouvait porter sur eux... certains perdaient un peu de leur belle autorité dans ce plus simple appareil. Sinon, je me demande bien qui a appris à nager grâce à l'école... Bref, quand je vais à la piscine j'ai un peu l'impression que je vais me baigner dans un chiotte... Ceci explique sans doute que je n'y vais pas souvent.Avant de m'y rendre, je vérifie les horaires d'ouverture. Je ne sais pas pourquoi mais une fois sur deux, lorsque je veux y aller, elle est fermée pour réfection des bassins ou entretien annuel... Bon là c'était ouvert.J'étais donc chez moi en train de me préparer mentalement à me cailler les miches pendant plus d'une heure, lorsqu'un éclair de lucidité me transperça. Bonnet obligatoire! Oui, depuis quelques mois le  port du bonnet de bain est  à nouveau obligatoire, comme quand j'étais enfant. Depuis la multiplication des piscines ludiques, cette contrainte avait disparu, et voila qu'elle refait surface. Les cheveux perdus  dans l'eau boucheraient des canalisations, des filtres et seraient à l'origine de coûteux dysfonctionnements...Nous voici donc à la piscine "Aquasplash" devant le distributeur automatique d'accessoires où j'ai le choix entre des bonnets en silicone vert et des bonnets en tissu rouge. Pour une raison que je ne m'explique pas, il est hors de question de couvrir ma tête d'un bonnet en tissu. Enfin si, j'ai trouvé une photo qui résume bien mon blocage!Mais le vert manque d'élégance... J'y regarde à deux fois pour voir si dans une des cases, il n'y a pas un bonnet bleu ou orange ou au pire noir. Mais ils sont tous verts... Je me lance, au moins c'est en silicone, exit le modèle de torture en plastique qui t'arrachait les cheveux quand tu voulais le visser sur ton crâne!Avant d'aller nous changer, depuis le balcon qui surplombe les bassins, nous jetons un coup d'oeil sur l'affluence et c'est un spectacle haut en couleur qui s'offre à nos yeux. Des dizaines de têtes colorées gigotent dans l'eau et égayent cet univers d'habitude tristounet. Avec un peu plus de monde encore, on pourrait imaginer un tableau de Signac ou de Seurat. Sinon, je trouve ça très amusant que tout le monde soit logé à la même enseigne du ridicule...Enfin non, à y regarder de plus près, tout le monde ne porte pas le bonnet de la même façon. J'opte pour le port au ras des sourcils qui couvre les oreilles. L'avantage est que le brouhaha qui règne dans ce lieu bruyant est considérablement atténué. L'inconvénient est qu'au bout de cinq minutes j'ai le lobe des oreilles scié en deux, et ça fait mal. Enfin le bonnet accentue la forme oblongue de mon visage, c'est a[...]



Sur la route des vacances

2012-11-28T21:39:09.302+01:00

Eté 2012, pour les vacances direction l'Italie en automobile. Au programme Rome, la Toscane et tutti chianti quanti!La voiture est prête... Enfin, le plein est fait, les pneus neige sont gonflés à bloc, j'ai aussi ouvert le capot du moteur mais je n'ai rien pigé à ce que j'ai vu... J'ai quand même dévissé puis revissé un truc pour faire genre je m'y connais et j'ai aussi chargé à fond le réservoir du lave glace anti-moustique. Ensuite j'ai refermé le capot dans un grand bruit et j'ai dit à ma femme, plein d'assurance, "Tout est OK".Pour une fois, les bagages tiennent dans le coffre sans problème ce qui laisse à penser qu'on a oublié des trucs ultra indispensables comme le bateau gonflable, les doudounes, l'appareil à raclette, la collection de cahiers de devoir de vacances et les culottes des filles (une fâcheuse habitude)... Rien de bien grave en tout cas. Les lecteurs DVD pour l'anesthésie durable des enfants sont parfaitement en place et prêts à diffuser la totale des épisodes de Tom Sawyer et de Rémi sans famille. Pas de GPS embarqué, on y va à l'ancienne avec la carte routière du siècle dernier sur les genoux. Ça va le faire, le GPS c'est pour les glands!Je m'installe aux commandes, j'enfile mes Ray-Ban Aviateur et j'entame une check-list avec ma copilote :"Pipi?" OK"Doudou?" Embarqués"Pique nique?" Dans la glacière"Glacière?" Dans le coffre"Coffre?" Fermé"Crème solaire?" T'inquiète, dans la voiture on risque rien..."Ceintures?" Bouclées"Salon de jardin?" Rangé"Maison?" Fermée (j'en connais qui ont failli partir en laissant la porte grande ouverte...!!)Pour un peu, on se croirait dans TOP GUN! C'est au moment où je demande l'autorisation de décoller à la tour de contrôle que mes enfants me demandent d'arrêter de me prendre pour un pilote de chasse. Je redescends donc sur terre, je passe la première et roule ma poule, les milliers de km qui nous attendent n'ont qu'à bien se tenir, la famille est prête pour l'aventure.Evidemment, on n'a pas roulé 50 km que la question fatidique arrive : "C'est quand qu'on arrive?". A ce stade du voyage, cette question peut avoir des effets dévastateurs, pour qui n'est pas préparé mentalement. Quant à moi, je gère la situation paisiblement. Mais assez rapidement ça enchaîne à base de "J'ai plus de batterie dans mon lecteur MPtruc!", "Est ce qu'on peut avoir des bonbons?", "Qui c'est qu'a pété?", "Maman, machin il m'a dit que j'étais moche!", " Papa est ce que je peux jouer à ton I Phone?", "Maman, j'ai mal au ventre"... Du coup, sans tarder on allume le DVD. Mais aussitôt, la sanction tombe : "Papa on n'entend rien!" (pour les problèmes techniques on appelle papa). Bon c'est vrai que le matos est un peu limite, alors j'ai une idée de génie qui est de brancher le son du lecteur DVD sur les hauts parleurs de la voiture... La stéréo dolby est parfaite, on en a plein les oreilles, générique à fond et c'est parti pour une douce rengaine à base de : "Tom Sawyer, c'est l'Amérique, le symbole de la liberté!!!!" et on alterne avec "Je suis sans famille, je m'appelle Rémi et je me ballade dans la vie!". A ce moment précis, je ne sais pas qui il faut envier de Tom Sawyer libre comme l'air ou de Rémi qui se ballade sans famille, mais je me dit qu'ils devaient être assez peinards!On vient à peine de quitter la Bretagne et les nuages arrivent (et oui!). Le premier péage d'autoroute se dresse aussi face à nous. A mesure que nous descendons dans le sud, le soleil  réapparaît et&nb[...]



La famille hérisson

2012-04-06T21:22:49.947+02:00

L'autre soir en rentrant du travail j'aperçois, posée à côté de l'évier, une petite boule de poils marron et drus. Tiens c'est quoi ce truc? Ma femme qui revient d'une virée au magasin bio, me précise que c'est une brosse pour laver les légumes...Si mon côté "anti bio" tique (je ne suis pas tout à fait guéri), je suis tout de même amusé par l'aspect mini hérisson de l'objet. Je décide donc de faire une blague à mes enfants et je place la brosse dehors à côté d'un pot de fleurs.Plus tard, après le repas, je leur dis : "Les enfants, j'ai quelque chose à vous montrer, venez". Rien que le fait de les voir tous les trois ensemble, les yeux et la bouche grands ouverts est un spectacle qui me ravi. J'enchaîne donc en chuchottant : "Regardez, juste à côté du pot de fleurs, il y a un bébé hérisson qui dort, c'est très rare!". Ils s'approchent alors doucement, le grand devant, un poil sceptique, la moyenne le suit avec encore un brin d'étonnement et de curiosité dans le regard et la petite dernière peine à contenir son excitation mêlée de peur. J'adore! Bien sûr la supercherie est bien vite démasquée par les aînés qui s'amusent ou s'inquiètent que j'ai pu penser à leur faire une blague aussi minable. La petite quant à elle rigole nerveusement. Elle n'a pas tout pigé et est à peine soulagée.L'histoire aurait pu en rester là. Mais après le rituel du coucher des enfants : pipi, toilette, histoire, calin, un verre d'eau, j'ai les fesses qui grattent, un guili, j'ai trop chaud (je fais court là), ma femme qui se détend sur le canapé m'interpelle : "Viens voir, il y a une bête qui bouge dehors... si ça se trouve c'est un  rat!!"Intrigué, je sors courageusement dans le jardin muni d'une pelle et d'un balai, et alors que je suis prêt à faire face à un rat bondissant, j'aperçois un hérisson immobile et tranquillement posé au coin de la terrasse. La preuve en image.Quand le lendemain matin au réveil j'ai montré les photos aux enfants, j'ai bien senti qu'ils étaient un peu scotchés par une telle coïncidence (et moi aussi d'ailleurs). Je retrouvais ainsi un peu de crédibilité à leurs yeux.Bref, voilà une histoire qui ne manque pas de piquant!Une autre photo en bonus, le bébé hérisson et sa maman. Je n'ai pas pu m'en empêcher![...]



On ne fait pas d'omelette...

2012-03-15T21:51:08.077+01:00

Elle m'a regardé dans le blanc des yeux, j'ai ri jaune. Elle m'a regardé dans le blanc des oeufs, ça m'a filé la chair de poule jusque dans les mollets. Elle m'a aussitôt traité d'omelette... D'un grand coup sur mon ovale elle a brisé ma coquille, je me retrouvais l'oeil poché, étalé, à poil et complètement à plat. Il y avait de quoi se brouiller mais je tentais de tenir le coup. Moi le petit coq transpirant, elle m'avait transformé en roi de la mouillette. Après un tel pain dans la tronche, mon eggo avait pris un coup. Pas beau à voir dans le miroir, complètement mimosa. Moi qui aimait jouer les durs, j'étais remonté et à la fois tout ramollo. Elle m'avait battu les blancs en neige. Bref on ne fait pas d'omelette...




QUIMPER, ma ville

2011-10-18T21:20:59.067+02:00

Cette ville, ce n'est pas que je l'aime. Mais je n'ai connu qu'elle. Je ne suis jamais vraiment parti. Je ne savais pas que j'avais un faible pour les belles endormies. Aurais-je commis un impair et vexé la demoiselle? Quimper, capitale de la Cornouaille, un décor noyé sous la bruine, une simple cuvette où il pleuvrait beaucoup, une ville à découvrir avec un imper sur le Q? Qu'importe ce que disent les mauvaises langues, j'enfile mon pardessus et je pars me balader sous le crachin breton dans les ruelles du petit et charmant centre ville historique. C'est vrai qu'on en a vite fait le tour, une fois remontée la rue Kéréon, mais c'est agréable. Il y a tant de centres vils.Les deux flèches de la Cathédrale Saint Corentin s'élèvent droit au dessus des toitures penchées des maisons à colombage. Je déambule dans les rues pavées où j'enchaîne les saveurs. Je passe en un clin d'oeil de la rue du Salé à la place au Beurre. Bien entendu, tout cela me met en appétit. Je m'arrête aux Halles pour acheter une crêpe beurre sucre chez Mme Quéau. Un régal à déguster avec et sur les doigts et inversement proportionnel au sourire de la dame. Je traverse l'Odet empruntant le joli pont pissette sous lequel nagent des mulets à contre courant. J'aperçois à ma gauche les marronniers en fleurs qui bordent la rivière et la devanture du café de l'Epée. Le soleil est revenu, il fait bon. Après ce repas frugal, je décide de m'allonger sur les flancs abrupts du mont Frugy où, je me rappelle avoir fait, il y a longtemps, quelques descentes vertigineuses... Des mouettes sillonnent le ciel, la mer n'est pas loin. Je dois m'assoupir un peu et lorsque je refais surface, je décide de longer les allées de Locmaria en direction du quartier du Cap Horn, m'éloignant du centre. C'est l'aventure ! Je flâne sur les bords de l'Odet qui glisse jusqu'à la mer dans un élégant silence, à peine dérangé par le discret flot de circulation. Je croise une vieille bourgeoise promenée par un chihuahua ridiculement couvert qui aboie à mon approche. La scène m'amuse et elle me jette, elle aussi, un regard hostile. C'est donc en riant que j'aperçois le toit des Faïenceries HENRIOT. Je me souviens de mon enfance et de tous les chocolats chauds lapés dans ce bol made in Quimper orné de mon prénom.Sur une patte, un vieux gréement démâté, boude attaché au quai. C'est le Corentin, vieux bougre réplique d'un Lougre, hommage à l'époque où les bateaux et les marins remontaient l'Odet jusqu'en ville. Plus loin le chemin du halage borde la rivière qui, plus au sud vers Bénodet, mène à l'océan. L'appel du large me guette, je m'évade!Non, finalement je reste. Quelque chose me retient ici au confluent de l'Odet et du Steïr qui, c'est amusant, pourrait se prononcer "stay here", une sorte de message subliminal en somme !L'adolescent rebelle veut changer d'air et de famille, et devenu adulte, il revient souvent à ses racines. On n'a qu'un père, n'est-ce pas?[...]



Aventures nocturnes et psychologie pour enfants

2011-04-20T22:49:51.549+02:00

Non, il ne s'agit pas de vous raconter ici mon sympathique week-end à Rennes et mes tentatives de déhanché sur le dancefloor brûlant du festival Mythos qui, comme son nom l'indique, se déroule à... Rennes. Le genre de soirée où le DJ est au top et où t'as l'impression d'avoir 20 ans, impression renforcée par le fait que tu as un peu bu la chance d'avoir les mêmes potes à tes côtés depuis tout ce temps!Je voulais plutôt vous faire partager la nuit qui a suivi. Le genre de nuit où l'on se dit que le rôle de père est vraiment extraordinaire. Pour le coup, le roi du dancefloor avait beaucoup moins la patate! Ça rappellera des souvenirs à certains! Alors ça commence toujours par un couché tardif, affairé à moult conneries domestiques et malgré une  fatigue certaine.Pleine lune oblige, le premier réveil intervient vers 3h du matin avec un petit saignement de nez de miss L. On nettoie un peu, coton dans le pif, pipi, calin, bisous et tout va bien. Retour au lit, tournicotti, tournicotta, et hop au moment où tu as l'impression de te rendormir, ça pleure dans les hauteurs. 4h30. C'est miss J. qui nous honore d'un bon pipi au lit.Un vrai, hein, pas la demi pissette de libellule! Le bon pipi au lit, avec changement des draps, de l'alèse (Blaise), du pyjama, de la turbulette, un petite toilette et dodo maintenant ma chérie...Elle : Non!Moi : Comment ça non?Elle : Doudou!Moi (en mode je chuchote mais quand même je gueule un peu, dans un langage châtié) : Ben t'as aussi pissé sur Doudou dis donc (1), t'es marrante toi! C'est pas de ma faute s'il n'est pas étanche ton doudou, mince alors!Elle : Doudou!Bon, je lui explique que Doudou est sale, qu'il faut le laver pour que demain il soit tout propre et patati patata.Elle : Doudou!Je le lui file son Doudou au pipiElle (en pleurs) : Doudou est mouillé! (Elle comprend vite)On est bien parti, je le sens!Moi (Version entubage à deux balles) : Tiens Popi il est gentil aussi, et puis il est tout sec. Elle : Non, je veux Doudou! Les enfants sont têtus, n'est ce pas?Conseil d'expert : Bon, quand on tente ce genre de mytho, il faut bien sûr y croire un minimum. Dans notre exemple la tâche est ardue parce que, comme chacun sait, Popi est un gros con! Enervement, soupirs, et autres pensées foireuses.    Ainsi acculé, je me lance à la recherche du 2éme Doudou, la tête dans le cul. Pour alors, ça fait déjà 20 minutes que je suis réveillé, et à présent j'erre en calbut  dans cette putain de baraque en bordel en  me caillant sérieusement les miches. Bien sûr Doudou 2 a foutu le camp à pétaouchnoque!C'est dans ces moments difficiles qu'il faut être costaud mentalement et aussi savoir faire preuve de finesse. Je reprends donc les choses en main pour qu'elle arrête de pigner après son Doudou. Moi : "Bon, tu veux dormir dans le garage alors?????"Minable mais efficace. Une oasis de tranquilité pour finir la nuit!Merci qui? Merci Françoise DOLTO!Réveil 6h30, ça pique un peu les yeux... Bizarrement, j'ai déjà hâte à la nuit prochaine!(1) Spéciale dédicace à Mr Carlos le fils de qui vous savez et expert en boisson fruitée...[...]



Mon plus bel arrêt

2011-03-03T22:56:11.908+01:00

Quand je me suis pris ce tir en pleine poire, nous en étions déjà à 7 à 0 contre nous.Il faisait beau et je n'avais vu arriver la balle qu'au dernier moment, ébloui par le soleil et aussi un peu dans la lune. Je me trouvais donc étendu dans l'herbe, au beau milieu d'étoiles scintillantes, revivant par bribes le calvaire de cette après-midi pourtant lumineuse...Ce jour-là, la chaleur était accablante, et bien qu'étant dispensé d'efforts intenses dans mes cages, je transpirais à grosses gouttes. Mes camarades, eux, jouaient au ralenti comme anesthésiés par la touffeur ambiante. Les rouges, en face, déboulaient sans cesse vers moi et me canardaient à la chinoise (1), tirant dans les coins, sans retenue et sans pitié. Malgré la canicule, le petit poussin que j'étais avait la chair de poule... A chaque fois ou presque, il me fallait aller chercher la balle au fond des buts, la tête basse, sous les quolibets de mes partenaires. Pendant les rares temps de répit, atterré, je priais pour que mes adversaires fassent enfin preuve de maladresse.On m'avait collé à ce poste parce sur le terrain, j'étais un peu mou du genou. Enfin, comme joueur de champ, j'étais nul et j'avais donc atterri dans les caisses, au rebut. C'était sans doute un moindre mal, mais en vérité, j'avais une trouille bleue du ballon, ce qui faisait aussi de moi un piètre goal. Mon entraîneur ne prenait d'ailleurs pas de gants pour me le rappeler. En Angleterre on appelle le gardien de but le "goalkeeper". Moi je suis le goal qui a peur.Mais droit devant, l'attaquant venait de transpercer une nouvelle fois la défense apathique. A mesure qu'il s'approchait, je ressentais la terre vibrer sous mes pieds et le sang battre plus fort à mes tympans. "Sors, mais sors!!!!" me criait-on. Alors qu'il armait un tir puissant, je restais planté sur ma ligne en me protégeant le visage et les roupettes avec mes gants immenses. J'esquissais à peine un geste, puis je regardais le ballon embrasser le filet noir dans un bruit sec. Sur la touche j'entendais les commentaires des parents spectateurs : "Tu parles d'une passoire celui là, quelle nouille!" Piqué au vif je décidai rageusement de leur montrer ce dont j'étais capable. Déjà, une nouvelle vague rouge se profilait. Me sentant pousser des ailes au croupion, je partis à l'assaut du goléador adverse, bien décidé à lui chiper la balle à la manière d'un goal volant. Mais emporté par mon élan sincère (2), je me livrai inconsidérément et fus victime d'un crochet suivi d'un grand pont. Entre mes jambes béantes fila cette balle décidément insaisissable et mes derniers espoirs de footballeur. C'est alors que je ressassais mes erreurs que le missile m'atteignit en plein visage version dindon de la farce. Quand je repris connaissance sur le bord du terrain, j'entendis mon entraîneur dire à mes coéquipiers : "Y'a pas à dire, c'est son plus bel arrêt!".Ce soir-là, en rentrant à la maison avec un magnifique cocard, je décidai de raccrocher les crampons.(1) Expression maison à caractère non xénophobe(2) Comp...renne qui pourra![...]



Souvenirs bucoliques et autres histoires de pot au lait

2011-01-20T22:21:34.235+01:00

J'ai passé toute mon enfance dans un petit quartier de campagne, à proximité d'une ville moyenne. Quelques maisons abritant des familles avec de jeunes enfants, des champs, des vaches, du calme entouré de plusieurs petites fermes. J'ai de bons souvenirs de cet endroit où mes parents vivent toujours.J'y ai découvert le monde agricole avec le taciturne Mr Sizorn qui nous embarquait sur la remorque de son tracteur pour aller couper du maïs aux champs. Il n'avait pas d'enfant, ne disait pas grand chose, mais sur son visage buriné on pouvait lire toute la gentillesse d'un homme simple. Sa casquette grise vissée au crâne et la clope au bec, il conduisait son modeste tracteur rouge et gris avec une assurance qui m'impressionnait. Assis à l'arrière de la remorque, je regardais défiler les chemins de terre, respirant l'air breton et goûtant avec délice à ce parfum de liberté. Je me souviens de son petit rire amusé face aux questions naïves de l'enfant curieux que j'étais. Je l'aimais bien.Mais dans ce paisible quartier j'ai aussi eu la trouille. Notamment lorsqu'il s'agissait, les soirs d'hiver, d'aller chercher le lait frais à la ferme des Sizorn. Elle n'était pas très éloignée de notre maison mais lorsqu'il fallait faire ce trajet, seul dans le noir (après avoir sans doute un peu trop traîné sur mes devoirs), je n'en menais pas large! La première étape consistait à grimper une côte avant de bifurquer sur la gauche à angle droit. Sur la droite en haut de cette petite colline, il y avait une autre ferme tenue par un homme veuf et son fils, les Cochard (un nom à coucher dehors, je vous l'accorde). Personne n'osait trop s'y aventurer, même en plein jour, d'autant que les deux énergumènes, chasseurs énervés et maladroits, avaient une fâcheuse tendance à noyer leur solitude et tout le reste dans l'alcool. Tout ça va de pair me dire-vous, on est en Bretagne! Un jour que ma mère nous ramenait de l'école dans sa Renault cinq orange, nous trouvâmes devant nous sur la route le fiston en fâcheuse posture. Il était monté sur un cyclomoteur mais avait toute les peines du monde à dompter sa Motobécane bleue. Il zigzaguait de façon incroyable, embrassant les bas côtés, balayant la route dans toute sa largeur, le tout au ralenti, à la limite de la rutpure. J'étais sidéré par un tel spectacle digne des meilleurs équilibristes! Lorsque ma mère finit par trouver l'ouverture et réussit à le doubler avec précaution, je fus soulagé et je me retournai aussitôt pour ne pas perdre une miette du spectacle. Le final fut à la hauteur. Perturbé par le déplacement d'air (ou ébloui par la couleur orange vif de notre Titine) notre héros imbibé s'en alla aussitôt et en douceur dans les décors, sous nos regards médusés! Bref.Cette ferme délabrée restait donc un mystère, bien gardée par quelques chiens agressifs qui aboyaient bruyamment lorsque je passais à proximité. Je craignais en silence que l'un d'entre eux s'échappe pour se faire un délicieux dîner de mes mollets de coq. Mon autre crainte était que l'un des deux poivrots, à l'affût, me confonde avec un faisan égaré, et me fasse l'offrande d'une giclée de plomb dans le postérieur. Pan!Ensuite, la route longeait d'épais cyprès, agités par le vent, d'où je m'imaginais voir surgir je ne sais quelle créature mal intentionnée. Pour me r[...]