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Justice internationale





 



Condamnation historique de Hissène Habré pour atrocités

22 Mar 2018

width="640" height="360" src="//www.youtube.com/embed/-vCu_FAH6-g?width=640&height=360&thumbnail_image=maxresdefault&theme=dark&autoplay=0&vq=large&rel=0&showinfo=1&modestbranding=0&iv_load_policy=1&controls=1&autohide=2&enablejsapi=1&origin=https://www.hrw.org&start=0&wmode=opaque" frameborder="0" allowfullscreen> Les temps forts du procès à Dakar de l’ex-dictateur du Tchad, Hissène Habré, qui a débuté le 20 juillet 2015 et s’est achevé le 30 mai 2016, lorsqu’il a été reconnu coupable de torture, crimes de guerre et crimes contre l’humanité lors de ses années au pouvoir (1982-90). (Dakar) – La condamnation de Hissène Habré, l’ancien président du Tchad, pour de graves crimes internationaux, est l’aboutissement d’une campagne de plusieurs décennies menée par les victimes, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Hissène Habré a été reconnu coupable de torture, crimes de guerre et crimes contre l’humanité, et notamment d’avoir lui-même violé une femme, par les Chambres africaines extraordinaires et condamné à la réclusion à perpétuité le 30 mai 2016. « C’est une immense victoire pour les victimes de Hissène Habré qui ont lutté sans relâche depuis 25 ans pour le traduire en justice», a déclaré Reed Brody, conseiller juridique à Human Rights Watch qui travaille auprès des victimes depuis 1999. « Cette condamnation envoie un signal d’alarme aux tyrans leur rappelant que s’ils commettent des atrocités, ils ne seront jamais hors de portée de leurs victimes ».   Le procès de Hissène Habré, qui a dirigé le Tchad de 1982 à 1990, a commencé le 20 juillet 2015. Habré, qui n’a jamais reconnu l’autorité des Chambres, a gardé le silence tout au long du procès. Un résumé de la décision a été lue en audience par le Président de la Chambre, le juge burkinabé Gberdao Gustave Kam, qui était entouré de deux juges sénégalais. Le Procureur avait requis une peine de réclusion à perpétuité.   La décision finale écrite sera prochainement publiée. Human Rights Watch a préparé un résumé non officiel à partir des notes prises lors du verdict. Déplier Des survivants des atrocités commises par Habré marchent vers le tribunal pour assister au verdict, 30 mai 2016  © 2016 Andrew Stroehlein / Human Rights Watch Habré a fui au Sénégal en 1990, après que son régime a été renversé par l’actuel président du Tchad Idriss Déby Itno. Bien qu’il ait été arrêté et inculpé une première fois au Sénégal en 2000, une campagne de longue haleine a dû être menée par ses victimes avant que les Chambres africaines extraordinaires ne soient inaugurées par le Sénégal et l’Union africaine en février 2013, pour juger des crimes internationaux commis au Tchad sous le régime de Hissène Habré. « J’attends ce jour depuis que je suis sorti de prison il y a plus de 25 ans », a déclaré Souleymane Guengueng, qui faillit mourir de mauvais traitements et de maladie dans les geôles de Habré, et qui a fondé l’Association des victimes des crimes du régime de Hissène Habré (AVCRHH). « Aujourd’hui, je me sens dix fois plus grand que Hissène Habré. » C’est la première fois que les tribunaux d’un État jugent l’ancien dirigeant d’un autre État pour des supposées violations des droits humains. Quatre-vingt-treize personnes ont témoigné au procès, la plupart d’entre elles ayant fait le voyage du Tchad au Sénégal pour y participer. Les survivants ont livré des témoignages bouleversants sur la torture, les viols, l’esclavage sexuel, les massacres et les destructions de villages. La Cour a notamment condamné Hissène Habré pour des crimes de violence sexuelles, dont le crime de viol et le celui d’esclavage sexuel pour avoir envoy[...]