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Yémen : Des migrants africains en détention torturés, violés

05 jan 2018

Déplier Le centre de détention pour migrants de Buraika, dans le gouvernorat d'Aden, au Yémen. © 2018 VICE News Tonight on HBO (New York) – Des fonctionnaires du gouvernement yéménite ont torturé, violé et exécuté des migrants et des demandeurs d’asile originaires de la Corne de l’Afrique dans un centre de détention situé dans la ville portuaire d’Aden, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. Les autorités ont refusé aux demandeurs d’asile la possibilité de demander une protection en tant que réfugiés et expulsé massivement par voie maritime des migrants dans des conditions dangereuses. D’ex-détenus ont déclaré à Human Rights Watch avoir été battus par des geôliers armés de barres métalliques et de bâtons, qui les ont fouettés, roués de coups, menacés de mort ou d’expulsion, agressés sexuellement, et qui ont abattu au moins deux hommes. Les gardiens ont forcé les femmes à retirer leurs abayas (robes longues couvrantes) et leurs foulards. Ils se sont emparés de l’argent des migrants, de leurs effets personnels et des documents fournis par l’agence des Nations Unies pour les réfugiés. « Les gardiens du centre de détention pour migrants d’Aden s’en sont brutalement pris aux hommes, ont violé des femmes et des garçons, et renvoyé des centaines de personnes à bord d’embarcations surchargées », a déclaré Bill Frelick, directeur de la division Droits des réfugiés à Human Rights Watch. « La crise au Yémen ne justifie en rien cette cruauté et cette brutalité. Le gouvernement yéménite devrait mettre fin à cette situation et faire en sorte que les responsables rendent des comptes. » Human Rights Watch a interrogé huit migrants, dont sept Oromo d’Éthiopie récemment détenus au centre, ainsi que des responsables du gouvernement yéménite et des membres des communautés de migrants. Le centre de détention, situé dans le district de Buraika, à Aden, est un institut océanographique réaménagé. Depuis début 2017, des centaines de migrants, de demandeurs d’asile et de réfugiés éthiopiens, somaliens et érythréens, y ont été détenus. En avril 2018 cependant plus que 90, principalement des Érythréens, s’y trouvaient encore. Des vidéos et des photos du centre de détention montrent des centaines d’hommes et de garçons regroupés dans un hangar en béton plein à craquer, où les femmes et les filles sont assises à même le sol en pierre. Selon d’ex-détenus, l’établissement était surpeuplé, ses conditions d’hygiène déplorables et l’accès aux soins médicaux sur place limité. La distribution de vivres y était irrégulière, les gardes refusant parfois de l’assurer. Toujours selon d’ex-détenus, les gardiens se livraient à des agressions sexuelles sur des femmes, des filles et des garçons. Des garçons étaient enlevés pendant la nuit : « Chaque nuit, ils en prenaient un, pour le violer », a confié un ex-détenu. « Pas tous. Les plus petits. Les garçonnets. J’en connais sept qui ont été agressés sexuellement... Vous pouviez entendre ce qui se passait. » Plusieurs anciens détenus ont affirmé qu’une fois de retour, il était impossible pour les jeunes garçons de s’asseoir, qu’ils se mettaient parfois à pleurer, ou à raconter aux autres ce qui leur était arrivé. Une Éthiopienne détenue dans le centre a expliqué qu’elle continuait de souffrir des violences qu’un gardien lui avaient infligées pour avoir refusé des relations sexuelles avec lui. Femmes et filles, a-t-elle assuré, étaient régulièrement violées, elle-même disant avoir été témoin du viol de deux de ses amies par des gardiens. Les autorités yéménites n’ont pa[...]