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It's Only Rock 'N Roll… But I Like It !



Chroniques vagabondes d’un kid perdu dans la musique du XXIème siècle



Last Build Date: Tue, 06 Mar 2018 08:13:01 +0000

 



Alex Chilton est mort

Fri, 19 Mar 2010 21:08:00 +0000

Alex Chilton, créateur du tube éternel The Letter, puis du groupe mythique Big Star est mort mercredi 17 mars 2010 dans un hôpital de La Nouvelle-Orléans à la suite d'une crise cardiaque.Né dans la patrie du King, à Memphis, en décembre 1950, Alex Chilton a vécu la désagréable expérience d’une notoriété prématurée. A 16 ans, un tube The Letter (1967), blues à la coloration nerveuse le propulse dans les charts avec son premier groupe aujourd'hui oublié, The Box Tops. L’ado créatif, avec son air revanchard et son timbre légèrement éraillé, voit ses désirs d’émancipation circonscrit par des requins de studio, ailerons dressés sur des plages sonores envahies progressivement par un formatage qui l'insupporte. Ses ambitions aplaties sous la botte d'une maison de disque qui ne lui laisse que la liberté de choisir sa coiffure ou les motifs de ses chemises, l’ado fiévreux est invité à la plus inadmissible des soumissions et doit laisser la sélection de ses musiciens ou les arrangements des chansons à des techniciens sans scrupules.Frustré par cet indélicat potentat, Chilton le surdoué malmené claque la porte d'un univers de cloportes et décide de s’allier à Chris Bell originaire de la même ville et compositeur vaguement maudit pour créer Big Star, un groupe pas moins onirique qu’anachronique. Allier le raffinement mélodique des Fabs Four (période Revolver) et une certaine vivacité à la Roger Daltrey dans ses morceaux les plus épicés sont leur seul objectif. Un premier album Number 1 Record recueille l’enthousiasme de la profession et l’indifférence traumatisante d’une génération trop fraichement débarrassée des comptines britanniques, trop ciselées pour faire brailler des stades, et que d’autres avant eux, comme les Byrds, ont déjà exploité jusqu'à l'épuisement du concept. On donnera un nom à ce style de musique, pour que l’étoile, (qui ne visitera que trois fois les cieux de la pop seventies, puisse être identifiable, à défaut d’être véritablement explorée, ça sera la Power Pop.Number 1 Record. 36 minutes de pure extase, ballades imparables et rock bon-enfant, rien n'y fera, l'ingrat public ne relayera pas leur petite entreprise. Les ados en pull losange sont des musiciens de studio, hyper doués, presque trop, avec un sens du Bizness assez limité, et une exigence de perfection qui frôle la névrose. Ici, aucun riff ne semble du aux hasards, les morceaux sont d’une brièveté confondante mais tout y tient, la simplicité apparente des mélodies laisse pressentir en plus d’un travail en amont assez considérable des conséquences malheureuses si leur deuxième fait d’arme devait s’avérer aussi mal réceptionné par le public. Appréhension prévisible, le disque suivant ne se vendra pas davantage, un comble. Chris Bell, las de tous ces faux départs, vit très difficilement ce désaveu d’un public ignorant et abandonne l’expérience à la moitié du deuxième album, en 1974. Il s’en va discrètement versifier dans son coin, le temps d’un écrémage nocturne aux USA et d’enregistrements informels au château d’Hérouville. Les démos, réunis sur un même opus donneront naissance à un album posthume (Bell se tue dans un accident en 1978). I’am the cosmos, sorti en 1992 se hisse au rang de classique, de référence indépassable pour quelques oreilles averties.Son camarade, Chilton, survivant symbolique du groupe le plus sous-estimé de la pop musique, n’a jamais abandonné la partie. En 77, entre des boulots improbables, bucheron ou plongeur, un single. Bangkok viendra nous rappeler que le titi des seventies avait encore plus d'un tour dans son sac de spleen. La production du premier album des Cramps nous persuadera d'un flair encore en alerte pour dénicher les nouveaux talents. En 2005, la reformation d’un Big Star amputé de son membre légendaire avait ragaillardi les nostalgiques et obligé les indifférents à une redécouverte apaisée. Sa mort rend encore moins pardonnable la négligence d’une œuvre pa[...]



Bob Dylan chante pour Barak Obama à la Maison Blanche

Thu, 04 Mar 2010 13:27:00 +0000

Dylan ne se déplace jamais sans une raison crédible. Son impact sur les foules est conséquent ; et voir ce sexagénaire à la voix chevrotante mais à la lucidité intact, c'est contempler l'Amérique dans les yeux. Sur un plan politique, Dylan a fait, durant ses quarante cinq ans de carrière, bien plus que tous les gouvernements américains en 150 ans d'exercice de pouvoir, rendant à l'art populaire toute sa dimension subversive, sa richesse émancipatrice. Dans des textes d'une ironie froide, il relevait déjà les injustices flagrantes dont la communauté noire était la victime dans les années 60, des chansons que j'ai commentées sur ce blog y font référence. Même si sa dernière apparition officielle à la Maison Blanche date de 1997 (invité par Bill Clinton, amateur de longue date du Zimm), il n'est pas inutile de répéter que Bob Dylan était présent lors de la Marche sur Washington le 28 août 1963 avec Joan Baez et Mahalia Jackson où plus de 200.000 pacifistes se rassemblèrent pour dénoncer le traitement scandaleux infligé à la communauté noire. Le compositeur âgé alors d'une vingtaine d'année interpréta Only a Pawn in their Game peu après que le pasteur King eu prononcé son célèbre discours "I have a dream".Ses apparitions inscrites dans le cadre d'une véritable démarche politique sont aussi rares que marquantes car elles ne promotionnent aucune idéologie en soi mais tiennent à légitimer une ligne de conduite indéfectible dont Dylan ne saurait se départir. La notion pasolinienne de poète organique, non pas dépendant d'une affiliation partisane, mais mue par la dimension d'un verbe démiurgique qui peut, par la puissante déflagration des images, faire basculer la fatalité des pressions historiques, est une expression qui, dans le cas d'un chantre aussi populaire que Dylan, peut vêtir sa démarche sans trop porter préjudice à l'idée qu'il se fait de son art.Son apparition auprès d'Obama la semaine dernière où son interprétation des "temps changent" n'a pas trop déçu son auditoire, malgré une voix désormais abimée par les effets du temps, et, donc, émouvante à plus d'un titre. Dylan dont l'harassante quête de vérité et l'énergie qu'il a prodigué pour la mise en lumière des causes justes et des situations inacceptables n'est pas étranger à l'indéniable évolution de la mentalité américaine. Sa prose, puissante, souvent onirique mais toujours en prise direct avec la réalité, constamment prophétique, et intelligemment dénonciatrice, est le paravent absolu contre l’obscurantisme idéologique, les enfermements dogmatiques et la parole creuse, souvent inefficace, des leaders politiques.Même si le symbole Obama est plus tangible que sa marche de manœuvre véritable, il est indubitable que la présence de Dylan aux côtés d'un Président dont l'existence, en elle seule, valide et légitime l'acharnement presque mystique que ce grand créateur a placé dans le défrichage perpétuel des nouveaux territoires de la langue et la neutralisation des préjugés collectifs. Sa présence est un baume fiévreusement attendu sur une blessure historique encore très perceptible, et la promesse d'un avenir radieux où le combat pour une justice plus apparente demeure toujours aussi décisif à mener.Souhaitons que la nouvelle génération malgré l'intérêt un peu hâtif qu'elle porte aux épigones de Dylan, par paresse, incompréhension, ou stigmatisation volontaire de certaines élites qui ont judicieusement tenté de caricaturer le compositeur le plus doué du XXème siècle pour en faire le pantin de lui-même et donner à son lyrisme incantatoire des allures de monologues hallucinés (alors que son style est la synthèse absolue entre la puissance de l'écriture et l'ancrage temporel dans des problématiques incontournables des sociétés).Certes, les chansons de Dylan sont longues, lancinantes, faussement uniformes ; sa voix est très particulière et les arrangements plutôt dépouillés, mais on ne peut passer en flâneur [...]



La Musique de Dominique A.

Wed, 02 Dec 2009 15:18:00 +0000

Dominique A s’élance pour une tournée portant son dernier opus jusqu’en avril 2010. Revenons sur son dernier album La Musique qui lui apportera peut être la consécration tant attendue du grand public.Dominique A, un engouement mondainIl aura fallu l’enlisement rhétorique d’une partie croissante de la nouvelle scène française, la disparition prématurée des dernières icônes hexagonales, l’autarcie stylistique des esthètes essoufflés par la course aux majors pour que je prenne le temps de tendre une oreille avertie à l’œuvre déroutante de ce gaillard costaud, intimidant par son envergure et la réputation rarement ébranlée de compositeur rigoureux qui le suit à la trace comme un cabot fidèle.Crâne sec, imposant comme un bonze moderne, apparition télévisuelle égale au néant, présence radiophonique plus attendue qu’une goutte d’eau égarée dans la mer d’Aral, Dominique A avait de quoi attirer ma curiosité, mais il y a quinze ans, le Twenty-Two Bar m’avait laissé un souvenir effaçable. L’allure figée de ce trentenaire, trop à l’étroit dans son pull marin au charme suranné m’irritait un peu ; à part un morceau ou deux comme Il ne faut pas souhaiter la mort des gens très influencé par le Gainsbourg de la première période dont il a néanmoins gardé certaines intonations ; ou encore En secret imprégné d’urgence et d’acidité présentes dans la tonalité de certains mots.Je ne saisissais pas sa démarche, et au cours du temps, je me suis pris les pieds dans sa discographie dénuée de fil conducteur, de cohérence éclairante. Ses titres d’album volontairement abstraits me faisaient plus songer, quand je les énumérais, à la rétrospective d’un cadreur oublié de la Nouvelle Vague dont les bobines auraient sciemment goûté à la poussière d’un Henri Langlois de centre aéré ou au palmarès frelaté d’un stagiaire des Éditions de Minuit qui, un peu lassé de se mouvoir dans l’espace feutré d’une diffusion atonale, aurait soudainement décidé de pousser la chansonnette pour compenser, par des cachets ventrus, ses frais de bouche chez Drouant.Télérama ou les Inrocks pouvaient s’ébaubir devant l’intransigeance inamovible du lettré éthéré, je laissais la secte des dévots accumuler les souscriptions, cet engouement mondain me laissait indifférent.Bashung voulait du Dominique AHors, il y a quelques mois, encore traumatisé par la mort de Bashung, je décidais de fureter dans la remise des projets avortés qui auraient soi disant contribué à l’élaboration de son ultime album Bleu Pétrole. M’égarant dans la jungle alléchante des compositeurs qui allaient pouvoir faciliter l’accouchement laborieux de son dernier opus, entre Armand Méliès et Gaëtan Roussel, Bashung citait Dominique A, avec la fierté d’un tardif découvreur, célébrant discrètement l’habileté d’écriture de cet artiste aussi délicat qu’érudit, rétif à la lumière de la médiatisation crapuleuse et au charme des sirènes de la notoriété facile. Presque trop talentueux, Dominique A lui posait un problème épineux, son univers était déjà trop abouti pour que le disque d’Alain puisse absorber sans dommage cette singulière identité musicale. Ce rendez-vous manqué donnera au maitre des remords, ce dernier s’en voudra jusqu’au bout de n’avoir pu trouver les arrangements capables de valoriser correctement l’orfèvrerie langagière que Dominique A, en discret artisan du verbe avait patiemment peaufiné dans l’atelier de sa mélancolie relative pour satisfaire l’exigence du doyen déclinant. La chanson Immortels occupa une place de choix dans l’estime du chanteur mais ne put s’encastrer parfaitement dans la mosaïque chahutée de Bleu Pétrole, geyser de styles aux retombées imprévues, raffinerie des talents les plus affirmés de la chanson française dite à texte, et passablement ignorée si Bashung n’avait tourné dans leur direction le faisceau aveuglant de sa noto[...]



Repos à l’Elysée pour Alain Bashung

Wed, 25 Nov 2009 18:44:00 +0000

Dimanche à l’Elysée est le dernier opus live d’Alain Bashung, dernier moment de vie et d’éternité.Invitation intime, complicité dernière, inutile vérification de son aura stellaire, Bashung béni élégamment ce public à la fidélité totale, "Je vous souhaite la force et la tendresse" à demi prononcé de cette voix gutturale qui, jusqu’au bout, restera comme miraculeusement intouchée, et l’on mesure au gré de cette performance mémorable toute l’énergie, l’espérance et la foi qu’Alain, le foudroyé, puisait dans l’attachement indéfectible de son public, en adoration exponentielle.Lui qui souhaitait entrer dignement dans les ténèbres s’en voulait presque de nous laisser à notre triste sort d’humain, balloté dans une décennie triste où nos rêves, nos chimères s’apprêteraient à quêter vainement, après sa disparition, un nouveau troubadour capable de confectionner aux tourments de leurs âmes de si beaux écrins mélodiques.Dimanche à l’Elysée, jour chômé pour le commun des mortels mais savamment exploité par cet artisan rigoureux de la scène où Alain semble-t-il se sentait plus chez lui que dans les éprouvettes dans lesquelles sa créativité somnambulique accaparait le cerveau des plus tatillon des arrangeurs sonores.Tardivement métamorphosé en Léonard Cohen métaphysique, chapeau vissé et costume ténébreux, Alain Bashung avec une détermination sans faille continuait à sillonner la France pour faire baigner dans une trainée de poussière lumineuse des salles de plus en plus remplie ; adorateurs rassurants qui mettaient du baume sur l’angoisse du trépas approchant. Ces fans, mués pour des raisons éparses en consolateurs anonymes mais vitaux, ne boudaient pas leur plaisir et se targuaient d’une responsabilité grandissante, celle de maintenir au pays des vivants par le témoignage de leur admiration nutritive la silhouette amaigrie du génie, le remerciant de 30 années dépensées au service de la grâce. Cette innovation permanente, ces explorations douloureuses dans les atolls des âmes atomisées aboutirent à une œuvre d’un tel raffinement émotionnel qu’elle ne pouvait trouver sa triste issue que dans une destruction méthodique dont son corps révéla tardivement les stigmates.Disant de trop belles choses, nous faisant ressentir des émotions souveraines, on avait fini par croire Bashung immortel, par le penser divinement hors du monde, ça n’était pas le cas et nous l’apprîmes un triste soir de mars, mois pénible, dieu d’une guerre sournoise où le brillant interprète de La nuit je mens du renoncer à se battre.Ça n’est un secret pour personne Bleu Pétrole, même s’il révèle peu à peu ses prodiges (comme tout disque de Bashung, il décante voluptueusement dans les marais de nos interprétations empressées) était un album inégale, clôturé dans la hâte et marbré d’hésitations stylistiques. A l’écoute de ces tournées décisives, on nuance cette amère évidence en magnifiant soudainement ce bilan contrasté, en nivelant des maladresses d’écritures par des louanges en rapport intime avec la reconnaissance absolue d’un talent exempt de toute remise en cause. Qu’importe ces ambiances érigées en système, certaines chansons à la plume discutable, le courage manifesté jusqu’au bout par ce chanteur d’exception est plus qu’une leçon de grâce, c’est désormais un point de non retour sur lequel toute une génération de compositeurs-interprètes devra à présent étalonner ses prétentions litigieuses.Dimanche à l'Élysée : Comme un légo - Je t’ai manqué - Hier à Sousse - Volontaire - Mes prisons - Samuel Hall - Vénus - La nuit, je mens - Je tuerai la pianiste - Légère Éclaircie - Mes bras - À perte de vue - Happe - J’passe pour une caravane - Everybody’s Talkin’ - Osez Joséphine - Fantaisie militaire - Madame rêve - To Bill (Calamity Jane, en duo avec Chloé Mons) - Vertige de l’amour - Mala[...]



David Bowie - Young Americans

Wed, 25 Nov 2009 14:20:00 +0000

(image) Rester au top est d’une certaine manière impossible surtout lorsqu’on a marqué une décennie comme Les Beatles, Elton John, les Stones…. Même McCartney n’a pu résister à la facilité, Lennon, on ne le saura malheureusement jamais, et Harrison a sombré littéralement (ces quelques lignes me font mal)… David Bowie n’échappe pas à la règle, même si une fois tous les trois ou quatre ans, la presse s’extasie sur la sortie d’un nouveau CD lui trouvant des aires de Ziggy ou d’Hunky Dory ; quoi qu’ils en disent, ces CD n’auront jamais l’intensité, la pertinence et le délice de ses albums des seventies…

Cherchant à liquider Ziggy et le Glam qui habita trois albums (Ziggy, Aladine Sane et Diamond Dogs), Bowie se devait de changer de peau. Ses antennes lui avaient indiqué que la musique noire était en marche vers le public blanc. Le disco pointait déjà son nez, mais David avait l’âme plus sophistiquée. Il amorça un virage Soul, revisitant d’abord son répertoire lors de la tournée Diamond Dogs aux US comme en témoigne l’album David Live, enregistré à Philadelphia en juillet 74 (il faut absolument réécouter cet album passé un peu à la trappe, coincé dans une discographie prolixe, où Bowie pose sa voix avec des accents soul naturels sur ses compos rock en mutation Philly sound. Magique !).

Puis, ce fut l’album studio soul Young Americans enregistré entre août 74 et janvier 75. Young Americans dérouta ses fans glam, mais reprogramma intelligemment Bowie vers une nouvelle destinée : le prophète. N’est ce pas Bowie qui inventera le post-punk avant le punk ?

Bowie s’était entouré d’une nouvelle équipe : les guitaristes Earl Slick – qui remplaça Mick Ronson sur la tournée Diamond Dogs – et Carlos Alomar qui deviendra un fidèle pilier de la Bowie Team ainsi que le jeune saxophoniste David Sanborn. Cerise sur le gâteau, Lennon composera et jouera sur un morceau Fame qui deviendra le premier numéro 1 de Bowie dans les Charts US.

Pour l’heure, Bowie passe au Dick Cavett Show (Dick, l’ironique qui a reçu Hendrix, Lennon, Harrison, Joplin etc.) et y interprète le titre éponyme de l’album. La prise est live, le cœur black et Sandborn omniprésent. Bowie est sur le point de conquérir l’Amérique alors que ces frères de glam - Marc Bolan, Roxy Music, Slade et consorts - n’y parviendront jamais. Bowie a le sens de l’histoire.

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We Want Miles à La Villette

Fri, 23 Oct 2009 07:49:00 +0000

Exposition sur Miles Davis à la Cité de la Musique de la Villette à Paris en prélude à une rétrospective musicale des grandes arcanes de son œuvre sur les scènes parisiennes.

(image) Donner à voir ce qui s’entend, s’adresser à tous pour raconter le parcours kaléidoscopique d’un artiste, inciter le béotien à creuser le sujet, séduire les spécialistes et rester ludique et beau, telles sont les gageures récurrentes de toute exposition musicale. Que ce soit John Lennon ou Serge Gainsbourg, il faudrait être de mauvaise foi pour dénigrer le travail de La Cité de la Musique, car le propre de ces expositions n’est pas de tout dire – les livres de spécialistes sont écrits pour cela – mais d’entrouvrir brillamment des espaces pour les futurs auditeurs dignes de ce nom.
L’exposition Miles est à ce titre une bonne exposition qu’il faut tenter de voir à des moments de basse fréquentation ; tout d’abord parce que les bornes musicales où chacun peut brancher son propre casque pour écouter les grandes étapes de l’œuvre davisienne sont peu nombreuses (4 prises par borne), que l’espace sombre et profond risque de créer rapidement un climat claustrophobique, enfin parce qu’il s’agit d’une exposition qui se consomme dans l’intime.
Des espaces ovoïdes, là accessibles à toutes les oreilles, présentent des extraits musicaux des grandes œuvres soutenus par une iconographie discrète. Huit trompettes, les vestes des grands couturiers portées dans les années 80, des pochettes de disques, des extraits de films (notamment Un ascenseur pour l'échafaud de Louis Malle, Jack Johnson de Jim Jacobs le docu sur le boxeur et le film sur Festival de l'île de Wight de Murray Lerner) et quelques partitions sont les objets de ce culte incontournable.
On peut regretter le traitement superficiel de quelques thématiques comme la question noire, les rapports douloureux de Miles avec les standards du jazz blanc, sa peur de s’enfermer dans un genre et son besoin de s’entourer de jeunes musiciens… et le trop peu d'interviews de musiciens ayant accompagné le maître ou influencés durablement par celui-ci. Mais, peut être cela n’était-il pas le bon lieu pour l’exposer.
Il me semble qu’il convient de considérer cette exposition comme le support des véritables festivités qui s’annoncent à savoir la série de concerts où d’anciens musiciens de Miles, notamment Wayne Shorter, Jack DeJohnette et Jimmy Cobb, et de brillants interprètes recréeront les albums marquants de la carrière du trompettiste.

We Want Miles
Cité de la Musique - Métro Porte de Pantin
du vendredi 16 octobre 2009 au dimanche 17 janvier 2010

- Mardi, mercredi, jeudi et samedi de 12:00 à 18:00
- Dimanche de 10:00 à 18:00
- Vendredi de 12:00 à 22:00

Tarifs d'entrée :
- Plein tarif : 8 €
- Tarif réduit : 4 €

http://www.citedelamusique.fr/minisites/0910_we_want_miles/main.aspx




Michael Jackson se la joue cow-boy en 77

Wed, 30 Sep 2009 07:25:00 +0000

Avant de devenir le Michael Jackson que nous connaitrons, le déjà grand Michael, en quête d’émancipation, se déguise et s’essaye sur un reggae de Bob Marley à la mode R&B à défaut de trouver un style à lui.

(image) Eté 76, la famille Jackson est engagée pour animer un show musical d’une demi-heure sur CBS. C’est une opportunité à saisir, car l’intérêt du public pour la famille Jackson est en net déclin. L’été 76 a été dominé par le Breezin’ de George Benson, le Frampton Comes Alive! de Peter Frampton et le Wings At The Speed Of Sound de Paul McCartney et aussi Jefferson Starship, Fleetwood Mac et Steve Miller Band, ayant tous virés Rock FM. Les Jackson poursuivent chez Epic, la recette Motown, c'est-à-dire un R&B pop, mainstream et un tantinet ringard, doit-on avouer. Stevie Wonder, autre vedette Motown, s’apprête à livrer en septembre 76 son Songs in the Key of Life ; on mesure le fossé ! Le Show sera prolongé jusqu’en mars 77, puis, faute d’audience conséquente, annulé.

Michael cherche sa voie, son style et son indépendance. Dans cet extrait, il reprend le chanson de Bob Marley, I Shot The Sheriff, connu surtout aux US grâce à la cover qu’en a faite Eric Clapton en 74 (le seul number one au Billboard du guitar hero). On sent chez Michael que tout est déjà en place. Il ne lui manque qu’un peu de modernité ce qu’il acquerra dans les bras du vieux routard Quincy Jones en prenant le train du disco en 79.

Q.U.

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Finistériens, terriens finis et Miossec à bout de souffle

Thu, 17 Sep 2009 19:30:00 +0000

Finistériens, le nouvel album de Christophe Miossec réalisé par Yann Tiersen vient d’arriver dans les bacs.En son temps, Miossec a fait d’une diction faussement laborieuse un style qui ne manquait pas de charme (Crachons veux tu bien, Je ne suis plus saoul) qui fut, il faut bien l’avouer, largement pillé depuis par ses épigones officieux ; mais, son écriture actuelle sous-entend des difficultés d’émancipation moins séduisantes.Miossec, pour paraphraser une joute présidentielle canonisée par les souverains poncifs de la lucarne tragique, n’a pas le monopole de la mélancolie, Brest n’est pas la Byzance de la débâcle sentimentale et l’alcool même transfiguré par la souffrance du chanteur n’en reste pas moins un paradis artificiel dont l’apologie perpétuelle a fini par saouler. Le binôme Bretagne = Miossec est-il un jumelage indéfectible ?Cette affirmation identitaire pouvait convaincre dans ses premières années d’exploitation, elle lasse après plus de dix ans de bons et boyaux sévices. Miossec devrait faire une pause pour laver sa bile et retrouver un peu de foi au milieu des épaves du passé et de ses ecchymoses. Ses inquiétudes sont devenues superflues, ses suppliques éculées, il les expose au premier quidam égaré sur sa déroute, guettant le clin d’œil complice ou la tape amicale sur un dos malmené par un coude qui n’en finit pas de glisser sur le lac infini des zincs glacés. Pourtant, nous l’aimons encore, et sa ville, mille fois plus ; qu’il ne soit pas inquiété. On espère simplement qu'un jour, Miossec découvrira dans sa terre d'inspiration, sa Garonne, son Plat Pays qui lui permettront d'échapper au cours ordinaire des choses. Sa contrée native ne fera pas la sourde oreille à ses tendres invectives, alors par pitié. Pourquoi nous répéter mécaniquement la difficulté d’oublier les amours passées et les joies trépassées dans le roulis des compromis existentiels ? Son concept guimbarde a besoin d’une bonne révision, son crachin n’est plus loin du crachat.Miossec... Un dernier pour la route, et un autre pour la déroute, et cela à longueur d’album où Christophe rempile à cours d’idées. Pendant ce temps-là, le serveur se lasse, le garçon voudrait bien baisser le rideau sur les tristes redites d’un nanard ermite qui ne semble plus croire aux errances qu’il nous conte.Mio est à sec et nous aussi, toujours les mêmes rêves de comptoirs, toujours les mêmes grèves battues par la pluie, et même celles des ouvriers dont Christophe sait encore correctement évoquer les déboires ne nous tirent plus que des larmes d’apparat.Quand l’amer se retire de ses plages aux viscosités vaguement nombrilistes, on compte les algues qu’une langue maltraitée par une hâtive écriture a délaissé entre les récifs d’une inspiration arrivée à expiration. Le vers est vidé et l’ivresse a des raisons que le garçon ignore, dont il se fout, dont il se lasse et nous avec lui car les heures sup’ des cafetiers smicards ne sont pas rémunérées à la douleur des clients lessivés (Seul ce que j’ai perdu , A Montparnasse)Néanmoins, Les Joggers du Dimanche est une agréable réflexion sur la caducité de nos résolutions urbaines malgré son titre aux consonances Delermiennes, Les Hommes de Paille parlant de la précarité du monde professionnel est adroitement composée et si le prophétisme éclairé de cette sombre rengaine mérite quelques louanges discrètes, CDD, lorgnant sur le même sujet, manque de finition et s’enlise stylistiquement dans des accords de guitare cent fois déployés sur les chansons des albums précédents.Mais bon… Traduire l’aliénation contemporaine n’étant pas la priorité thématique des chansonniers chroniqueurs de notre pays, je lève quand même mon feutre percé à la gloire de cette soudaine pouss[...]



Concert de Crosby Stills Nash à l’Olympia de Paris - 2

Thu, 17 Sep 2009 09:22:00 +0000

David Crosby, Stephen Stills et Graham Nash, devenus des vétérans du folk-rock, se sont produit à l’Olympia de Paris le 4 juillet 2009. Retour sur un concert pas banal et occasion d’estimer le temps écoulé. Suite du résumé de notre explorateur auto-désigné. Il y aura, chose incroyable de nombreux retards, des gens qui louperont Judy Blue Eyes, prieront ensuite pour ne l’avoir jamais su. Je compatis à leur souffrance mais ne défends par leur manque de ponctualité. Judy, donc, c’est par cette song que les trois gaillards apparus sur scène dans un tonnerre d’applaudissements ont commencé leur concert et acquis leur titre de noblesse sur la scène pop de cette époque bénie ; Judy, hommage au regard cristallin d’une folk singer ; elle eut pour producteur et amant Stephen Stills et chantait déjà quand ce dernier n’appartenait pas encore au Buffalo Springfield. On comprend mieux le zèle mis dans l’écriture de ce classique. Les tubes de leurs premiers albums sont enchainés sur un rythme trépidant : Long Time Gone, Teach Your Children… On n’a même pas le temps de surveiller sa tension artérielle. David Crosby, le plaisantin réputé du groupe, à la moustache frisotante de malice se marre à chaque fois que l’amorce, à peine soupçonnée d’un morceau, déclenche une salve d’applaudissements convulsifs. La position des trois artistes est un régal à étudier, David Crosby et son embonpoint caractéristique, gardera souvent les mains dans les poches, comme un bucheron canadien contemplant le stère de bois qui a flanché sous sa pugnacité ; quiétude bien compréhensible quand on possède une voix capable d’atteindre encore des sommets de lyrisme. A côté, pour prolonger la magie presque intacte, Graham Nash, en grand forme, pieds nus, cheveux paternellement blanchis et silhouette adroitement préservée remue son corps avec une fluidité qui fait plaisir à voir. Sa bienveillance à l’égard d’un Stills laborieux dans ses solos nous réchauffe le cœur et nous confirme qu’une solidarité exemplaire a survécu à quatre décennies d’avatars en tout genre dont relater ici la genèse serait tout aussi irrévérencieux qu’inutile. (Leur carrière comporte autant de singles que d’embrouilles intestines, collaborations chaotiques, mixages volontairement sabrés, désaccords nombreux sur les évolutions sonores envisagées, rapport haine/amour avec un Neil Young déchiré entre ses obligations contractuelles et sa carrière personnelle, et un David Crosby souvent accusé de trimballer dans sa trousse de toilette des joujoux borderline.) En plus des joyaux de leur répertoire, les papys freaks rendent un hommage appréciable à la fine fleur des compositeurs de cette époque, Tim Hardin (plume exemplaire d’un oiseau de paradis – où il repose surement - encore trop méconnue) et Bob Dylan avec un Girl From The North Country relooké comme un chant grégorien. "Il fait chaud today in Paris", cette constatation malicieuse fait jubiler un public qui en oublierait presque qu’il réclame Wooden Ships depuis une demi heure. "A very good audiance tonight" achève de nous rendre décuplé, dans une auge à miracle, les bienfaits de notre ferveur trans-générationnelle. Le fils de Crosby est au clavier et quand Nash nous présente les membres du groupe, il précise avec une délicieuse ironie qu’il n’a été choisi que pour son talent. Nash, le génie délicat, l’auteur de Carried Away, le tendre énamouré d’une Joni Mitchell (un peu volage) à laquelle il dédiera son Simple Man que je place au même niveau qu’une pièce d’orfèvrerie lennonienne. Nash, qui a le moins cédé aux tentations de certaines substances prohibées, est le plus élégamment épargné des méfaits du temps et soulève l’admiration. Le[...]



Concert de Crosby, Stills, Nash à l’Olympia de Paris - 1

Tue, 15 Sep 2009 16:40:00 +0000

David Crosby, Stephen Stills et Graham Nash, devenus des vétérans du folk-rock, se sont produit à l’Olympia de Paris le 4 juillet 2009. Retour sur un concert pas banal et occasion d’estimer le temps écoulé. Résumé de notre explorateur auto-désigné.L’Olympia, une heure avant le concert. Le serveur d’un café luxueux jouxtant l’Opéra m’apostrophe et voit dans ma coiffure un hommage non dissimulé au chanteur dépigmenté récemment disparu. Je réceptionne la vanne avec malice, mais venant pour évaluer d’autres performances que la faculté des doseurs de cocktails, je n’ai pas le cœur à rebondir sur le trampoline de sa dialectique.Et apparait l’Olympia dans la moiteur d’un après-midi finissant. Une douce effervescence se déploie tranquillement sur le bitume des vacances approchantes et caresse de son écume langoureuse les abords tant convoités de l’édifice. Un silence, zébré, ça et là, de quelques chuchotements révérencieux, me laisse aisément deviner la moyenne d’âge des personnes qui rempliront la salle et s’ajoute à l’étonnement suscité par la visite inattendu d’un groupe qui n’a jamais considéré la France comme une destination cruciale.Après avoir fait quelques pas pour planter mes repères sur le trottoir crasseux, quelque chose m’interpelle, un truc bizarre jure entre le feuillage agaçant d’un platane à la teinte corrompue par la toux des voitures. Je lève un peu la tête, je plisse un peu les yeux. Non, l’anniversaire du petit fils n’était pas trop été arrosé ; Mulder et Scully ne m’ont pas refilé un dossier rempli de révélations pernicieuses. La vérité est bien là, pas ailleurs. L’Amérique de nos vingt ans n’a pas encore démissionné. Elle squatte bel et bien le burlingue encombré de l’histoire, à mon grand ravissement. Pour preuve: l’un des plus grands groupes de pop est dans la capitale pour nous faire oublier 50 ans de vociférations hallydaysques. On va enfin pouvoir se décaper les tympans.Crosby, Stills and Nash en lettres rouges. On bloque. L’anachronisme de la situation ferait couler des larmes. Nous sommes en 2009, et des troubadours en santiags vont nous faire remonter le temps avec des riffs millésimés. Y a de quoi fantasmer pour un kid comme moi, paumé dans la tourmente consumériste du second millénaire. Forcément, les Minolta sont de sortie. Ca mitraille à tout va. Les guérilleros de l’album souvenir se régalent et si le fronton du temple de la variétoche hexagonale était une fresque du Quattroccento, la flamboyance de ses couleurs auraient déjà été anéantie par les crépitements affolés des appareils numériques.Y a un peu de tout sur le boulevard des capucines, et même les vieux beatniks qui s’attroupent se font reluquer comme des bêtes curieuses par des passants troublés, pour qui les seventies rimeront toujours avec les niaiseries nasillardes de Cloclo ou le roman icaresque cent fois relu d’un Mike Brant qui se fit très mal la première fois qu’il tenta de planer avec la came des autres.Des slimistes (adepte du jean slim, N.D.L.R.) contournent rapidement la foule en train de se former devant l’Olympia, un sourire de touchante incompréhension se lit sur leur visage d’angelots code-barrisés. Le nom du groupe le plus influent des années Johnson leur est divinement inconnu, le miracle qui va se produire dans quelques instants décale à peine l’orientation étudiée de leur frange. Ils jugent avec ardeur nos piètres tentatives de faire tenir dans un cadrage difficilement réglable les trois prénoms cernés de rouge luminescent. Leur stratégie vestimentaire est un tel chaos de références mal intégrées (montre à quartz, coiffe de scooterist et pompes de danseur étoile sur t-shirt Disney) qu’on préfère ne pas répo[...]



Le Cours Ordinaire Des Choses de Jean Louis Murat

Tue, 08 Sep 2009 09:09:00 +0000

Pour la sortie de son dernier opus Le Cours Ordinaire Des Choses enregistré à Nashville, Jean Louis Murat a interprété les chansons de l’album devant quelques privilégiés au Studio Davout suivi d’une discussion autour d’un verre. Résumé de l’affaire.Comment survivre aux désastres ambiants, à la marchandise qui anéantit, abîme, détruit le monde, les relations ? L’amour peut-il sauver notre âme ? Pourquoi Dieu reste-t-il sourd à nos plaintes et nos prières ? Dans ce long couloir qu’est l’existence, témoigner pour les vivants et regarder les morts sont une souffrance. Murat en a pris le parti. La poésie est son viatique, son port d’attache, sa raison d’être… Elle l’aide à vivre, à survivre. "Chanter est façon d’être au monde, Chanter est ma façon d’aimer (…), Chanter est ma façon d’errer". Tel Novalis, Murat écrit pour se lover dans le monde de la nuit espérant moins souffrir.D’emblée, Murat affiche une certaine sympathie pour le diable – "Le cours ordinaire des choses me va comme un incendie" - mais peut être faut-il en passer par là pour conjurer "cette fabrique du faux, ce purin d’idéaux, Où tout fabrique des sots…" Cette terre où "Satan voilé, Est venu, Visiter l’exposition". L’amour sera-t-il notre philtre, notre salut – "Falling in love again "? Mais, n’est ce pas encore un leurre "Amour trop bel, car après tout Quelque affaire nous tient le cœur, On n’aime plus d’amour". Murat prend alors un visage ronsardien "Amours s’en vont, Amours s’en viennent, Filent nos joies, Nos épanchements, Tout est là se tient au soleil, Tout soudain s’enfuit". Les Mignonnes qu’elles soient Mésange bleue, Lady d’Orcival ou Ginette Ramade sont Dieu et la mort. Il y a dans cette extase purement bataillienne une identité, maudite sans doute. L’apaisement doit venir, "Nous avons prié, Redonne-nous l’azur (…) Redonne-nous la sève, Donne-nous la joie". Cette prière est inaudible car "Qui veut entendre ça." Murat y croit, il vit pour cela.La ritournelle n’est pas facile, chez Murat ; elle est réfléchie, posée, intelligente. Il ne dénonce pas un monde en crise, ne loue pas des luttes sociales à engager ou des libertés à prendre. Il vit l’apocalypse comme les poètes, comme un malaise. On est loin des rimes prêtes à être entendues, celles qu’on sifflote ou qu’on postillonne comme des slogans. On partage une souffrance, la sienne, la nôtre. On exorcise nos démons, notre quotidien. Murat est à rebrousse poil, à contre courant et c’est ce qu’on aime. Cet album, on s’en empreigne, on s’y étend. Il finit par nous obséder. Il nous éclaire. Les paroles se répondent, forment un tout organique. Il y a de la correspondance !LA MUSIQUEAllez plus loin. "Les chansons ont été écrites, puis est venu le désir d’enregistrer ailleurs. Cette ailleurs", ce fut Nashville où, avec son jumeau (l’ingé-son, Aymeric Létoquart), Murat s’est installé. Pourquoi Nashville, la ville du Grand Ole Opry, des cowboys Gene Autry et Roy Rogers, du rockabilly, de Willie Nelson et de Dolly Parton ? "Les musiciens ont fuit New York après le 11 septembre et L.A. où le rap règne en maître. Ils sont tous à Nashville qui compte près de 200 studios d’enregistrement."Après ce constat, vient la question du frenchie au pays de l’industrie musicale, la vraie, l’hégémonique et de son petit soi. Peut-on transmettre un univers si intime à des musiciens professionnels tout terrain ? JL Murat a joué ses compos devant eux et "ils ont compris immédiatement". Pas besoin de paroles, les musiciens se sentent, se ressentent naturellement. "Deux prises ont été suffisantes pour chaque chanson" ; les choses venaient facilement : "ils avaient laissé leur égo à la [...]



Le photographe Dominique Tarlé à la Galerie de l’Instant du Jour

Wed, 26 Aug 2009 19:21:00 +0000

Rendu célèbre pour ses clichés sur les Rolling Stones à la Villa Nellcôte, Dominique Tarlé expose ses photographies à Paris. Il sera présent le samedi 29 août 09 à la galerie. Donc, exposition photographique à ne pas manquer.Aucun genre musical ne s’est autant nourri de sa propre représentation. Le rock est probablement la première forme artistique à avoir su communier aussi instinctivement avec le diable marchand (peut être aussi le cinéma). C’est sans la raison pour laquelle, Warhol, autre prophète de l’art-business, inclura un groupe rock dans sa Factory (le Velvet Underground pour les béotiens). Mais au delà du miroir de celluloïd, la vraie révolution musicale réside dans le fait que les photographiés sont les auteurs de leur art et de leur destin. C’est ce qui les rend si fascinant, c’est ce qui rend leur image aussi intense. Imaginer deux secondes, un photographe shootant Van Gogh errant, Rimbaud écrivant, Baudelaire dans les bouges, Villon dans le maquis… Enorme.Venu pour une après-midi de shooting, Dominique Tarlé a vécu six mois avec les Stones composant et enregistrant ce qui allait être leur dernier grand disque (ça on ne le savait pas à l’époque) Exile on Main St., les derniers feux d’un groupe pivot du rock… Dominique Tarlé a regardé les Stones composer, s’engueuler, se défoncer, se marrer… (vivre quoi !) ; les attrapant au vol, sans préméditation, sans plan media… juste pour saisir l’indicible, les fluides, la magie. Et elle est là ; et elle se voit.Mais, on ne peut pas réduire Tarlé à ce moment, aussi incroyable et riche qu’il put être. Il suffit de regarder ses autres photos de Jimmy Page, de Jimi Hendrix, d’Eric Clapton, des Who… Dans son angle d’attaque, on perçoit la quête du moment où le musicien se fond avec sa musique, devient Un avec son art.Au milieu des années 70, Tarlé a senti le virage idéologique – c’est un intuitif – et a cessé de photographier ce qu’on appellera désormais les RockStars. La passion et les idéaux ayant laissé place au tiroir caisse et à la musique formatée (cf. notre article le Rock est mort en 77), Tarlé détournera ses objectifs. Seule pointe d’intérêt, le punk, dernier soupir d’une révolte musicale.Q.U.Les photographie de Dominique Tarlé sont exposées à La Galerie de l’Instant jusqu’au 3 1 octobre 2009Présence de l’artiste à la galerie le samedi 29 août de 16h à 19hLa Galerie de l'instant46 rue de Poitou75003 Paris00 33/ (0)1 44 54 94 09http://www.lagaleriedelinstant.com/homePS : pour ceux qui trainent à Saint-Rémy-de-Provence. Une exposition sympa des photos de Just Jaeckin. Cf. l'article "Just Jaeckin s’expose sans risque"[...]



Jackson C Franck, le martyr du folk – Blues runs the game – 1965

Thu, 20 Aug 2009 20:36:00 +0000

Il y a les grands noms du folk : Dylan, Joni Mitchell, CSN, Fairport Convention… mais aussi une cohorte de génies brulés devenus posthumément célèbres (Nick Drake) ou pas. Jackson C Franck appartient à la 2ème catégorie. Nous lui rendons hommage.Le génie est-il implacablement lié à une vie gorgée de déceptions en tout genres, de flagrantes injustices, de félonies répétées et de court circuits contextuels empêchant un artiste de rencontrer son public ( l’inverse est également possible ) ?On est tenté d’y croire. La vie d’un des plus talentueux songwriter de la scène folk en est l’exemple le plus parlant, la preuve la plus irréfutable.C Franck, est un génie, mais un génie qui aurait dégusté les plats les plus ragoutants de la destinée avant d’entrevoir aussi courte qu’irritante le festin tardif d’une renommée qui n’entoure sa légende que depuis qu’il roupille à six pieds sous terre, ignorant la totalité de son indéniable influence, le culte indéfectible qu’on lui voue aujourd’hui.Né en 1943, à Buffalo (Etat de New York), il passe sa petite enfance dans un coin de l’Ohio avant de déménager pour le lieu de tous les traumas : Cheektogawa. En effet, c’est là, dans une petite école, en plein cours de musique qu’un accident de chaudière provoque un incendie qui fera dix huit victimes et laissera le petit Jackson gravement blessé, profondément traumatisé – cloué pendant sept mois sur un lit d’hôpital. Pendant cette interminable convalescence, un professeur a l’excellente idée d’apporter au gamin plongé dans le désespoir une guitare toute neuve, histoire de tuer le temps et de ne pas sombrer dans la mélancolie, il s’y essaie, se sent tellement à l’aise qu’il se fera offrir une Gretsch électrique par sa mère, qui sachant également que l’enfant voue un culte insatiable à Elvis (déjà cloisonné à Graceland ) parviendra même à lui faire rencontrer son idole, bouleversé par l’expérience qu’a vécu le gamin. Un choc sans précédent et la certitude d’une vocation.A 16 ans, il décide de devenir chanteur de rock, s’inscrit tout de même en école de journalisme pour assurer ses arrières mais touche cinq ans plus tard une somme redoutablement élevé, dédommagement par l’assurance de l’accident qui a failli lui coûter la vie. Il claque tout en bagnoles de luxes et costards d’un gout douteux. Des caisses, on vendrait les plus belles en Angleterre, il s’y rend, et pendant sa traversée de l’Atlantique griffonne dans un cahier les chansons qui construiront sa légende – (Dialogue, Milk and Honey, Carnival … ) Le fantasme des belles voitures est très rapidement remplacé par la découverte hallucinée de la scène folk londonienne, un vivier de talents exceptionnels parmi lesquels Tim Hardin, Bert Jansh, Fred Neil tiennent les mélomanes en haleine. De club en club, il finit par tomber sur Paul Simon, hébergé par une femme qu’il rencontre dans ses errances nocturnes – c’est le choc. Simon écoute la poignée de compos frétillantes que le roublard a déjà gribouillé ; Simon est estomaqué ! on tient peut être là un nouveau Dylan, sans perdre une minute, il lui promet de produire son premier album « Blue runs the games » lui fait enregistrer ses pépites et découvre au passage la personnalité très singulière du compositeur. Un type d’une timidité maladive et d’une excentricité qui cache une grande douleur. Peu importe, la mixture de Franck, folk mélancolique déployée sur une voix chevrotante (proche de Fred Neil par exemple) séduit rapidement et John Peel le diffuse fréquemment dans son émission légendaire de la BBC – les auditeurs en redemande et le succès [...]



Robert Whitaker expose à Perpignan

Mon, 17 Aug 2009 13:02:00 +0000

(image) C'est avec les Beatles que sa carrière de photographe s'enclencha durablement. Ce sont ses photos qui furent incluses dans la pochette Revolver conçue par Klaus Voormann et il fit les pochettes de nombreux 45T et la backcover de Oldies But Goldies! Mais son fait d'arme reste la pochette de la compil Yesterday and Today communément appelée "The butcher cover" qui fut censurée et retirée illico presto du marché américian (un collector maintenant, of course !).
Bien sûr, il photographia d'autres musiciens durant les sixties : Clapton, les Cream (photos utilisées aussi pour une pochette Disraeli Gears), Mick Jagger... avant d'aller cultiver ses terres dans le Sussex.
Alex Faraday

John Lennon with flower - 1965

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Eric Clapton arborant la coupe Hendrix

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La fameuse Butcher cover

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Le 40ème Anniversaire de Woodstock (Woodstock’s 40th Anniversary) Part 2

Wed, 12 Aug 2009 11:23:00 +0000

Il y eut des révélations durant ce festival. L’une d’entre elles fut le groupe formé par un jeune guitariste qui allait marquer l’histoire du rock, Carlos Santana. Armé d’un brillantissime batteur, Michael Shrieve, Santana allait faire découvrir à cette jeunesse la fusion rock.

Alex F.

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Le 40ème Anniversaire de Woodstock (Woodstock’s 40th Anniversary)

Tue, 11 Aug 2009 08:40:00 +0000

Le 40ème anniversaire de Woodstock approche – il s’est déroulé du 15 au 18 aout 69. Toutes les plus grandes stars du rock étaient présentes à l’exception des trois majeures : les Beatles, les Rolling Stones et Bob Dylan qui vivait à proximité du lieu – Led Zeppelin, les Doors et Joni Mitchell firent également partis des absents notables.

(image) Arlo Guthrie ; Bert Sommer ; Blood, Sweat & Tears ; Canned Heat ; Country Joe and the Fish ; Country Joe McDonald ; Creedence Clearwater Revival ; Crosby, Stills, Nash & Young ; Grateful Dead ; Janis Joplin et le Kozmic Blues Band ; Jefferson Airplane ; Jimi Hendrix ; Joan Baez ; John Sebastian ; Johnny Winter & Edgar Winter ; Keef Hartley Band ; Melanie ; Mountain ; Paul Butterfield Blues Band ; Quill ; Ravi Shankar ; Richie Havens ; Santana ; Sha-Na-Na ; Sly & the Family Stone ; Sweetwater ; Ten Years After ; The Band ; The Incredible String Band ; The Who ; Tim Hardin se sont succédés sur une scène installée dans le champ de Max Yasgur, fermier à Bethel dans l’état de New York.

Nous reviendrons plus largement sur cet événement, sur les intervenants, sur le film (réalisé par Michael Wadleigh et monté entre autres par Martin Scorsese et Thelma Schoonmaker), sur les disques etc.

Pour l’heure, un petit extrait : une des chansons d’ouverture du film pas du festival qui propulsa Richie Havens. Il eut beaucoup de mal par la suite à rejoindre le firmament que lui avait tendu Woodstock. Richie Havens semble mettre tout ce qu'il a en lui dans Freedom.

Alex F.

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Carole King - Tapestry - 1971

Mon, 10 Aug 2009 13:13:00 +0000

Il y a une vie après la mise en musique de quelques immenses standards de la variété américaine (ceux des Shirrels, des Shiffons, des Drifters, de Bobby Vee…) il y a souvent une carrière, il y a pour sûr un chef-d’œuvre. Carole King (née en 47 à Brooklyn) peut en témoigner ; elle qui fut initialement compositeur et qui est devenue une chanteuse à part entière des années 70 au prix d’efforts qu’il est essentiel de vous narrer.On a beau voir son talent unanimement reconnu à travers les succès éclatants que ses prestigieux interprètes (Aretha Franklin, The Monkees, The Everly Brothers… ) enchainent à longueur de juke-box ; vient un jour où l’on veut pour soi aussi récolter quelques louanges bien méritées, affermir sa réputation de compositeur inspirée, ne plus laisser les vocalistes interchangeables poser sur leur perruque en nylon les lauriers d’un génie qui n’est pas le leur et qui ferait presque oublier à l’auditeur galvanisé par le flot des succès mensuels qu’une mélodie pour devenir incontournable présuppose en amont un labeur d’une très grande exigence.Carole est une de ses innombrables et talentueuses plumes de l’ombre, chétif rossignol de studio, picorant sans fin les graines éparses d’une notoriété chimérique, mais sérieusement décidée à prendre son envol. La jeune femme veut prouver au public qu’elle a autant de talent que les groupes pour lesquels elle cisèle patiemment ses chatoyantes compositions, autant, voire plus, mais les circonstances semblent se liguer contre son ardent désir.Elle a formé avec son premier mari, Gerry Goffin, un des plus fameux duos d’auteurs de tubes de l’écurie Aldon Music tout comme Neil Sedaka & Howard Greenfield, Burt Bacharach & Hal David, Doc Pomus & Mort Shuman... Jusqu’au jour où sa rencontre avec James Taylor transforme sa vie professionnelle. Taylor la pousse à interpréter ses propres chansons. C’est aussi un signe des temps, depuis les Beatles, les interprètes sont aussi des auteurs !Après l’échec cuisant d’un premier album aux tonalités encore hésitantes (Writer), elle commence à douter de ses capacités quand une identité musicale très spécifique se forme au même moment de ce côté-ci de l’Amérique, changement qu’elle saura discerner. Les harangues idéologiquement nébuleuses et les communions chaotiques des sixties finissantes ont fini par lasser. On se recentre sur le moi, on avoue ses fêlures, on veut du doux, du délicat, des airs mémorisables et des textes qu’on n’aurait pas honte de décortiquer entre un amour perdu et une idylle en devenir.Carole est faite pour répondre à ces attentes ; la jeunesse des années 70 est, quant à elle, toute désignée pour se retrouver dans la charmante simplicité d’une jeune femme que son jeu spontané rend particulièrement attachante. Comprenant cela, elle se met au travail, s’entoure judicieusement, et voilà que sort TAPESTRY, son second disque. Ses motifs sans prétentions, ses images et ses clichés peut être, son absolu sincérité, sans aucun doute, arrivent à point nommé pour faire souffler un vent de liberté sur les chevelures détachées de ces mômes romantiques. Tout est frais dans ce disque, tout est neuf, tout respire un espoir dont les jeunes ont besoin pour discerner dans la brume une aurore enivrante. La raison en est simple : dans cette œuvre majeure, le collectivisme des années Hippie s’estompe pour une introspection tout en nuance que le style de Carole va incarner magnifiquement. Carole ose enfin écrire le quotidien, ne craint plus d’évoquer l’an[...]



Willy DeVille est mort

Fri, 07 Aug 2009 17:15:00 +0000

Mink DeVille fut une des grandes révélations du renouveau rock US au milieu des années 70 avec Talkings Heads, Ramones… Associé au mouvement punk, DeVille produisit un rock puissant et romantique, synthèse élégante du rock et de la soul avant de métisser la salsa et la musique cajun.

(image) Meilleur album des Rolling Stones depuis Beggars Banquet, telle fut l’accroche de Philippe Manœuvre dans Rock & Folk pour la critique de Cabretta. C'était en automne 77. Faut dire que son premier LP produit par Jack Nitzsche fut une oasis en plein formatage et calibrage de la musique rock (cf. notre article "Le rock est mort en 77"). Amoureux de la France, William Borsay a choisi son patronyme en fonction et a titré deux de ses albums de noms français (Le chat bleu et Coup de grâce).
Pilier du CBGB à New York (cf. Live at CBGB), Mink DeVille enregistra dans sa première décennie sans doute les meilleurs albums de sa carrière sans pouvoir atteindre le public américain malgré un soutien critique - Le Chat Bleu fut désigné cinquième meilleur album de l’année par le magazine Rolling Stone et l’un des dix meilleurs albums rock de tous les temps par le rock-critique Glenn A. Baker. Willy deVille trouva néanmoins dans le public européen (et notamment français) un soutien indéfectible et sa reprise de Hey Joe en version mariachi lui apporta la reconnaissance hexagonale des plus réfractaires.

Q.U.

Spanish Stroll from Cabretta

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David Bowie et la France

Fri, 07 Aug 2009 07:53:00 +0000

En 77, Bowie est une énorme star en Angleterre et commence à percer durablement aux US. Paradoxalement, le Thin White Duke est quasi inconnu en France. Alors, il passe voir Michel Drucker un dimanche après-midi. Mon Dieu comme il est beau, Bowie !Début 72, l’Angleterre est touchée par un revival fifties à paillettes, le Glam Rock ! Slade, Sweet, Gary Glitter en sont les principaux représentants avec, un cran au dessus, Roxy Music et T. Rex et bien évidemment, David Bowie dans l’une de ses plus fameuses mutations (cf. la trilogie Ziggy Stardust, Aladin Sane, Diamond Dogs).Le Glam évaporé, Bowie emprunte de nouveaux chemins, mais n’exerce pas en France. Il traverse l’Atlantique en paquebot – il a peur de l’avion- et y obtient un succès nettement plus convaincant que Roxy ou Mac Bolan. Son premier vrai hit est une chanson co-écrite avec un expatrié de renom, John Lennon. Fame s’empare de la première place du billbooard en 75. Coup de maître !Bowie se souvient de la France, lui l’homme raffiné, et il y apparaît en Thin White Duke - peut être pas un hasard - son nouvel avatar pour l’album Station to Station. Un concert est donné, son premier en France, aux Abattoirs de la Villette en 76 (une faute de goût ?). La salle est pleine. C’est une gageure, car Bowie est un OVNI pour les français. Le Glam Rock fut pour eux un truc pour gays et minets dont Patrick Juvet s’empara. Le virage soul de Young Americans fut incompréhensible, les français méconnaissaient la musique noire de Philadelphie. Station to Station, un album pour une chapelle.Heroes, opus post punk alliant sophistication et modernisme, conquit les français et Michel Drucker (il y eut même une version en français du titre éponyme). Faut dire qu’une alchimie nouvelle se déclarait en France : punk + ouverture des médias à la culture rock (presse, TV et radio). Et voici, notre beau David sur les plateaux de TV hexagonal. Début d’une histoire d’amour ?Drucker, pas encore 60 ans de TV, patauge dans son anglais de fortune et calcule mal la star qu’il a devant lui (car il y a quand même deux artistes qui ont dominé les années 70 au Royaume-Uni : David Bowie et Elton John.) Drucker oscille entre questions pro et franchouille sympa. Bowie est courtois, doux, presque accessible. Il répond comme un gentil garçon sans morgue ; il comprend la situation. Ses cheveux courts, son absence de maquillage outrancier et son apparente simplicité le rendent terriblement séduisant. Lui qui a flirté avec toutes les limites, tous les excès, qui a accompagné toutes les expériences musicales seventies en les parachevant comme savent le faire les très grands : Miles Davis, Picasso…Après le show TV, Bowie donnera deux concerts aux Abattoirs (eh oui, encore !) en 77 dans le cadre de la tournée de promo de l’album Heroes. Concerts inoubliables – un double live, Stage, soutira peu après (nous y reviendrons).Ensuite, Bowie reviendra en France souvent et il s’envolera vers le firmament des stars mondiales avec « Let’s dance ».Q.U.Speed of life from StageWhat in the World from Stage[...]



Crystal Gayle - Don't It Make My Brown Eyes Blue

Wed, 05 Aug 2009 20:40:00 +0000

Durant la même soirée des Grammy dont nous avons parlée récemment, Crystal Gayle, pas encore l’interprète de la bande son d’un des plus beaux films de FF Coppola, One from the Heart, nous livre l’un de ses plus grands tubes "Don't It Make My Brown Eyes Blue". Fermez les yeux et savourez. Bon je sais, c’est de la variété ; mais bon…

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Crystal Gayle & Tom Waits : This one's from the Heart

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Le rock est mort en 77 (Part 1)

Mon, 03 Aug 2009 20:34:00 +0000

Crosby, Stills and Nash aux Grammy Awards de 1977Ce moment est assez curieux. Crosby, Stills and Nash, trois acteurs symboliques de la contre culture de la fin des sixties, présentent le meilleur album de l’année aux Grammy Awards de 1977.Quelques années auparavant, CSN ont eu la finesse de créer des « protest songs » aux paroles poétiques mais accessibles sur des mélodies sophistiquées et accrocheuses. Ils ont intégré à leur composition quatre genres majeurs : le folk, le rock, la country et la pop. Le tissage habile de leur voix aux tessitures différentes est devenu leur image de marque. Ils ont réussi commercialement là où Dylan a échoué. Nous les voyons ici en Tuxedo faisant les pitres devant le showbiz comme des enfants disciplinés. Que s’est-il passé entre Woodstock (69) et ce moment de 77 ? Leur carrière est en déclin, ils vivent sur leur image et évoquent avec humour celui qui n’a pas renoncé, Neil Young.Tout aussi intéressants sont les albums nominés :- Aja de Steely Dan qui vient atteindre la forme musicale après laquelle Fagen et Becker courent depuis 10 ans : un groove sophistiqué de rock aperçu par un monocle jazzy… L‘intelligence ne fait de mal à personne.- JT de James Taylor qui caressait pour la dernière les charts US avec le tube opportuniste « Your smiling face », dernier coup de reins avant l’obscurité.- Hotel California des Eagles, le gros carton de l’année, ce qu’aurait pu devenir CSN, de la variété dylanienne qui flatte l’American Way of life.- Rumors de Fleetwood Mac, l’album emblématique de la musique californienne, énorme carton également, produit par un groupe de blues anglais qui a traversé le Rubicon.Et la musique du film Star Wars – c’est vrai c’était aussi cette année là !Pour évoquer rapidement le contexte de cette période, les deux rives de l’atlantique sont ballotées par la déferlante punk depuis deux ans (Clash, Sex Pistols, Damned, Jam… côté anglais ; Television, Richard Hell, les Heartbreakers, Ramones, Talking Heads, Mink Deville… côté US), épiphénomène en terme financier, tremblement de terre idéologique ; Rick Wakeman dira qu’après le punk, il devint impossible de poursuivre ce qui avait été entrepris auparavant. Fin de parcours pour de nombreux groupes : Yes, ELP, Jethro Tull... ou orientation variété populaire : Santana, Chicago… Mais ici, on ne s’en soucie guère. La protection semble épaisse.Chacun sait qu’il y a un moment où l’art musical cesse d’être un outil de contestation, un pourvoir subversif, un regard décryptant, une lumière pour l’âme. La musique devient alors une marchandise calibrée, réfléchie plus préoccupée de la perception que de la diffusion. On nomme cela la Variété.Il y eut dans l’histoire du rock ce passage où ceux qui incarnaient la subversion se laissèrent massivement séduire par les chants de la facilité, fabriquèrent la variété rock et anéantirent l’espoir. 77 est le cap définitif, le point de non retour ; c’est aussi le nom du premier album des Talking Heads.Q.U.[...]



Bob Dylan et la Justice américaine - The Lonesome Death of Hattie Carroll

Fri, 31 Jul 2009 13:50:00 +0000

Dylan et l'oracle qui s'est indubitablement emparé de sa frêle silhouette interprètent une de ses compositions les plus bouleversantes, The Lonesome Death of Hattie Carroll. Il s’agit du récit d'un crime raciste dans le sud des États-Unis, d’une justice à deux vitesses et d’un protocole compassionnel plein de fourberies annonçant bien d’autres compositions dylaniennes dénonçant la justice inique américaine comme le fameux Hurricane.4ème track de la face B de The Times They Are a-Changin', troisième opus du maître sorti en janvier 64, cette chanson relate un fait divers survenu un an plus tôt dans le Maryland. William Zanzinger, fils de maître planteur alcoolisé, mécontent que son bourbon arrive avec retard insulte, puis bât une domestique noire, Hattie Carroll. Elle meurt à l’hôpital. Le jugement condamne Zanzinger à seulement six mois de prison car la malheureuse souffrait d’hypertension artérielle et serait morte plutôt d’une hémorragie cérébrale due aux injures assénées par Zantzinger que sous le poids de ses coups.Dylan insiste sur le fait que le jugement aurait été autre si le criminel n’avait pas été riche, possédant des relations politiques (« high office relations in the politics of Maryland ») et la victime une pauvre femme « who just cleaned up all the food from the table ». Dylan finit plein d’ironie : la justice, pleinement égalitaire qui inflige les mêmes sentences à tous (« even the nobles get properly handled »), condamne lourdement (« handed out strongly ») à six mois de prison le coupable.La mélodie est envoutante et les paroles d'une exactitude et d'une lucidité à vous faire frissonner ; je joins à ce post un lien permettant d'en lire attentivement la traduction française.Le document ci-dessous est exceptionnel, Dylan interprète cette chanson lors du « Steve Allen Show ». Cet extrait donne à voir le Dylan quintessenciel du début des sixties. La camera se risque timidement à observer les réactions du jeune public, tout aussi conquis par l'oeuvre qu'embarrassé par le sujet qu'elle aborde. Dylan les force à revisiter leurs certitudes et la vision qu'ils portent sur les contradictions d'un pays dont l'ouverture d'esprit et la prétention réformatrice n'est encore qu'une chimère.Didier BoudetPS : je vous conseille de lire l'entretien du jazzman Hank Jones accordé au journal Le Monde sur la musique et la société américaines.[...]



America's got talent back to the roots of Rock’n’Roll

Wed, 29 Jul 2009 10:12:00 +0000

(image) Il y a des choses qui vous tombent dessus, comme ça. Un plouc - Kevin Skinner - vient avec sa guitare dans une émission de reality show à la con. Tout le monde se fout de sa gueule, David Hasselhoff fait l’arrogant et la salle se gondole de rire. On se prépare aux jeux de massacre et on sait globalement comment ça va se terminer. Mais voilà, le mec gratouille quelques accords et pose sa voix dessus. Et en deux phrasés, il catapulte les remerciements condescendants, détruit les velléités moqueuses et anéantit toutes critiques à venir. Hasselhoff est debout presque au bord des larmes et ne sait plus comment dissimuler sa morgue passée.

Pourquoi, ce moment nous touche autant ?

Il y a dans cet instant, tout ce qui nous a fait nous intéresser et croire au rock : la simplicité, la sincérité et une voix - car je crois que le rock est avant tout une voix. En Kevin Skinner, nous percevons Elvis, Dylan, Springsteen. Merci à America's got talent back pour ce morceau d’âme de rock’n’roll.

Q.U.

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Philippe Manoeuvre parle du Blue Öyster Cult

Mon, 27 Jul 2009 20:55:00 +0000

(image) Dans cet extrait de l’émission Juke-box (mensuel rock qui passa sur Antenne 2 de 75 à 78) créée et animée par Freddy Hausser (nous reviendrons plus amplement sur ce passeur dans quelques temps), Philippe Manœuvre, pas encore cultissime et connu uniquement des lecteurs de Rock & Folk, apparaît pour la première fois à la TV.
Son intervention sur le Blue Öyster Cult est fondamentale et décisive à plus d’un titre :
- Premièrement, Manœuvre appréhende le rock historiquement.
- Deuxièmement, il produit une analyse de fond - la chanson du Blue Öyster Cult, « Stairways to the Stars », explique Manœuvre, dénonce avec pertinence l’univers du show-biz rock où les stars affichent des vertus qu’ils ne pratiquent pas - définissant ainsi le rock comme porteur de sens et décryptant le monde qui l’entoure.
- Troisièmement, Manœuvre s’affirme avec dogmatisme adoptant un ton presque professoral désamorcé légèrement par un dandysme discret.
Ces trois éléments : la vision historique, l’analyse de texte et le ton confirment que le rock ne peut être abordé comme un simple phénomène de teenagers retardés mais plutôt comme une manifestation culturelle à part entière. Manœuvre parachève ainsi le travail de Rock & Folk qui consistait, sous l’impulsion de Koechlin (nous reviendrons bientôt sur lui prochainement), à aborder le rock avec le même sérieux critique qu’Art Press ou Tel/Quel.

PS: soulignons la participation de Marc Zermati et de Christian Lebrun du magazine Best. Nous consacrerons également un ou plusieurs articles à Marc Zermati prochainement, génie incontournable des années 70/80. Je sais, on a du taff sur les claviers.

Q.U.

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Dylan and Donovan - Dont look back

Fri, 24 Jul 2009 09:00:00 +0000

En 1965, Bob Dylan entreprend une tournée en Angleterre. D.A. Pennebaker le suit avec sa caméra et livre son premier documentaire musical « Dont look back » - suivront « Monterey Pop » et « Ziggy Stardust and the Spiders from Mars » etc. Dylan incarne le renouveau folk, musique véritablement contestatrice loin des vagues marchandes pop qui ont pris d’assaut les ondes américaines et les jeunes esprits. Mais, Dylan est à un tournant de sa carrière, il a électrifié sa musique avec l’album « Bringing It All Back Home » sorti quelques mois plus tôt et une partie de son public l’accuse de haute trahison. Dans une chambre d’hôtel, Donovan vient lui rendre visite. Clone Dylanien, Donovan est, en 64, le Hugues Auffray british préparant sa mutation en vedette folk pop, image et sonorité dont on se souviendra essentiellement.

Lunettes noires vissées sur le crane, Dylan écoute sérieusement et chaleureusement Donovan interprétant « To Sing for You », extrait de son premier album ; Donovan incarne parfaitement le Dylan de Freewheelin'. Le morceau achevé, Dylan s'empare de la guitare et chante « It's all over now, baby blue ». Donovan comprend la nouvelle direction et sait désormais où ses accords le mèneront.

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