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Adikt Blog



Un blog pour trouver les dates de sorties musicales,albums et cd de nos artistes préférés !



Updated: 2018-03-06T18:32:34.723+01:00

 



Adiktblog // 2008 – 2016

2016-07-27T17:50:06.425+02:00



Depuis un moment que ça trotte dans ma tête, le moment est venu de dire adieu, et de fermer les portes du blog, de la page Facebook, et prochainement du compte Twitter. J’avais un million de choses à vous dire, à commencer par des remerciements. Tellement à expliquer sur la musique, sur l’univers musical, son évolution, voire sur ma propre évolution musicale.

Et finalement, tout se mélange. Alors je vais être bref : merci à ceux qui ont suivi ces pages ces dernières années, aux abonnés, à ceux qui ont commenté, partagé ou simplement lu et consulté. Big up spécial à ceux qui ont contribué aux 450 posts du blog (et aux 260 594 pages vues !), au design ou autre. Mention spéciale aux artistes qui ont répondu à mes questions ; Arm (Psykick Lyrikah) notamment, qui s’est prêté maintes fois au jeu.

Que dire de plus, à part que le rap et le hip-hop sont les musiques qui ont été le plus représentées sur Adikt. Merci à tous ces artistes qui m’ont fait planer et me feront encore rêver à l’avenir.

Je vous laisse avec Youss’. Parce que comme pour lui, ces dernières années étaient pour moi le Nirvana.

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Sameer Ahmad – Perdants Magnifiques (Bad Cop Bad Cop)

2014-12-16T17:47:43.874+01:00

Sameer Ahmad – Perdants Magnifiques (Bad Cop Bad Cop)Sortie : 10 décembre 2014Genres : Hip-hop, RapDeux albums. Des collaborations de temps à autre. Un EP. « Ne mourez jamais seul ». Des featurings, et pas des moindres (Dany Dan, Sako). Une écriture particulière, un flow pour les matraquer tous. Des visites, un petit tour du monde, de Big Ben à l’Hôtel Bilderberg. Ahmad est l’un de ces MC capable de t’emmener loin. C’est aussi un personnage atypique dans le paysage, par la nature de ses apparitions, de son flow, de ses textes. Et c’est avec un plaisir non boudé, et une longue attente, que sort enfin ce disque qui sonne comme une consécration à mes oreilles. Perdants Magnifiques, nous voici.A trop y voir la référence littéraire de Leonard Cohen, on en oublierai presque que c’est également l’occasion de rendre hommage au musicien. Sa manière à lui, c’est probablement en invitant quelques pointures de l’ombre du milieu de la production. On ne parle plus de rap ici, chaque piste étant un ovni musical à elle toute seule. Je n’ai jamais caché mon goût immodéré pour les réalisations de Lartizan, qui signe ici en duo avec Ahmad lui-même une merveille sur "Nouveau Sinatra". Il en va de même pour Skeez’Up, Mr OGZ ou encore Meyso (et les autres).Mais le cœur de cet album, c’est surtout ce qu’apporte Ahmad lui-même. Dans les textes tout d’abord. On pourrait consacrer des heures à disséquer chaque phrase. Rarement je me laisse aller à penser qu’un MC puisse passer autant de temps à peaufiner chaque sonorité, à choisir chaque mot avec tant de précision, à jongler entre tant de syllabes. On est loin de la punchline comme l’entend la majorité des rappeurs. Tout est plus savant ici, plus complexe en restant néanmoins abordable. Le sens de la formule est toujours exceptionnellement bien travaillé, aucune faute de goût, des dizaines de références. C’est ça aussi l’art de l’écriture : au-delà du message, faire passer ses goûts, sa nature, ses envies, ce que l’on aime. Et ça, le rappeur montpelliérain le fait mieux que 99% de ses confrères. Les références, on en trouve en pagaille. Comme les clips où se cachent des dizaines de petits indices, chaque morceau de ce disque enferme ses propres secrets, ses codes. Je sais de source sûre (merci Steve) que le MC est un grand amateur de cinéma, d’où ce raffinement pour le détail probablement. On pourrait parler de peinture en écoutant Perdants Magnifiques.« C’est de la bombe. #Einstein ». Là où Ahmad étonne, pour ceux qui connaissaient déjà la discographie, c’est aussi dans la forme. Certes, la manière de déballer les textes n’a pas réellement changé. Mais sur certains morceaux, Siwak notamment, la manière n’est pas la même : ça vient du fond de la gorge, c’est sautillant, presque chantant : du flip flap lyrical. Globalement, le MC n’est jamais dans la description du (de son) monde. On ne parle pas de galère ici, on évoque des choix de vie, des choses qui s’imposent à tous de manière naturelle (le bien/le mal/la liberté/les autres/etc.) comme sur « Barabbas ». Ahmad, c’est de l’ego trip à la troisième personne. La constante, c’est cette manière de jongler avec les mots, de placer tout et son contraire dans une phrase (« Au mieux je suis trop vieux, pour mourir jeune »), de décortiquer des expressions (« Je reste en vie jusqu’à ce que mort s’en suive ») et de se les réapproprier (« Issu d’un peuple qui a beaucoup de pétrole »). Lino boxait avec les mots, Ahmad s’amuse avec. Point.NB : ceci est la dernière chronique d’Adiktblog. Merci à tous.NeskaLien :- Bandcamp- Chronique et interview // Justin Herman Plaza - Ahmad  allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="//www.youtube.com/embed/d5Qu3wLI2Kk" width="500"> [...]



Dark Sky - Imagin (Monkeytown Records / 50WEAPONS)

2014-09-17T20:04:36.386+02:00

Dark Sky - Imagin (Monkeytown Records / 50WEAPONS)Sortie : 27 août 2014Genre : Electronique, ElectronicaNouvelle sortie de Monkeytown Records, label sur lequel on retrouve Modelesktor ou Otto von Schirach, « Imagin » est aussi le premier opus de Dark Sky. Ne vous fiez pas au nom ; enfin pas forcément. Ce disque a fait naître chez moi un sentiment de plénitude dès la première écoute. Comme si je l'’attendais depuis longtemps, parce que 2014 ne m’a pas emballé particulièrement, et que là au coin d’une rue, je me le prenais sur la gueule. Si vous n’aimez pas les ambiances Moderat-iennes, l’électronique de garage et les montées diluviennes au synthé, passez votre chemin. Car ce disque est de la trempe de ceux qui vous envahissent entièrement. Le genre à rendre autiste pendant 43 minutes. Sur chaque piste, même topo : vertige musical. Tout ça part d’un bruit, d’une légère ambiance, qui monte, se forme et se déforme. Le premier titre éponyme nous fait plonger dans l’album : synthé répétitif, nappe vrombissante qui monte, que tu sens prête à exploser, qui surgit, se transforme, s’accélère. Jouissance auditive, première écoute, premier morceau. Mais tout cela ne fait que commencer : la piste va mettre près de 4 minutes à t’exploser à la gueule. C’est extrêmement bien ficelé. De lourds synthés volent calmement et mettent le feu aux poudres de ce premier titre… intriguant et prometteur. On est dans la pure électronique. Et quand survient la voix sur Silent Fall, on se dit qu’à la deuxième piste, cet album est déjà une merveille. On ne peut contempler d’en bas la beauté de ce titre qui va lui aussi prendre une hauteur remarquable en quelques secondes. Alors que le chanteur emplit l’espace à lui seul, la chaleur musicale monte d’un cran et l’enveloppe en toute délicatesse. C’est bouillant et ouaté à la fois. Il est 23h45 dans un club de Berlin et la foule en attend encore plus. C’est ce que Dark Sky va donner avec un titre, Voyages, qui porte bien son nom car elle nous emporte dans des univers complètement différents. Là encore, sans prévenir. Tu crois que le morceau est fini alors qu’il fait un quart de tour et te surprend totalement. La seconde moitié est presque tribale mais toujours enveloppée par une lourde ligne de basse, avant de conclure le morceau sur une teinte électronique droguée. Si Lucid est assez anecdotique et plus expérimentale, Vivid renverse le courant du disque avec un rythme plus hip-hop et surtout, accompagnée par une chanteuse (dont j’ignore le nom). Encore une fois, c’est putain de beau. Pas forcément très original, mais bien foutu, bien accordé. A partir de ce moment dans l’album, les trois compositeurs vont faire ressortir leur background UK Bass Music en mode old school. Et l'on y retrouve la chanteuse dont la voix est plus fondue dans la musique, dans un tout, lancinante comme jamais. Resituons un peu : Dark Sky, c’est donc trois types qui ont apparemment tous produits des galettes 12 pouces, des morceaux épars. En fait, « Imagin » est probablement le son qu’aurait fait Moderat s’ils n’avaient pas connu le succès de ces dernières années. Dark Sky y rajoute un certain grain de folie qui manque parfois à une musique souvent qualifiée de mainstream. La seconde partie de l’album est plus calme, plus concentrée et met justement plus l’accent sur la musique expérimental ; bien que Odissey, dans un style techno bang-bang, enflammera plus d’un dancefloor. Un des titres marquant de ce disque d'ailleurs. Plus calme, mais pointilleuse, Rainkist s’étale sur plus de 4 minutes sans jamais vraiment éclater. Elle prend son temps, se cherche et évolue. Manuka est complètement désinhibée. On a l’impression d’écouter un vieux vinyle qui tournerait un peu trop lentement. La sensation est assez étrange mais pas déplaisante. Purple Clouds clôt l’album en douceur, avec le r[...]



3 EP // 3 coups de cœur

2014-07-03T19:40:38.504+02:00

Trois EP, autant de coups de cœur, deux découvertes dans le lot et quatre pistes chacun. Voici de quoi faire votre marché pour les semaines à venir avec ces véritables pépites de trois artistes 100% français (dédicace, Arnaud M.). Tomalone – Spare Time EPEcurie LZO Records oblige, je me devais de jeter une oreille sur le travail de Tomalone que je ne connaissais jusque-là que de nom. Comme toujours avec ledit label, nous avons droit à un artiste singulier travaillant un style qui lui est propre. Tomalone cultive quant à lui une électronica un brin sombre, étalée toute en longueur, catapultée par des longues nappes cristallines. Le travail des voix toutes en apesanteur est on ne peut plus délectable ; écoute au casque obligatoire (et Gin Tonic menthe). Point d’orgue de ces quatre pistes : l’arrivée prévue mais pour le moins inattendue de Mummz sur « Away ». D’une voix grave et précise, il transcende un titre déjà merveilleux, lui apportant un second souffle merveilleusement bien placé. Délectable, vous dis-je… allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="//www.youtube.com/embed/23pd9kvpNmw" width="500">Jean du Voyage – The Closest EP (JFX Lab)C’est sur le net-label JFX Lab (extension de Jarring Effects) que Jean du Voyage a sorti ce projet en début d’année. Artiste multi-casquette, cet EP est pour moi l’un des plus réussis de ce que j’ai pu entendre de la discographie du monsieur. Mouvant, changeant, éclectique : on passe rapidement d’une sonorité à l’autre en quatre pistes. On y trouve aussi une jeune chanteuse nantaise, Djéla, qui magnifie le morceau « The Closest Ghost ». Côté musical, c’est le multi-instrumentiste Pierre Harmegnies qui vient apporter une couleur acoustique, presque rétro parfois, sur les deux derniers morceaux. A noter que l’EP est masterisé par l’allemand Sven Friederichs. Réalisé de manière analogique avec des appareils spécifique au mastering, ce qui apporte une réelle dimension sonore intéressante et finalement, assez peu exploitée de nos jours. allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="//www.youtube.com/embed/bYwMya1gyiQ" width="500">Al’Tarba – The Sleeping Camp (JFX Lab)Voici probablement l’EP le plus surprenant de cette courte sélection. J’ai appuyé la première fois sur play avec une sorte d’appréhension que je ne m’explique pas. Et puis on ferme les yeux, on écoute, on flirte avec le trip-hop, la drum&bass, le hip-hop chelou. La rythmique s’affole souvent dans les morceaux. Le titre éponyme me fait furieusement penser à Filastine, pour son côté « world » et sa palette musicale ethnique étendue. Mais pour moi, Al’Tarba c’était surtout un producteur de rap français (avec Swift Guad notamment). Ces origines rejaillissent rapidement sur les deux derniers titres. D’abord sur « Hé garçon ! », où il est accompagné de DJ Nix’on qui distille savamment scratchs et passe-passe, sur fond de « samples » du film « La guerre des boutons ». Enfin, « Heat Holders » conclut l’EP avec l’imposante voix de Dirt Platoon, qui ne se gêne pas pour ravager le micro. allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="//www.youtube.com/embed/rDEhPHRRZNw" width="500">[...]



Sage Francis – Copper Gone (Strange Famous Records)

2014-06-13T17:37:15.644+02:00

Sage Francis – Copper Gone (Strange Famous Records)Sortie : 3 juin 2014Genre : Hip-hop, Rap, DiversOn ne devient pas créateur de label par hasard. Du moins, on ne le fait pas si l’on est mal entouré. Sage Francis c’est l’archétype du mec qui, en plus d’être un MC hors pair, voire hors repères, est accompagné par une galaxie de talents bruts, producteurs et rappeurs mélangés. Sage Francis, c’est aussi une figure du hip-hop américain, pourvoyeur de bonne musique depuis plus de 15 ans ; 6 albums, 8 EP, de multiples collaborations et donc, un patron d’écurie qui a vu naître d’excellents poulains.J’admire le monsieur depuis longtemps pour sa constance et sa capacité à rester lui-même depuis toutes ces années. Quelles que soient les modes et les mouvements oscillatoires et éphémères de la musique, il reste fidèle à ses principes, à son style qu’il cultive avec tant de talent. Sage Francis n’est « jamais dans la tendance, mais toujours dans la bonne direction » (sic). C’est une sorte de phare inamovible au milieu de l’océan de l’industrie musicale, un roc, tant dans le domaine artistique que par son imposant physique d’ailleurs.Depuis tout ce temps, Sage Francis a cultivé l’art du songwriting authentique, la science des mots, de la formule ; même si je l’avoue, je ne comprends jamais tout. Et comme (très) souvent, le MC se livre comme personne, parle de lui et nous raconte ses histoires, ses humeurs, ses sentiments ; il donne son avis, évoque moult sujets de la politique à la poésie en passant par les hommages (à l’écrivain américain Kurt Vonnegut notamment) et les références (cf. « I’m hopping freight trains with nothing but a bindle (no hobo) // Little homie said ‘'YOLO’‘ — no props »). Sage Francis fourmille d’idées et d’envies et les exprime à travers un univers musical assez abrupt, hip-hop à 100%.On retrouve donc tous ces éléments dans ce récent « Copper Gone ». Comme le précédent opus, l’auditeur a droit à une multitude de producteurs, ce qui donne plusieurs couleurs à cet album. Sage Francis semble d’ailleurs avoir un penchant pour notre bonne vieille France. Après sur la touchante « Best of Times » réalisée avec le concours de Yann Tiersen, l’américain est allé pêcher une de nos pépites tricolores : l’excellent Le Parasite. Gageons que le relativement récent premier essai (My Mind Travels Far, chroniqué sur Adikt) de ce dernier lui a tapé dans les oreilles. Le titre en question, « Over Under » est l’une des pépites de ce Copper Gone, renouant avec le style des années 2000, sorte d’abstrakt-hip-hop (terme contesté, ndlr) efficace à la rythmique affolée. Le reste des producteurs pourrait faire pâlir d'envie le meilleur des MC. Sage Francis a fait appel à son entourage proche (Cecil Otter, Reanimator, Buck65, Prolyphic, Alias) mais a également appelé d’autres phénomènes comme John Ash (sur le titre « Say Uncle », transpirant le HH), Anders Parker (sur la lancinante « Thank You ») ou encore James Hancock & Poindexter (sur la plus énergique « ID Thievers »). Enfin, « Maint REQD » vient clore l’album, sur une production du trop rare Kurtis SP (dont le premier album hip-hop instrumental est une référence pour moi).Vous l’aurez compris, Sage Francis ne déroge pas à sa la règle, reste fidèle à ses idéaux foncièrement hip-hop dans l’âme. Tant est si bien que cet album aurait pu voir le jour il y a 15 ans ; c’est un disque Polaroïd. Si ça en rebutera certains, les fidèles seront emballés. C’est aussi la recette de Sage Francis pour durer, puisqu’il fait probablement partie des artistes qui m’accompagneront musicalement une vie entière.NeskaLien :- Bandcamp seamless="" src="http://bandcamp.com/EmbeddedPlayer/album=1787274730/size=large/bgcol=ffffff/linkcol=0687f5/tracklist=false/artwork=small/transparent=true/" style="border: 0; height: 120px; wi[...]



Leave Things - Atonement (Fin de Siècle)

2014-05-15T17:46:59.656+02:00


Leave Things - Atonement (Fin de Siècle)

Genres : Techno, IDM, Ambiant

Sortie : mars 2014

A musique épileptique, noms de maxi drogués : après « Homeostasis » paru en 2013, « Atonement » est venu chambouler mes oreilles sensibles il y a quelques semaines. Parce qu’en effet, ça fait déjà plusieurs semaines que les deux titres Atonement et Empfang alimentent régulièrement les écouteurs de mon casque. Il faut dire que depuis la première écoute du maxi, je suis assez obnubilé par cette musique aux airs souterrains, partiellement glitchs qui ne perd pas de temps en préliminaires.

Atonement te plonge dans un bain technoïde dès les premières secondes grâce à une rythmique assassine et métallique. Tout y est : précision, longues nappes électroniques sous-jacentes, accélérations bien senties, la tension qui monte de cran en cran mais qui, seul léger regret, n’explosera pas complètement avant la fin du morceau. Pourtant on y croit, on s’accroche avec une explosion finale qui laisse finalement rêveur. C’est puissant, ça gronde dans les ténèbres, dans les caves sombres. On est tiraillé entre le repli sur soi-même et l’envie de balancer son corps sur les ondes charmeuses d’une mélodie un brin outrancière, sensuelle et raffinée.

Mais le plus important est ailleurs. Sur les deux titres, la mélodie prime sur le reste, tout le temps, toujours. Leave Things n’envie rien à personne. Et n’a rien à envier. Surtout, évitons les comparaisons entre la musique de Detroit ou les collectifs techno les plus en vue, qu’ils soient allemands ou anglais. Le producteur parisien peint d’un merveilleux coup de pinceaux une techno qui flirte souvent avec l’IDM en y injectant une couleur frenchy singulière, marquée au fer rouge. Empfang se veut quant à elle plus introspective, plus prenante et plus subtile, mais tout aussi remarquablement bien travaillée.

Deux titres, c’est court, même s’ils s’avalent en une quinzaine de minutes. Mais ce n’est que l’éclair, au loin, avant l’orage : un LP qui devrait s’abattre sur nos oreilles d’ici la fin de l’année.

Lien :
- Label Fin de Siècle

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Chet Faker - Built on Glass (Future Classic)

2014-05-14T17:49:53.094+02:00


Chet Faker – Built on Glass (Future Classic)

Genres : Electronique, Down-tempo, Ambiant, RnB

Sortie : 14 avril

Il y a dans Chet Faker la résonnance cristalline d’une scène australienne en effervescence. C’est à celui qui lèvera son verre le plus haut. Après la déferlante Flume, la pop-psyché de Tame Impala et le charme encore naissant d’un Ta-Ku, le pays des kangourous nous envoie peu à peu ses meilleurs disciples, après avoir tâtonné entre The Presets, Midnight Juggernauts et autre Empire of the Sun. A la différence près que Nicholas James Murphy alias Chet Faker était attendu au tournant.

On ne pourra pas lui reprocher une ambition débordante, mais plutôt saluer la manière de gravir les étapes à son rythme. De reprises remarquées (dont celle du légendaire « No Diggity ») en EP joyeux (avec Flume par exemple) en passant par des collaborations bien senties (avec Kilo Kish notamment), l’australien sirote gentiment un cocktail au bar en attendant de monter sur scène. Cette entrée en matière avec « Built on Glass » est d’ailleurs plutôt réussie.

Elle ne propulse pas jusqu’aux étoiles, mais laisse un sentiment charmeur. On y glisse sur des rythmes chaloupés, vogue sur une musique down-tempo assumée et sans trop d’excès et d'artifices, on flirte avec des synthés lourds et relativement puissants. Le tout est complètement cohérent, l’auditeur se prend facilement au jeu du claquage de tête par moment. En revanche, c’est lisse, sans surprise : léché mais peut être trop doux. Seules quelques pistes échappent à l’harmonie du disque, dont la plus dansante « 1998 », morceau club bien construit mais qui ne t’enverra pas chatouiller les étoiles d’un dancefloor.

En parlant de risques, c’est sur « Cigarettes & Loneliness » que Chet Faker en prend le plus : piste décalée, un brin plus énergique. Mais comme tout le reste : peut mieux faire. Quoi qu’il fasse, Chet Faker vous fera inévitablement penser à James Blake, vocoder et assurance en moins. C’est ça, au fond, le problème de l’australien. Le mec te laisse penser qu’il ne fait pas les choses à fond même si, on ne peut pas lui reprocher, chaque piste est propre, bien construite, assez jolie, mélodique et plein-d’autres-adjectifs-flatteurs. Où est passé le côté crade qui donne la tonalité d’un disque ? L’envie de repasser 42 fois de suite un morceau tant il t’arrache un poumon pour fumer ton cœur façon pipe à eau ? On a tous au fond de nous cette naïveté de la petite fille qui cherche du romantisme et une musique/un artiste à aimer. On attend le DJ-prince charmant. Mais s’il est aussi un bon amant et qu’il possède un flacon de poppers dans la poche, c’est encore mieux et c’est ce qu’il manque à Chet Faker.

Neska

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Iraka – Le Slameur (True Flav Records)

2014-04-18T11:06:57.693+02:00


Iraka – Le Slameur (True Flav Records)

Genre : slam, hip-hop, divers

Sortie : 20 avril

Je crois que l’exercice le plus difficile de la chronique musicale est d’arriver à décrire, voire déchiffrer, l’essentiel de la substance d’un disque dans sa profondeur. Je n’y arrive pas toujours. Et ça fait des jours entiers que je cherche ce qui pourrait réellement caractériser « Le Slameur ». Tout se cache dans ce nom d’ailleurs. Le slam n’est pas né avec Grand Corps Malade. Personnel, souvent confidentiel, la plupart du temps joué devant 10 personnes, c’est une discipline complexe dans laquelle l’auteur se livre. Iraka, lui, parle plutôt des autres. Des inconnus, de ton voisin, de la nana que tu croises tous les matins en partant au boulot. Quand tu te demandes quelles sont leurs vies, à ces gens-là, Iraka tente d’apporter une réponse. Le Slameur parle de la vie avec cette dose d’égotrip propre au monde du rap, dont il est issu.

Ce disque est plus hétérogène que cela. S’il emprunte les codes de la musique hip-hop, dans l’attitude par exemple ou même dans la verve mais moins dans les punchlines (si importantes pour certains), la formation live est composée plus classiquement de guitare-basse-batterie. Iraka, c’est toutefois aussi et surtout de la chanson française ; un peu crade, avec les codes de la rue. On respire l’odeur du vécu, en toutes circonstances. On étreint chaque sentiment de la vie à travers ces 10 titres comme un François Villon moderne, on rit et on pleure, on sourit aussi, on s’interroge, parfois. Puis on fait des rencontres à travers ce disque. Départ pour l’inconnu dans un train avec ce sombre roi célèbre : départ pour rejoindre Malika, une fille en or. Toujours, l’auditeur est hors du temps et absorbe des textes intemporels

On l’accompagne aussi lui, Philippe, dans les faubourgs de la vie sur « Arabie ». Mais c’est surtout en traînant à « London » que l’on désire sensuellement Meredith, sur un divan, puis que l’on courtise Margareth-Marie. C’est principalement sur mon titre préféré, « Aller mal », que l’on côtoie les gens du quotidien depuis l’œil d’un homme hagard, seul et mélancolique, qui constate son époque depuis chez lui : son voisin, des enfants déjà épuisés. Alors on se jette quelques verres avec cet lui, à 8h, midi, 17h…

Musicalement, Iraka semble avoir fait attention à ne pas tomber dans la facilité : la parole, tantôt chantée tantôt slamée, est tout autant à l’honneur que la musique en elle-même. Le disque dégage toutefois comme une couleur oscillant entre le jazz-blues, dans le sentiment qui s’en dégage en tout cas plus que dans la forme concrète. Si la guitare tient une place prépondérante dans la plupart des morceaux, chaque instrument trouve sa place à sa manière. Les instruments qui justement, comme les personnes de cet album, sont eux-mêmes, sans facettes et sans fard, plein de cette humanité qui dégouline au fil des pistes. Finalement, c’est peut-être simplement cela le propos de ce très beau disque.

Neska

Lien :
- Bandcamp

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Les Marquises – Pensée Magique (Ici d’Ailleurs)

2014-02-11T18:31:55.036+01:00

Les Marquises – Pensée Magique (Ici d’Ailleurs)Genre : Expérimental, Rock, Electronique, Ambiant, DiversSortie : 17 févrierEn 2010, Les Marquises avaient brillamment, mais de manière assez confidentielle, marqué l’année avec un disque pur, relativement brut et globalement assez sombre. Inspiré à l’époque par l’œuvre graphique d’Henry Darger, je trouvais à ce disque une énergie assez peu commune dans l’industrie musicale actuelle, aux reflets sonores parfois étranges, souvent cinglants. Bref, un disque hypnotique et très divers musicalement parlant.C’est peut-être le point commun avec ce nouveau « Pensée Magique », même si l’univers du groupe a évolué vers plus de bestialité, pourrait-on dire. Comme sur le précédent « Lost lost lost », l’introduction de ce disque est la piste la plus représentative. Ces « Maîtres fous » diffusent effectivement une espèce de folie animale. Tambours de guerre, scène complètement ubuesque ; on se croirait perdu dans la jungle entouré, encerclé par des dizaines d’attaques sonores inconnues, indéchiffrables. J’aime ce sentiment de perte de contrôle totale sur ce qui sort de mes enceintes. En cela, cette première piste est une suite logique au premier opus de 2010. Tout se mélange et s’entrechoque formant pourtant une mélodie tribale déroutante mais foncièrement entêtante. D’autant plus qu’une voix, en français, quasi susurre des textes difficilement compréhensibles. Alors je réécoute, en boucle, cette piste toujours aussi intrigante. « In The Forest » pourrait bénéficier des mêmes qualificatifs, même si elle est beaucoup plus contemplative. On nage toutefois toujours dans ce grand mélange auditif à l’odeur végétale ; et pour le coup, on s’y sent vraiment, dans la forêt.Cette manière de perdre l’auditeur a deux issues possibles : on se jette sur la suite ou on arrête net ; une deuxième option qui serait regrettable pour toi, auditeur. Car cet opus est plein de différentes fresques musicales, tantôt agitées, tantôt plus calmes (« Cassette » notamment). Mais même calmes, les pistes de cet album ont toutes quelque chose en commun : une bestialité affirmée, qui gronde en sous-marin. Ce disque, c’est probablement le reflet de ces néo-anarchistes qui fuient nos sociétés pour aller se réfugier seuls, loin du monde et de ses codes, en criant comme des enragés, en dégueulant leur dégoût à la face de la Bêtise.7 titres, dont ce qu’on peut appeler une interlude (« Chasing the Hunter ») c’est assez court, mais assez pour se délecter. Le disque s'achève sur une piste assez cristalline. Avant cela, le petit bijou de la galette est pour moi « Night Falls one the Dale ». Ce genre de morceau qui monte, doucement, lentement, qui prend son temps, qui s’agrémente et s’illumine de seconde en seconde, qui surprend, se courbe, se réinvente en permanence avant d’exploser puis de finalement s’éteindre avec splendeur. Superbe.Neska Liens :- Label Ici D’ailleurs- Site officiel allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="//www.youtube.com/embed/ka7zZviTNuQ" width="500">[...]



Récapitulatif 2013

2014-01-10T18:23:35.454+01:00

2013 : le grand récapitulatif Retour à la case départ.Comme l’année dernière, vous pourrez ici trouver non pas un Top comme partout ailleurs, mais une sorte de grand récapitulatif de mon année 2013. Ce qui ne veut pas dire que vous ne trouverez pas de supers tops de ci de là : comme souvent, celui de l’Abcdrduson est une référence en matière de hip-hop.Alors même si ce cru 2013 n’a pas été très productif en termes de contenus, j’ai tout de même écumé des dizaines de disques. Jamais dans la tendance (mais toujours dans la bonne direction), j’ai fait le choix de passer outre les nombreux albums dont tout le monde parle plus qu’abondamment : de « Yeezus » (Kanye West) en passant par « Doris » d’Earl Sweatshirt ou encore l’ « Or Noir » de Kaaris. Vous n’aurez pas de commentaires de ma part sur ce genre d’albums, je laisse ça à d’autres (sans condescendance aucune).Comme d’hab, un petit coup de chapeau aux blogs qui continuent à être productifs, souvent indépendants. Je pense aux très productifs rédacteurs de SWQW, mais aussi à Mr Dat’ et ses Chroniques Automatiques (welcome back in Paris !), sans oublier l’équipe de Playlist Society.En quelques catégories grossières, voici donc l’année 2013 en musique.RAP ET HIP-HOPForcément, c’est du rap et du hip-hop que j’ai le plus écouté cette année. Et à ce niveau, je n’avais pas vraiment de quoi me plaindre, même si honnêtement je ne pense pas que 2013 restera dans les (mes) mémoires. Et pourtant… nous avons eu à nous mettre sous la dent deux perles du rap français. Dans l’ordre chronologique, c’est tout d’abord Grems qui nous a retourné avec son “Vampire” ; un opus hors normes, comme tout ce que fait l’épileptique MC. Savoureux, craquant, hybride mais un peu court, Grems a aussi annoncé que ce serait son dernier album solo, même s’il continue les featurings et sortira probablement de futurs EP. Epatant de technicité, je retiens surtout le titre “Pince moi je rêve” où Grems donne une leçon de rap au monde entier. L’autre perle, c’est bien entendu le “Jamais trop tard” de Psykick Lyrikah, dont je vous ai abreuvé de nombreuses lignes à sa sortie. Puissant, comme d’habitude, le MC Arm m’étonne à chaque fois plus par l’épatante écriture des textes. Jamais plus qu’aujourd’hui Psykick Lyrikah n’a été unique, dans un univers qu’il a créé de bout en bout et qui lui est désormais totalement propre. A l’occasion de leur passage en novembre à Paris, j’ai d’ailleurs pu interviewer le MC et lui poser pas mal de questions (interview à retrouver en intégralité dans le magazine International Hip Hop).Comment oublier une autre baffe de 2013 : “Gunz’n Rocé” dudit Rocé. Vu sur scène, impeccable, le MC sait comment emballer les foules avec une belle énergie. L’album en lui même est très bon, plein de lucidité. On reste dans l’univers du rap français avec le poète-MC Veence Hanao. Le Belge m’a aussi complètement épaté avec des textes qui puent la vie, la morosité et la chaleur en même temps. Décalé serait le mot qui lui convient le plus, à l’image du titre de son album “Loweina Laurae”. Toujours dans le registre du rap français, il reste deux personnages que je veux absolument saluer. Le premier étant le jeune VALD : MC je-m’en-foutiste, lui aussi a su créer son propre univers sans copier ce qu’on fait ses aînés : humour et technicité réunis au sein d’un même personnage. Ses mixtapes ont prouvé que le rap français a encore de belles années devant lui. Alors merci pour ça. Je termine dans ce registre avec un de mes chouchous : Ahmad. Trop rare, tellement rare, le MC de Montpellier a beaucoup fait parler de lui avec un seul et unique titre, “Drago”, accom[...]



Interview – Psykick Lyrikah

2013-12-20T15:52:53.041+01:00

Interview – Psykick LyrikahA l’occasion du passage de Psykick Lyrikah au Nouveau Casino le 21 novembre dernier, j’ai eu l’occasion de longuement m’entretenir avec le MC du groupe : j’ai nommé Arm. Encore tout retourné de leur dernier opus, Jamais trop tard, et en tant que fan ultime du groupe, j’avais évidemment des dizaines de question à poser. C’est ce que j’ai pu faire… pour le magazine International Hip Hop.Malgré tout, j’ai l’autorisation de vous livrer quelques bribes de cette interview fleuve, où l’on apprend de sacrées bonnes nouvelles. Morceaux choisis.Adikt // IHH : Ca fait maintenant une dizaine d’années que le groupe Psykick Lyrikah existe, et tourne en concert partout en France. Il y a plusieurs années, on te voyait seul au milieu de la scène, micro en main, les yeux fermés, statique. Comment ton rapport à la scène a évolué ces dernières années ? Quel est ton rapport à la scène désormais ?Arm : Cette posture sur scène, ce n’était pas vraiment un concept, mais un moyen que j’avais trouvé de me cacher derrière quelque chose pour ne pas affronter certaines choses qui ne me convenaient pas. Je n’étais pas à l’aise lorsqu’il s’agit de me balader sur scène, ambiancer les gens, etc. Au départ, c’était plus de la timidité qu’autre chose. Je fermais les yeux pour me concentrer sur les textes. Si je chopais un regard je me perdais. Petit à petit, je me suis rendu compte que c’est comme ça que je me sens à l’aise. Aujourd’hui, je suis moins « figé » qu’à l’époque. Le côté posture immobile, c’est devenu un choix assumé.----------------------------Adikt // IHH : A tes débuts, notamment sur la tape Lyrikal Teknik, on pouvait t’entendre avec beaucoup de MCs français qui ont tous pris des directions différentes. Je pense à Grems, Le Sept ou encore Iraka 20001 par exemple…Arm : (il coupe) On est tous loin les uns des autres. Grems c’est quelqu’un que je croisais à l’époque mais que je n’ai pas vu depuis des années, avec qui je ne suis pas en contact - même si je vais prochainement le croiser en Suisse parce qu’on est sur la même date pour un concert. Iraka il est dans le Sud, vers Marseille. Chacun fait ses trucs. C’est compliqué de rassembler les gens pour un projet commun. Je suis à rennes, je fais mes trucs dans mon coin pour l’instant. Honnêtement, je préférerais partir en vacances avec ces mecs-là, faire de la musique et sortir un 6 titres. Mais pas inviter pour inviter…----------------------------Adikt // IHH : Concernant l’écriture des textes, tu disais que tu écrivais une fois la musique quasi finalisée. Comment ça s’est passé du coup avec la masse de producteurs qu’on retrouve sur ce dernier album ?Arm : Au départ, j’étais parti pour tout produire moi-même. Je me suis rendu compte en faisant écouter le projet que je risquais de me répéter. Au même moment, je trainais avec le groupe Ancrage qui bosse avec deux beatmakers qui m’ont fait écouter des sons de fou. Il y a Creach, qui produit « Décembre » et le morceau avec Chien Vert. Il y a aussi Glenn qui produit « La minute qui suit » et « Aux portes de la ville » et qui est malheureusement décédé l’année dernière. Je me suis demandé ce que j’allais faire de ces deux titres et finalement j’ai tenu à les intégrer dans l’album. Au même moment, les remixs de l’album « Les courants forts » (avec Iris), chez LZO Records, arrivent. J’ai entendu des tonnes de sons. Donc j’ai eu envie de me frotter à d’autres couleurs musicales, ce qui m’a aussi aidé à me confronter à d’autres choses pour l’écriture. Donc j’ai fait appel à Aetoms parce qu’il m’avait envoyé des sons ; que je ne connais pas et que je n’a[...]



Psykick Lyrikah – Jamais Trop tard (Differ-Ant / Yotanka)

2013-11-05T10:52:50.568+01:00

Psykick Lyrikah – Jamais Trop tard (Differ-Ant / Yotanka)Genre : Rap, Hip-Hop, Electronique, Post-rockSortie : 21 octobreBizarrement j’ai besoin de calme pour écrire cette chronique, alors je passe quelques notes de piano en fond sonore. Car on ressort de ce « Jamais trop tard » un peu retourné, tout chamboulé après avoir mangé 14 titres assez violents. Bref, un peu émoustillé. Ceux qui me connaissent et suivent ces lignes régulièrement n’en seront pas étonnés. Psykick Lyrikah est pour moi l’un des meilleurs groupes de rap français depuis une bonne dizaine d’années, pas mal de projets, des lyrics par centaines, des beats par milliers… Jamais lassé. Je préfère d’ailleurs passer pour un con qui écoute de la musique « que personne connait » plutôt que de jubiler sur le dernier rappeur à la mode. Mais ça ne regarde que moi et une poignée d’illuminés. Car dans le fond, on n’écoute pas vraiment du rap. C’est une étiquette parmi tant d’autres. Les non-initiés diront que ça fait boum-boum et que c’est « répétitif ». Dans ce sens-là, c’est effectivement assez propre au hip-hop en règle générale. Mais le fait est que depuis 10 ans, Psykick Lyrikah défonce les codes avec une bonne dose de je-m’en-foutisme, un soupçon de j’emmerde-le-monde-et-je-fais-ce-qu’il-me-plaît, mais surtout de la passion et une réelle envie d’aller de l’avant. Nique l’avant-garde, restons sérieux, place à la musique, non codifiée.Je vous aurais prévenu : l’album démarre en trombe, comme souvent, mais moins violement que Les Courants Forts, sorti fin 2010. « La minute qui suit » ouvre donc le bal. On redécouvre l’immense joie de replonger dans les textes fins du MC Arm, déclamés avec cette énergie qui lui est propre. Et que ce n’est pas terminé. « Rester libre, relire, et flâner dans l'ombre // Avertir les fuyards que la route est longue ». Sirène hurlante, on reste sur nos gardes pour la suite. Et quelle suite… « Invisibles », avec son comparse Iris, est pour moi la bombe de l’album. Parfaite de bout en bout. Chacun y déballe son couplet, propre, paroles impeccables, prêtes à exploser, sur un beat qui t’éclate la gueule par terre. Pari gagné. En boucle, Iris achève sa prestation en répétant sans relâche « Ressasser, Rabâcher, Remâcher, Repenser », puis Arm prend la suite : « Retenter, Recadrer, Replacer, Recentrer ». Soufflé !Arm nous a d’ailleurs déjà plusieurs fois habitué à ce procédé de répétition sur certains titres de ses précédents opus. « Jamais trop tard » s’inscrit d’ailleurs dans la droite lignée de Derrière Moi, sorti quant à lui en 2011 : ambiance quasi similaire, influencée dirty south mais pas que, électronique mais pas que. Les influences US ressortent d’ailleurs rapidement ; Arm étant plus amateur de rap US que français. Et on le ressent de suite sur l’éponyme « Jamais trop tard », sur laquelle Arm se sample lui-même et use du procédé « chopped and screwed », typique du Sud des Etats-Unis et popularisé par DJ Screw (merci @Tisum !). Le disque ralentit légèrement la cadence sur « Décembre », qui suit, puis sur la lente « Interlude rouge ». Le temps de reprendre son souffle. Car « Le souffle », justement, décape franchement, sur une instru signée Le Parasite. Décidément, les deux-là s’entendent bien (cf. le dernier album du Parasite) !« Les marches de l’enfer » est ultra soignée, et devrait plaire aux plus nostalgiques d’entre nous, tant l’atmosphère est proche de l’album Des lumières sous la pluie. Pourtant, la prod est signée Aetoms. C’est aussi la « surprise » de cet album : la diversité des producteurs : Glenn, Aetoms, Creach, Le Parasite, Korrupt F[...]



Débrief // Jeff Mills présente Oneness à la Gaîté Lyrique

2013-10-04T17:07:25.947+02:00

Débrief // Jeff Mills présente Oneness à la Gaîté LyriqueConcert raté.A la seconde où j’ai vu Jeff Mills à l’affiche de la Gaîté Lyrique, j’ai eu envie d’aller voir cette légende de la techno. L’américain a ce pouvoir d’attraction incomparable qui fait de lui un des dieux vivants de la musique. Alors merde, je l’ai déjà raté au pont du Gard avec un orchestre, je passerai aussi à côté de son spectacle avec l’orchestre symphonique de Bretagne, il m’était donc difficile de le laisser filer de passage dans la capitale.L’ennui c’est que parfois, la vie te réserve des surprises. Pour moi, Jeff Mills c’est l’essence de la techno, c’est une patte musicale géniale, c’est des projets qui partent dans tous les sens. Jeff Mills en concert c’est avant tout l’assurance d’en prendre plein la vue et les oreilles, de vibrer au grès rythmes fous de la techno, de sentir l’odeur de l’essence de Detroit, celle des énormes avenues crades. C’est simplement l’envie de voyager et de passer un moment agréable.Oubliez tout ça. Jeff Mills est un personnage bien plus complexe, certes DJ/producteur de grand talent, mais aussi amoureux d’architecture et de danse. Dans le projet « Oneness », c’est l’aspect expérimental qu’il souhaitait mettre en avant. Laissez tomber les rythmes primaires sur les longues envolées technoïdes sous psychotropes. Nous avons dû nous contenter d’une sorte de show visuel et sonore. Alors on prend place dans la jolie salle de la Gaîté Lyrique. Jeff est caché derrière un gros poteau planté au milieu de la scène. On ne le voit pas, c’est frustrant. Puis la Terre se met à tourner sur le mur du fond de la salle. Une lumière bleue commence à envahir les murs, tout doucement.On y voit pas grand chose, mais voici la scène ; Jeff Mills étant donc caché derrière son poteau...Un quart d’heure passe. Jeff triture quelques boutons : c’est extrêmement expérimental. Ça part dans tous les sens, mais on se demande ce qu’on écoute. Toujours aucune rythmique. Alors on trépigne ; les plus jeunes quittent la salle au bout de 30 minutes à peine. On se dit alors qu’on écoute l’intro d’un concert la plus longue que le monde n’ait jamais connu. Que Jeff va balancer un truc super lourd dans les minutes qui viennent. On est prêts. Envoie, putain ! 40 minutes, l’artiste est toujours planqué derrière son poteau et depuis le début du spectacle, une danseuse contemporaine (on dit « contemporaine » quand, comme moi, on y connait rien en danse, et que la fille fait des mouvements complètement désordonnés et finalement, assez étranges) s’ébroue sur la scène. 45 minutes sont maintenant passées. Toujours rien, l’expérience sonore prime, la salle continue de devenir de plus en plus bleue sur les murs. Puis sans prévenir : boum boum, la naissance d’un beat. C’est parti. Ou presque. Deuxième vague de boum boum. Ça dure 3 secondes. La mayonnaise monte et là… Jeff sort de sa cachette et vient saluer le public. Plus rien. Le « concert » est terminé. Fin de l’histoire, tout le monde rentre à la maison. Y’a plus rien à voir.Quand comme moi on s’attendait à voyager jusqu’à Detroit, on est forcément super déçu. En bon bloggueur acharné, je suis allé voir les gens dans la salle. Les réactions sont quasi unanimes : c’était vraiment nul. On a rien compris. Mais on aurait dû lire les quelques lignes sur le site de la Gaîté Lyrique : « Jeff Mills, héraut de la techno de Detroit, a rompu avec son image de simple DJ star pour renouer avec son inspiration première, nourrie d’utopie, de pensées futuristes et visionnaires, et d’une passion réelle pour les mondes extraordinair[...]



Le Parasite - My Mind Travels Far (LZO Records)

2013-09-19T23:07:46.283+02:00

Le Parasite – My Mind Travels Far (LZO Records)Genre : Hip-hop, Rap, Electronique, DiversSortie : 16 septembrePlutôt tourné vers les MC's du label LZO Records, j'avais un peu zappé la sortie de l'album du beatmaker nantais Le Parasite. Jusqu'à ce que les timelines se réveillent sur Twitter, attiré par les featurings de Sept et Arm (Psykick Lyrikah), je me suis jeté sur BandCamp pour chopper la galette tel un breton assoiffé. L'artwork de la pochette est du plus bel effet, réalisé par MatMat sur la base d'une peinture à l'huile de Fulvio Di Piazza. Du lourd, comme cette baleine perdue mais comme prête à remonter à la surface. La porte d'entrée donne déjà envie d'aller voir ce qui se passe à l'intérieur, ça tombe très bien : on est là pour ça justement.D'entrée, My Mind Travels Far (MMTF) pose l'ambiance : prods plutôt électro, beat qui claque fort, la basse tourne en boucle tandis que les voix samplées introduisent Le Parasite. « Abduction Theme » enchaîne avec son long riff de guitare planant, le beat rebondit dans tous les sens, la guerre est déclarée !Dans « Bad Guys Inc. », MC Pierre Hatet alias la voix de Doc Emmet Brown dans retour vers le futur débarque pour remettre l'horloge de l'hôtel de ville à l'heure : « Je vous ai tous manipulés depuis le début, je vous ai trompé, je vous ai infiltré, je suis le seul maître ». Le premier client sur la liste des feats n'est pas un inconnu du label LZO ; Le Sept balance son flow grave et tranchant pour parasiter les ondes du premier morceau clippé de l'album, « Chaos technique ». L'effet bien vu sur la voix colle parfaitement avec le thème du morceau :« Des écrans haute-résolution servant à admirer la platitude // Les pics de pollutions rythment l'évolution avec exactitude // C'est l'ère de l'image, l'importance des apparences influence les attitudes »Les morceaux se suivent et s’enchaînent parfaitement, « Borderliner » roule tout seul, sorte de roadtrip sombre et mélodique teinté de violons. « The collapse » et sa touche 8 bits est martelée par un beat sec et précis. « Maybe tomorrow » et sa basse smooth omniprésente soutenue par le beatboxer nantais Shen roc. « Gentle Robbery Anthem » frappe à la porte avec son sample Sherlockien, son riff de guitare ainsi que ses cuts efficaces.« Watch the sky darken » conduit par Jordan Kessler, aka The moliqule, défonce tout sur son passage : le phrasé du MC du Massachusetts rappelle d’ailleurs un certain Tes, c'est peu dire… ! Et la prod du morceau est tout aussi efficace. La longue fin toute instrumentale enfonce violemment le clou. « Nixes », long morceau zen et mélodieux coupé en deux parties, nous balance direct au pays des ninjas. Encore un très beau passage !Sur « Dark oasis », après une introduction lugubre et sombre, on retrouve à nouveau The moliqule accompagné de Sept, tous deux en grande forme. Ils viennent donner du relief a une prod déja bien efficace et précise :« J'ai juré de passer les écueils qui sur mon karma planent // Et conjuré le sort de cet œil qui cherche à égarer ma caravane // J'ai raturé des feuilles et des feuilles là où l'asphalte crame // La pureté m'a fracturé l'œil autant que la dureté et ses anagrammes »« Le champ des éclairs » commence doucement et on retrouve Arm de Psykick Lyrikah. Voici encore une instru mélodique qui colle parfaitement aux textes sombres du rappeur rennais.« Ok pour l'envie de rien, on en écoute tous les jours // Des mots sans vie qui pleurnichent devant leurs cours // C'est peut-être pour demain, on l'a soufflé dans vos carcasses // Le champ des éclairs pas des petits riens »Les albums de beatmakers hexagonaux de cett[...]



Adikt Playlist #1

2013-09-12T14:50:57.443+02:00


Par temps gris, tout n’est pas pourri. 

Le Parasite - Chaos Technique feat. Le Sept

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Toro Y Moi – Campo
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The Procussions - On A Mountain feat. Logan
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Cape Town Effects - Hosh/Hosa

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Oddateee – Fame

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Jean du Voyage - Freedom Scat Feat. Drea N’Dur & Quadir Lateef


 Kid606 - Kali Yuga EP
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Et pour finir, en bonus, cette interview trop LOL-MDR-PTDR de dDamage. 

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Offwhyte + KK – Go EP (Galapagos4)

2013-08-30T17:10:08.267+02:00


Offwhyte + KK – Go EP (Galapagos4)

Genre : Hip-hop, Electronique

Sortie : 27 août

Le nom du producteur et néanmoins très bon MC Offwhyte, Offwheezy pour les intimes, parlera très probablement aux vieux briscards du hip-hop US. Salade américaine, sauce au goût du label Galapagos4 qu’il a co-fondé, et assortiment d’ingrédients venus de Chicago. La recette est la même depuis plus d’une dizaine d’années et fonctionne encore foutrement bien.

La preuve avec ce nouvel EP complètement inattendu, pour plusieurs raisons. D’abord parce que Offwhyte n’avait pas sorti de galettes depuis 2010, d’autre part parce que le MC d’origine philippine débarque accompagné du beatmaker japonais KK aka The Khaosist. Le résultat est donc une très bonne surprise, assez surprenant parfois, comme sur la toute première piste de l’EP teintée dubstep au départ pour finalement se muer en hip-hop underground, beat saccadé, électrique, avec un Offwhyte qui déballe un flow caractéristique carré, fluide et percutant. Offwhyte impressionne sur cette première track et ne va cesser de montrer l’étendue de ses talents sur les quatre autres pistes de ce « Go EP ».

« Country of Islands » (en vidéo ci-dessous) est d’ailleurs la bombinette de la galette ; tout y est parfait : ambiance, flow, production, beat mordant, sample efficace. Rien à dire, rien à ajouter. L’exercice est très « Qwelien » : recherche d’efficacité maximale. Quant aux productions, The Khaotist se veut assez éclectique, très précis dans ses prods qui flirtent avec les thèmes musicaux du dubstep parfois, du glitch aussi. L’instru « In the War » est quant à elle très inspirée Krush époque Jaku, alors que « Diddat » adopte une couleur beaucoup plus électronique et moderne, emmenée par quelques notes de synthés.

Un bel EP, trop court, mais qui a le mérite de montrer que la scène de Chicago et le label Galapagos4 ne sont pas morts. Mieux : elle me donne envie d’aller enfin écouter le dernier Typical Cats, voire le dernier Qwel & Maker.

Neska

Lien :
- Bandcamp

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The Wooden Wolf - 14 ballads Op.1 (Autoproduction)

2013-07-04T17:30:00.031+02:00


Dot – Evolve or Dissolve (Alpha Pup Records)

Genre : Electronique, Ambiant, Down-tempo

Sortie : 25 juin

Ne pas se fier aux apparences. Attendre et essayer de comprendre. Plonger, enveloppé dans quelques notes de piano jouées par Kate Ellwanger, alias Dot, mettre un point à la ligne, et enchaîner les morceaux. Se faire envoûter par la douce mélopée le temps d’une piste à la rythmique lente, belle et puissante, puis côtoyer Teri Gender Bende et Mike Parvizi. Chavirer constamment, entre ombre et lumière, du trip-hop au down-tempo envoûtant : cet album est un condensé de magie saupoudré d’une imagination débordante.

Kate Ellwanger met à profit ses études en musique classique pour sublimer son troisième EP, « Evolve or Dissolve ». Elle y ajoute d’abord du cœur, installe une ambiance chaleureuse qu’on appréciera d’autant plus au casque, ou très fort sur de bons HP. Le temps se traîne et l’on avance doucement à travers 14 pistes embaumées, chacune magnifique à sa manière. L’artiste prend son temps, rien de très dansant ; Jon Hopkins sous tranquillisants.

Si bien qu’aucune piste ne se démarque vraiment, si ce n’est l’apport des quelques invités, à l’instar de « 4am » en collaboration avec Nobody, qui fait lui aussi parti de la maison Alpha Pup, et qui apporte une couleur plus électro-électrique. Chaque rythme est d’une minutie assez planante. Pour qui aime les douces mélodies, cet album est une merveille : aucun morceau n’échappe à la lente construction autour d’un son, d’une note, avant de s’envoler pour prendre une tournure inattendue. Et mélodique.

La musique de Dot s’articule donc autour d’atmosphères poétiques, classiques, naviguant entre la pop d’une certaine manière, le down-tempo, le trip-hop voire le hip-hop par moments. Avec toujours ce dénominateur commun qu’est la mélodie, la beauté de la mélodie. Personnellement, je m’envole…

Neska

Liens :
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