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Libr-critique



littératures et poésies contemporaines



Last Build Date: Sun, 19 Nov 2017 19:46:00 +0000

Copyright: 2006-2007
 



[News] News du dimanche

Sun, 19 Nov 2017 19:42:49 +0000

En cet avant-dernier dimanche de novembre, vos RV de la semaine : Emmanuèle Jawad et Tracie Morris à Paris ; Laurent de Sutter à Lille ; autour de Pierre-Yves Soucy à Paris ; Vincent Kaufmann et Gisèle Sapiro à la Maison de la poésie Paris ; le Festival des Non-Alignés à La Générale (Paris 11e)... ► A l’occasion de la parution Hard Korè, Poèmes de Tracie Morris aux éditions Joca Seria, et dans le cadre du colloque « Le corps du traducteur », Double Change et la Fondation des Etats-Unis vous invitent à une lecture de Emmanuèle Jawad &Tracie Morris : jeudi 23 novembre à 19h Grand Salon de la Fondation des Etats-Unis 15 Boulevard Jourdan 75015 Paris (RER Cité Universitaire / tram cité universitaire) Entrée libre Tracie Morris sera traduite en français par Abigail Lang, Vincent Broqua et les étudiants de Master de traduction littéraire de Paris Diderot Emmanuèle Jawad sera traduite en anglais par Barbara Beck La lecture est organisée par Double Change (www.doublechange.org) dans le cadre du colloque « Le corps du traducteur » (programme ci-dessous) Tracie Morris lira également dans le cadre du festival MidiMinuitPoésie à Nantes, le 25 novembre 2017. ► Samedi 25 novembre : rencontres à Paris (15H-17H) et à Lille (17H30)   ► Samedi 25 novembre, Maison de la poésie Paris à 17H30 : Vincent Kaufmann et Gisèle Sapiro, Profession écrivain : ce que les médias font à la littérature Dans son essai, Vincent Kaufmann développe une approche volontairement corrosive : si l’écrivain veut exister sur la scène littéraire, sommé de se conformer aux impératifs du spectacle, il doit accepter de comparaître devant les médias, d’avouer ce qu’il est, d’attester son authenticité. Or, ce choc culturel intervient au moment même où l’auteur se trouve « déprofessionnalisé » par l’émergence des réseaux sociaux et l’injonction qui lui est faite de se soumettre au jeu de l’interactivité. En contrepoint, la vaste enquête dirigée par Gisèle Sapiro et Cécile Rabot apporte une somme de renseignements sur les conditions d’exercice du métier d’écrivain aujourd’hui en France. Alors même que l’activité d’écrivain tend à se professionnaliser, les auteurs connaissent une précarisation. Pour subvenir à leurs besoins certains exercent un autre métier, d’autres multiplient les activités connexes : lectures, débats, résidences, ateliers… Ces activités impliquent des échanges avec d’autres médias, théâtre, cinéma, musique… Quel est le rôle de ces interactions dans le processus de reconnaissance littéraire ? À lire – Vincent Kaufmann, Dernières nouvelles du spectacle – (Ce que les médias font à la littérature), Seuil 2017. Profession ? Ecrivain, sous la direction de Gisèle Sapiro et Cécile Rabot, CNRS éditions, 2017. ► Samedi 25 et dimanche 26 novembre : salon, discussions, débats, présentations, exposition, happening autour des pratiques artistiques non alignées. La Générale, 14 avenue Parmentier 75011 Paris. A partir de 14h le samedi, jusqu’à 23h. Le dimanche de 10h à 21h. Entrée libre L’AN 0 du festival non-aligné(e)s [FNA] sous-titré Cellule(s) dormante(s), lève un coin du voile sur une partie immergée ou sous-exposée des pratiques symboliques contemporaines, pour autant qu’en effet, « seul peut se dire contemporain celui qui ne se laisse pas aveugler par les lumières du siècle et parvient à saisir en elles la part de l’ombre, leur sombre intimité et[...]



[Chronique] Mina Loy, Il n’est ni vie ni mort (poésie complète), par Christophe Stolowicki

Thu, 16 Nov 2017 18:31:39 +0000

Mina Loy, Il n'est ni vie ni mort. Poésie complète. Traduit de l'anglais par Olivier Apert. Éditions Nous, Caen, septembre 2017, 320 pages, 24 €, ISBN : 978-2-370840-42-4. De cérébralité prodigue, stature passionnelle, se jouant des avant-gardes, Mina Loy (1882 – 1966) de son nom d’auteur, née Mina Gertrude Lowy, métissée de juif et d’Anglaise comme le diamant, ballerine de l’intellect, Madame Teste. Féministes, encore un effort, dit-elle. Peintre connu, longue, délicate, spirituelle, retorse, entre futurisme et dadaïsme misant d’atout la carte de sa cristalline beauté, dans le mare nostrum atlantique à trois points cardinaux, Paris, Florence, New York, dédaignant les plus célèbres pour se lier d’amour indissoluble à Arthur Cravan le boxeur insolent, veuve inconsolée – elle se taille à vif, à facettes de poésie verticale ou abrupte un habit, un scalpel, une loupe qui découd, irradie la langue. Dans la traduction magistrale d’Olivier Apert, ainsi qu’un parfum fort en son flacon d’avers éclatant le mur de langue.   En hommage au père migré de Hongrie « au paradis    de la livre sterling / où le juif domestique    / au lieu / du knout    est fouetté par les langues », entée d’entame elle fait battre au pas de deux le cœur de son métissage comme seul le poème, par touches de blancs et de vif d’arythmie cardiaque ; de largesse dans la lucidité, les mots dans les yeux. « Ainsi [...] la rose / qui fleurit / dans le flot rouge / au flanc du Christ /s’épine-t-elle des calculs / propres à la descendance / de l’antique Jéhovah ». De mère puritaine, « essuyant  / sa rose paralysie / sur l’aube de la raison » (l’apex du traducteur). Nantie de siècles « l’enfant ne trouve aucune nouveauté dans les choses / seulement dans les mots / mystérieux ».   Tout en ricochets, plus lierre que volubilis creusant d’encoches le réel ; happant la balle au bond en tessons d’intériorité, jamais peut-être la poésie verticale, lâchant son mot à mots comme d’une fronde, n’a caillouté Poucet d’aussi implacable intelligence ; pierreuse alternée de plages et de criques qui « donne chair / au mot » projectile, « Iris / translucide / qui déplace / son / interstice / irradiant » de blancs en verve, de blanc en neige floculant ; dans sa désinvolte gaîté de haut voltage, voltige à grands écarts de grand escient, sautillant de vers en vers à la marelle de part & d’autre de ses scintillants ruisseaux ; dansante boxeuse à la manière de son amour décochant les railleurs crochets d’un savoir long ; dans les aléas de la modernité frayant sa ligne d’entre-deux ô où « compromis / Entre le perpendiculaire et l’horizontal / quelque vagabond s’adosse ».   Quand dans un « filet à papillons de nuit / de métaphores et de miracles [… ] des ornithologues / observent le vol / d’Éros obsolète », une éthologie du dicible capte des limbes les traits essentiels à retentissements millimétrés, en « essuyant la sueur inflorescente ». Renonçant à retrouver Arthur Cravan vivant, à l’instar d’Hölderlin Scardanelli elle ensevelit dans un silence avare les trente dernières années de sa vie, se repliant dans une méticulosité pointilleuse à tâtons subliminaux. Dans le quartier pauvre de Bowery quelque[...]



[Chronique] Matthieu Gosztola, Mettre en scène Richard III (Littérature et théâtre 3/6)

Wed, 15 Nov 2017 20:03:45 +0000

Le personnage éponyme de la pièce de Shakespeare Richard III, dernier de tous les Plantagenêts, « s’avance sous les feux », comme un figurant « de la nuit qui dormait en chacun de nous », pour reprendre la formulation de Daniel Mesguich dans Estuaires (Gallimard, collection Hors série Littérature, 2017). « Si l’acteur, sur la scène, s’avance masqué », – et c’est le cas, chez Thomas Ostermeier, de Richard, avant la visite nocturne des spectres –, « c’est pour que mieux se démasque à lui-même, assis dans la salle, le spectateur. » « Les personnages de théâtre ne sont pas. Ou, s’ils sont, remarque avec justesse Daniel Mesguich – et cela s’applique parfaitement à certains personnages de Shakespeare, parmi lesquels figurent, en bonne place, Hamlet et Richard –, ce n’est que de se faire les révélateurs (comme on dit en photographie) de ces forces mystérieuses que nous sommes, que nous devenons. Sur les théâtres, ces choses (qui ne sont pas des choses) – ces spectres, ces flux d’êtres, ces lignes improbables (et chaque nouvelle mise en scène leur donne, par de nouveaux acteurs, visage nouveau) – s’avancent soudain en pleine lumière devant le spectateur désaveuglé (la lumière s’étant, dans la salle, éteinte sur lui, c’est la condition), et lui montrent enfin – c’est le moment de la re-présentation – telles prises de figure (comme on dirait « de parole ») de l’infigurable en lui… en nous. Car aussi l’opération se fait, au théâtre, en commun. En propre, et en commun. » La première représentation répertoriée d’un Richard III de Shakespeare date du 16 novembre 1633, par les Comédiens du Roi, à la Cour, devant Charles Ier et la reine française Henriette Marie. Marqua fortement les esprits David Garrick, qui devint immédiatement célèbre en 1741, dans ce premier rôle, « pour son geste de terreur "sublime" en Richard III hanté sous sa tente, à la veille de Bosworth, qui lui valut d’être immortalisé par William Hogarth dans une toile de 1745 » (Musée de Liverpool). Plus récemment, il y eut Ian McKellen – Gisèle Venet s’en souvient avec émotion –, « seul en scène dans Acting Shakespeare, en 1977, sur la scène de l’Odéon à Paris, vêtu d’une banale chemise, sans accessoire, sans grimage, on pourrait dire sans grimace […], [qui] incarnait tour à tour Roméo, Hamlet, Antoine, César, Macbeth, puis [qui], soudain, par le simple rehaussement d’une épaule, une torsion légère du cou, un effet de bascule à peine marqué d’une hanche, […] devenait instantanément ce Richard contrefait qui laisse filtrer des mots trop précis d’un texte entre des lèvres soudain mal ajustées, les chargeant d’une cruauté inouïe. » Beaucoup plus récemment, il y eut, à Chaillot, la vision pétrie d’intelligence d’Ivo van Hove – cela restera l’un de mes hauts souvenirs liés au théâtre –, vision d’une acuité sœur de la plus grande sensibilité (sincérité) qui soit (servie magnifiquement par la scénographie et les lumières de Jan Versweyveld), avec la fin (l’aboutissement) de Kings of War (Chaillot, du 22 au 31 janvier 2016), spectacle né tout à la fois de Henri V, de Henri VI et de Richard III, avec une traduction de Rob Klinkenberg et une adaptation de Bart van den Eynde et Peter van Kraaij (p[...]



[News] News du dimanche

Sun, 12 Nov 2017 19:48:44 +0000

Vos RV à venir : agenda de Jean-Michel Espitallier ; rencontres à la Maison de la poésie Paris (Allonneau/Vazquez ; Anne Savelli) ; 15e salon des éditeurs indépendants à Paris ; Elsa Dorlin à Manifesten (Marseille)... ► Agenda de Jean-Michel Espitallier : ♦ SHE WAS DANCING (avec Valeria Giuga, Lise Daynac, Aniol Busquets, Roméo Agid) - 4-9 novembre. Résidence de création, CCN Belfort. - 16 novembre, Nantes (musée d’art) - 21 novembre, Nantes (Théâtre universitaire) - 7 décembre, Paris (Carreau du Temple) ♦ En écoute : deux pièces sonores (« Comptes africains » et «l’ibiscus n’est pas un animal ». Festival Feuilles d’automne, Institut français, Tokyo (avec Anne-Laure Chamboissier). ► Vendredi 17 novembre à 19H, Maison de la poésie Paris ► L'Autre Livre, 15e salon des éditeurs indépendants : du vendredi 17 au dimanche 19 novembre 2017 Espace des Blancs Manteaux 48 rue Vieille du Temple Paris 4e — Métro Hôtel de ville 400 auteurs pour 170 éditeurs, parmi lesquels : - Atelier de l'Agneau (B 04) ; - Le Cadran ligné (B 07) ; - Dernier Télégramme (C 16) ; - Le Grand Os (B 07) ; - Le Lampadaire (A 01-03) ; - Lanskine (B 15) ; - Maelström (B 01) ; - Nous (A 14) ; - éditions de l'Ogre (D 22) ; - Publie.net (stand B 25), avec Anne Savelli, Joachim Séné, G Franck et Lou Sarabadzic. - Tinbad (A 25)...   ► Jeudi 23 novembre à 20H, Manifesten (59 rue Thiers - 13001 Marseille) : discussion avec Elsa Dorlin, Se défendre. Se défendre. Une philosophie de la violence est un livre publié chez Zones éditions. Un livre d’Elsa Dorlin. Un livre pour penser et la violence et les techniques d’autodéfense. Avec cet ouvrage Elsa Dorlin met au jour un dispositif de pouvoir qui légitime la défense pour certain-es et l’interdit pour d’autres. C’est tout une généalogie de ce dispositif qui se déplie dans le livre à partir des thèses de Jon Locke et qui trouve son expression concrète dans la violence raciste des suprémacistes blancs et dans la pratique des justiciers vigilants. Mais ce livre c'est aussi une histoire des tactiques défensives des corps tenus dans la violence. Une histoire de l’autodéfense. Une histoire de celles et ceux qui n’ont pas légitimité à se défendre. Techniques d’autodéfense des suffragistes anglaises, techniques d’autodéfense du Black Panther Party For Self-Defense, techniques d’autodéfense en Europe de l’Est par les organisations juives contre les pogroms, autodéfense dans le ghetto de Varsovie, patrouilles d’autodéfense queer… En s’appuyant sur les analyse de Franz Fanon, Elsa Dorlin, s’intéresse à la manière dont le sujet politique fait irruption dans le fait de retourner la violence et de ne plus la subir. Ce livre est donc aussi une histoire politique du déploiement d’un muscle. Ou comment la proie devient sujet. A écouter sur le site laviemanifeste.com un entretien avec Elsa Dorlin > http://laviemanifeste.com/archives/11584 Elsa Dorlin est professeure de philosophie politique et sociale au département de Science politique de l’université Paris VIII. Elle a notamment publiée en 2006, La Matrice de la race. Généalogie sexuelle et coloniale de la Nation française. ► Vendredi 24 novembre à 20H, Maison de la poésie Paris : rencontre avec Anne Savelli animée par Sébastien Rongier Depuis « Fenêtres open space » Anne Savelli arpente les espaces urbains et sa mémoire, liant son intimité aux lieux de la ville. Avec « Décor Daguerre » et « À même la peau » parus [...]



[Chronique] Libr-critique dans l’espace des revues (work in progress)

Fri, 10 Nov 2017 09:34:10 +0000

Au moment où de nouveaux entrants dans le champ des revues organisent un débat fort intéressant lors de ce 27e salon de la revue (RV demain après-midi), fort de ses douze ans d'expérience, Libr-critique s'interroge et lance quelques lignes de fuite réflexives... [Pour entrer dans l'univers de LC : Cinq mises à jour ; vidéo-lecture : JAVA is not dead ; dreamdrum 20 (Déjeammes/Lespinasse) ; Autour de Doc(k)s ; FT, "Subversion TM" ; vidéo Expoésie 2009 (Lespinasse) ; entretien Courtoux ; Annie Ernaux : en soi et hors de soi ; Libr-@ction 10 (Desportes) ; "Écrire après" (Le Pillouër/Thumerel) ; Entretien Prigent/Jugnon ; "La Poésie est ma petite amie" (vidéo Boisnard/Courtoux)... + 2150 posts environ...] En attendant Nadeau et Diacritik - le magazine qui met l'accent sur la culture -, revues numériques récentes qui regroupent de très bons professionnels pour proposer des dossiers, chroniques et entretiens sérieux et informés, lance le débat en ces termes : "Pourquoi créer sur internet de nouveaux espaces dédiés à la critique ? Quelles libertés – nouvelles ? retrouvées ? – ces médias numériques offrent-ils au regard des supports papier ? Engagent-ils des formes renouvelées du discours critique ? Reçoivent-ils en partage la légitimité qui s’attache aux journaux papier ? Et en miroir, échappent-ils à la suspicion qui entache parfois ceux-ci ? Entre gage d’indépendance du regard critique et fragilité économique, comment peuvent-ils assurer leur pérennité ?" Au reste, précisons le projet de Diacritik : "Pour rompre avec la critique « classique », celle que l’on aime détester. Pour prendre les lecteurs, les spectateurs, les visiteurs… pour ce qu’ils sont : des lecteurs, des spectateurs, des visiteurs qui ne nous ont pas attendus pour être eux-mêmes critiques devant un spectacle, un film, une émission, après lecture d’un livre. Faire de la critique autrement, parler de la culture, tout simplement, échanger. Porter un autre regard sur les œuvres, changer de point de vue – au sens strict du terme – en faisant un pas de côté." Avant que d'en venir à nos cinq points réflexifs, rappelons les questions essentielles que posait Christian Prigent à ses jeunes amis revuistes dans son essai Salut les modernes : « quels héritages révisent aujourd'hui vos revues ? quels effectifs inspectent-elles ? de quel spectacle (satirique) sont-elles la scène improvisée ? quelle est cette actualité à la fois méticuleusement recensée et invinciblement évincée dont elles sont à chaque fois le résumé mouvant, approximatif, décalé ? que font-elles passer, c'est-à-dire circuler et mourir, dans la vie habituée, dans la vie toujours-déjà agonisante du monde artistique et "culturel" ? À quoi servent, chers amis, vos revues ? » (P.O.L, 2000, p. 39). Ces questions sont toujours d'actualité et s'appliquent, bien évidemment, aux revues numériques. Et ces autres, sans ambages : en quoi y aurait-il renouveau de la critique dans les espaces numériques dès lors qu'on se borne à la littérature patrimoniale dans des dossiers bien sagement ficelés ? qu'on verse dans l'éclectisme cuculturel, le confusionnisme du Tout-culturel ? vos revues numériques, que servent-elles ? C'est ici que résonne la mise au point très libre et critique de Laurent Cauwet dans son récent brûlot, La Domestication de l'art. La culture n'est rien d'autre qu'un "instrument de contrôle et de conquête des popula[...]



[Double chronique] Olivier Cadiot : l’inter-position de l’écrivain / la pose de l’écrivain arrivé, par Jean-Paul Gavard-Perret et Fabrice Thumerel

Thu, 09 Nov 2017 19:41:46 +0000

Voici deux lectures contrastées du dernier livre d'Olivier Cadiot : libr-critiquement vôtre, donc... Olivier Cadiot, Histoire de la littérature récente, tome 2, P.O.L, octobre 2017, 256 pages, 12 €, ISBN : 978-2-8180-4173-4. [Sur le tome I] Olivier Cadiot : l'inter-position de l'écrivain /Jean-Paul Gavard-Perret/ Séduit - voire plus - par le brio et la truculence littéraire du tome I de cette Histoire de la littérature récente, le lecteur s’attend forcément à un coup d’éclat. Mais c’est un peu comme lorsque nous est signifié tout le bien que l’on pense d’un film : sa vision reste toujours en deçà de l’attente espérée. Bref le tome II laisse (un peu) sur notre faim. Le livre reste une sorte « d’imitation » de l’ouvrage antérieur, il en reprend certains chemins. Certes le propos change quelque peu : il s’agit d’une nouvelle version des conseils à un jeune poète. Mais qu’on se rassure : Cadiot ne fait pas du Rilke. Et il rappelle que devenir écrivain est plutôt vain : « détruisez les livres que vous êtes en train d’écrire », rappelle judicieusement le maître. Et de préciser qu’il ne s’agit de reprendre l’écriture uniquement « la tête vide, sans images, sans souvenirs, sans cartes et sans histoires », en guise et propédeutique au métier d’écrivain. Ce qui fait de l’auteur une sorte de Léautaud post-moderne. A cette aune judicieuse, Cadiot évacue de facto 90 % de la littérature. Preuve que - malgré tout - le tome II reste « édifiant ». L’auteur y demeure plurimorphe, poète, nouvelliste, essayiste battant la campagne littéraire à hue et à dia dans une uchronie que le temps chérit. Sur ce plan il ne peut être que suivi.  L’auteur apprend à acquérir une méfiance envers la mécanique littéraire. Chez lui jamais de pastel ou de régularité. Aucune sécurité au milieu des flammes. Mais le rire devient moins fréquent et l’émotion plus incisive que dans le volume précédent. Pas question pour autant de bouder notre plaisir. D’autant que sous sa « morale » (qui n’en est pas une) Cadiot laisse pointer comme disait quelqu’une « une certaine solitude », de même que l’aliénation et la haine induites par une façon de dire qui n’est qu’une instance fictive de la fiction elle-même et où les prétendus auteurs montent en épingle leurs propres souffrances comme si c’était là le nec plus ultra d’une écriture qui « angote » à qui mieux mieux. L’avantage d’une telle mise en pièce tient au fait qu’elle n’est jamais le fruit d'une quelconque frustration. Le texte à sa manière devient un western complètement à l’ouest. Cela reste rassurant. Certes, dans ce grattage et essorage le plaisir n’est plus du même ordre que dans le premier tome de notre bon oncle moins d’Amérique et de ses cases que d’un Neverland. Mais eu égard à ce que la critique encense journellement et les livres retenus pour les prix littéraires, pénétrer dans cette histoire revient à avancer en ce qui bouillonne sous son couvercle. Cadiot plante ses spatules à griffes dans le gras de la littérature pour qu’elle suinte son surplus d’extrême-onction, sa surestimation d’elle-même et sa peur de tout ce qui dérange. Bref, l’auteur refuse l[...]



[News] Festival Ritournelles #18

Thu, 09 Nov 2017 11:50:32 +0000

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Le Festival Ritournelles (Libourne-Bordeaux) fait partie des lieux qui font découvrir la littérature en train de se faire, sans négliger les écritures exigeantes. La 18e édition se termine ce samedi 11 novembre. 6 lieux : Librairie Mollat / Espace Jeune de Libourne / Librairie Format Livre / Librairie La Machine à Musique / IUT Bordeaux Montaigne / Quartier Libre Une trentaine d’invités : Didier Arnaudet / Joël Baqué / Eduardo Berti / Frédéric Boyer / Camille Bréchaire / Olivier Cadiot / Claude Chambard / Sophie Chambard / David Christoffel / Thomas Clerc / Patricia Cottron-Daubigné / Souleymane Dimanka / Sophia Domancich / Jean-Michel Espitallier / Manou Farine / Stéphane Gantelet / Bettina Ghio / Catherine Gilloire / John Greaves / Keurspi / Guillaume Laidain / Vincent Lafaille / J-M Martinez-Esnaola / Juliette Mézenc / Catherine Millet / Paul Otchakovsky-Laurens / Marc Pautrel / Valérie Philippin / Dominique Pinon / Anne Savelli / Didier Vergnaud / Antoine Volodine /



[Chronique] Benoit Casas, L’Agenda de l’écrit, par Bruno Fern

Thu, 02 Nov 2017 19:43:23 +0000

Benoît Casas, L'Agenda de l'écrit, éditions Cambourakis, été 2017, 376 pages, 14 €, ISBN : 978-2-36624-286-7. Ce livre, qui peut être utilisé comme un agenda classique, est fait d’autant de textes qu’une année bissextile compte de jours. Chacun d’eux comprend 140 signes[1] et il est issu du montage de mots prélevés dans l’un des ouvrages de l’auteur dont la date anniversaire de la naissance ou du décès coïncide avec celle du jour. Cela dit, l’intérêt de l’entreprise ne tient évidemment pas à la performance textuelle que constituerait le respect de telles contraintes mais dans la qualité du résultat obtenu, soit une suite de précipités qui m’évoque cette phrase d’Andrea Zanzotto[2] : « Le poème est avant tout ce qui, dans le saturé de la langue, doit s’isoler (idiotie), se défier (ironie), se précipiter (vitesse et concrétion). »[3] Peu à peu, on découvre le profil d’un passionné de lecture, rappelant qu’un écrivain[4] est censé s’inscrire dans une histoire de la littérature qui, dans le cas présent, court des Anciens aux Contemporains et mêle poètes et prosateurs. Pour ceux qui connaissent déjà l’auteur, on ne sera pas surpris de retrouver bon nombre d’Italiens (outre Zanzotto, on croisera notamment Saba, Pasolini, Calvino, Morante, Levi (Carlo et Primo), Gadda, Cattafi, Svevo, Pavese, Vittorini, Montale et tutti quanti), d’Oulipiens (de Queneau à Roubaud et Jouet en passant forcément par Perec), de philosophes qui lui sont proches (Aspe, Badiou, Castoriadis, Deleuze, Foucault, Lyotard, Spinoza, Wittgenstein, etc.) mais également des artistes plus connus dans d’autres domaines que l’écriture (ainsi John Cage). On notera aussi certaines absences (par exemple, celle d’Arno Schmidt dont B. Casas est pourtant, selon nos sources, un lecteur[5]) et quelques (rares) présences un peu inattendues : Supervielle, Claudel, Bonnefoy ou Éluard, pratiquants de lyrismes qu’on croyait éloignés de l’auteur. Cela étant, cet ouvrage n’est pas qu’un autoportrait subtilement dessiné grâce aux différentes touches placées quotidiennement car le simple fait d’avoir puisé dans ce corpus accessible à tous manifeste la volonté de B. Casas d’inventer du commun, dimension qui rejoint – ou plutôt qui réalise – son souci politique, souvent exposé ici et que Bertrand Verdier a minutieusement mis en relief sur Sitaudis. Par ailleurs, de nombreux énoncés sont indiscutablement autotéliques :   18 JUILLET Mort de Miklós Szentkuthy Ce livre est accumulation de détails (détails vitaux), sensualité du réel : chimie systématique des matériaux (gestes) les plus essentiels.   ou bien :   23 AOÛT Naissance de Georges Perros Usine de lecture, dévorante lecture. Le résultat dans la marge : un livre hybride. Je vois où je veux en venir : au lu exact au rendez-vous.   Enfin, ces textes présentent encore au moins deux atouts : le premier, c’est d’offrir un concentré de l’auteur dont il est question à chaque page et donc de susciter l’envie d’en lire davantage ; le second, c’est de constituer autant de réussites d’écriture – de ce point de vue, il est intéressant d’observer les rapports entre chacun d’eux et l’événement (naissance ou mort) auquel il correspond. Apparaissent fré[...]



[Revues - news] Revues en revue

Sun, 29 Oct 2017 19:40:50 +0000

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Double tour d'horizon : du 27e Salon des revues et du dernier numéro de la Revue des revues. 27e salon de la revue Le 27e Salon de la revue se déroulera du 10 au 12 novembre prochains et retrouvera la Halle des Blancs-Manteaux, au 48 rue Vieille-du-Temple, Paris IVe. La soirée d’ouverture, le vendredi 10 à 20h30, sera marquée par une intervention de Jean-Christophe Bailly qui explicitera son rapport aux revues dans un entretien avec Jean-Baptiste Para de la revue Europe. Les deux jours suivants seront rythmés par plus d’une trentaine de rencontres aux formes et thématiques variées. Les derniers mots de cette édition seront donnés à Olivier Rolin, invité d’Europe qui lui a consacré une livraison récente. Cette année, plus de 30 nouveaux exposants – jeunes revues et nouveaux arrivants –parmi les 200 stands présents... LC balise votre déambulation (avec liens actifs renvoyant à des contenus LC) : Alternatives théâtrales, Artichaut, Babel heureuse, Biens symboliques, Diacritik, En attendant Nadeau, L'Étrangère, L'Intranquille, K.O.S.H.K.O.N.O.N.G., Passages d'encre, Paysages écrits, Place de la Sorbonne, Sarrazine, Secousse... Le programme est à feuilleter et à télécharger ICI Entre autres, on retiendra deux RV qui nous semblent prometteurs, le samedi 11 novembre : salle Christiane Tricoit,14h30-15h30, « Internet : pour un renouveau de la critique ? » (une proposition de Diacritik et En attendant Nadeau) ; espace Éphémère, 15H-16H, présentation de Babel heureuse. On pourra orienter sa découverte selon les deux entrées suivantes  : Liste des exposants (éditeurs, associations…) ; Liste des revues (par titre). Revue des revues, n° 58 /FT/ La Revue des revues, Entrevues éditeur, n° 58, automne 2017, 176 pages, 15,50 €, ISBN : 978-2-907702-75-1. Paru peu avant cette manifestation annuelle, ce numéro se concentre sur un intéressant dossier : "Écrivains et artistes de langue française dans les revues italiennes (1880-1920)". En cette Belle Époque des revues, l'étude statistique révèle que les écrivains les plus présents sont respectivement Zola, Hugo, Verlaine, Mallarmé et Moréas. Y sont ensuite étudiés les interrelations entre l'orphisme d'Apollinaire et le futurisme italien dans la revue d'avant-garde Lacerba, la place que la futuriste Poesia fait à Jules Romains comme à Philippe Soupault, les enjeux franco-italiens du Mercure de France, l'accueil des symbolistes belges dans les revues italiennes... Le numéro s'ouvre sur le point de vue d'Arno Bertina, pour qui les revues répondent à "un désir de communauté", et se clôt sur la présentation des nouvelles venues : Artichaut, Babel heureuse (titre renvoyant à la formule de Barthes)... Entre ces deux pôles, on lira avec intérêt l'entretien avec Michel Surya pour les trente ans de Lignes et l'article d'Isabelle-Rachel Casta pour les vingt ans de la revue Cahiers Robinson.



[Texte] Mathias Richard, Prenssée H

Sat, 28 Oct 2017 18:47:13 +0000

Suite des "prenssées" de Mathias Richard, l'auteur du Manifeste mutantiste : patch 1.2 et de syn-t. ext [sur LC]. [Lire "prenssée #g"]. Ici le Capitaine. Prends tes médocs. Nous entrons dans un nuage électronique. Cette ceinture d'astéroïdes cache de la pornographie non humaine. Sandy Marton , tes fans te réclament. Quel son extraordinaire .C'est de la Balle (bièrestorming. la sueur joue de la batterie) Moi, pour rester léger et respecteux, je dis : “Dieu, c’est PAPA. La TERRE c’est MAMAN. D’une ils font ce qu’ils veulent et je suis sûr qu’ils ont beaucoup de travail aussi.(Ils pratiquent tous les deux le Kung Fu Traditionnel.) Sinon ça va, yes, même si un peu marre de la Semaine de la Santé Mentale. Les mots sont évolués, efficaces. A l'intérieur de moi, en continu, il y a des cris en boucle. Les extraterrestres existent mais ils sont morts. J'ai envie de féconder un ovule : me mettre une balle dans la tête alors qu'il fait beau et que les oiseaux chantent. Puis remplacer le cerveau par une méduse. Une sphère creuse composée d'oreilles attentives, une mosaïque de lobes, de replis et d'orifices noir d'encre, articulés comme des écailles de poisson. Comme ça, on ne distingue plus les caractères particuliers : on traverse des forêts, on foule des fleurs, on escalade des pierres. Le visage reste humain mais se continue en mouvements qui ne le sont plus et le changent en griffon, et même en plante, et dedans ya 4 points cardinaux, le nord le sud l'est l'ouest, tous ont la même intensité ça pousse de partout et dans tous les sens et il faut se concentrer sur UNE SEULE CHOSE... (j'entends ce que je pense et pas ce que je dis)   - T'embrasser, j'en avais envie depuis la première fois où je t'ai vue. - Et moi, j'en avais envie même avant.   Maintenant je garde juste la tête baissée. Je vais au travail, je vais à la maison. Et je sais que ce n'est pas ma vie. Un système perfectionné de lumières, tout le temps allumées pour personne, s'éteint seulement quand je passe devant elles. Une tête sans visage se regarde dans le noir. Accès au contrôle du cerveau-implant refusée. Accès administrateur. Erreur système. Très bien, continue d'avancer. Tu sais comment ça marche ; tu t'arrêtes, tu meurs. Ton silence exprime les volumes. La ville prend la forme de fantasmes sexuels. Des culs-de-sac continus, successifs. 16€, une esclave. 20€, un meurtre. En vis-à-vis : 1 hôtel, 1 hôpital, 1 cimetière. Montre-moi ta chambre et mets les films sur ta peau. Vous n'êtes plus qu'à 1 225,00€ de la livraison gratuite. A force de se dire des gentillesses ça va mal tourner. Il faut couper les trous. Nous désirons la révolte pour la révolte. Ce qu'on a fait et ce qu'on n'a pas eu le temps de faire. ddoouubblleerr  lleess  lleettttrreess. J'arrive pas à comprendre si ça me fait bien ou si ça me fait mal. ça me chamboule. C’est comme si on vous demande votre nom et que vous ne savez pas. Ça vous conduit au poste. Conclusion : il vaut mieux savoir qui on est. À la fin on s'arrose tous au jet d'eau, chevaux et humains mélangés ; avec, devinés dans des pantalons audacieux, les sexes les plus beaux de la Marine Royale ; et des pensées, des sentiments comme un tourbillon de pétales, de bouts de papier, de poussières, de papillons. vivons, vivons, vivons vivons à travers la vie vivons à travers tout vivons, vivons, vivons je nais je meurs, je nais[...]



[Chronique] Jean-Philippe Toussaint : HummmmmmMMMM ou les amours de Marie, par Jean-Paul Gavard-Perret

Thu, 26 Oct 2017 18:52:03 +0000

Jean-Philippe Toussaint, M.M.M.M., coffret, éditions de Minuit, octobre 2017, 704 pages, 29 €, ISBN : 978-2-70734-388-8. Après avoir quitté provisoirement le roman pour le cinéma et son journal de bord, avec Made in China, récit apparemment anecdotique sur le tournage en Chine du film The Honey Dress ("La robe de miel"), Jean-Philippe Toussaint crée de fait ce qui devient à la fois la prolongation et aussi l’ouverture à la version réunie des quatre tomes du "Cycle sur Marie". En effet ce film reprend une scène du prologue de Nue où sa Marie créait une robe qui attirait les abeilles. Mais le livre dépasse l’objectif premier en devenant une sorte de roman et un essai sur la littérature. Quant au cycle, il retrouve ici toute sa puissance narrative autour de la question de désir commencé avec  Faire l'amour (2002). Marie y portait un manteau de cuir noir et pleurait copieusement de Paris à Tokyo. On la retrouve en 2005  dans Fuir. Malgré sa réussite sociale et les apparences, elle ne paraissait guère plus reluisante. Dans le troisième temps (La vérité sur Marie), elle traversait encore l'orage, le vent, la pluie, les éclairs, la nuit, le sexe et la mort. Tout commençait  sur une ambiguïté : « Plus tard  en repensant aux heures sombres de cette nuit caniculaire, je me suis rendu compte que nous avions fait l'amour au même moment, Marie et moi, mais pas ensemble ». Ce doute n’est pas forcément levé dans l’ultime retour de Marie : Nue (mais il faut se méfier du titre). Cette retrouvaille entraîne chez le lecteur une double question : est-ce une libération ou un regret ? Toussaint va-t-il enfin revenir à ses fondamentaux ou demeurer dans un fond de commerce sentimental ? Implicitement la question restera sans réponse : manière au romancier de laisser son œuvre majeure ouverte. Lus trop vite ces quatre tomes peuvent sembler une suite de digressions sommaires  sur les affres et finalités supposées de l’amour. Mais les suites de tableaux et de situations  volcaniques ou larvées, silencieuses ou voluptueuses, chaudes ou platoniques sont insidieuses. Rassemblées dans un ensemble à tous les sens du terme « emboîté », les pièces de la saga multiplient et exacerbent des situations déchaînées ou placides là où la structure romanesque tient de la construction et de la déconstruction. C’est un peu du Claude Simon mais selon une maestria et une dynamique bien différentes. La narration, comme la simonienne, demeure capable d’une violence sourde. Toussaint sait monter la tension dans des scènes parfois tragiques mais parfois d’une mièvrerie assumée et ironique. Pour Toussaint comme pour Simon, l’événement d’un livre, quel qu’en soit l’objet, est sa langue et la façon dont l’auteur la sculpte. L’auteur de M.M.M.M.  crée un rapport synesthésique et charnel avec le mot pour toucher autant la sensation que l’esprit. Il traque le langage par celle qui en a été d’une certaine manière spoliée au sein de ses dérives et ses exils au milieu de divers pays et langues sans peut-être trouver la sienne et jusqu’à cheminer dans une forme de rêve inconscient : celui d’enfin pourvoir parler. Marie à sa manière devient la métaphore d’une œuvre où l’image colle au langage et où celui-ci [...]



[Texte] Olivier Matuszevski, N’importe où toujours au même endroit (4/8)

Sun, 22 Oct 2017 18:49:55 +0000

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Nous remercions Olivier Matuszewski - que l'on retrouvera chez Fissile, Tituli ou Publie.net - de nous avoir donné quelques extraits d'un travail en cours qui se présente comme un objet poétique en français fautif et se distingue par sa fantaisie critique. [Lire le deuxième extrait]    C’est ici que j’estime l’équarrissage, dos appuyé C’est ici que je hanche / au hasard sur le (pré)texte dominant d’une société qui résiste (Ô chair) à sa tendance schizophrénique A moins que ce ne soit la lune On dirait qu’il va se mettre à parler, l’animal « Douceur, mon c… ! Mon cœur est une calamité orgueilleuse ! » Serrés les uns contre les astres, la réponse a du mal à sortir hors de ces traces de galaxie que laisse le bus dans les virages Brouillard dérange, puis contre toute logique, déserte, soudainement l’entrepôt identique sur le boulevard Mac Donald Quelqu’un tout près disait « regarde ! » en montrant ce qu’on doit toujours montrer J’accepterais volontiers d’entendre des choses drôles sans crainte de me laisser berner par l’argument chic < sans emballage Avec, c’est / attention choc devant ! > assuré < dispersant les traces que laisse la queue de la comète < Qui vivra verra cruz  



[Chronique] « But, I » : La Tragédie de Richard III, Littérature et théâtre 2/6, par Matthieu Gosztola

Fri, 20 Oct 2017 18:46:29 +0000

La nouvelle série que nous propose Matthieu Gosztola a trait à la littérature sous toutes ses formes : à la fois méditation philosophique/philologique et exercice de style. [Lire/voir le premier post]   Have mercy, Jesu ! — Soft, I did but dream. Aie pitié, Jésus ! Doucement, ce n’était qu’un rêve. O coward conscience, how dost thou afflict me ! Ô lâche conscience, comme tu me tortures ! The lights burn blue. It is now dead midnight. Les lumières brûlent bleu. C’est à présent la morte minuit. Cold fearful drops stand on my trembling flesh. De froides gouttes de peur se figent sur ma tremblante chair. What ? Do I fear myself ? There’s none else by, Quoi ? Ai-je peur de moi-même ? Il n’y a personne d’autre ici ; Richard loves Richard, that is, I am I. Richard aime Richard, à savoir, je suis moi. Is there a murderer here ? No. Yes, I am ! Y a-t-il un meurtrier ici ? Non. Si, moi ! Then fly ! What from myself ? Great reason, why ? Alors, fuyons ! Quoi, me fuir moi-même ? Pour quelle raison, Lest I revenge. What ? Myself upon myself ? De peur que je me venge. Quoi, moi-même de moi-même ? Alack, I love myself. Wherefore ? For any good Hélas ! j’aime moi-même. Pourquoi ? That I myself have done unto myself. Pour m’être fait du bien à moi-même ? O, no. Aas, I rather hate myself, Oh ! non. Hélas ! je me déteste plutôt For hateful deeds committed by myself. Pour les actes détestables commis par moi-même. I am a villain ; yet I lie, I am not. Je suis un scélérat ; non, je mens, je n’en suis pas un. Fool, of thyself speak well. Fool, do not flatter. Bouffon, de toi-même parle honnêtement. Bouffon, ne te flatte pas. My conscience hath a thousand several tongues, Ma conscience a mille langues différentes, And every tongue brings in a several tale, Et chaque langue raconte une histoire différente, And every tale condemns me for a villain : Et chaque histoire me condamne comme scélérat : Perjury, in the high’st degree, Parjure, au plus haut degré, Murder, stern murder, in the dir’st degree, Meurtre, atroce meurtre au plus cruel degré, All several sins, all us’d in each degree, Absolument tous les péchés, tous commis au suprême degré, Throng all to’th’bar, crying all « Guilty, Guilty ». Se pressent à la barre, et crient tous : « Coupable, coupable ! » I shall despair. There is no creature loves me ; C’est à désespérer, pas une créature ne m’aime ; And if I die, no soul shall pity me. Et si je meurs, pas une âme n’aura pitié de moi. Nay, wherefore should they ? Since that I myself Pourquoi en aurait-on, puisque moi-même Find in myself no pity to myself. Je ne trouve en moi-même aucune pitié pour moi-même ?   (Acte V, scène III)     Comment en est-on arrivé là ?   S’ouvre de cette manière (fruit déjà pourri) Richard III :   Now is the winter of our discontent, Ores voici l’hiver de notre déplaisir Made glorious summer by this son of York : Changé en glorieux été par ce fils d’York ; And all the clouds that lour’d upon our house Et tous les nuages qui menaçaient notre maison In the deep bosom of [...]



[Chronique] Dominique Dou, Bagdad sous l’ordure, par Jean-Paul Gavard-Perret,

Wed, 18 Oct 2017 18:51:30 +0000

Dominique Dou, Bagdad sous l'ordure, coll. "Les Écrits du Nord", éditions Henry, Montreui-sur-Mer, 2017, 46 pages, 10 €, ISBN : 978-2-36469-161-2. Dominique Dou réussit à passer par la force poétique bien au delà d’une simple évocation « paysagère » de Bagdad en proie aux affres des guerres. Le rouge est mis. Mais le corps même de celle qui ici lance son chant à coup d’itérations, offre un point de vue particulier en se défaisant des idéologies médiatiques. Si bien que la poésie n’est pas « engagée » : elle devient celle de l’engagement. Ce qui est bien différent. Il y a là un appel à la lutte et à l’existence. La voix d’une femme la rend plus viscérale au sein de ce que Faye dans sa post-face nomme avec justesse une nouvelle « Ballade des pendus ». Le poème revisite l’histoire de la ville. Toute la mise non en abîme mais aux abîmes est là au sein de divers épisodes tragiques et collectifs mais offerts loin du registre du pathos. L’éros devient la symétrie de thanatos même si la nuit du monde prend à la gorge au moment où les « chiens jaunes du désert » morts de faim viennent piller ce qui reste. Dominique Dou offre divers points d’incandescence en un voyage géographique et mental dans l’obscur. Le poème dresse les cris des innocents et il ne s’agit plus simplement d’opposer l’orient à l’occident. L’auteur (en digne successeur de Faye) ne cesse d’écrire de là où souffleurs de mort revendiquent l’oubli afin de dissimuler le passé. Ils n’en finissent pas de descendre les volets de l’oubli. Mais aucun trou de mémoire ne peut effacer le sillage des balles et le cri des corps. Le système poétique est aux antipodes du brouet bourgeois toujours peu ou prou autofictionnel même s’il avance masqué. Ici entre la femme et la ville s’instruit un dialogue « amoureux » dans lequel la distance joue son rôle et arrache le poème au barbouillage psychologique au profit du décryptage de la ville telle qu’elle fut et de ce qui en perdure. Tout un jeu d’échos permet de montrer un état du monde où sous les singularités l’histoire n’est plus celle de l’humanité mais des crimes commis envers elle en un état implicite de la mondialisation et tout ce qu’elle rameute. L’histoire du lieu et celle des corps sont parallèles. Ce ne sont en rien du poivre doux mais de la viande dont l’âme elle-même n’a plus l’occasion de s’envoler en une vague majuscule. Pour autant celle qui scande son chant ne fait pas qu’attendre le crépuscule de terribles dieux. La souffrance procède par touches magnétiques. Des cadavres de la ville l’auteur veut extraire la lumière afin que les diables du passé finissent de rire dans leurs barbes. Pour celle qui scande son avancée, des innocents sont encore en train de vivre. Se contentant de peu. Pour certains ce peu est encore trop. Il faut donc que leurs ombres rebondissent. Et d’une certaine manière Dou nous dit : « venez voir ici ce qu’il en est ». Que faire alors sinon le suivre ? Il faut aller contre les barbelés et les ruines. Ce sont des lapsus, des crachats à la figure. Et les cris du chant font office[...]



[Chronique] Jacques Demarcq, Suite Apollinaire, par Christophe Stolowicki

Fri, 13 Oct 2017 18:39:44 +0000

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Jacques Demarcq, Suite Apollinaire, Barjols, Plaine page, coll. "Calepins", été 2017, 32 pages, 10 €, ISBN : 979-10- 96646-09-8. Suite pour calligrammes et poésie concrète, non comme fugue ni contre-appoint, de verve visuelle panoptique initiée d’Afrique. « Sous le pont dit faidherbe du fleuve sén/égal » Mirabeau a beau mirer « les eaux sal/ées de l’océan [...] léchouillant les déjections urbaines », le pastiche s’honore d’un compagnonnage enté plus visuel que sonore. Sur les brisées d’Apollinaire, le découvreur du Douanier Rousseau, l’inventeur de surréalisme dont l’isme reste accolé à la peinture d’abord – d’érudition époustouflante Jacques Demarcq accroche comme wagons ses anneaux de scolopendre, approche au plus serré, plus acéré, de proche en proche décroche d’une époque ou deux. De fétiches africains aux séries biomorphes de Claude Viallat notre contemporain, retenu parce qu’il « vit et travaille à Nîmes », la ville caserne des Poèmes à Lou ; à Jean Arp, Picasso, dépositaires du « tracé dépourvu de modelé » de Guillaume sinon de son détouré à vif ; à Robert Delaunay aux enroulements de couleurs premières, ici ceux d’un mètre de couturière ; à Calder, évidemment, trop, le poétique par excellence fildefériste sculpteur tout en épure de grâce appelant le calligramme – les principaux amis peintres et épigones picturaux du poète nourrissent le travail fusant d’esprit d’un clairvoyant commissaire d’exposition personnelle, galeriste en son privé. Seul absent le génie bon enfant de Guillaume.



[Texte] Antoine et Cléopâtre de Shakespeare, Littérature et théâtre 1/6, par Matthieu Gosztola

Thu, 12 Oct 2017 05:18:48 +0000

La nouvelle série que nous propose Matthieu Gosztola a trait à la littérature sous toutes ses formes : à la fois méditation philosophique/philologique et exercice de style. « There are more things in heaven and earth, Horatio, / Than are dreamt of in your philosophy » (Hamlet). Ce que nous enseigne Shakespeare en catimini, c’est que la vie est cette merveille merveilleuse s’imposant à nous, que toute notre science, notre philosophie ne pourraient ni engendrer, ni ériger, ni même imaginer ; seuls nos rêves, peut-être, le pourraient. La vie est, dans son essence (dans notre essence), ce qui ne peut que dépasser toute notre espérance.   Car Cléopâtre existe. Car Antoine existe. Car Cléopâtre et Antoine existent, existaient. Ensemble. Cléopâtre le sait lorsqu’affinant sa vision du monde grâce au ciseau de la poésie, elle s’emporte (crue véritable), ainsi :   I dreamt there was an Emperor Anthony. J’ai rêvé d’un empereur du nom d’Antoine. O, such another sleep, that I might see Oh ! dormir encore d’un pareil sommeil, pour revoir But such another man ! Un pareil homme ! […] His face was as the heav’ns, and therein stuck Son visage était comme les cieux, un soleil et une lune y brillaient, A sun and moon, which kept their course, and lighted Qui poursuivaient leur course, et éclairaient The little O, th’earth. Ce petit O, la terre. […] His legs bestrid the ocean ; his rear’d arm Son pas enjambait l’océan ; son bras dressait Crested the world. His voice was propertied Un cimier sur le monde. Sa voix n’était qu’harmonie As all the tuned spheres, and that to friends ; Comme les sphères à l’unisson, quand il parlait à des amis ; But when he meant to quail and shake the orb, Mais s’il voulait terrifier et ébranler le globe, He was as rattling thunder. For his bounty, Il grondait comme le tonnerre. Sa munificence There was no winter in’t ; an autumn ‘twas, Ne connaissait pas d’hiver ; c’était un automne même, That grew the more by reaping. His delights Où plus on moissonne, plus la récolte est drue. Ses plaisirs Were dolphin-like ; they show’d his back above Étaient autant de dauphins, qui s’ébattaient The element they liv’d in. In his livery Au-dessus de l’élément où il vivait. Sous sa livrée Walk’d crowns and crownets ; realms and islands were Marchaient couronnes et diadèmes ; îles et royaumes, As plates dropp’d from his pocket. Comme pièces d’argent, tombaient de ses poches. […] if there be, nor ever were one such, [S]i un tel homme existe, ou a jamais existé, It’s past the size of dreaming. Nature wants stuff Il dépasse tous les rêves, la nature manque d’étoffe To vie strange forms with fancy ; yet t’imagine Pour rivaliser de prodiges avec les songes ; pourtant, imaginer An Anthony were nature’s piece ‘gainst fancy, Un Antoine serait une prouesse de la nature, Condemning shadows quite. Réduisant à néant les chimères des songes.   [Texte de Shakespeare établi par Gisèle Venet et Line Cottegnies ; traduction par Jean-Michel Déprats et Gisèle Venet.]   Je ne résiste pas – maintenant – au plaisir de vous offrir[...]