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Chez Zoreilles



« L'espérance n'est pas un leurre, c'est le pouvoir de rêver grand. » (En hommage à mes quatre grands-parents Madelinots venus s'établir ici, en Abitibi-Témiscamingue, en 1941 et 1942).



Updated: 2017-11-16T10:43:39.893-05:00

 



PLAISIRS DÉMODÉS

2017-11-13T08:26:47.626-05:00

Voici venu le mois de novembre, les jours trop courts, les nuits trop longues et je n'ai rien écrit ici depuis plus de deux mois... Je vous dois des explications : Mon ordinateur a rendu l'âme sans aucune raison cet automne et lorsque j'ai consulté les entreprises de services de chez nous, on m'a répondu qu'après 4 ans, c'était normal que mon disque dur saute, parce que la durée de vie d'un ordinateur n'est que de 5 ans en moyenne... Ben voyons donc, 5 ans, c'est le temps que ça me prend pour maîtriser quelques fonctions de base!  Étant démunie en ce domaine, j'ai réussi à me trouver un technicien en informatique compétent qui ne demande pas trop cher de l'heure. En plus, il accepte de se déplacer pour venir chez moi poser le diagnostic, ce qui est rare mais tellement apprécié des clients. Son diagnostic est tombé raide et coupant après seulement 2 minutes : FINI! « Mon » technicien est reparti à son bureau aussitôt avec une partie de mon équipement pour tenter de me récupérer le plus possible mes données (particulièrement mes photos) ainsi que le fonctionnement de mes favoris, courriels, fichiers, archives, etc. Ce jeune homme a réussi un tour de force, me réinstaller un disque dur neuf, récupérer le plus possible de données, rebrancher toutes mes affaires ensemble et tout cela, avec le sourire, en peu de temps, moyennant une facture d'un peu plus de 200 $. Il a même été jusqu'à me demander, entre deux grands rires (je lui faisais penser à sa mère en beaucoup plus drôle, qu'il disait) si j'avais d'autres questions ou problèmes à lui soumettre pendant qu'il était là. Malheureusement, il ne m'en venait pas à l'idée à cet instant-là alors il ne me restait plus qu'à le remercier pour l'excellence et la rapidité de son service. Je lui ai demandé quelques cartes d'affaires que j'ai distribuées à mes amis qui rencontrent souvent les mêmes problèmes que moi. J'avais retrouvé un ordinateur à peu près fonctionnel comme avant, récupéré mes photos et mes fichiers principaux mais j'avais perdu plusieurs de mes paramètres personnels, accès, sites préférés, contacts, etc. Donc, dernièrement, je n'avais plus accès aux coulisses de mon blogue, ce qui signifie que je ne pouvais plus rédiger de nouveaux billets ici... jusqu'à ce matin! Mais ne me demandez pas comment j'ai fait, je ne suis pas certaine que je pourrais répéter l'exploit! Cet événement de même que quelques autres qui me sont arrivés dernièrement m'ont fait prendre conscience jusqu'à quel point je dois faire des efforts constants pour garder la tête hors de l'eau dans cette société plus-que-virtuelle où j'ai de plus en plus de difficulté à m'adapter. J'ai 60 ans, je les assume et si je trouve que la vie va trop vite, j'essaie de suivre tant bien que mal la cadence mais je ne démords pas de mes bons vieux  PLAISIRS DÉMODÉS La photo. Plaisir démodé pour plusieurs mais pas pour moi, heureusement.  Ni pour beaucoup de personnes de mon âge, dont Crocodile Dundee qui s'amuse de plus en plus avec son appareil qu'il apprend à maîtriser. Il a toujours hâte de me montrer ce qu'il a croqué sur le vif dans ses séjours en forêt. Et je suis bon public!N'est-ce pas que c'est magnifique? Crédit photo : Crocodile Dundee!J'ai osé un selfie en canot. Voyez comme je suis à la mode!Cueillir du thé du Labrador. Ça, c'est un plaisir démodé pour vrai! J'en ai cueilli et congelé une bonne quantité pour cet hiver. C'est thérapeutique et délicieux. Zut, j'ai oublié, je voulais en faire goûter à mes amies Canneberge et Andrée lorsqu'elles sont venues au Festival du cinéma à la fin octobre. Octobre. À Lorrainville, au Témiscamingue. Les citrouilles étaient déjà en vente dans nos épiceries à 1,99 $ ou 2,99 $ chacune selon leur grosseur mais nous, avec ma fille et mes deux petites-filles, on voulait aller se les cueillir nous-mêmes à la ferme, à deux heures de route de chez nous, par un beau samedi ensoleillé. On n'allait pas là pour épargner des sous, [...]



PAS VU PASSER L'ÉTÉ

2017-08-30T17:28:02.656-04:00

Non mais l'avez-vous vu passer vous? Pas moi. Non. Pas vu passer l'été 2017. D'ailleurs, mon dernier billet remonte au 15 juin dernier, ça va faire bientôt 2 mois et demi, vous allez commencer à penser que je vais encore fermer mon blogue. Eh bien, non, pas encore! Alors j'ai préparé un petit survol en photos de mon été, celui de mes 60 ans bien sonnés qui ont été plus que célébrés par mes familles et amis. Je n'en demandais pas tant, croyez-moi, je voulais plutôt que ce changement de décennie reste discret, je ne voulais déranger personne. Je n'aurais jamais dû dire ça, il m'a semblé que je les avais tous motivés à en faire plus que d'habitude. Et puis, c'était prévu et organisé depuis longtemps, après ma fête, vers la fin juillet, je suis allée aux Îles de la Madeleine, en très agréable compagnie. Au mois d'août, j'ai amené ma mère voir mon petit frère, à Berthier-sur-Mer, ça rime en crime! Donc, j'ai côtoyé le fleuve, l'estuaire et le golfe St-Laurent à plusieurs reprises ces derniers mois. Mais revenons au début de cet été trop vite passé... À notre camp à Rapide Deux, après la pluie, quand le ciel se reflète dans la rivière... des Outaouais. Au camp, avec notre fille, Isabelle, son mari, Dominic, et nos petites-filles, Félixe et Blanche, la moindre activité est source de plaisir. On s'habille en mou, on prend le temps de vivre et s'il n'y a pas assez de dorés pour s'en faire un repas, on s'en fait une collation... sur le feu. Toujours au camp, Félixe et moi, on s'amusait à prendre toutes sortes de photos et je suis étonnée qu'en juin, les arbres feuillus, au coucher du soleil, peuvent arborer des couleurs flamboyantes d'automne. « Moi aussi, je veux y aller avec Papi et Blanchou en VTT. Tiens, Mamie, prends mon appareil photo! » Ça, c'est au début de juillet. La pêche avait été bonne. Avec Luc et Céline, on s'était fait tout un snack de dorés. Crocodile Dundee ne pouvait pas attendre plus longtemps avant d'y goûter. Luc et Céline sont quand même plus raisonnables, ils ne pigent pas dans les plats avant qu'on se mette à table!Que c'est délicieux, du bon doré frais pêché. Un vrai régal. Avec une grosse salade et un verre de vin... Il n'y a pas eu de surplus, on a tout mangé tout en préparant notre voyage aux Îles. On y sera tous les quatre à la fin du mois, du 23 au 30 juillet.  Aux Îles de la Madeleine, plus précisément à la pointe du Sandy Hook, cet endroit appelé « Le bout du banc » et qui m'a toujours fait rêver depuis mon premier voyage aux Îles, à l'été 1972. Comment vous expliquer? Je réalisais un rêve, je touchais à l'infini, je me sentais liée à mon histoire, mes racines, mes algues, mes ancêtres et à ce que je suis devenue, à tout ce que j'ai reçu, donné et transmis, en harmonie avec la vie et la mort, peu importe quand elle surviendra. J'aurais pu mourir là et j'aurais été en paix, là où le ciel, les courants marins, la mer, les dunes de sable ne font plus qu'un. J'étais émue en tout cas sans que je puisse m'expliquer pourquoi je vivais ça de même. Des fois, faut juste se laisser atteindre par une émotion sans chercher à comprendre ou à analyser. Toujours aux Îles, en compagnie de mon petit phare préféré, celui du Cap Alright, à la Pointe Basse, à Havre-aux-Maisons. Maintenant, les gens l'appellent aussi « le p'tit phare à Julie » puisque Julie Snyder, à son émission de radio hebdomadaire du dimanche soir, Le 5 à 7 aux Îles, avait une chronique où elle interviewait des personnalités qu'elle invitait à l'intérieur de son phare, dans ce segment d'émission qui s'intitulait : « Le phare intérieur ». Là, je suis dans l'avion, on quitte les Îles de la Madeleine et je vois s'éloigner la Dune-du-Nord, la Baie d'En dedans, le village de Havre-aux-Maisons, Cap-aux-Meules, l'archipel qui s'évanouit dans mon champ de vision mais jamais dans mon cœur. Je me concentre sur le hublot et mon appareil phot[...]



VERS LA SOIXANTAINE

2017-06-15T18:33:58.015-04:00

Oh il y avait plus d'un an que je harcelais littéralement mes proches. En fait, depuis que Crocodile Dundee était entré, l'année dernière, dans le Club des sexagénaires, je répétais à qui voulait bien m'entendre : « Je vous en prie, soyez discrets avec ma fête, ne dérangez personne, les gens ont tellement à faire les fins de semaine d'été et puis je ne suis pas à l'aise sous les projecteurs, vous le savez... » J'aurai 60 ans le 7 juillet prochain. C'est pourquoi j'ai pris de l'avance en cessant de fumer le 15 mars dernier. J'ai tenu la promesse que je m'étais faite à moi-même d'être devenue non fumeuse quand j'aurais 60 ans. J'en suis d'ailleurs au 92e jour de liberté. L'année dernière, pour Crocodile Dundee qui n'aime pas plus que moi être le centre d'attention, on avait pensé à quelque chose de simple, chaleureux et rassembleur : demander aux gens qui l'aiment de faire parvenir à Isabelle et Dominic (pour le montage) un petit bout de vidéo lui souhaitant bon anniversaire, rappelant un beau souvenir, racontant une anecdote, lui adressant des voeux, lui déclarant leur amour, leur affection, leur attachement, leur amitié, tout était permis, le but était de faire plaisir à ce gars-là qu'on aime tant pour son 60e anniversaire de naissance. Ils ont participé en grand nombre, les soeurs, beaux-frères, belles-soeurs, neveux et nièces, amis et amies, anciens compagnons de travail, d'expéditions de canot, de chasse et de pêche, et bien entendu, sa petite famille tricotée serré, Isa, Dom, Félixe, Blanche et moi,  C'était magnifique. Un document vidéo unique!Le jour de son anniversaire, en compagnie de quelques proches, lors d'un souper, on lui a présenté ça. On pleurait tous! De joie, de bonheur, de reconnaissance, d'amour, de gratitude, d'émotions toutes mêlées, de le voir si heureux et si touché, probablement aussi. Vous me voyez venir?Comment ils allaient faire cette année pour moi? Je ne voulais pas faire de vagues et eux, ne voulaient pas répéter ce qui avait déjà été fait l'an passé. J'avais la même volonté qu'on ne fasse pas trop de vagues pour mes 60 ans un peu comme ça s'était passé pour Crocodile Dundee.Isabelle m'avait dit : « Fais-moi confiance, Maman, je ne te ferai pas plus de gros party pour toi que j'en ai fait pour Papa, je vous connais comme si je vous avais tricotés! »Alors, c'est le 7 juin dernier que j'ai eu la surprise, un mois à l'avance, lors du grand dévoilement de ce qu'elle avait concocté pour mon 60e anniversaire, en complicité avec son père (et probablement d'autres personnes aussi) moi, j'ai appelé ça mon pigeonnier de fête. C'est un peu comme un calendrier de l'avent sauf qu'il n'y a pas de chocolat derrière les petites portes. Le voici : Ce meuble est fait en bois, peint en blanc, il a plusieurs carreaux, en fait un par jour, du 7 juin jusqu'au 7 juillet. Chaque casier a son petit rideau qui en cache et en protège le contenu, avec la date dessus. Ce soir-là, le 7 juin, ils m'ont dévoilé la surprise. On était chez Isabelle et Dominic où l'on nous avait invités à prendre l'apéro. Après avoir vu « la patente » j'en ai « braillé une shot » et j'ai ri autant que j'ai braillé parce qu'on m'a rappelé quelque chose... Au début du mois de mai, je suis arrivée sans prévenir dans le garage où Crocodile Dundee était affairé depuis un bon moment. Lui, il avait l'air mal à l'aise de me voir arriver, il me pensait partie qu'il a dit. Quand j'ai vu l'ébauche de ce meuble gisant par terre, je me suis exclamée : « Pourquoi tu fais ça, c'est rare que tu fais des meubles maintenant? » un peu mal à l'aise, pris au dépourvu il avait improvisé quelque chose : « C'est pour classer mes vis » et je lui avais répondu : « Elles vont être bien logées, tes vis! » Ce soir-là du 7 juin dernier, entre les rires et les larmes (de joie) j'ai reçu mon pigeonnier de fête. J'ai tout de suite eu le privilège de lire mes 2 pre[...]



DE NATURE ET DE CULTURE

2017-05-31T19:50:03.474-04:00

DE NATURE ET DE CULTURECommençons par la culture, c'est dans ma nature!J'en ai parlé souvent ici, de nos sorties de filles à la bibliothèque municipale, avec Félixe, qui a maintenant 8 ans. J'avais commencé à l'amener avec moi chaque semaine lorsqu'elle n'avait que 3 ans. J'allais la chercher à sa garderie vers 15 heures, elle m'accueillait toujours avec un enthousiasme débordant, en se lançant dans mes bras et s'écriant : « Mamiiiiiiiiiiiiie! » On se rendait là en voiture en discutant de tout et de rien jusqu'au moment d'entrer à l'intérieur de ce lieu si calme et bien éclairé, où l'on chuchote. On montait en haut à l'étage des enfants en ralentissant le pas pour bien entendre couler le ruisseau (une sculpture fontaine qui imite à la perfection le doux murmure d'un ruisseau qui zigzague entre des roches) et pendant que je nous installais à une petite table, que je sortais de mon sac sa collation, je la laissais choisir tous les livres qu'elle aimait et je lui racontais toutes les histoires qu'elle voulait. Je suis toujours émerveillée de constater que 5 ans plus tard, lorsque je vais la chercher à l'école à la fin de la journée pour notre sortie à la bibliothèque, nos retrouvailles sont toujours aussi enthousiastes et enjouées qu'avant, que l'engouement est toujours là, aussi fort pour nous deux. Au moment de partir après 90 minutes de lecture où c'est encore elle qui choisit et moi qui lis même si elle est bien capable de lire par elle-même,  j'ai le bonheur de l'entendre me supplier : « Encore juste un p'tit dernier, Mamie, s'il-te-plaît? » Le seul petit bémol est maintenant pour moi que je doive expliquer chaque semaine à Blanche (qui va avoir 3 ans le 7 juillet) qu'elle est encore trop petite pour venir à la bibliothèque avec Mamie mais que lorsque sa fête sera arrivée, à l'été, elle pourra vivre elle aussi ces petites sorties qu'on aime tant. Blanche a très hâte d'avoir 3 ans, elle me l'exprime à sa façon. Elle m'attendrit et me fait fondre comme de la guimauve quand elle dit : « Là, c'est pas mon tour mais quand je vais avoir 3 ans, ça va être mon tour avec Mamie ». J'ai aussi hâte qu'elle. Eh bien, je vous l'annonce avec joie : cette grande première avec Blanche a eu lieu dernièrement et j'ai eu l'impression de revivre pour la deuxième fois le même bonheur qu'il y a 5 ans avec sa grande soeur. Le même accueil délirant à la garderie, les mêmes discussions toutes intimes (!) dans la voiture, le même émerveillement à écouter le « ruisseau » en montant les marches, le même plaisir à découvrir la collation surprise de la semaine, la même soif d'entendre des histoires lues par Mamie, de tourner les pages, de voir les illustrations et de supplier après le temps qui passe trop vite pour un p'tit dernier s'il-te-plaît, Mamiiiiiiieeeeeee? La collation surprise de la semaine? Une barre tendre à la pomme!Même après 8-10-12 histoires, on en veut toujours une autre de plus.DE NATURE En fin de semaine dernière, on nous annonçait de la pluie mais rien n'allait nous empêcher de nous retrouver tous ensemble à Rapide Deux pour passer du bon temps, peut-être pêcher aussi si on en avait la chance. Crocodile Dundee, Dominic et Félixe avaient pu quitter la ville, quant à eux, en fin de journée vendredi  mais pour Isabelle, Blanche et moi, c'était impossible de partir en même temps qu'eux alors on allait les rejoindre samedi matin. On avait rendez-vous sur le quai de la marina à 11 heures où le capitaine du bateau nous attendait!Blanche n'a pas encore beaucoup d'intérêt pour la pêche mais elle aime bien entendre Papi raconter.Après une heure à pêcher, la pluie s'est mise à tomber, diluvienne. Il a fallu revenir au campe avant d'être trop mouillés.Mais un brochet avait mordu à l'hameçon...C'est qui la chanceuse qui a pêché le seul brochet de la fin de semaine? C'est Félixe!Pap[...]



ON SE NÉGLIGE!

2017-05-03T21:07:27.491-04:00

Je vous dis qu'on ne se donne pas souvent de nouvelles, vous et moi, de ce temps-là... Je dirais même qu'on se néglige! C'est vous qui êtes trop occupés? Ou bien c'est moi? Toutes ces réponses sont bonnes. Et pourtant je pense à vous souvent. Combien de fois me dis-je que j'aimerais vous entendre et/ou vous partager mon point de vue sur tel ou tel sujet. Et puis la vie qui va si vite prend le dessus sur nos envies et nos coups de coeur, on se dit que demain, par exemple, là c'est sûr, on s'écrit ou on s'appelle ou mieux encore, on se voit quand c'est possible, et on met ça en priorité. Et c'est là où j'en suis, je m'ennuyais de vous écrire!C'était au début du mois de mai, en 1978, il y a 39 ans. Je me souviens très bien du contexte. C'est la seule photo où je suis posée avec une cigarette, moi qui ai été fumeuse pendant si longtemps. J'avais 20 ans, j'allais me marier quelques semaines plus tard. Là où je travaillais, chez un courtier en assurances générales, je rencontrais beaucoup de clients, dont celui qui a pris cette photo en noir et blanc. Il avait à peu près mon âge. Il voulait assurer ses appareils photo sophistiqués et il avait pris cette photo de moi qu'il m'avait rapportée après l'avoir développée chez lui dans sa chambre noire, lorsqu'il était revenu signer son contrat d'assurance et payer sa prime. Il était tellement content de la prime abordable que j'avais réussi à lui dénicher et de l'excellent service à la clientèle qu'il avait obtenu qu'il m'avait promis qu'il serait là le 20 mai suivant à l'heure dite pour prendre une photo de mon mariage quand on allait sortir sur le perron de l'église après la cérémonie. Et il avait tenu promesse, il était là, malgré la pluie et quelques brins de neige. Sa photo n'était pas fameuse à cause de la pluie qui se changeait en neige mais il était venu me la porter à mon bureau quelques semaines plus tard. Tout ça pour vous dire que ça fera 39 ans bientôt que nous sommes mariés, Crocodile Dundee et moi, que je suis non fumeuse pour la 49e journée aujourd'hui et je me demande encore jusqu'à quand je vais compter les jours parce que je suis convaincue que je ne fumerai plus jamais. Peut-être qu'après 100 jours, j'arrêterai de compter mais pour le moment, j'écris encore mon journal de non fumeuse et je compte les jours, l'argent que j'économise en ne fumant plus et les bienfaits que je commence à ressentir. Je vous avais tu dit qu'on allait « faire les sucres » chez les beaux-frères et belles-soeurs des Laurentides à la fin du mois de mars et au début avril? On s'adonnait à y être le jour où Crocodile Dundee célébrait son anniversaire. Il a donc reçu beaucoup de bisous sucrés pour sa fête cette année avec tout le monde qu'il y avait là, à tour de rôle, pendant la saison qui fut moins productive en 2017 qu'elle l'avait été en 2016. Beaucoup de travail mais beaucoup de plaisir aussi. C'était au souper d'érable chez nos amis Jess et Micheline, le 15 avril dernier, dans le joli petit village de Montbrun (près de Rouyn-Noranda). Comme tous ceux qui y étaient invités, on s'était présentés là en début d'après-midi et selon la consigne reçue, on avait apporté chacun une conserve de sirop d'érable, Miche s'occupait du souper et il n'était pas question qu'on apporte quelque chose, elle prenait tout sur ses épaules comme chaque année la veille de Pâques, c'était son plus cher désir de nous recevoir chez eux et à leur table. On avait suivi la consigne... Laissez-moi vous raconter le merveilleux choc des cultures qu'on a vécu là, Crocodile Dundee et moi. D'abord, cette grande famille est celle de Jess, Miche est sa conjointe depuis plus de 40 ans. Il s'agit de la famille Létourneau. On en connaît plusieurs de cette grande famille qui a grandi dans ce village. On les côtoie particulièrement à Rapide Deux, en toutes saisons, parce qu'ils ont un gra[...]



CE CADEAU QUE JE ME FAIS

2017-03-16T20:18:23.967-04:00

Vous voyez cette photo de moi prise l'été dernier? C'est ma mère qui l'a prise avec mon appareil photo parce que je venais tout juste d'en prendre une d'elle au même endroit qui nous rappelle les années où ma famille avait un chalet dans ce coin-là, en Abitibi-Ouest, plus particulièrement au lac Hébécourt. Ce petit sentier dans le village de Rapide-Danseur mène justement au... rapide danseur dont les eaux vives et la musique m'enchantent depuis longtemps. Qu'est-ce qui cloche dans cette photo? Ben des affaires! Mais je vous donne un indice : qu'est-ce que j'ai dans ma main droite? Eh bien, je vous le dis, il n'y en aura plus des photos qui clochent comme celle-ci et c'est grâce à CE CADEAU QUE JE ME FAISIl y avait longtemps que je me préparais psychologiquement. J'avais toujours dit qu'à 60 ans, je serais non fumeuse et que j'allais cesser avant pour ne pas être en désintox la veille de mon anniversaire ou pire, le jour même. J'aurai 60 ans le 7 juillet prochain. Ça s'écrit ainsi 07/07/17, n'est-ce pas une belle combinaison de chiffres? Cette abondance de 7 me portera chance, je le sens, je le sais!Je n'avais dit à personne ma date choisie pour entreprendre cette vie nouvelle qui mène à ma libération : le 15 mars 2017. Sans raison précise ou plutôt, oui, pour une foule de bonnes raisons. Dimanche soir, en faisant la vaisselle avec ma fille Isabelle, je lui ai confié mon secret. Une fois rentrée à la maison, je ne me sentais pas bien de l'avoir dit à elle et pas à son père, Crocodile Dundee, avec qui pourtant je partage tout. Donc, depuis dimanche soir, il y avait deux personnes au courant et qui m'encourageaient tout en sachant que c'était là pour moi un défi très important. Ils me font confiance... Mercredi matin, au jour J, en me levant, je me sens d'attaque et j'appose sur mon bras le premier timbre Nicoderm d'une série de 28 que je me suis fait prescrire pour les quatre premières semaines, sans aucune difficulté, chez mon pharmacien. Cette béquille temporaire m'aide à mieux supporter les symptômes très désagréables de sevrage que je connais trop bien pour les avoir subis à quelques reprises, chaque fois que j'ai cessé de fumer.  C'est d'ailleurs parce que j'avais peur de revivre ce sevrage que je retardais depuis trop longtemps le début de ma libération. Quelques minutes plus tard, toujours hier matin, le téléphone sonne : « Allo Maman, ici la présidente de ton fan club, comment ça se passe pour toi ce matin? ». À travers nos rires, on échange quelques phrases, elle me donne des trucs et astuces auxquels elle a pensé, entre autre elle me suggère d'écrire mon journal de cessation tabagique puisque je règle toujours tout par écrit, me dit-elle. Elle a raison, ça m'éclaircit les idées quand j'écris et dans les moments difficiles, je pourrai relire mes motivations profondes en plus que dans pas longtemps, quand je regarderai en arrière, je verrai le chemin parcouru, le progrès réalisé, le manque qui s'estompe dans l'intensité, dans le nombre ou dans le temps, etc. C'est fou, je n'y avais pas pensé, c'est elle qui me l'a suggéré et ce fut une vraie révélation! Elle me connaît bien, ma poulette, mieux que je me connais moi-même... * * * * *Alors, puisque nous sommes ici entre nous, sur mon petit blogue chéri si peu mais si bien fréquenté, je vous partage quelques extraits de mon journal de cessation tabagique. Pour vous dire combien je manque de concentration, j'ai écrit la date sur la première page hier matin : Le 15 mars 2015!!! « ... je me fais un cadeau, je me donne la santé, la liberté : je me défais de mes chaines, celles qui me lient depuis trop longtemps à ma dépendance à la cigarette. » « J'ai mille raisons de cesser de fumer, elles sont toutes excellentes, motivantes et pertinentes. J'aurai plaisir prochainement à les évoq[...]



Quand Mamie radote...

2017-03-04T16:02:16.926-05:00

Cette fois encore, je n'ai que ces photos-là pour raconter ma petite histoire toute simple, une histoire d'hiver en Abitibi, un court séjour en forêt, en famille, loin de tout, un minuscule espace de paix emprunté à nos grands espaces de liberté, ce court instant d'éternité volé aux étoiles et à ce croissant de lune en cette semaine de relâche scolaire. Jeudi matin, très tôt, ma glacière est prête depuis la veille et on part de Rouyn-Noranda pour aller à notre camp d'hiver à Rapide Deux. Il fait froid, très froid même, après la pluie verglaçante de la veille, la 117 Nord est tout de même dégagée et le soleil resplendit de sa lumière si particulière aux ciels de l'Abitibi. Après notre arrêt traditionnel à l'épicerie/restaurant de Cadillac, où chacun se choisit une petite gourmandise à son goût, on prend le chemin de gravier qui s'enfonce dans la forêt jusqu'à la centrale hydroélectrique de Rapide Deux. C'est là qu'on laissera nos véhicules qu'on troquera pour nos motoneiges. De trente à quarante minutes seront nécessaires, dans des sentiers non balisés, pour nous rendre, comme dirait Blanche, au campe à Papi et Mamie.  Vaut mieux être bien emmitouflés, le froid est mordant. Et c'est un départ!On est arrivés à destination. On va se dépêcher à faire un feu dans le poêle, il est loin de faire chaud là-dedans mais on avait prévu le coup. On en a pour un petit moment avant de pouvoir enlever tuques, cache-cou, manteaux, salopettes, bottes et mitaines. Félixe est impatiente de retrouver ses pies pour qui elle a préparé plein de croûtes de pain et de restes des déjeuners du matin. Pendant que le dîner se réchauffe tout seul au four, je décide d'aller marcher un peu dans le sentier de motoneige alors que Isabelle part de l'autre côté avec ses skis de fond. Les gars font un feu dehors, ce qui est une excellente idée pour bouger et se réchauffer tout en brûlant du bois mort. Félixe est contente, elle vient de faire la découverte d'un arbre mort avec plein de petites mousses vertes qui donnent du « oumph » à notre feu extérieur. Tiens, on dirait que la température s'est réchauffée tout à coup au bord du feu. Dessiner des anges dans la neige, voilà une activité intemporelle, toutes générations confondues. Maintenant, il fait chaud dans le campe et le dîner, sans vouloir me vanter, nous semble tout à fait délicieux. Et en fin de journée, après avoir joué dehors tout l'après-midi, Blanche a particulièrement aimé le souper concocté par Mamie surtout qu'il y avait au dessert des carrés au Rice Krispies qu'elle appelle « des carrés de guimauve »! C'est tout de suite après le souper qu'on est allés marcher dans la nuit comme on s'était promis de le faire, histoire d'aller admirer les étoiles et la lune de ce ciel particulièrement clair, loin de toute pollution lumineuse. Ah c'était féérique! Le ciel était... si beau... que je manque de mots. C'est drôle comme les discussions qu'on aborde et les conclusions qui s'en dégagent, sous un ciel pareil, peuvent nous remplir le coeur et nous élever l'âme, quel que soit l'âge ou le bagage qu'on a... Au retour de cette promenade sous le ciel étoilé, Papi l'avait promis à Félixe : je vais te faire des tailles! Pendant que Dominic essaie d'endormir Blanche en lui jouant dans les cheveux, (le papa tombe endormi lui-même avant elle, c'est classique!...) mais il se relève lorsqu'elle s'abandonne au sommeil parce qu'il veut absolument goûter lui aussi aux « tailles » de son beau-père. Les tailles, ce sont des petites tranches de patates très minces qui se dégustent avec un peu de beurre et de sel (mais moi, je les préfère nature!...) après qu'elles ont cuit directement sur la fonte du poêle à bois. Félixe a dit et je la ci[...]



TOMBER DU RADEAU

2017-02-05T13:37:22.903-05:00

...Voilà comment je vais tâcher d'illustrer en photos l'impression que j'ai eue et quelques réflexions qui me sont venues à l'esprit à la suite des événements survenus dimanche soir dernier, à Québec, et que j'ai de la misère à nommer tellement j'ai été déstabilisée. J'ai vraiment eu l'impression de...TOMBER DU RADEAU... mais je me suis relevée.  Je vais finir par arrêter de le dire et passer à l'action : Je ne devrais pas écouter le Téléjournal avant de dormir, c'est très toxique. En tout cas, dimanche soir dernier, je n'aurais pas fait d'insomnies si je n'avais pas su en grande primeur ce qui s'était passé dans la soirée lors de cette tuerie qui a fait 6 morts et plusieurs blessés dans cette mosquée de Québec, où des gens s'étaient réunis pour prier. Que des tragédies pareilles surviennent ailleurs dans le monde me blesse déjà beaucoup et trop souvent mais quand c'est chez nous que ça se passe, là, c'est ma société québécoise qui avait commencé à me faire peur. Oui, j'ai eu peur de nous, je ne m'en cache pas, je me suis sentie comme une étrangère dans mon propre pays. La société québécoise dans laquelle je me reconnais, elle est faite d'ouverture aux autres, de pionniers qui carburent à la solidarité et à l'entraide, au courage de se relever les manches et de construire ensemble quelque chose de mieux. Dans une région comme la mienne, on vient tous d'ailleurs et on contribue chacun à notre façon à apporter quelque chose de différent pour « habiter » ce pays dans tous les sens du mot. Lundi, dans la journée, j'étais branchée les zoreilles grandes ouvertes sur la radio, la télé, les réseaux sociaux, j'avais vraiment besoin de comprendre ce qui venait de nous arriver. Même chose lundi dans la soirée. Spontanément, des vigiles se sont organisées dans plusieurs villes du Québec. On avait besoin de lumières, de câlins, de chaleur humaine dans cette froidure de janvier qui nous glaçait le sang, on avait besoin aussi de mains tendues, d'esprits ouverts, de conscience sociale, et finalement, on avait besoin d'être ensemble et de se rassurer. L'un de mes amis a lancé ici un appel à tous, organisant à la hâte, Place de la Citoyenneté, à Rouyn-Noranda, une vigile où plusieurs sont allés s'abreuver à la source, essayer de remonter tant bien que mal sur le radeau de sécurité et de paix qui nous échappait désespérément. Stéphane Laporte, dans La Presse, écrivait une phrase qui rejoignait mon état d'âme dans cette tourmente : « On croyait être la patrie de la paix. Mais rien n'est jamais acquis. Ça va prendre encore plus d'amour. » Mardi matin, Yves Boisvert, toujours dans La Presse, a écrit un texte qui m'a fait du bien à lire, dont voici un extrait : « Mais hier soir, dans le froid, à la lueur de quelques chandelles, des milliers étaient là pour dire notre commune humanité ». Mais c'est un ami des Îles de la Madeleine qui, me racontant ce qui s'était passé lundi soir chez eux, a fini par mettre un peu de baume sur cette plaie vive que je ressentais. Je vous résume ça dans mes mots...Comme à plusieurs autres endroits, en réaction aux événements de la veille, aux Îles, lundi soir, par un vent d'hiver qui fouettait l'archipel et un froid humide qui sévissait, on a organisé spontanément une vigile dans l'île centrale, à Cap-aux-Meules, et le lieu du rendez-vous était fixé au centre communautaire. On avait juste oublié qu'il y avait une soirée de bingo ce soir-là et qu'il n'y aurait pas de stationnement suffisant pour tout le monde alors on a changé de place et on est tous allés à l'église St-André. Comme le prêtre faisait partie de la cinquantaine de personnes venues à cette vigile et qu'il avait les clés de l'église, il a offert à tout le monde d'entrer à l'intérieur puisqu'[...]



DIX ANS!

2017-01-25T08:04:58.437-05:00

Eh oui, c'est aujourd'hui que ça fait dix ans! J'avais publié une photo et un tout petit petit petit premier billet, tout discret, sur mon blogue, Chez Zoreilles, le 24 janvier 2007.J'aurais tant à en dire de cette aventure et en même temps, je ne saurais pas du tout par quel bout commencer. Pour une fois, je serai peu volubile, je me ferai aussi discrète que la première fois en publiant quelques photos que j'ai pigées tout à l'heure sans les analyser et sans nécessairement faire de liens. Je ne les commenterai presque pas non plus, de toute manière, vous connaissez tout de moi si vous me lisez encore. Et vous êtes ceux et celles qui me connaissent vraiment le mieux parce que c'est ici que je me dévoile le plus. Alors, je vous donne congé de lecture, ce sera ma façon à moi de vous dire merci d'être encore là. Au cours de ces 10 ans, j'ai souvent choisi des photos de nous en train de nourrir les pies (geais gris). En famille ou entre amis, on était souvent autour de la table, dans un campe ou dans l'autre, avec un verre de vin, à déguster des repas simples, comme du bon doré frais pêché.  Je vous ai si souvent parlé de mes deux petites-filles. Nous aimons toutes les trois les livres et les histoires. Il y a des paysages qui racontent des histoires qui n'ont pas besoin de mots. Des aventures que j'aimais partager. Il y a eu des moments où, à partir d'une simple photo, je laissais vagabonder mes souvenirs et je me projetais dans l'avenir. Je vous ai souvent parlé de nos traditions familiales, comme la crème glacée après un spectacle. Papi aussi participe autant que Mamie aux aventures et aux traditions, aux projets fous et aux coups de coeur. Si j'ai déjà, à l'époque, partagé la scène avec ma petite Isabelle, aujourd'hui, c'est elle la jeune maman qui partage la scène avec sa petite Félixe. Le temps passe, la roue tourne. Dix ans, dix photos où je suis très présente, moi qui aime mieux d'habitude être derrière le kodak que devant. Mais j'avais un anniversaire très spécial à fêter, ici, avec vous. [...]



AUTRE ÉPOQUE!

2017-01-12T14:36:36.730-05:00

Je commence ce billet avec ces mots écrits de la main de ma mère, mots que j'avais dû apprendre par coeur, il y a de cela plusieurs années, pour livrer l'hommage qu'elle avait rédigé pour une fête familiale où tous étaient rassemblés à l'occasion du 40e anniversaire de mariage de mes grands-parents maternels. C'était au début de l'année 1968, j'avais 10 ans, et ces mots-là me sont restés gravés dans le coeur ainsi que tous les sentiments et émotions vécus ce soir-là et qui ont imprégné à tout jamais ma conception de la vie, telle qu'elle se déroulait à l'époque et qu'il est encore possible, moyennant de la bonne volonté, d'en garder l'essentiel si on le veut vraiment aujourd'hui. AUTRE ÉPOQUE!« Avant de s'évanouir dans les brumes du passé, le joyeux cortège des Fêtes de Noël et du Nouvel An nous invite à laisser libre cours à une joie profonde et toute intime. D'où vient que l'on éprouve toujours bonheur nouveau à exprimer des souhaits déjà anciens? Oh c'est que l'amour et la reconnaissance sont des sentiments qui ne vieillissent pas mais qui, au contraire, prennent plus d'intensité et de chaleur à mesure que le temps fuit... » (extrait d'un texte écrit par Rita Poirier, janvier 1968). La suite était très belle aussi, riche de gratitude, d'affection, de reconnaissance, d'amour filial et mes grands-parents en avaient été émus au point d'en avoir les yeux dans l'eau tous les deux, comme toute leur grande famille d'ailleurs. Je me souviens que je ne m'autorisais pas à les regarder pendant que je rendais le texte de Maman, sinon je n'aurais pas pu aller au bout de cet hommage qu'ils méritaient tellement. Mais comme ce qui ne s'exprime pas s'imprime, je n'ai rien oublié et ces mots me reviennent souvent en début d'année surtout, pour me rappeler qu'il est important une fois de temps en temps d'apprécier ce qu'on a et ce qui nous rend heureux. Le 24 décembre dernier, en début de soirée, notre réveillon de Noël débutait par la remise des papillotes de Noël de Félixe. Elle avait tellement hâte! La première papillote qu'elle a donnée, c'est à sa petite soeur, Blanche. Je l'aurais parié!Sa deuxième, sans surprise, était celle de sa Maman. Sa troisième, à son Papa, encore là, sans surprise pour moi, elle a une si belle relation avec ses deux parents. Ensuite, ce fut le tour de ses 4 grands-parents, son oncle François, etc. Quelques jours avant, lors de sa dernière journée d'école, elle en avait remis 5 et très personnalisées encore une fois, à ses meilleures amies et ce, très discrètement, pour ne pas faire de peine à celles qui n'en avaient pas. On en avait beaucoup discuté ensemble et je trouvais important que dans sa joie d'offrir, elle n'oublie pas qu'il fallait être inclusive... ou alors très discrète. Elle m'avait expliqué que si elle en aimait beaucoup d'autres que ces 5 amies là, celles à qui elle offrait des papillotes de Noël étaient celles qu'elle considérait comme étant les plus proches. Elle m'a dit textuellement « celles qui me touchent le plus » et je comprenais tout à fait ce qu'elle voulait dire. Moi aussi, j'en ai des amies comme ça, « celles qui me touchent le plus »! De voir sa joie de donner, d'avoir accès aux sentiments qui l'animaient, pour moi, ce fut un véritable cadeau, particulièrement cette année, à cause de sa grande implication dans le projet qu'elle s'est approprié et qui est devenu « sa » tradition du mois de décembre. Le 24 décembre dernier, en avant-midi. Il y avait de la belle neige à bonhomme fraîchement tombée et pour faire patienter les petites jusqu'au soir, en même temps qu'on donnait un coup de main à nos enfants qui s'affairaient à préparer[...]



EN ATTENDANT NOËL...

2016-12-14T12:10:35.862-05:00

EN ATTENDANT NOËL...Voici des petites nouvelles...Vous voyez ça? Eh bien, c'est du passé! C'était juste avant qu'on parte à Amos, Crocodile Dundee et moi, au matin du 21 novembre dernier. On allait m'enlever mon plâtre et j'avais rendez-vous avec l'orthopédiste, à l'hôpital où je suis née, celui d'Amos. Même si les nouvelles n'étaient pas celles que j'espérais, qu'une tempête de neige avec bourrasques et poudreries faisait rage dans notre région au point de paralyser à peu près tout, je garde de cette journée un souvenir précieux et chaud parce qu'on avait rendez-vous pour dîner avec nos amis amossois qui ont bravé les intempéries pour venir à notre rencontre. On aurait pu se manquer complètement puisque le resto où l'on avait rendez-vous était fermé ce jour-là mais puisque parfois la vie fait bien les choses (une synchronicité incroyable est venue à notre secours) on s'est retrouvés ensemble bien au chaud malgré l'improbabilité de la chose et on a vécu quelque chose de tendre et généreux : l'amitié qui réchauffe, le bonheur de se retrouver et le plaisir d'échanger autour d'un bon repas, sur une foule de sujets qui nous animent. Cela m'avait tellement consolée... Au cours de l'avant-midi, l'orthopédiste m'apprenait que ma fracture n'était pas encore bien consolidée... Il m'avait proposé de me l'immobiliser à nouveau. Je lui avais demandé presqu'en le suppliant s'il y avait une autre option qu'un deuxième plâtre! Il a accepté moyennant bien des promesses de ma part mais il veut me revoir au début de l'année 2017 sans faute. J'ai dû prolonger une semaine de plus en béquilles, n'étant pas capable de me supporter du tout sur mon pied au début. Ensuite, j'ai troqué les béquilles contre une canne pour un autre bout de temps et là, je suis sur mes deux pieds depuis deux semaines. Je crois être sur la bonne voie, malgré une petite douleur constante quand je me déplace et une démarche... encore un peu boîteuse. Photo prise samedi dernier alors qu'on terminait nos papillotes. À mon grand étonnement et, je l'avoue, avec une vague de gratitude immense dans mon coeur de mamie, Félixe tenait à refaire pour la troisième année consécutive le projet « papillotes de Noël » avec moi. Je lui avais proposé ce projet alors qu'elle n'avait que 5 ans et on avait eu tellement de plaisir ensemble tout au long de la création de ces petits paquets personnalisés, emballés comme des bonbons, pour chacune des personnes qu'elle aime! Elle avait voulu reprendre l'idée pour Noël 2015 et cette année encore, elle a commencé à m'en parler au début novembre, tellement elle avait hâte. Elle me disait qu'elle avait plein d'idées nouvelles, elle ramassait déjà ses rouleaux de papier de toilette vides (eh oui, c'est la base des papillotes qu'on remplit de toutes sortes de choses) et elle avait de nouveaux noms à ajouter à sa liste. Ce sont des petites amies qui prennent de plus en plus de place dans son coeur. Elle m'expliquait pourquoi elle les aime, chacune d'entre elles, pour des raisons différentes. Elle prenait ça au sérieux encore plus cette année. J'ai bien vu comment elle s'est appropriée le projet. D'abord, disait-elle, il fallait faire notre recherche sur Internet pour avoir plein d'autres idées et c'est ce qu'on a fait. Moi, là-dedans, je suis complètement à son écoute, après tout, c'est son projet, pas le mien, donc mon rôle, c'est celui d'une facilitatrice, surtout qu'elle prenait beaucoup plus d'initiatives et d'autonomie cette année. Bravo, ça me permet de voir évoluer ma petite-fille qui intègre plein de notions et ce, à tout point de vue. Comme elle sait écrire maintenant, elle a fait sa liste elle-même avec des petites notes personnalisées pour chacun, [...]



RIEN QUE SUR UNE PATTE!

2016-11-17T10:24:13.699-05:00

Le 25 octobre dernier, c'est ma soeur Céline (toutes mes belles-soeurs sont devenues mes soeurs depuis 40 ans que je suis la compagne de leur seul frère!...) qui a pris cette photo de moi avec mon plâtre au restaurant d'Amos où nous étions allées bruncher à ma sortie de l'hôpital où je suis née, celui d'Amos. Dimanche matin, le 30 octobre, j'allais avec Félixe au Ciné-muffin dans le cadre du Festival du cinéma international de chez nous. Ce n'est sûrement pas parce que j'étais en béquilles et temporairement handicapée que j'allais passer à côté de la tradition qu'on a mis en place depuis de nombreuses années. RIEN QUE SUR UNE PATTE!Les premiers jours et premières semaines après l'incident, je n'en pouvais plus de répondre à la question : « Mais voyons, Francine, qu'est-ce qui t'est arrivé? » mais là, à quelques jours de ma libération, ça ne me dérange plus autant d'en parler, je vais même prendre les devants pour vous le raconter!Le dimanche 23 octobre, ma fille qui est très occupée par son travail et ses études en plus d'être maman de deux enfants en bas âge, passait la journée à l'urgence avec sa plus jeune qui était fiévreuse et moche depuis le début de la fin de semaine. Pendant ce temps, je passais du bon temps avec sa plus vieille. Je lui avais offert de préparer le souper pour nous tous, qu'on se retrouverait chez nous pour un petit souper rapide du dimanche soir comme on fait souvent. Elle a accepté mon offre, ça l'arrangeait. Vers 17 h 30, elle m'appelle pour me demander si ça me dérangeait d'apporter plutôt mon souper chez eux étant donné que la belle Blanche était toujours moche et fiévreuse même si on ne lui avait rien trouvé à l'urgence après avoir analysé son état de santé. Félixe et moi, on a apporté tout le souper à leur maison et ce fut un beau petit souper de famille. À 19 h 30, après la vaisselle, je les laisse à l'heure des bains et des dodos des petites et comme ils ont un grand escalier extérieur en pierres, je fais un petit coup vite, un voyage de paresseuse comme on dit. J'ai les bras chargés de tous mes plats en pyrex vides, la bouteille de vin qu'on n'a pas ouverte finalement et  mon sac à main qui contient à peu près tout ce dont j'aurais besoin sur une île déserte et quoi encore! Je ne voyais pas trop en avant de moi avec les bras si chargés, je pense avoir manqué la dernière marche... Le pied droit m'a tordu, j'ai piqué par en avant avec une élégance qui devait être belle à voir, dommage qu'il n'y avait pas de témoin...Mon pied droit me faisait affreusement mal. J'ai regardé derrière moi toutes ces marches et je n'avais pas le goût de les remonter. J'avais mal au genou gauche aussi ainsi qu'à la main droite avec laquelle j'avais amorti ma chute. J'avais juste le goût de m'en aller chez nous pour constater les dommages mais j'avais envie de rire quand j'ai réalisé que je n'avais rien cassé de tout ce bazar que je transportais. Rien du tout. Pas même la bouteille de vin que j'étais contente d'avoir réchappée! Elle me porterait bonheur que je me disais, elle avait été sauvée de la catastrophe. Une fois à la maison, j'ai constaté que malgré les blessures que j'ai nettoyées à mon genou gauche et ma main droite, je n'avais pas déchiré mes jeans ni même sali mon manteau. Mais mon pied droit était enflé, je n'étais pas capable de me supporter dessus du tout, je sautais sur un pied pour mes déplacements réduits au minimum. Je croyais avoir une bonne entorse. La nuit se passe, je ne dors pas beaucoup. Le lendemain matin, je décide d'aller à l'urgence chez nous, à Rouyn-Noranda. Je me déplace toujours sur mon pied gauche, en traînant le pied droit, je me dis q[...]



D'ENFANCE D'HIER ET D'AUJOURD'HUI

2016-10-20T09:05:27.012-04:00

D'ENFANCE D'HIERCe sont mes cousines Lise et Raymonde qui m'ont fait parvenir cette photo de nous trois dont elles m'avaient parlé quand nous nous sommes vues début septembre dernier, au mariage d'une autre de nos cousines. En fait, je ne me rappelais pas du tout de cette photo de « nos petites robes de velours » et c'est lorsque Lise me l'a fait parvenir en fin de semaine que tout m'est revenu.  Quel beau cadeau elles m'ont fait, quels merveilleux souvenirs sont rattachés à cette photo où Lise et moi avions 7 ans et Raymonde, 5 ans. Ces quelques mois où j'habitais chez elles durant la semaine, de septembre à décembre, resteront à tout jamais gravés dans ma mémoire d'enfant. À ce moment-là, mon père travaillait à la mine Orchan à Matagami, il habitait dans une « bunkhouse » avec d'autres mineurs comme lui et il revenait à La Sarre les fins de semaine. C'était en attendant qu'il se qualifie pour avoir ce qu'on appelait à l'époque « une roulotte de la mine ». Maman avait vendu notre maison à La Sarre, elle était retournée habiter chez ses parents dans la grande maison du Rang VII  avec mes deux petits frères (2 ans 1/2 et 6 mois) et moi, comme j'allais à l'école durant la semaine, je restais en pension chez mon oncle Raymond et ma tante Yvonne. Pour ces quelques mois, et pour mon plus grand bonheur, j'avais deux soeurs avec lesquelles j'avais tant de plaisir, Lise et Raymonde. Mon oncle Raymond travaillait fort et quand il arrivait pour souper, malgré la fatigue, il jouait avec nous autres comme s'il avait eu notre âge. Il nous faisait tout le temps rire, mon oncle Raymond, il était tellement drôle et joueur de tours. Et puis, il était amoureux fou de ma tante Yvonne. Je le comprends, elle était tellement belle... Ma tante Yvonne était si féminine, si complice avec nous, si douce. Elle cuisinait tout ce qu'on aimait, elle coloriait avec nous autres, à la même table, en nous chantant des chansons, en nous racontant des histoires vraies, pas des histoires dans des livres là, des vraies histoires des Îles de la Madeleine qu'elle avait entendues là-bas ou ici. Elle était habile de ses mains, pour créer, décorer la maison, coudre, tricoter, crocheter et faire des merveilles avec rien. Elle savait nous faire plaisir, avoir une attention pour chacune de nous. Moi, encore aujourd'hui, quand je fais un gâteau blanc avec un glaçage blanc et des petits bonbons de couleurs dessus, je pense à ma tante Yvonne!  Avec mes cousines, jamais de chicane. Ma tante Yvonne n'aurait pas enduré ça. Elle voulait qu'on s'aime. Et on s'aimait beaucoup. Elle nous a montré à jouer au catalogue! Vous souvenez-vous quand on recevait le catalogue de Noël de Sears? C'était la fête! Ma tante Yvonne nous assoyait toutes les trois ensemble et nous disait de tourner les pages tranquillement et de mettre le doigt tout de suite sur ce qu'on voulait que le Père Noël nous apporte! Des heures de plaisir... À l'approche de Noël cette année-là, on voyait bien lorsqu'on rentrait de l'école, Lise et moi, que ma tante se dépêchait de ranger ses tricots et se mettait tout de suite à brasser son souper. Raymonde venait nous rejoindre et ne semblait pas savoir elle non plus ce que sa mère tramait en notre absence. Et puis, à Noël, on l'a su... Sous le sapin, Lise, Raymonde et moi, on avait une boîte faite sur la longueur du même format exactement et joliment emballée. Ma tante Yvonne voulait qu'on les ouvre toutes les trois en même temps. Chaque fois que je reparle de ça avec mes cousines, elles rient aux larmes et moi, je pleure de bonheur.Dans chaque boîte vide de papier ciré qu'elle avait récupérée, il y avait au fond u[...]



Suite du billet précédent

2016-10-02T19:56:40.810-04:00

Quand je vous disais qu'on a été complètement happés par toutes sortes d'émotions à la suite de la présentation de l'avant-première de ce film de mon histoire, « Des Îles de la Madeleine à l'Île Nepawa »...

C'était le 4 septembre dernier, à l'Île Nepawa, et depuis ce temps, les événements s'enchaînent et se bousculent à un rythme effréné, au point où j'avais oublié qu'on avait été interviewés, plusieurs d'entre nous, dont ma mère, mon oncle Eddy, le frère de mon père, des amis et parents également ainsi que moi-même, par TVC9 qui en a fait un reportage qui vous en donne un aperçu.

Vous allez voir ce que ça donne quand Zoreilles est émue! Mais ma mère était encore plus émue que moi, ça se voit et ça s'entend!

https://vimeo.com/184433581

Également, dans la foulée du lancement du documentaire, au Centre d'archives régional des Îles, on va créer un fonds d'archives à mon nom avec tout ce que j'avais laissé au Musée de la mer, en juin 2012, dont la bio de ma grand-mère maternelle. 

Et parce que les technologies de l'époque où j'avais réalisé les entrevues qui ont mené à cette bio de ses récits et ses souvenirs, en 1993, j'ai décidé de tout reprendre depuis le début, sans changer la moindre virgule de ce que ma grand-mère racontait, mais en retouchant la mise en page, en ajoutant des photos d'époque et autres mises à jour devenues nécessaires, entre autres par le fait de les avoir conservés, ces vieux fichiers informatiques de 1993, sur une disquette 3.5.

Et j'ai terminé ce document ce matin!

Si ça vous intéresse de lire « Rencontres avec elle - Éva Poirier 1904-1993 » donnez-moi votre adresse courriel et je vous ferai parvenir ce fichier de 3.5 Mo qui contient 52 pages couleur avec une quinzaine de photos environ. 



LE FILM DE MON HISTOIRE

2016-09-01T08:15:38.111-04:00

L'histoire de mes familles acadiennes commence du côté maternel dans le Poitou en France, d'où sont partis mes ancêtres Poirier pour venir s'établir en Acadie, en 1604, à Beaubassin. Quant à mes ancêtres paternels, les Turbide, ils étaient descendants de pêcheurs basques et bien avant de venir s'établir en Acadie, à Port Royal plus précisément, ils venaient pêcher le long des côtes des provinces maritimes et sur la Côte-Nord québécoise. À partir de 1755, il y a eu la Déportation des Acadiens sur une période d'à peu près 7-8 ans et tous mes ancêtres se sont retrouvés après quelques années d'errance aux Îles Saint-Pierre et Miquelon, petit coin de France en Amérique, mais qui, à l'époque, passait aux mains des Anglais et des Français, selon les conflits armés gagnés ou perdus. Un jour, je vous raconterai l'histoire incroyable d'une femme, Anne Boudreau (ou Anne Boudrot selon certains documents officiels de l'époque) qui a marqué mon destin puisqu'elle se retrouve, à partir de 1790, à faire partie de tous mes arbres généalogiques. Après un peu de recherche, et par un coup de chance fabuleux, j'ai obtenu la preuve de ce que mon intuition m'avait fait soupçonner. En 1793, se sentant pris au piège par une flotte anglaise qui avait encerclé les Îles Saint-Pierre et Miquelon, tous mes ancêtres qui faisaient partie d'un groupe de plus de 200 hommes, femmes et enfants, ont fui, en pleine nuit, dans des goélettes qui pouvaient encore naviguer, pour échapper à cette menace qui planait et aller s'établir aux Îles de la Madeleine. Ils étaient pacifiques mais ils refusaient de se soumettre à la domination anglaise ainsi qu'à une autre religion que la leur. Depuis 1793 qu'on est Madelinots et Madeliniennes... L'histoire de l'archipel madelinot et de ses habitants est fascinante, toute faite de courage, de foi, de solidarité, d'entraide, de résilience et d'espérance. Tout au long de cette histoire, et parce qu'on est des insulaires, on a dû faire face à plusieurs problématiques, entre autres la surpopulation de l'archipel, l'isolement, les moyens de transport et de communication avec la grande Terre qui étaient difficiles en toutes saisons et tout ce qu'on peut imaginer de particulier au fait de vivre sur des îles en plein golfe Saint-Laurent. Ainsi, au XIXe Siècle, plusieurs contingents madelinots sont partis des Îles pour aller fonder plusieurs villages sur la Côte-Nord. Ils ont été suivis par d'autres contingents partis s'établir au Nouveau-Brunswick et puis dans le comté de Matapédia, au Québec. Au XXe Siècle, un autre contingent madelinot est allé s'établir à Lac-au-Saumon, suivi d'un autre dans la grande région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Et c'est sans compter tous les Madelinots qui partaient simplement aux études ou pour aller en rejoindre d'autres de leurs proches déjà installés à Québec, par exemple, ou encore à Verdun, près de Montréal. Le dernier contingent parti des Îles pour aller s'établir ailleurs fut celui de l'Abitibi. En fait, ce sont plutôt deux contingents : celui de 1941 comprenait 102 Madelinots qui partaient des Îles sans espoir de retour pour aller s'établir à l'Île Nepawa. L'année suivante, 104 Madelinots allaient les rejoindre et s'établissaient à quelques kilomètres des premiers, à Sainte-Anne de Roquemaure. Mon père était du premier contingent et ma mère, du deuxième. On était en pleine Deuxième Guerre Mondiale. LE FILM DE MON HISTOIRECette photo d'archives a été prise à la gare de Québec, en 1941, où les Madelinots étaient de passage, en provenance des Îles de la Madeleine, qu'il[...]



ÊTRE MAMAN, ÇA S'APPREND!

2016-07-10T20:05:23.967-04:00

C'était le 4 juillet dernier. Félixe nous a fait un de ses nombreux spectacles de danse, de chant et d'acrobaties pendant que son papa Dominic et sa petite soeur Blanche, avec « son bébé » sont un public charmé et attentif. Le lendemain, 5 juillet, Blanche prend une pause dans les bras de sa maman, Isabelle, mais même si elle est très fatiguée, elle n'abandonne jamais « son bébé »!Là, c'est le 7 juillet, notre anniversaire à toutes les deux. On dirait que « son bébé » est greffé à son bras gauche! Encore là, avec « son bébé » qui ne la quitte pas, on peut quasiment dire que je suis déjà une arrière grand-mère!Hier après-midi, après sa sieste, Blanche avait sa collation préférée, des bleuets, et elle en offrait régulièrement à « son bébé ». ÊTRE MAMAN, ÇA S'APPREND!Je vais vous confier un secret... Avant d'être maman, j'avais peur de ne jamais devenir une bonne maman. D'ailleurs, ma mère m'a souvent raconté que toute petite, je ne jouais pas avec des poupées. Je m'intéressais à plein de choses mais pas aux poupées, sauf une peut-être, à laquelle j'accordais parfois un peu d'attention, une poupée noire. Ce choix de vie de mettre des enfants au monde, d'en prendre soin, de les aimer, de les aider à grandir, d'en faire des êtres capables d'aimer et d'être aimé, me semblait une responsabilité bien trop grande pour que je fasse ce choix qui n'allait pas de soi tant que ça pour moi, même si j'étais très en amour et que j'ai toujours aimé les enfants. J'ai eu beau réfléchir longtemps à la maternité puisque cela ne s'est produit qu'après 9 ans d'attente et d'espérance. Tous les examens s'étant avérés non concluants à la clinique de planification des naissances, on voyait bien que la médecine n'arrivait pas à expliquer pourquoi nous étions incapables de concevoir. À chaque fois que j'allais à cette clinique, et Dieu sait qu'on y va souvent, surtout quand certains examens doivent être recommencés plusieurs fois, dans la salle d'attente, les autres femmes m'abordaient spontanément en croyant que j'étais là moi aussi pour une interruption de grossesse. Je les laissais penser ainsi. Je ne cherchais pas à rétablir les faits. Il me semblait que dans un moment pareil, elles n'avaient pas besoin d'entendre que de concevoir un enfant pouvait être si ardu, au cas où elles remettraient en question cette difficile décision qu'elles avaient prise contre leur gré et, la plupart du temps, avec un sentiment de culpabilité qu'elles supportaient toutes seules. Comme je ne parlais pas de moi, je recevais beaucoup de confidences de celles qui vivaient un moment de grande fragilité dans leur vie. Vous savez qu'on se confie plus facilement à des étrangers qu'à nos proches... J'ai toujours eu beaucoup de respect, d'empathie et de compréhension pour celles qui faisaient un choix différent du mien. Au fond, nous étions si proches dans notre façon de voir la maternité comme quelque chose qu'il ne fallait pas prendre à la légère. Avoir un enfant, si c'est ce qu'on veut vraiment, ça peut être la plus belle expérience de vie au monde. C'est mon cas. Mais avoir un enfant au mauvais moment, dans des conditions difficiles, pour les mauvaises raisons ou avec un piètre partenaire, ça peut avoir pour effet de rendre cet enfant malheureux ou carencé du point de vue affectif. Il n'y a pas de chance à prendre et c'est par amour pour les enfants que j'ai toujours été, que je suis encore et que je serai toujours pour le libre choix. Pendant ce temps-là, les anné[...]



SPECTACLES DE FIN D'ANNÉE

2016-06-23T19:15:32.715-04:00

On pourrait penser qu'il s'agit de ma petite-fille, Félixe, tellement la ressemblance est frappante avec sa mère, ma fille Isabelle, à l'âge de 8 ans, en 1994, au moment du lancement de son livre, Rêveries d'enfant pour adultes, un recueil de ses textes qui avait été publié aux éditions D'ici et d'ailleurs. À l'époque, son père et moi, avons assisté à tellement de spectacles d'enfants, à l'école et ailleurs, puisque notre fille s'investissait corps et âme chaque fois qu'il était question de la scène, en musique, théâtre, littérature, danse, animation et humour. Cette même petite Isabelle, devenue grande et même deux fois maman, continue de s'impliquer culturellement chaque fois qu'elle en a l'occasion, et elle reconnaît bien chez sa plus vieille le même engouement pour tout ce qui touche à la scène et aux spectacles. Ici, fin mai dernier, mère et fille réunies sur la scène de l'Agora des arts, nous offraient un conte chanté, dans le cadre du Festival des guitares du monde. Nous continuons toujours,  comme parents et grands-parents, à assister à tous les spectacles. Le spectacle terminé, elles sont sur l'adrénaline pour un bon bout de temps et on aime à les accompagner le temps qu'elles se déposent en douceur. Notre tradition familiale veut qu'on leur paye la crème glacée après le show!Quelques semaines plus tard avait lieu le spectacle de l'école à Félixe où elle interprétait une pièce au violon. Je n'ai pas pris de photo du spectacle mais on n'a pas manqué à notre tradition familiale après le show. Même Mamie s'en est payé une parce que c'est bien meilleur quand on ???? Partage!! Papi non plus n'a pas pu résister à la tradition de la crème glacée!Deux jours plus tard, c'était le spectacle des élèves en musique de son école. Le prof de musique est tout simplement génial, il a su monter un show qui était enlevant du début à la fin. Notre tradition d'après spectacle s'est enrichie encore : Ce sont les autres grands-parents de la petite (Guy et Nicole sont nos grands amis) qui avaient prévu le coup en nous invitant chez eux après le show, et ils avaient pris soin d'acheter beaucoup de sortes différentes de crème glacée!Même Blanche, surnommée « Ti-clown », était venue applaudir sa grande sœur. Après le spectacle, c'est elle qui n'en finissait plus de faire toutes sortes de sparages pour nous faire rire et se faire dire Bravo. Elle exigeait ses applaudissements elle aussi!   SPECTACLES DE FIN D'ANNÉEVous souvenez-vous des spectacles de fin d'année à votre école? Pour moi, ils font partie de mes plus beaux souvenirs d'enfance. On s'organisait des mois à l'avance et plus la fin de l'année scolaire approchait, plus on avait des répétitions, plus notre participation formait un ensemble cohérent et plus on avait hâte de monter sur la scène pour livrer le spectacle d'une chanson, une pièce de théâtre, un show d'humour, une danse ou quoi que ce soit qui nous vaudrait les applaudissements d'une salle qu'on avait conquise de toute notre créativité et notre esprit d'équipe! Dans ces moments-là, j'étais partout et j'étais heureuse. À cette époque, si on était chanceux, on avait l'un de nos deux parents qui s'était déplacé pour l'occasion. J'ai eu la chance de revivre tout cela par procuration lorsque notre fille était enfant. Je me reconnaissais tellement dans ces bonheurs qu'elle vivait à préparer ces spectacles, les livrer à un public qui ne demandait pas mieux que d'être fier d'eux et de les applaudir. Dans les ann[...]



LA FIN D'UNE ÉPOQUE

2016-06-03T11:45:19.570-04:00

Coucher de soleil sur la mer, au phare de l'Étang-du-Nord, Iles de la Madeleine. LA FIN D'UNE ÉPOQUEIl arrive parfois que les événements de nos vies s'enchaînent l'un à la suite de l'autre de façon à ce qu'on ne puisse faire autrement que de chercher un sens à tout cela. Dernièrement, j'ai beaucoup côtoyé la mort. Et la fin de vie. Curieusement, je me sens plutôt sereine, aimante comme jamais, reconnaissante à la vie et remplie de gratitude pour ce qui était la fin d'une époque pour plusieurs personnes que j'aime profondément. Et que j'aimerai toujours. Tout d'abord, il y a eu Paulo et ensuite, Évé. Les deux meilleurs amis de mon père. Et aussi des voisins, de la parenté proche, de la parenté choisie qui nous accompagne depuis toujours. Ces hommes-là étaient des phares, comme mon père en était un également. Ils sont venus des Îles jusqu'en Abitibi sur le même bateau nous inventer ici un paradis à la mesure de nos rêves. J'aimerais vous parler de Paulo. Un homme sage, bon, généreux, accueillant, d'un jugement sûr, qui savait se faire aimer de tous, aimant la vie par-dessus tout. Dès notre arrivée à Rouyn-Noranda, j'étais rassurée qu'ils étaient nos voisins d'en face. Cette famille ressemblait à la nôtre, nos parents étaient de grands amis et nous aussi les enfants, on a grandi ensemble. Pas un seul Madelinot ne passait en ville sans s'arrêter chez nous ou chez eux, on faisait  de la musique dans toutes nos rencontres et quand nos parents se faisaient venir des Îles du homard frais, du hareng boucané ou tout autre produit de la mer, nous, les enfants, étions trop heureux qu'ils nous donnent quelques dollars pour qu'on aille tous ensemble manger « Chez Morasse » parce qu'on levait le nez, dans ce temps-là, sur ce qui faisait les délices de nos parents On finissait toujours par festoyer ensemble après le souper, dans les rires, la bonne humeur et la musique. Nos liens étaient tissés serré. On était du même sang, on avait de l'eau salée dans nos veines, ça se voyait et ça s'entendait. Quand Paulo a été admis à la Maison des soins palliatifs à la mi-mai, j'ai eu mal. J'étais branchée sur eux par le coeur. Je savais que sa femme, ses enfants, mes amis de toujours, n'allaient plus le quitter une minute, ses petits-enfants aussi. Ils allaient vivre avec lui ses derniers moments, il y aurait du beau, du bon, du  triste, de l'amour tout plein et probablement des chansons aussi. Pour avoir vécu cette période au chevet de mon père il y a 11 ans, je me souviens que dans ces moments-là, on ne dort plus, on ne mange plus, on est ailleurs, on a trop de choses à vivre et on ne veut pas passer à côté.Me sentant impuissante, tout à la fois avec eux et loin d'eux, je me suis mise aux fourneaux et j'ai préparé un repas complet pour au moins 12 personnes. Je l'ai assaisonné de tout l'amour que je pouvais y mettre, en pensant à tous nos souvenirs, ces bons moments partagés au cours de nos vies où l'on ne s'est jamais perdus de vue. Je ne voulais pas déranger la famille, donc j'ai été porter ce repas chez Milène, la petite-fille de Paulo, la fille de nos grands amis qui veillaient leur père. Je savais qu'elle irait le soir même elle aussi rejoindre les autres de sa famille. C'était le jeudi à l'heure du souper. Dix minutes plus tard, j'avais un appel téléphonique de l'une d'entre eux. « Viens nous rejoindre à la Maison des soins palliatifs, on est tous ensemble, Paulo a toujours sa conscience, il ne souffre pas mais à cause de la médication, il do[...]



D'AMOUR ET D'EAU FRAÎCHE

2016-05-23T15:46:13.213-04:00

Si vous me lisez ici depuis un moment, vous savez déjà que Crocodile Dundee et moi, on s'est connus en 8e année, ce qu'on appelle aujourd'hui le Secondaire 1. Nous étions voisins de pupitre et probablement parce que les profs voulaient nous avoir à l'oeil, ils nous avaient placés en avant de la classe. Nous étions les deux « nouveaux », les autres avaient fait tout leur primaire ensemble. Sa famille arrivait de Ville-Marie au Témiscamingue et la mienne,  de Matagami, au Nord-du-Québec. L'amitié et la complicité furent instantanées, pour lui comme pour moi, dès 1970.Pendant toute notre adolescence, on se croisait partout, à l'école comme ailleurs, on habitait le même quartier, on avait les mêmes amis, et chacun poursuivait sa route. Et puis un jour... mais ça, je vous l'ai déjà raconté, on a eu comme un genre de... révélation. On était amoureux! C'était le soir du 14 août 1976. On s'est mariés le 20 mai 1978. En fin de semaine, on célébrait donc 38 ans de mariage. Ici, le mot célébration prend un sens très très très large, vous allez voir... Vendredi matin, journée pédagogique à son école, Félixe avait son petit baluchon tout prêt pour nous accompagner à Rapide Deux comme elle en rêvait depuis des semaines. Nous deux, on était tellement contents aussi de pouvoir passer cette journée du 20 mai avec elle, en attendant que le reste de la petite famille vienne nous rejoindre samedi matin et qu'on célèbre à notre façon cet anniversaire tous ensemble. Plutôt qu'un repas gastronomique en tête à tête dans un grand restaurant, nos provisions étant encore congelées dans la glacière à ce moment-là, on a dû se régaler de grilled cheese au dîner mais on était full heureux quand même. . On avait tellement d'activités à faire là-bas, à commencer par le tir à l'arc que Félixe aime de plus en plus elle aussi. Elle a une très bonne technique qu'elle pratique aussi souvent qu'elle le peut, ça veut dire « pas en ville ». Ce sont ses deux grands-pères qui lui apprennent les rudiments du « métier » d'archer. Je tire aussi à l'arc pour m'amuser mais je ne voudrais pas lui passer mes mauvais plis. Nourrir les pies avec les restes de pain, c'est un classique à Rapide Deux. Et dire que les premières fois qu'elle l'a fait, elle n'avait que 6 mois... Le coucher de soleil était magnifique sur la rivière pour notre anniversaire. On a vu un castor, un rat musqué, des canards, on a entendu les huards. Tout était calme.  La nature s'est faite généreuse comme à l'accoutumée. Le lendemain matin, on avait rendez-vous au quai de la marina à 9 h 30. Pour Blanche, c'était sa première visite à Rapide Deux à la belle saison. Elle est déjà venue l'hiver dernier, pendant la semaine de relâche. Retrouvailles père-fille après seulement 24 heures de séparation! Dix minutes en bateau et nous voilà tous les six réunis au p'tit château. Blanche n'apprécie pas particulièrement le bateau, ce sera quelque chose à apprivoiser avec le temps. Elle ne dit rien, ne pleure pas, ne crie pas mais elle fait ses yeux pas rassurés du tout et ne veut pas sourire. Elle cale la palette de sa casquette sur ses yeux avec conviction. On la lui remonte pour dégager son regard bleu... Elle la recale aussi vite sur ses yeux, elle aime mieux « ne pas voir ça »! Blanche, c'est notre ti-clown, celle qui nous fait rire tout le temps. Elle retrouve vite sa bonne humeur habituelle lorsqu'on débarque du bateau,&nb[...]



La vie de château

2016-05-17T15:28:21.036-04:00

Après l'hiver qui nous a paru si long et ce printemps qui n'en finit plus de s'étirer paresseusement, on avait tellement hâte que toute la glace soit partie jusqu'au fond de la baie pour qu'on puisse enfin se rendre en bateau jusqu'au p'tit château. Je sais, ça fait prétentieux d'appeler ce campe « le p'tit château » mais il ne faut pas prendre cette appellation au premier degré. Il y a toute une histoire derrière cette expression trompeuse, je vous la raconterai peut-être un jour mais pour tout de suite, je vous y emmène passer la fin de semaine avec nous! Vendredi en début d'après-midi, il nous est apparu au détour du dernier méandre. La glace avait libéré le bras de la rivière mais ça ne faisait pas longtemps, on en voit encore les derniers vestiges. Une fois le bateau bien attaché au quai, on a toute la fin de semaine devant nous et malgré qu'on nous annonce toutes sortes de températures pas très agréables en cette saison, on ne voudrait pas être ailleurs qu'ici et maintenant. On va prendre des nouvelles de la forêt, de la faune et de la flore et puis, il y a tant à faire ici que la fin de semaine va être encore trop vite passée. Mais commençons par goûter le calme et la paix qui nous envahissent en ce vendredi 13 qui signifie la chance plus que jamais. Il y a mon Ti-Coq qui vient m'accueillir peu après mon arrivée, l'air de dire : « Bon ben te v'là, toi, c'est pas trop tôt! »Même Crocodile Dundee n'en revient pas du comportement de ce tétras mâle. On sait bien qu'il est en pleine saison des amours mais il n'agit pas du tout de la même manière avec lui qu'avec moi. Il traite Crocodile Dundee comme un rival, il défend son territoire, il l'affronte, se montre arrogant et gonflé d'orgueil alors qu'avec moi, au contraire, il virevolte tout excité, il déploie tout son arsenal de charme. C'est ainsi qu'il vient se poser sur une branche près de moi pendant de longues minutes où il se laissera admirer et photographier tant que je veux. Et aussitôt que Crocodile Dundee s'approche, il s'envole plus loin, complètement furieux!!! Bon joueur et n'ayant pas peur de la compétition, Crocodile Dundee décide de nous laisser seuls, en tête à tête, pour aller voir comment « ses » petits castors avaient survécu ces deux dernières semaines. Crocodile Dundee était tellement content de les revoir, ses deux petits castors, qui ont survécu à l'hiver! C'est que l'automne dernier, il avait craint pour leur survie en voyant la trop petite quantité d'amas qu'ils avaient sauvegardée pour la froide saison. Tout au long de ce dur hiver, il leur plaçait des petites branches de trembles près de l'entrée de leur cabane et il l'a fait régulièrement. Chaque fois qu'il y retournait, la réserve était presque épuisée, ce qui était un bon signe. Il y avait de la vie là-dedans. Crédit photo : Gilles Rivest. C'est comme quand on se rend compte que les petits sont rendus autonomes et qu'ils vont se débrouiller sans nous! Quelle fierté! Crocodile Dundee a fait deux vidéos où l'on voit les deux petits castors pleins de vie et en bonne santé mais il a aussi pris des photos. Vous savez comment on est avec nos enfants, hein? On passe notre temps à les poser! Crédit photo : Gilles Rivest. On nous l'avait pourtant annoncé d'avance mais on s'en fichait un peu, on le croyait pas. C'était pourtant vrai : dimanche matin, on s'est réveillé avec un tapis de neige au sol... Crédit photo : Gilles RivestLa vie de château Sam[...]



LA POULE

2016-04-28T15:26:14.653-04:00

J'écris par défaut. J'ai toujours dit que si je savais peindre, je n'écrirais pas. En fait, ce que je voudrais vraiment, si j'en avais les moyens, ce serait de faire des films qui racontent, qui expliquent, qui sensibilisent, qui démontrent et qui rallient. Je crois aussi qu'en partant du très particulier, on rejoint souvent l'universel. Quand je raconte un souvenir ou une anecdote, j'ai le pouvoir de la revivre de manière peut-être un peu plus sensible parce que revisitée avec mes paramètres d'aujourd'hui et en présence de personnes qui me sont chères. C'est ce que vous représentez pour moi, ceux qui me lisent et qui interviennent, des personnes très chères. Je ne vous le dis pas assez souvent! C'est l'image que j'ai de moi quand je vous écris un billet qui me replonge dans un événement du passé. Sur ce voilier où nous avons navigué pendant 5 jours et 4 nuits dans la baie Georgienne, c'était ma place préférée, à la proue, en silence, avec mes jumelles, pour voir au loin. Mes compagnons d'équipage, Crocodile Dundee, sa soeur Claudette et notre beau-frère Georges, avaient pris cette photo puisqu'elle était très représentative de ce séjour inoubliable qui était aussi une sorte de voyage intérieur où l'on se fait bercer de douceur, de vent du large et d'infini. L'histoire que je m'apprête à vous raconter se passe à peu près à cette époque, quelques années auparavant, pour être plus précise. Vous me reconnaissez? À la droite de mon père, jamais loin de notre fille et de Crocodile Dundee! LA POULE En faisant mes courses hier, je tombe sur une fille que j'aime beaucoup et que je n'ai pas vue depuis longtemps. On s'échange les dernières nouvelles et elle me demande si j'ai écouté l'émission La Poule aux oeufs d'or alors qu'elle y était participante. Quand je lui réponds que non, elle s'empresse de m'apprendre qu'elle y a gagné 27 500 $, soit 7 500 $ à la première étape et 20 000 $ de plus dans la deuxième. - Bravo Annette, je suis contente pour toi! Et c'est ainsi qu'elle a réveillé un beau vieux souvenir qui me remplit de bonheur chaque fois que j'y repense... Décembre 1997. Papa a son congé de l'hôpital et revient chez lui le 1er, juste à temps pour qu'on célèbre son 70e anniversaire de naissance le 2 décembre. Le mois de novembre a été une véritable épreuve pour lui et pour nous, sa famille, mais on tourne cette page douloureuse avec soulagement et enthousiasme pour ce nouveau départ. C'est qu'on lui avait diagnostiqué un cancer colorectal à l'automne et il devait subir une opération début novembre, la colostomie. Avec une attitude toujours positive, Papa nous donnait une leçon de vie et de courage que nous n'oublierons jamais. Mais voilà que des complications post-opératoires surviennent, s'aggravent et qu'on passe proche de le perdre, lui si fort, si vivant, lui qui aime tant la vie. Tout le reste du mois de novembre y passe, on l'accompagne de notre présence et on sent qu'on a gagné le gros lot quand on retrouve notre Léo comme avant, « notre petit Léo de course » comme mon frère l'appelle, juste à temps pour fêter son anniversaire. Ses amis le fêtent aussi. Il n'y a rien de trop beau pour notre Léo! Dans une carte de fête remplie d'amitié et de bons voeux, un couple d'amis lui offre des billets de loterie. Il y avait 5 billets de La Poule aux oeufs d'or. Papa relit ses cartes plusieurs fois avec son grand sourire attendri et met les billets dans son p[...]



Elle avait semé le doute

2016-04-10T15:42:06.006-04:00

Ce matin, en prenant ma marche quotidienne, je laissais vagabonder mon esprit comme à mon habitude lorsque mes pas réguliers et bien rythmés m'ont ramenée à un souvenir d'enfance que j'avais enfoui très loin pour être certaine de l'oublier. Vous savez ce qu'on dit? « Ce qu'on fuit nous poursuit et ce qu'on efface nous pourchasse ». À mon retour à la maison, j'ai eu le goût d'aller fouiller dans les vieilles photos de mon enfance pour effacer ce doute à tout jamais. J'ai pour mon dire qu'à 58 ans, il est grand temps que je fasse le ménage là-dedans. J'avais 8 ans. On habitait au 4, rue Rupert, à Matagami, dans une roulotte de la mine. Papa travaillait à la Orchan Mines mais il avait aussi plusieurs autres occupations pour arrondir les fins de mois. Maman ne travaillait pas à l'extérieur dans ce temps-là, elle en avait plein les bras avec nous trois : mon petit frère Yves avait 3 ans et le petit dernier de la famille, Jocelyn, avait un an, on le voit lui aussi sur cette photo. Ici, j'avais 9 ans, Yves et Jocelyn respectivement 4 et 2 ans. On habitait toujours dans une roulotte de la mine... entourée par d'autres roulottes de mines. J'avais 10 ans, Yves 5, Jocelyn 3. On était en vacances au lac Nipissing, près de North Bay en Ontario. Ce furent les plus belles vacances de notre vie pour nous les enfants et probablement aussi pour nos parents. Pour Yves et Joce comme pour moi, cette photo déclenche des fous rires à chaque fois qu'on la voit, il y a tant d'histoires vécues qui sont rattachées à ces vacances! Elle avait semé le douteJ'ai beau regarder mes jambes sur chacune de ces photos, je n'y vois rien qui cloche. Et pourtant, en revenant de ma marche cet avant-midi, j'ai eu comme besoin de vérifier! Je vous raconte... Je l'ai déjà dit souvent, dans la petite ville minière de Matagami que j'ai vue naître et grandir, nous étions des pionniers. C'était dans le temps qu'on ouvrait des villages au lieu d'en fermer et cela a été très formateur pour les enfants que nous étions. Nous avons toujours cru que tout était possible au Nord, qu'il suffisait de se retrousser les manches et de travailler ensemble dans la même direction pour faire arriver les choses et ce, à tout point de vue. À Matagami, la ville était en pleine effervescence, les trois mines employaient tous nos pères, le parc de roulottes s'agrandissait à vue d'oeil, on ajoutait des rues à mesure, les maisons se construisaient autour de l'école, les commerces s'installaient à la Place du Commerce, les services se multipliaient, les institutions s'organisaient, l'économie roulait sur l'or et dans ce contexte, Papa n'avait pas de misère à se trouver de l'ouvrage et il était très vaillant. En plus de travailler à la mine, il vendait des voitures usagées et des habits sur mesure. Moi, j'avais 7-8-9 ans et plein d'amis qui venaient de partout. Personne n'était né à Matagami, la ville n'existait pas avant nous, on venait tous d'ailleurs. J'avais beaucoup de cousins et cousines aussi, on nous appelait les Madelinots, on était faciles à reconnaître avec notre accent et nos expressions colorées! J'ai eu une enfance extraordinaire à faire des campes dans le bois, s'inventer des jeux, aller à la pêche sur la rivière Bell et organiser nos loisirs. C'est ainsi que j'ai fait partie du corps de majorettes Les Rubis de Matagami!La bonne femme Kramer était l'organisatrice et la responsable des Rubis de Matagami[...]



LA CABANE ET LE BATEAU

2016-03-23T19:46:46.110-04:00

LA CABANE Entre le 17 et le 21 mars dernier, nous étions partis vers le Sud... du Québec (!) Crocodile Dundee et moi. Contrairement aux outardes qui remontent vers le Nord, nous nous dirigions en sens contraire à elles pour deux excellentes raisons que j'appelle, comme le dit mon titre, la cabane et le bateau. À la cabane à sucre familiale et artisanale de ma belle-famille, tout commence là, par les érables, avec la collaboration de Mère Nature, et de quelques personnes toujours heureuses de se retrouver pour travailler dans le plaisir à faire du bon sirop d'érable. Nous sommes ici dans la région des Laurentides, surnommée Les Pays d'en Haut, plus précisément à Bellefeuille, St-Jérôme. Chez mon beau-frère Georges et ma belle-soeur Claudette, il y a cette année environ 1000 entailles, c'est-à-dire 1000 chalumeaux soigneusement jumelés à 1000 chaudières de métal qu'on doit régulièrement récolter pour les transvider dans des chaudières de plastique qu'on ramène au grand baril principal d'environ 500 litres d'eau d'érable qui circule dans les sentiers principaux qu'on parcourt de façon motorisée même si la récolte se fait humainement. Ici, mon beau-frère Robert, chaussé de ses raquettes, s'affaire à cette tâche qu'on fait toujours en groupe. Il a fait soleil tout au long de notre séjour là-bas. Qu'il est agréable de travailler dehors à « courir les érables »!Cette journée-là, on était 6 à « faire une ramasse » dans le tiers de l'érablière. On voit ici le grand baril de métal où l'on vide nos chaudières pleines d'eau d'érable. Pour se transporter d'un point à l'autre, on embarque sur le « bombi », ce genre de tracteur à neige capable de transporter de lourdes charges. Pour aller cueillir l'eau d'érable dans les chaudières de métal, on le fait avec les raquettes. Pendant ce temps, mon beau-frère Georges, le bouilleur, s'affaire sans relâche à ses gros fourneaux qu'il entretient avec constance et précision pour en arriver à faire « une coulée », ensuite une autre, puis encore une autre, etc. La journée avait commencé de bonne heure pour lui avec l'eau d'érable récoltée la veille en très grande quantité. Encore ce cher Georges, concentré et minutieux, qui vérifie constamment plusieurs cadrans et instruments de mesure tout au long de chaque coulée. Dans sa tâche qui est tout autant une science qu'un art, il est assisté par sa grande soeur Françoise qui ne voulait absolument pas être dans la photo. Claudette et moi, on a été se promener en raquettes dans le raccourci pour voir si les érables avaient coulé dans ce secteur. Avec Claudette, on a été chercher de l'eau du ruisseau à l'eau claire juste derrière la cabane pour s'approvisionner en prévision du dîner. On pourrait peut-être boire cette eau mais comme on en est pas certaines, on s'en sert pour la vaisselle, le nettoyage des tables et comptoirs, etc. Juste avant le dîner, sous le soleil ardent du midi, une petite pause avec un bec sucré pour être dans le thème de la cabane à sucre! Claudette nous avait fait des fèves au lard maison avec un soupçon de sirop d'érable dedans. Elle m'a demandé si je voulais avoir un oeuf cuit dans le sirop, je lui ai dit que je n'avais jamais goûté à ça. Elle m'en a fait un juste pour moi, c'était tellement délicieux! Crocodile Dundee adore les cocos dans le sirop lui aussi. C'était un vrai d[...]



PERSPECTIVE

2016-03-15T10:18:54.193-04:00

Le 22 décembre dernier, nous avions une petite réunion de famille chez notre fille et son mari. Il est rare que j'apparaisse sur les photos tout simplement parce que ma façon de fuir les caméras, c'est de prendre les photos moi-même mais cette fois-là, mon beau-fils m'a chipé ma caméra pour en prendre une de nous deux!PERSPECTIVEHier soir, Crocodile Dundee et moi, on s'est replongé dans une époque lointaine en regardant les photos de famille que sa soeur venait de lui donner. Il y a maintenant un an que leur mère est décédée et ma belle-soeur a eu la bonne idée de démanteler les albums photos de sa mère pour distribuer ces souvenirs le plus équitablement possible entre les 5 enfants de la famille.  Que de beaux souvenirs nous nous sommes rappelés de cette vie de famille riche et intense dont je fais aussi partie depuis  40 ans cette année! Et puis, on a laissé de côté les photos pour continuer d'échanger sur cette époque où mes beaux-parents avaient l'âge qu'on a maintenant. Comme Crocodile Dundee célébrera ses 60 ans le 2 avril prochain, inévitablement, il fait des bilans, des constats, il se souvient et il s'inspire d'eux pour entreprendre cette nouvelle décennie avec une perspective qui tienne compte de ce qu'on est devenus, lui et moi, individuellement, ensemble et avec notre petite famille à nous. La discussion a rapidement tourné au rire et à la complicité quand on s'est mis à se rappeler que plus jeunes, on avait une vision de l'âge et de la vie tellement déphasée. Moi qui suis née en 1957, quand on me parlait de l'an 2000, je croyais qu'à 43 ans, je n'allais peut-être même pas voir ça et que si j'étais encore de ce monde au tournant du millénaire, plus rien n'allait me déranger! Crocodile Dundee, lui, m'a raconté qu'en fouillant dans la bibliothèque chez ses parents, il était tombé sur un livre qui parlait de l'amour après 50 ans. Il s'était fait la réflexion qu'à cet âge-là, ses parents n'avaient sûrement plus de vie sexuelle active, c'est certain! Alors, comme il avait l'habitude d'arriver à l'improviste chez ses parents à tout moment, une fois, il avait trouvé la maison bien tranquille et s'était dépêché d'aller voir au sous-sol au cas où l'un des deux aurait eu un malaise ou quelque chose du genre. C'est là qu'il a trouvé son père d'abord, en bobette, derrière le bar, pendant que sa mère s'était réfugiée pour se rhabiller en vitesse dans la salle de lavage d'où elle est ressortie un peu échevelée.  Sur le coup, Crocodile Dundee n'avait pas tout de suite compris ce qu'il venait de déranger, tellement certain qu'après 50 ans, ses parents ne devaient sûrement pas « faire ça »!Mais Belle-Maman, connaissant son fils, moqueur et taquin comme pas un, s'est empressée d'appeler ses filles, pour leur dire : « Le beau Gilles va vous conter ça à sa manière, il va faire son comique, ça fait que j'aime mieux vous le dire moi-même, il nous a surpris, votre père et moi... » Et c'est là, seulement là, que Crocodile Dundee a compris les dessous de la scène bizarre sur laquelle il venait de tomber. Vous pensez bien qu'il ne s'est pas privé non plus de le raconter à sa manière et devant ses parents lors des réunions familiales qui ont suivi. À l'approche de ses 60 ans, demandez-lui aujourd'hui si les gens de plus de 50 ans ont encore une vie amoureuse digne de ce nom!!! Main[...]



Plein air du Nord

2016-02-27T16:55:36.260-05:00

Crocodile Dundee et son compagnon d'expédition, en pleine action sur la rivière Rupert, région Nord-du-Québec. C'était avant qu'on vienne harnacher cette rivière en eaux vives pour y faire des barrages d'Hydro-Québec dans le cadre du vaste projet NBR (Nottaway/Broadback/Rupert). Les gars ont descendu ces rivières alors qu'elles étaient encore à leur état « nature ». Chacune des expéditions sur les rivières du Nord avait son lot d'aventures, de moments grandioses et de difficultés. Quand ils se revoient et qu'ils s'en reparlent, ils revivent ces moments de grande intensité mais aussi d'amitiés indéfectibles. Si les expéditions sur les rivières du Nord étaient les plus spectaculaires, on en a fait d'autres aussi, comme dans le Parc de La Vérendrye, où les femmes et les enfants étaient admis et y trouvaient leur compte. Paddle for the NorthC'est le titre du film documentaire extraordinaire qu'on a vu hier soir, au P'tit théâtre du Vieux Noranda. La première fois que j'ai entendu parler de ce film qui nous amène voir les beautés du Nord en canot, c'était par la plume de notre amie Fitzsou dont le fils, Alexandre Deschênes-Dénommé, fait partie de l'aventure avec un autre Abitibien d'origine, Gabriel Rivest, ainsi que 4 autres gars qui avaient à coeur de capter des moments inoubliables, partager cette aventure et leurs convictions avec le plus de gens possible. Mission accomplie pour eux, on a été touchés, comme le sont probablement tous ceux qui ont vu ou verront le film prochainement. Pour en savoir plus et voir la bande-annonce, on peut lire ce reportage :  http://ici.radio-canada.ca/regions/abitibi/2016/02/26/002-paddle-north-documentaire.shtmlDans la salle bondée hier soir, on a ajouté des chaises jusqu'au bord de la porte et même retardé un peu le début de la projection tellement il y avait une foule avide de tout voir et de tout savoir. En Abitibi, on est amoureux du Nord et ce n'est pas d'hier. On est friand d'aventures aussi. On a des préoccupations environnementales et sociales qui rejoignent celles des six aventuriers du film. Autrement dit, on était en famille ici hier soir. D'ailleurs, les parents de Alexandre (notre amie Fitzsou) ainsi que ceux de Gabriel étaient dans la salle, on les a salués à quelques reprises et remercié pour leur support et leur aide à chaque étape du projet. La discussion et l'échange qui ont eu lieu après la projection avaient autant d'importance et d'intérêt que le film qui nous avait éblouis. Public ému, attentif, conquis et fier de ses deux Abitibiens d'origine qui nous représentaient si bien de par le monde. Parce que ce film voyagera dans le monde, j'en suis convaincue. Il est déjà dans la programmation de 4 festivals de films et ce n'est pas fini. On sait que chaque film a une carrière. Celui-là en aura toute une, je vous le prédis. Paddle for the North, en fin de carrière, sera sûrement diffusé à la télévision, il a le format pour ça, et c'est ce que je souhaite au film pour qu'il touche et sensibilise plus de gens aux merveilles du Nord, qu'il ouvre nos yeux et nos coeurs à ces beautés et surtout au développement des ressources qui sache tenir compte de l'environnement et des populations qui habitent ces territoires depuis des millénaires. Crocodile Dundee et plusieurs de nos amis qui étaient présents hier soir pen[...]